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N° 238
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Khalid Oudghiri.
(AIC PRESS)

Gouvernance. Attijariwafa fait marche arrière

Le “champion national” semble mal en point. Le torchon brûle entre les membres du top management de la banque… Et la gestion quotidienne en pâtit. Le président Khalid Oudghiri ne prend plus la moindre décision sans impliquer les différents comités de gestion. La cause : le malheureux épisode de mars dernier. À l’occasion de la présentation des résultats annuels, la filiale bancaire du groupe ONA avait annoncé un changement de mode de gouvernance. De conseil d’administration, elle devait basculer au modèle de conseil de
surveillance et directoire. À l’époque Khalid Oudghiri, pressenti président du conseil de surveillance, essayait de rassurer en parlant de “continuité dans la conduite de la stratégie”. Or la communauté bancaire ne voyait dans cette “promotion” qu’un placard doré pour un président devenu dérangeant. D’ailleurs des bruits couraient au sujet d’une mésentente entre Oudghiri et les vrais patrons de l’ONA, répartis entre SIGER et le sérail. “Ils appréciaient mal le fait que Oudghiri s’attribue toute la gloire de la réussite de la fusion BCM – Wafa”, murmurait-on par-ci et par-là. Une assemblée générale avait même été fixée pour le 31 mai pour avaliser ce changement. Sauf que quelques semaines avant le rendez-vous, la banque annonçait le report de cette réunion d’actionnaires “pour une date ultérieure”. Traduction : plus question de mettre à l’écart Oudghiri. Dès lors les versions se sont multipliées. Les uns parlent d’un veto des actionnaires espagnols. D’autres évoquent simplement la difficulté de trouver un président du directoire à la hauteur.


Acquisition. Tout un tapage pour une action

“La CDG prend une participation dans la société belge Swift”, cela faisait les gros titres de la presse. Une information curieuse vu la taille de la cible. Car même pour le bras armé de l’Etat, il s’agit là d’un gros morceau. La Caisse est surtout habituée à jouer le rôle de locomotive pour de gigantesques projets d’investissement (comme l’aménagement du Bouregreg ou le port Tanger Med) ou encore à porter le casque de pompier pour sauver des canards boiteux (comme le CIH ou la BNDE). Mais quelle serait l’opportunité de devenir actionnaire d’une société qui veille sur des transactions équivalentes à 150 fois le PIB du Maroc ? Car Swift est une sorte d'Internet de la finance, utilisé par 7800 banques à travers le monde. Chaque jour, ce réseau gère neuf millions d'instructions ou de confirmations portant sur des transactions financières internationales. Et la CDG n’a fait que souscrire à ce service. Pour cela, elle se voit obligée d’acheter une action… Pas plus.


Nucléaire. L’ONE explore la piste russe

À la veille de la visite officielle de Vladimir Poutine au Maroc, une délégation de l’Office National d’Electricité conduite par le DG, Younès Maamar, se trouvait en Russie. La mission : rencontrer les responsables de l’agence russe de l’énergie atomique dans le cadre des études de faisabilité pour le projet d’une centrale électronucléaire au Maroc prévue entre 2016 et 2017. Ont également eu lieu avec les dirigeants du holding Rosenergoatom, du groupe TVEL et de Atomstroyexport des discussions à la suite desquelles, le porte-parole d’Atomstroyexport a clairement affirmé que la société était intéressée par la participation à l’appel d’offres international que devrait lancer l’ONE.


Résultats. Carton plein pour Maroc Telecom

C’est fier comme Artaban que le président de Maroc Telecom, Abdeslam Ahizoune, s’est prêté au rituel exercice de présentation des résultats semestriels. Et il y a bien de quoi. Les chiffres de l’opérateur historique battent de nouveaux records : un chiffre d’affaires en progression de 12% et un résultat qui caracole à 3 milliards de dirhams, soit 14% de mieux que le premier semestre 2005. Du coup, les perspectives de croissance ont été revues à la hausse. Le résultat d’exploitation devrait réaliser un bond de 14% alors que les analystes tablaient initialement sur une progression de 8% seulement. Autre bonne nouvelle : Ahizoune a annoncé l’arrivée de Canal+ sur le bouquet de chaînes proposé dans la télévision par ADSL. Le nouveau produit lancé par l’opérateur à la veille de la Coupe du monde reste pour l’heure peu attractif. L’arrivée de Canal lui donnerait des couleurs surtout que l’intégration de Canals est à la portée de Maroc Telecom vu les liens historiques entre Vivendi et le groupe de télévision française.



Billet. Une rentrée sans “flouss”

Fahd Iraqi

“Il me faut de l’argent pour le miel et les noix”. En écoutant la doléance du jour de sa femme, un petit employé trace vers son bureau dans un état second. Il vogue dans ses pensées. Trois semaines le séparent du ramadan et le voilà, déjà, harcelé par la facture salée des ingrédients des chbakia et des briwate. Lui qui n’a même pas encore trouvé de solutions à la doléance de la veille. Sa douce moitié lui a lancé en guise d’au revoir : “Il me faut de l’argent pour les fournitures scolaires des enfants”. De quoi lui faire regretter sa fertilité excessive qui lui a valu trois rejetons. Toutes ces dépenses au retour des vacances. Et puis, l’accueil de ces fameuses vacances ? Sous le paillasson, une facture d’eau et d’électricité annonçant une augmentation des tarifs. Chez le Soussi du coin, il apprend que le prix du sucre augmente de 35 centimes.
Une sorte d’aboiement ranime l’employé. Il sort de son coma. Son chauffeur de taxi lui parle : “Ce week-end, ils ont augmenté le prix du carburant, il y aura certainement une augmentation des prix du taxi. On parle aussi d’une hausse du prix des cigarettes”. Lucide, l’employé sait qu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule… Mais là, il y a de quoi crier au complot. La bonne nouvelle, il la croisera une avenue plus tard : un panneau publicitaire où une société de crédit affiche fièrement le slogan “Faites une rentrée sans fautes”. Pas le choix quand on est sans “flouss”.

 
 
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