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Bourse. Le casino des cols blancs
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N° 238
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Avenue des FAR, à Casablanca
(AIC PRESS)

Presse. Ça bouge dans les kiosques

Divers changements en cette rentrée pour la presse. D’abord une fermeture : celle de Maroc Soir. Après moins d’un an seulement de parution, l’édition qui se positionnait sur le créneau des quotidiens du soir a fermé boutique, engloutissant ainsi plusieurs millions de dirhams d’investissement. Son personnel, pour l’essentiel, a été redéployé vers l’édition phare du groupe, Le Matin du Sahara. “La Mañana”, journal hispanophone du même groupe, devrait incessamment connaître le même sort. Cette fois-ci les journalistes seront réaffectés à la rédaction arabophone d’“Assahra Al Maghribya”. Mais il y a aussi de
nouvelles parutions. Rachid Nini devrait sortir le 18 septembre prochain un nouveau quotidien dénommé “Al Massae”. Son tour de table compte divers investisseurs, entre autres, le cinéaste Mohamed Asli, auteur de À Casablanca les anges ne volent pas. Autre création probable : Abdellah Chankou qui vient de quitter la rédaction d’ Aujourd’hui le Maroc, serait lui aussi en train de lancer son propre journal. “Il n’y a encore rien pour le moment”, se contente de répondre A. Chankou. Enfin une transformation : Assahifa , l’hebdomadaire arabophone dirigé par Mohamed Hafid devrait passer en diffusion quotidienne. Pour son premier numéro de la saison, il est paru sous le même format de magazine arabophone hebdomadaire. Le quotidien devrait encore attendre quelques semaines. Bonne chance à tous nos confrères.


Poutine. Le Maroc en un clin d’oeil

Le président russe Vladimir Poutine a effectué une visite-éclair (mais une première quand même), entre mercredi et jeudi dernier. Au menu des échanges : les secteurs de l’énergie, des télécoms, du tourisme, des infrastructures, de la technologie de pointe, des banques et plus particulièrement des privatisations. Les discussions devraient porter, entre autres, sur la construction d’une centrale nucléaire à des fins civiles. À noter, et ce n’est pas négligeable, que la Russie cherche aussi des nouveaux marchés d’armement… Enfin, pour l’anecdote, notons que le président russe a débarqué plutôt en retard à Casablanca (deux heures du matin, d’après des sources fiables), ce qui n’était pas forcément prévu au programme, provoquant un stress inhabituel chez les autorités marocaines.


Servaty. Après les photos, le film !

Incroyable mais vrai. Un CD pornographique, vendu sous la table comme étant “le premier X marocain et arabe” entre 20 et 30 DH l’unité, montre, en guise de générique du début… plusieurs photos tirées du fameux CD réalisé par Philippe Servaty lors de ses virées à Agadir. En d’autres termes, le drame continue pour certaines des victimes du touriste belge, déjà injustement condamnées par la justice (et la société) et pour lesquelles le couvercle de la honte refuse décidément de se refermer… On a appris par ailleurs, mais l’information n’est pas encore confirmée, que la police aurait procédé à l’interpellation d’une nouvelle victime de Servaty. Pour une fois, nous espérons que notre source se trompe.


SIDA. Himmich contre Kaddafi

Alors que le procureur du procès des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien (jugés à Tripoli pour avoir inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants libyens) a requis la peine de mort, la société civile se mobilise… au Maroc. Le professeur Hakima Himmich (ALCS) s’indigne : “La Libye ferait mieux de s’occuper de tous les malades du sida”, rappelant que la précédente condamnation à mort avait été annulée par la Cour suprême. La défense et le Pr Luc Montagnier, co-découvreur du virus du sida, soutiennent que ce sont les mauvaises conditions d’hygiène qui ont entraîné la diffusion de la maladie. Mais une majorité de Libyens sont convaincus de la thèse du complot avancée par le régime de Kaddafi, aujourd’hui incapable de faire marche arrière.


