Politique. Le PSU bien en Cour ?
Parution. Feu sur l'armée !
Enseignement. La bataille du tamazight
Médias. Arriyadiya, le sprint final
Sondage. Nos jeunes, tellement vieux...
Georges Corm. "La guerre ne fait que commencer"
Bourse. Le casino des cols blancs
Portrait. Bigg, le plus fort
N° 238
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Rythms of Peace. Mort dans l’oeuf

Rythms of Peace, le tout jeune technival marocain n’est plus, enterré après à peine deux éditions. La décision, tombée au lendemain de sa clôture le 22 août, a valu, dans la foulée, à son géniteur Moundir Zniber, l’interdiction d’organiser des évènements culturels au Maroc. De leur côté, les festivaliers, qui s’étaient entre-temps rendus à Akchour pour l’ “after”, ont été chassés du camping par les forces de la gendarmerie royale. Et pour cause, les riverains de la plage de Sidi Mghayet, où s’est tenue la dernière édition du technival, s’étaient élevés contre la circulation massive de drogues sur le site du festival.
Dans le lot, la présidente de l’association Darna, Mounira Bouzid, regrette qu’un évènement culturel donne prétexte et raison aux discours rétrogrades : “ça fait 11 ans qu’on s’efforce de récupérer des enfants de la rue et de les éloigner de la drogue. Et voilà qu’ils se rendent à ce festival et reviennent nous dire qu’on leur donnait des pastilles gratuitement. Résultat, à Darna, on se retrouve à la case départ. Et les détracteurs de la culture ont du grain à moudre”. À mettre en cause également, deux articles d’Attajdid qualifiant le technival de “lieu de dépravation” et de paradis pour “les gays, les lesbiennes et les satanistes”. Attajdid n’en est d’ailleurs pas à sa première offensive contre Rythms of Peace, puisqu’il avait déjà demandé son annulation l’année dernière à Tifnit, dans le sud. Il y est finalement arrivé !


Sortie. A History of violence

Tom Stall, un père de famille plutôt paisible, zigouille sans coup férir un de ses agresseurs dans le restaurant qu’il gère. Devenu un personnage public, il émet des signaux inquiétants. Et puis, qui est cet homme mystérieux dans la berline noire qui le suit à la trace ?
Film de maître de David Cronenberg à la mise en scène et la réalisation très classiques, ce thriller roule sur des rails parfaitement alignés. L’intensité dramatique ne faiblit pas, portée par des acteurs à l’aise dans des rôles bien campés. Ainsi, le personnage principal est incarné par Viggo Mortensen (déjà vu dans Le Seigneur des Anneaux). Tout aussi charismatique, Ed Harris dans le rôle du méchant. Parodie de film de série Z ou film à clés, A History of Violence offre plusieurs niveaux de lecture, et ne fait que soulever des questions pour mieux détruire le mythe de l’American way of life. Dès la scène d’ouverture, la provocation est de mise et l’on est vite pris au piège de notre fascination pour la violence, omniprésente tout le long.

En DVD au coin de la rue



Première. La deuxième blague de Naciri

Saïd Naciri accouche de son second film. Abdou chez les Almohades, une autre comédie nacirienne qui risque de battre en record d’entrées le premier opus de l’humoriste, Bandia. C’est, en gros, l’histoire de Abdou (personnage campé évidemment par Saïd lui-même), un jeune délinquant de Jemaa El Fna, qui, foudroyé par un rayon X, remonte le temps et se retrouve propulsé dans la dynastie des Almohades. Un scénario tiré par les cheveux, vaguement inspiré par Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré, mais qui promet, au pire, quelques sourires. Saïd Naciri s’est en outre engagé à verser une partie des recettes du film à l’Association “Les bonnes œuvres du cœur”.


