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Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia
La semaine Culture
Rythms of Peace. Mort dans loeuf
Rythms of Peace, le tout jeune technival marocain nest plus, enterré après à peine deux éditions. La décision, tombée au lendemain de sa clôture le 22 août, a valu, dans la foulée, à son géniteur Moundir Zniber, linterdiction dorganiser des évènements culturels au Maroc. De leur côté, les festivaliers, qui sétaient entre-temps rendus à Akchour pour l after, ont été chassés du camping par les forces de la gendarmerie royale. Et pour cause, les riverains de la plage de Sidi Mghayet, où sest tenue la dernière édition du technival, sétaient élevés contre la circulation massive de drogues sur le site du festival. |
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| Dans le lot, la présidente de lassociation Darna, Mounira Bouzid, regrette quun évènement culturel donne prétexte et raison aux discours rétrogrades : ça fait 11 ans quon sefforce de récupérer des enfants de la rue et de les éloigner de la drogue. Et voilà quils se rendent à ce festival et reviennent nous dire quon leur donnait des pastilles gratuitement. Résultat, à Darna, on se retrouve à la case départ. Et les détracteurs de la culture ont du grain à moudre. À mettre en cause également, deux articles dAttajdid qualifiant le technival de lieu de dépravation et de paradis pour les gays, les lesbiennes et les satanistes. Attajdid nen est dailleurs pas à sa première offensive contre Rythms of Peace, puisquil avait déjà demandé son annulation lannée dernière à Tifnit, dans le sud. Il y est finalement arrivé ! |
Sortie. A History of violence
Tom Stall, un père de famille plutôt paisible, zigouille sans coup férir un de ses agresseurs dans le restaurant quil gère. Devenu un personnage public, il émet des signaux inquiétants. Et puis, qui est cet homme mystérieux dans la berline noire qui le suit à la trace ?
Film de maître de David Cronenberg à la mise en scène et la réalisation très classiques, ce thriller roule sur des rails parfaitement alignés. Lintensité dramatique ne faiblit pas, portée par des acteurs à laise dans des rôles bien campés. Ainsi, le personnage principal est incarné par Viggo Mortensen (déjà vu dans Le Seigneur des Anneaux). Tout aussi charismatique, Ed Harris dans le rôle du méchant. Parodie de film de série Z ou film à clés, A History of Violence offre plusieurs niveaux de lecture, et ne fait que soulever des questions pour mieux détruire le mythe de lAmerican way of life. Dès la scène douverture, la provocation est de mise et lon est vite pris au piège de notre fascination pour la violence, omniprésente tout le long.
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Première. La deuxième blague de Naciri
Saïd Naciri accouche de son second film. Abdou chez les Almohades, une autre comédie nacirienne qui risque de battre en record dentrées le premier opus de lhumoriste, Bandia. Cest, en gros, lhistoire de Abdou (personnage campé évidemment par Saïd lui-même), un jeune délinquant de Jemaa El Fna, qui, foudroyé par un rayon X, remonte le temps et se retrouve propulsé dans la dynastie des Almohades. Un scénario tiré par les cheveux, vaguement inspiré par Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré, mais qui promet, au pire, quelques sourires. Saïd Naciri sest en outre engagé à verser une partie des recettes du film à lAssociation Les bonnes uvres du cur. |
Expo. 22 pinceaux pour comprendre
La galerie tangéroise Linéart fait un feu dartifice aux peintres du Nord. Sous le titre sommaire de Expressions du Nord, lexpo réunit jusquau 24 septembre, les travaux de 22 artistes de la région. Et la question simpose : Quest-ce qui réunit aujourdhui les peintres du Nord ? La prédominance de la figuration ? Il ny a quà faire le tour de lexposition pour se rendre compte que bon nombre de ces peintres sont revenus de la figuration pour orienter leurs travaux vers labstraction et la semi-abstraction. Lappartenance à une même école ? Les styles des exposants sont tellement différents quil est difficile de les domicilier à lintérieur dune grille. En fait, ce qui soude les 22 artistes, cest la fierté de se réclamer dune région qui a doté le Maroc de peintres qui ont le métier. À la différence du centre et du sud, la majorité des peintres du Nord savent dessiner et peindre, selon lenseignement dispensé dans les écoles qui respectent les canons académiques. Voilà, cest dit ! |
Festival. Eve Superstar
Strass, paillettes et honneur aux femmes. Tel a été le mot dordre à louverture de la deuxième édition du Festival international du film de femmes de Salé, le 5 septembre. Dune Siham Assif, délicieusement provocante, à un Nabyl Lahlou féministe irréductible et qui la presque crié tout de rouge vêtu, en passant par la très discrète fille à son père, Souad Hamidou, on se serait cru à la Nuit des Divas. Seule absente à lappel, lactrice tunisienne et grande invitée de ce festival, Hind Sabri, à qui on a rendu hommage. Du reste, elles sont 12 à se disputer cette année les cinq prix du jury, dont deux favorites. On vous le souffle à loreille : la réalisatrice marocaine Farida Belyazid, pour Juanita de Tanger et lEgyptienne Kamila Abou Dikri pour Roi et Ecriture. Verdict donc ce week-end ! |