Années de plomb. Petites indemnisations

La deuxième vague d’indemnisation des victimes des années de plomb, initiée par l’IER, connaît du retard. Initialement prévue pour fin juillet, cette opération en est toujours au stade de l’examen. Les dossiers ont été finalisés mais ils attendent la décision du premier ministre sur l’enveloppe à débourser. Les indiscrétions font état d’une importante révision à la baisse par rapport aux montants consentis par l’ancienne commission d’arbitrage, où les déboursements ont atteint parfois deux millions de dirhams pour un seul dossier. Cette fois-ci, ils seraient plafonnés à 300 000 DH, selon nos sources. Maigre pactole...


Hrig. Zapatero dit stop

Selon la presse espagnole, le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a tenu un discours musclé aux ambassadeurs d'Espagne en poste au Maghreb, qu’il a reçus mercredi dernier à Madrid. Pour lui, “Madrid n'accepte pas l'immigration clandestine puisqu’il ne s'agit pas d'immigration, mais de fraude aux immigrés et de violation des règles de cohabitation”. “Comme l'Espagne continuera d'être un point d'attraction de l'immigration illégale”, Zapatero a demandé à ses ambassadeurs de s'impliquer beaucoup plus pour “résoudre ce problème à partir des pays d'origine des immigrés”.


Pédophilie. Viol à Sidi Bennour

Douar Kwasser près de Sidi Bennour a été le théâtre début août d’une horrible affaire de viol sur une fillette de 6 ans. Les parents de l’enfant ont déposé plainte auprès du procureur général d’El Jadida, mais plus d’un mois après les faits, le présumé violeur n’a toujours pas été interrogé par les services de police. Les témoignages du père et de la gamine désignaient pourtant clairement le responsable et les circonstances du viol. L’auteur du délit serait une connaissance du père, qui, après avoir reçu à son domicile la fille et son père, a assommé ce dernier, avant d’entraîner la gamine dans un cimetière pour abuser d’elle. Horreur à suivre...


FUN. El Othmani sans voile

Saâd-Eddine El Othmani, le plutôt austère secrétaire général du PJD, a accordé une longue interview au plutôt branché magazine VH.
On y retrouve des thèmes récurrents dans le discours du parti, concernant la laïcité, l’homosexualité (“l’homosexualité n’est pas la pédophilie, mais toutes deux sont interdites par l’islam”), ou encore l’obligation de porter le hijab…
Mais on y découvre aussi des aspects plus personnels de l’homme politique. Ainsi, El Othmani, fervent pratiquant de la philatélie, avoue qu’il lui arrive de manquer ou de retarder ses prières, confie que son principal défaut reste “la recherche du consensus” et que la principale qualité qu’il préfère chez une femme, c’est… la modestie (!).
Et à la fameuse question qui clôt le questionnaire de Proust, relative à son état d’esprit présent, il répond simplement : “Serein. Il faut l’être avec les journalistes”.