Expo. 22 pinceaux pour comprendre

La galerie tangéroise Linéart fait un feu d’artifice aux peintres du Nord. Sous le titre sommaire de Expressions du Nord, l’expo réunit jusqu’au 24 septembre, les travaux de 22 artistes de la région. Et la question s’impose : Qu’est-ce qui réunit aujourd’hui les peintres du Nord ? La prédominance de la figuration ? Il n’y a qu’à faire le tour de l’exposition pour se rendre compte que bon nombre de ces peintres sont revenus de la figuration pour orienter leurs travaux vers l’abstraction et la semi-abstraction. L’appartenance à une même école ? Les styles des exposants sont tellement différents qu’il est difficile de les domicilier à l’intérieur d’une grille. En fait, ce qui soude les 22 artistes, c’est la fierté de se réclamer d’une région qui a doté le Maroc de peintres qui “ont le métier”. À la différence du centre et du sud, la majorité des peintres du Nord savent dessiner et peindre, selon l’enseignement dispensé dans les écoles qui respectent les canons académiques. Voilà, c’est dit !


Festival. Eve Superstar

Strass, paillettes et honneur aux femmes. Tel a été le mot d’ordre à l’ouverture de la deuxième édition du Festival international du film de femmes de Salé, le 5 septembre. D’une Siham Assif, délicieusement provocante, à un Nabyl Lahlou “féministe irréductible” et qui l’a presque crié tout de rouge vêtu, en passant par la très discrète fille à son père, Souad Hamidou, on se serait cru à la Nuit des Divas. Seule absente à l’appel, l’actrice tunisienne et grande invitée de ce festival, Hind Sabri, à qui on a rendu hommage. Du reste, elles sont 12 à se disputer cette année les cinq prix du jury, dont deux favorites. On vous le souffle à l’oreille : la réalisatrice marocaine Farida Belyazid, pour Juanita de Tanger et l’Egyptienne Kamila Abou Dikri pour Roi et Ecriture. Verdict donc ce week-end !


Court métrage. Il court, il court, le court

Et c’est reparti pour un court ! Tanger accueille du 11 au 16 septembre le 4ème festival du court métrage, avec, pour représenter le Maroc dans la compétition : Casa de Ali Benkirane, Trente ans de Mohamed Tribak et Tes cheveux noirs, Ihssan, de Tala Hadid. En parallèle, les cinéphiles auront droit à un panorama du genre avec 60 courts à consommer au cinéma Roxy. De la quantité en veux-tu, en voilà ! Le Maroc a produit 80 courts métrages pour la seule saison 2005-2006. Le rythme actuel est de 2 courts tournés par semaine, autant dire que la barre symbolique des 100 sera bientôt atteinte grâce à l’obligation faite aux réalisateurs de commettre trois courts-métrages pour obtenir leur carte professionnelle. Ce foisonnement est réjouissant, mais petit bémol tout de même : quantité n’est pas synonyme de qualité et le bon côtoie aussi le “meilleur du pire”...


Edition. Lire le cinéma

Les cinéphiles ont enfin leur lecture made in Morocco. Ciné Mag, c’est le titre de ce nouvel arrivant dans le monde de l’édition, se propose de faire le tour, chaque trimestre, de l’actualité du septième art et de l’audiovisuel sous notre ciel, le toutau prix de 40 DH. Projets de films, tournages en cours, découverte des métiers du cinéma, analyses et critiques de films, cahiers audiovisuel, couverture de festivals... La routine quoi ! Deux bons points sont cependant à mettre à l’actif du nouveau mag : un concours de graphisme qui verra le travail d’un finaliste en couverture, à chaque numéro, et un DVD compil de courts métrages de jeunes réalisateurs marocains. Le premier numéro sera dans les kiosques la semaine prochaine.


Cinéma. Les enveloppes de San Sebastian

Deux projets de films marocains ont été sélectionnés par le Festival International du Film de Donostia-San Sebastian (Espagne) pour bénéficier d’une aide à la réalisation. Le premier, Entre parenthèses, un drame co-signé par Hicham Falah et Mohamed Chrif Tribak, s’attaque à l’engagement politique dans l’université des années 80. Le second, Larmes d'argent du réalisateur Mourad Boucif, part, lui, sur les traces d’un paysan marocain forcé de rejoindre l’armée française dans les années 40. La subvention, d’un montant de 15 000 à 30 000 euros, fait partie du programme “cinéma en mouvement”, lancé par le festival espagnol en 2005, pour la promotion des cinémas d’Afrique et d’Amérique latine.