Court métrage. Il court, il court, le court
Et cest reparti pour un court ! Tanger accueille du 11 au 16 septembre le 4ème festival du court métrage, avec, pour représenter le Maroc dans la compétition : Casa de Ali Benkirane, Trente ans de Mohamed Tribak et Tes cheveux noirs, Ihssan, de Tala Hadid. En parallèle, les cinéphiles auront droit à un panorama du genre avec 60 courts à consommer au cinéma Roxy. De la quantité en veux-tu, en voilà ! Le Maroc a produit 80 courts métrages pour la seule saison 2005-2006. Le rythme actuel est de 2 courts tournés par semaine, autant dire que la barre symbolique des 100 sera bientôt atteinte grâce à lobligation faite aux réalisateurs de commettre trois courts-métrages pour obtenir leur carte professionnelle. Ce foisonnement est réjouissant, mais petit bémol tout de même : quantité nest pas synonyme de qualité et le bon côtoie aussi le meilleur du pire... |
Edition. Lire le cinéma
Les cinéphiles ont enfin leur lecture made in Morocco. Ciné Mag, cest le titre de ce nouvel arrivant dans le monde de lédition, se propose de faire le tour, chaque trimestre, de lactualité du septième art et de laudiovisuel sous notre ciel, le toutau prix de 40 DH. Projets de films, tournages en cours, découverte des métiers du cinéma, analyses et critiques de films, cahiers audiovisuel, couverture de festivals... La routine quoi ! Deux bons points sont cependant à mettre à lactif du nouveau mag : un concours de graphisme qui verra le travail dun finaliste en couverture, à chaque numéro, et un DVD compil de courts métrages de jeunes réalisateurs marocains. Le premier numéro sera dans les kiosques la semaine prochaine. |
Cinéma. Les enveloppes de San Sebastian
Deux projets de films marocains ont été sélectionnés par le Festival International du Film de Donostia-San Sebastian (Espagne) pour bénéficier dune aide à la réalisation. Le premier, Entre parenthèses, un drame co-signé par Hicham Falah et Mohamed Chrif Tribak, sattaque à lengagement politique dans luniversité des années 80. Le second, Larmes d'argent du réalisateur Mourad Boucif, part, lui, sur les traces dun paysan marocain forcé de rejoindre larmée française dans les années 40. La subvention, dun montant de 15 000 à 30 000 euros, fait partie du programme cinéma en mouvement, lancé par le festival espagnol en 2005, pour la promotion des cinémas dAfrique et dAmérique latine. |
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Le livre.
Mohamed Berrada est un jeune cadre dynamique tout ce quil y a de plus banal. Un poste de dirigeant, les responsabilités et le stress qui vont avec. Une épouse avec son lot de soucis et de disputes. Excédé, il décide un jour de tout plaquer pour un grand saut dans linconnu. Plus quun break : il senvole pour New Delhi. Là-bas, il prend conscience de la vanité de son existence, et des choix quotidiens quimpose la force de lhabitude et qui finissent par déranger. Si le carnet de voyage tourne parfois au délire narcissique, émaillé de descriptions qui semblent droit sorties du Routard, on se laisse facilement embarquer dans la narration, tant lingénuité est attachante. Lessai qui suit sur le zen et le bouddhisme est sans prétention.
Mohamed A. Berrada, Be
mi Zen, Ed. Senso Unico
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Humeur : Sunset Boulivar
Chaque année, durant le Festival du cinéma de Marrakech, les réalisateurs et acteurs marocains souffrent dune maladie exotique : le casting imaginaire. Sous leffet conjugué des bulles et des paillettes, il leur pousse des ailes de star. Entre le fromage et le dessert, un acteur marocain peut tout à fait vous annoncer quil jouera dans le prochain film dAlmodovar. On prend bien note du scoop juste pour la forme tout en se promettant de ne plus déjeuner avec lui. Dans la même veine, et avec aussi peu de vergogne, un réalisateur peut vous alpaguer en boîte de nuit pour vous confier que Monica Bellucci serait parfaite pour le rôle titre de son prochain film réaliste : Batoul, tranche de vie dune ouvrière du textile. Il en a dailleurs touché un mot à Monica tandis quelle lui signait un autographe. Elle a semblé très intéressée, ajoute-t-il. Dailleurs, ne lui a-t-elle pas donné ladresse de son fan-club ? Tout journaliste, avec un tant soit peu dhumanité, conseillerait à ce réalisateur de revoir sa conception du cinéma vérité, avant de lui donner un suppositoire contre la fièvre. Car même avec la meilleure volonté du monde, on a du mal à imaginer Monica Bellucci dans le rôle de Batoul, ouvrière non déclarée à la CNSS, amoureuse dun fan de Bilal, heureux propriétaire dune peugeot 103. Mais face au delirium marrakchi, lattitude la plus raisonnable pour un journaliste reste le silence. Cest de la lâcheté, on vous laccorde. Mais pendant quun réalisateur se fait des films dans la tête, au moins il nen tourne pas. Et bien souvent, cest tant mieux pour le cinéma marocain... |
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