Billet. Pourquoi Nichane

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Le fait que TelQuel ait dorénavant une âme sœur en arabe suscite autant d’interrogations que d’inquiétudes. Nichane sera-t-elle une publication en arabe ou en darija ? Et quel mal y aurait-il à écrire aussi en marocain, à coller au réel en cas de besoin et à puiser dans les mots du terroir par souci de communicabilité ? Aucun, visiblement, sauf le sentiment diffus que ce serait malveillant vis-à-vis d’une langue classique, sculptée dans le marbre, de la confronter au banal, au charnel ou encore aux paroles crues de la rue et des nouveaux artistes.
Ce sera le sacerdoce de Nichane, refléter la réalité “sans détour”. Mais aller droit au but, nommer les choses sans préjugés, sera-t-il possible en arabe, se demandent souvent des francophones ignorant des subtilités de l’arabe, si riche. Qu’est-ce qui nous en empêche ? Pourquoi serions-nous libres en français et moins libres en arabe ? Parce que les traditions sont figées ? Parce que le lexique arabe, coranique et makhzénien, est inhibiteur ? Parce que l’école, la télé et la mosquée ont toutes contribué à calcifier les esprits arabisés ? Ce n’est pas forcément une fatalité. Nichane ne peut combler, à elle seule, une tradition de faux-fuyants, mais contribuera à distiller, à petites doses, une pensée débarrassée des tabous. Le principe est simple : ne rien sacraliser sauf la liberté.
Nichane n’a pas pour dessein de prêcher une quelconque bonne parole, mais de dévoiler des vérités, dissimulées par les intérêts des plus puissants et notre tradition culturelle du black out. Elle s’emploiera à les traquer, sans obsession mais avec la rigueur professionnelle et le détachement qui nous évitent d’être obnubilés par les discours et attachés aux faits, têtus. Parce qu’un lecteur arabophone, quelle que soit son appartenance sociale, mérite autant qu’on respecte son intelligence qu’un francophone, membre de l’élite. Ça s’appelle dire les choses nichane.



MRE. Charge violente contre nos consulats

Le portail yabiladi.com dédié aux MRE a publié pendant l’été les résultats de son questionnaire sur l’accueil dans les consulats marocains à l’étranger. Un chiffre sans appel : 66% des 3600 internautes qui y ont répondu jugent les consulats désorganisés, corrompus, inefficaces. Pour bien enfoncer le clou, les animateurs de yabiladi.com ont appelé les 14 consulats du Maroc en France afin de tester l’accueil téléphonique… un seul a répondu. C’est sans commentaire. Ou alors peut-être un, ce conseil d’un Marocain de France sur yabiladi.com : “A ceux qui souffrent du mal du pays : allez au consulat du Maroc… la nostalgie vous passera en deux minutes”.


Sécurité. Ghellab passe par la fouille au corps

Joli exercice de communication que celui auquel s’est livré Karim Ghellab, ministre des Transports. Alors que le prometteur Ouadie Dada, journaliste à 2M, tournait un reportage sur les mesures de sécurité dans les aéroports, monsieur le ministre passait, au même moment, par un point de contrôle. Décontracté, Karim Ghellab s’est laissé faire devant les caméras de Aïn Sebaâ et a subi une minutieuse fouille au corps. Moralité: tout le monde y passe, même les ministres de Sa Majesté. Mais il y a un détail que beaucoup ont relevé : le passeport bordeaux que portait le ministre. Ghellab voyagerait-il avec un passeport français ? “Non, répondent certains de ses proches. Ce doit être un passeport de service”. Seconde moralité de l’histoire : une caméra ne transmet pas toujours l’image que l’on veut donner de soi.


Histoire du Rif. Adieu, Omar Khattabi

Omar Khattabi, cousin de l’émir du rif Abdelkrim Khattabi, aura sans doute droit à deux commémorations pour le 40ème jour de sa mort survenue à 80 ans, le 6 août dernier à Kénitra. Certains proches et amis du défunt désirent l’organiser, pour le symbole, à Ajdir, cette petite localité près d’Al Hoceïma étant l’ancienne capitale de la république du Rif. C’est d’ailleurs là-bas qu’a été enterré Omar Khattabi. Les partisans d’une cérémonie plus “nationale”, pour reprendre le qualificatif d’un ami du défunt, préféreraient lui donner plus de résonance médiatique en l’organisant à Kénitra, ville où Omar Khattabi, chirurgien de son état, vivait et dirigeait une clinique. Pour la “grande histoire”, Omar Khattabi aurait pu devenir le premier président du Maroc si le coup d’état de 1972 contre le Boeing royal avait réussi. Opposant irréductible au régime, il a d’ailleurs été emprisonné et torturé à Dar El Mokri ( PF2).


Foot. L’affaire Zemmama

L’affaire Marouane Zemmama, ancien joueur vedette du Raja parti monnayer ses talents en Ecosse, dans une équipe de D1, grâce à des documents falsifiés, continue de faire des remous. La plainte contre X (pour falsification de documents), envoyée par la Fédération royale marocaine de football à la FIFA vient d’être retournée à l’envoyeur en milieu de semaine. “En gros la FIFA stipule que les falsifications ne relèvent pas de ses compétences mais plutôt de la justice marocaine”, souligne le président du Raja, Hamid Souiri. Concernant l’enquête menée ici au Maroc, à la suite de la plainte déposée le 18 août dernier par la fédération (une première !), il semblerait que trois semsara (intermédiaires) aient déjà été interpellés. Nouveau scandale en perspective pour le football marocain.


Internet. SOS pédophilie !

Le centre for Media Freedom in the Middle East and North Africa (CMF-MENA), un centre de recherche basé à Londres et à Casablanca, tire la sonnette d’alarme en ce qui concerne la pédophilie via Internet. Une enquête effectuée sur 100 enfants de Casablanca âgés entre 10 et 17 ans révèle l’énorme danger qu’encourt le Maroc. Les deux tiers des enfants interviewés ont déclaré avoir reçu des offres de voyage, de cadeaux ou de mariage par chat de la part d’inconnus. Plus grave, ils agissent dans l’ignorance totale de ce genre de crimes. Le quart de l’échantillon, ajoute l’étude, se rend aux cybercafés malgré l’interdiction des parents. Moralité : surveillez vos gosses !


Yassine. Le calife était en visite à Tanger…

Abdeslam Yassine est rentré de Tanger où il a passé quelques semaines de villégiature. Le lendemain de l’arrivée du roi à Tanger, le cheikh avait débarqué dans la ville du détroit pour s’installer dans une villa cossue située dans le village de Oued Ghlala à Ksar Sghir. Arrivé le mercredi 2 août à la tombée de la nuit, Yassine en avait profité pour faire la prière d’Al Ichaâ à la mosquée Souriyine. Il avait ensuite été escorté par une centaine de voitures jusqu’au village où il avait été accueilli avec du lait et des dattes par un nombre impressionnant de fidèles. Ce n'est pas la première fois que le déplacement du leader islamiste est marqué par un cérémonial quasi royal. Un accueil protocolaire digne d'un monarque de vieille date lui a été d’ailleurs consacré lors de sa visite à Ouarzazate en avril dernier. Une visite qui a également coïncidé avec la présence royale dans la région… “Pour ses adeptes, le cheikh est déjà le calife, pourquoi se priverait-il de jouir des avantages du titre ?”, rappelle avec humour un observateur.


Laâyoune. Chaud, l’été !

C’est le sujet de la rentrée sur tous les sites Internet du Polisario : “Le Inzal indépendantiste sur les plages de Laâyoune” (un peu à la Adl Wal Ihssane). La version indépendantiste veut que des manifestations et des affrontements sanglants aient éclaté sur la plage de Foum El Oued, à une dizaine de kilomètres de Laâyoune, faisant des dizaines de victimes. Une source indépendante sur place nuance : “il y a eu un grand inzal de gendarmes sur la plage depuis le mois de juin. En août, une grande partie des habitants de Laâyoune élit résidence en bord de mer. Certains indépendantistes ont profité de cette foule estivale pour improviser une manifestation avec port du drapeau et tout le tralala. Les gendarmes ont chargé et évacué toute la plage. Le lendemain, tout était redevenu normal”. Finalement, quelques heures d’escarmouches ont permis aux indépendantistes de faire quelques clichés et de les publier sur Internet. C’est toujours mieux que rien.


Groupe TelQuel. Du mouvement

Promotions et chaises musicales, pour cette rentrée 2006. Driss Ksikes, ancien rédacteur en chef de TelQuel, est nommé directeur de la publication et de la rédaction de Nichane, le magazine hebdomadaire arabo-darijophone lancé par le groupe TelQuel. Nichane est en fait la nouvelle version du tabloïd hebdomadaire Al Jarida Al Oukhra édité par la société Free Media – dont Presse Directe SA, la société éditrice de TelQuel, a pris le contrôle peu avant les vacances (voir pp. 4-5). Ksikes remplace à ce poste notre talentueux confrère et ami Ali Anouzla qui a préféré, à notre regret, prendre un peu de champ depuis le changement d’identité de l’hebdo qu’il avait fondé en février 2005. Anciennement chef des actualités de TelQuel, Karim Boukhari, lui, y occupe désormais le poste de rédacteur en chef. Des talents confirmés pour un nouveau départ.


Banque. Benjelloun l’Algérien

Othman Benjelloun, le célèbre banquier casablancais, se frotte déjà les mains. Le magnat de la finance a en effet reçu la bénédiction des autorités de notre voisin de l’est pour s’implanter en Algérie. La Banque d’Algérie a ainsi accordé l’agrément à la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE), laquelle prévoit d’investir pas moins de 30 millions de dollars pour lancer ses offres de services bancaires sur le marché algérien. La BMCE va ouvrir une filiale, ce qui en fera ainsi la première banque marocaine à s’activer en Algérie sur un total de trois (dont Attijariwafa bank) qui ont à leur tour déposé une demande d’agrément.


Amazigh. Les gens d’Amourakouch

Habituellement, les amazighs demandent l’intégration de la langue berbère dans la Constitution. Maintenant, ils veulent remplacer le nom du Maroc par l’appellation “Amourakouch” (Marrakech dans un étirement de langue entre l’arabe et l’amazigh). “À l’origine, notre pays s’appelait ainsi. Il faut récupérer notre identité”, explique sérieusement Mohamed Handaine, activiste berbère. Dans une déclaration commune établie à Agadir, 30 associations demandent aussi le remplacement de l’expression “Maghreb arabe”, mentionnée dans le préambule de la Constitution, par celui de Tamazgha. ça cogite dans les milieux berbères !


Drogue. La chute d’un baron

Mohamed Elkharraz dit Chrif Benilouidane a été arrêté le 25 août dans une localité proche de Ksar Sghir. Il s’agit d’un des plus gros barons de la drogue qui écument encore la région de Tanger. L’homme qui a toujours réussi à se faufiler entre les mailles du filet sécuritaire depuis la campagne d’assainissement, faisait pourtant l’objet de plusieurs condamnations par contumace et d’un avis de recherche national. Une première tentative d’arrestation de ce trafiquant avait déjà avorté, il y a six mois environ, lorsqu’il avait pris la fuite à bord d’un puissant zodiac en direction des côtes espagnoles. La Brigade nationale mobile de la gendarmerie qui suivait les faits et gestes de l’intéressé lui a passé les menottes alors qu’il était attablé au café Al Ghouroub, à Dalia, près de Ksar Sghir. Tout bêtement.



3 questions à Driss Guerraoui (conseiller à la Primature chargé du dossier de l’emploi)

Vous avez signé un accord d’embauche au profit de 865 diplômés chômeurs. Fini, les sit-in devant le Parlement ?
C’est ce que nous espérons. Les concernés se sont engagés à cesser toutes les formes de protestation dans les places publiques et le recours à la menace contre l’Etat à travers des formes extrêmes comme le suicide. L’accord auquel nous sommes parvenus est une véritable révolution. Il augure un changement dans le comportement des diplômés chômeurs, plus mûrs et plus ouverts sur des formes d’emploi autres que la fonction publique. Pour la première fois, ils ont adhéré à l’ensemble des programmes d’insertion des jeunes dans le monde de l’entreprise.

Etait-il facile de les convaincre d’aller vers le privé ?
C’était difficile. Mais nous y sommes arrivés. En tant que jeunes employeurs, ils ont beaucoup de choses à gagner. L’essentiel est qu’ils vont se débarrasser de cette mentalité d’assistés qui leur colle à la peau. Le Maroc est un chantier ouvert. Les nouvelles opportunités d’investissement et la refonte de la fonction publique à travers les départs volontaires ont élargi le secteur de l’emploi. Qu’ils en profitent !

Allez-vous tenir vos engagements ?
Le gouvernement assumera ses responsabilités en intégrant ces diplômés entre septembre 2006 et septembre 2007. C’est un engagement sérieux.


Insolite. Le roi des miracles

Le quartier Bourgogne à Casablanca se rappellera longtemps de ce passage de Mohammed VI. Parce qu’il devait y inaugurer un nouveau siège du Samu, deux boulevards ont été refaits et quelques immeubles repeints, aux frais du contribuable. Plus, la veille de l’arrivée du roi, un boulevard de plus d’un kilomètre, attenant au nouveau siège, a été goudronné en moins de trois heures, entre 21 heures et minuit. Un record … presque divin ! Certaines questions s’imposent cependant : le roi ignore-t-il la misère des rues casablancaises, ne voit-il pas au-delà du tapis rouge qu’on lui déroule et ignore-t-il qu’un revêtement refait en trois heures sera anéanti par les premières pluies d’hiver ?


Tindouf. Silence, ça tourne !

Réda Taoujni, le très remuant président de l’Association Le Sahara marocain ne finit pas d’étonner. Sa dernière trouvaille : la construction juste après le mois du ramadan d’une réplique des camps de Tindouf où sera tourné… un film “documentaire” reconstituant le calvaire d’anciens prisonniers marocains du Polisario. “C’est un film de 40 minutes traduit en trois langues, avec 400 figurants bénévoles, destiné aux médias étrangers afin de sensibiliser l’opinion internationale quant au calvaire des séquestrés. On y verra des séances de maltraitance, de torture, des assassinats…”, explique Taoujni. On est curieux de découvrir le résultat… si le film se tourne un jour.


Maradji. 50 ans déjà

Le photographe Mohamed Maradji a reçu, pendant l’été, une décoration méritée des mains du roi Mohammed VI. A 67 ans et après 50 ans de métier, celui qui a si longtemps immortalisé sur pellicule les figures de Mohammed V et Hassan II a tenu, à cette occasion, à faire le tour de toutes les rédactions amies (et elles sont nombreuses). Fébrile, comme toujours… T’inquiète, Si Mohamed, tout le monde t’aime.


Sondage. Al Arabiya, plus fort qu’Al Jazeera

Le journal électronique elaph.com a publié lundi dernier un sondage sur les moyens d’information de l’élite arabe pendant le conflit libanais. Sur les 270 personnes interrogées (acteurs des médias, de la finance, de la culture et de l’action sociale), près de 65 % ont déclaré avoir privilégié la couverture médiatique d’Al Arabiya contre 41 % pour Al Jazeera. Al Manar (arrivée en troisième position) a eu, quant à elle, la préférence de seulement 20% des sondés, mais est considérée crédible par plus de 40%. Dans le panel des 26 marocains interrogés (les réalisateurs Ahmed Boulane et Kamal Kamal, le poète Mohamed Bennis, le critique Mustapha Mesnaoui, le peintre Mellakh, le chroniqueur Rachid Nini etc.), l’écrasante majorité a déclaré avoir préféré Al Jazeera, à l’exception de Rachid Nini qui a suivi le conflit sur la chaîne du Hezbollah Al Manar.



Humeur. Jettou bis

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

l’avion est un drôle d’endroit pour une rencontre. C’est aussi un révélateur sur la nature profonde des gens, un miroir grossissant. Mon voisin de rangée est un élu sénégalais de 70 ans qui revient d’un long séminaire de formation en France. Il parle comme il respire, sans discontinuer. Résultat : un discours de deux heures dans lequel l’homme à ma droite livre des analyses très fines sur la géostratégie africaine. Un truc digne de figurer dans l’anthologie du Monde diplomatique avec l’immense avantage d’être plus digeste et de coûter zéro dirham. À la fin, mon voisin lâche quand même le morceau et avoue qu’il est polygame (quatre femmes dans quatre villes différentes !) et… analphabète. Oui, mon ami, analphabète. Un type qui ne sait ni lire ni écrire, mais qui est capable de disserter sur son monde avec une acuité de tous les instants. Oufkir, Hassan II, Wade, Senghor, l’Afrique et le monde arabe, tout y passe, et avec un bonheur égal. Epatant. C’est vers lui, ce voisin improbable, que je me suis tourné, quand j’ai cru reconnaître, au premier rang de la première classe, notre Premier ministre Driss Jettou : “Tu es sûr que c’est lui, que ce n’est pas un sosie de votre premier ministre ?” m’a-t-il demandé incrédule. Le doute m’a gagné un court instant et il faut me comprendre : Jettou (ou son sosie) avait le comportement d’un passager “normal” de la première classe. Un homme assis, qui lit ses journaux et avale ses repas sans broncher, pas le genre à se lever toutes les deux minutes ou à convoquer tout le staff des jolies hôtesses sans raison apparente. Je n’ai même pas remarqué l’habituelle nuée de petits personnages, dont on n’arrive jamais à déterminer les fonctions, qui accompagnent généralement les hauts responsables marocains partout où ils bougent. Tellement normal que c’en est exceptionnel.



VITES !

C’est fait, le parti de la Voie démocratique (Annahj), situé à l’extrême gauche de l’échiquier politique, a été la première formation à fustiger la vague des nouvelles interpellations dans le cadre de la campagne anti-terroriste. Le parti déplore, à juste titre, que les familles des inculpés n’aient pas été forcément prévenues de l’arrestation de leurs proches.


Le quotidien “Al Alam” a reçu le 18 et 24 août via son site Internet deux lettres de menaces de mort après la publication d’un dossier sur le réseau Ansar Al Mehdi. “Les lettres nous accusent d’aller contre l’islam et d’être manipulés, mais on ignore l’identité des auteurs”, nous apprend Abdellah Bekkali, secrétaire de la rédaction d’Al Alam.


Jamal Berraoui n’assume plus la mission de consultant auprès de 2M. Cette surprenante décision ferait suite à sa dernière chronique en date, sur le JT de la chaîne en août dernier, où il s’en prenait à la politique de recrutement de l’USFP. Il semble d’ailleurs que c’est ce parti qui aurait demandé, et obtenu, son départ.


Mais où est donc passé le Corcas ? Sauf imprévu, le Maroc devrait présenter son plan d’autonomie en octobre prochain. Problème, depuis sa session de juin dernier, le Conseil n’a pas avancé d’un iota. Du moins publiquement. Khelli Henna peaufinerait-il un projet en secret ?


Les élections de la 2ème chambre du parlement ont connu une grande première : l’interdiction, sur circulaire du ministère de l’Intérieur du téléphone portable à l’intérieur des isoloirs. Ce n’est pas cela qui risque de sauver une chambre condamnée, à terme, à être remplacée par le conseil économique et social.


Lalla Salma doit présider un symposium sur le cancer de l’utérus, les 15 et 16 septembre. Au Maroc, et contrairement aux idées reçues, la fréquence de cette maladie dépasse celle du cancer du sein. Contrairement aux pays développés, elle frappe même les jeunes femmes marocaines, du fait des mariages précoces…


L’association des familles de martyrs et disparus au Sahara vient de saisir le premier ministre. La nouveauté, c’est que l’association, dixit son président Brahim Hajjam, “met en garde contre la tentation, chez les déçus parmi les revenants de l’enfer des prisons du Polisario, de rejoindre les courants extrémistes qui touchent désormais jusqu’à l’armée marocaine.”


Le gouvernement français vient d’autoriser une étude démographique sur les personnes dont un des parents est venu de Turquie ou du Maroc. Cette étude inédite suscite la polémique, la constitution de fichiers “ethno-raciaux” étant interdite par la France. Officiellement, le but est de “faciliter l’intégration de ces personnes”…
 
 
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