Le livre.

Mohamed Berrada est un jeune cadre dynamique tout ce qu’il y a de plus banal. Un poste de dirigeant, les responsabilités et le stress qui vont avec. Une épouse avec son lot de soucis et de disputes. Excédé, il décide un jour de tout plaquer pour un grand saut dans l’inconnu. Plus qu’un break : il s’envole pour New Delhi. Là-bas, il prend conscience de la vanité de son existence, et des choix quotidiens qu’impose la force de l’habitude et qui finissent par déranger. Si le carnet de voyage tourne parfois au délire narcissique, émaillé de descriptions qui semblent droit sorties du Routard, on se laisse facilement embarquer dans la narration, tant l’ingénuité est attachante. L’essai qui suit sur le zen et le bouddhisme est sans prétention.

Mohamed A. Berrada, Be… mi Zen, Ed. Senso Unico




Humeur : Sunset Boulivar

Hassan Hamdani

Chaque année, durant le Festival du cinéma de Marrakech, les réalisateurs et acteurs marocains souffrent d’une maladie exotique : le casting imaginaire. Sous l’effet conjugué des bulles et des paillettes, il leur pousse des ailes de star. Entre le fromage et le dessert, un acteur marocain peut tout à fait vous annoncer qu’il jouera dans le prochain film d’Almodovar. On prend bien note du scoop juste pour la forme tout en se promettant de ne plus déjeuner avec lui. Dans la même veine, et avec aussi peu de vergogne, un réalisateur peut vous alpaguer en boîte de nuit pour vous confier que Monica Bellucci serait parfaite pour le rôle titre de son prochain film réaliste : Batoul, tranche de vie d’une ouvrière du textile. Il en a d’ailleurs touché un mot à Monica tandis qu’elle lui signait un autographe. Elle a semblé très intéressée, ajoute-t-il. D’ailleurs, ne lui a-t-elle pas donné l’adresse de son fan-club ? Tout journaliste, avec un tant soit peu d’humanité, conseillerait à ce réalisateur de revoir sa conception du cinéma vérité, avant de lui donner un suppositoire contre la fièvre. Car même avec la meilleure volonté du monde, on a du mal à imaginer Monica Bellucci dans le rôle de Batoul, ouvrière non déclarée à la CNSS, amoureuse d’un fan de Bilal, heureux propriétaire d’une peugeot 103. Mais face au delirium marrakchi, l’attitude la plus raisonnable pour un journaliste reste le silence. C’est de la lâcheté, on vous l’accorde. Mais pendant qu’un réalisateur se fait des films dans la tête, au moins il n’en tourne pas. Et bien souvent, c’est tant mieux pour le cinéma marocain...



Ghiwane survivor
C’est un come back pour le moins surprenant que commettent les Nass El Ghiwane en ce début de saison. Après 20 ans d’absence, le groupe renoue avec l’écriture musicale et signe un album retour. Nehla chamma, (l’abeille renifleuse), un opus d’une dizaine de morceaux promis pour la fin du mois de septembre.


Première compét
Les arêtes du cœur, premier long métrage de Hicham Ayouch, part en compétition au Festival international du cinéma méditerranéen de Montpellier du 27 octobre au 5 novembre. Le film, production de la Film Industry, a été projeté pour la première fois la semaine dernière au Festival des films du monde à Montréal.


Fusionneurs au Zefzaf
Double ration de fusion pour les amateurs du genre, en cette rentrée 2006. Aficionados de la haïha music, rendez-vous le 14 septembre au complexe Zefzaf à Casablanca pour un double concert Hoba Hoba Spirit et Mazagan. Billets à hobamazagan@yahoo.fr (50 DH)

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés