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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Kofi Annan et le président turc,
Ahmed Necdet Sezer, lors de
la rencontre d’Ankara,
le 6 septembre. (AFP)

Liban. Marathon diplomatique de Kofi Annan

La tournée au Proche-Orient entamée il y a onze jours par Kofi Annan est-elle en train de porter ses fruits ? Lors d’une conférence de presse mardi à Alexandrie, le secrétaire général de l’ONU a déclaré que le blocus aérien et maritime israélien sur le Liban devrait être levé dans les 48 heures. Auparavant, Kofi Annan avait confirmé la nomination d’un émissaire secret chargé d’œuvrer à la libération des deux soldats israéliens, après un accord du Hezbollah et d’Israël en faveur d’une médiation onusienne.

À trois mois de la fin de son mandat, il tente de consolider une trêve “fragile” au Liban. Son voyage, commencé le 28 août, l’a mené au Liban, en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, en Jordanie, en Syrie, en Iran, en Arabie Saoudite, en Egypte, en Turquie et au Qatar. Kofi Annan est venu dénouer une situation devenue inextricable : le gouvernement libanais refuse d’impliquer les troupes internationales dans la surveillance de sa frontière avec la Syrie, d’où proviennent, selon Israël, les armes utilisées par le Hezbollah. Damas refuse un déploiement des casques bleus à sa porte et a menacé d’y répondre en fermant la frontière, étranglant le Liban toujours soumis au blocus d’Israël. L’Etat hébreu, lui, exige que ce soit la Finul qui surveille les côtes et la contrebande d’armes venant de Syrie ou d’Iran. Israël en fait la condition à la levée de son blocus.

Au pays du Cèdre, Kofi Annan s’est heurté au scepticisme des Libanais envers la communauté internationale. À Tel Aviv, on l’a écouté d’une oreille distraite, campant sur ses conditions. La question des militaires revient elle aussi sur le devant de la scène maintenant que les armes se sont tues au Liban, et que l’Egypte sert de médiateur entre l’Autorité palestinienne et Israël. Côté palestinien, la libération de Gilad Shalit serait imminente. Israël et les Palestiniens sont parvenus à un accord visant à échanger le soldat israélien retenu en otage à Gaza, contre près de 800 Palestiniens emprisonnés, d’ici la fin de l’année. Après avoir été largement critiqué pour sa guerre au Liban, Israël cherche un succès diplomatique pour sauver la face.


Irak. Le rapport accablant du Pentagone

Le Pentagone a publié le 1er septembre un rapport qui indique que l’Irak serait au bord de “la guerre civile”. C’est la première fois que la situation irakienne est officiellement dépeinte de manière aussi sombre.
Selon ce rapport, le nombre hebdomadaire d’attaques a augmenté de 15 % en trois mois et celui des victimes irakiennes de 51 %. Le bilan est de 3000 morts par mois, les deux tiers tués dans des violences interconfessionnelles. La morgue de Bagdad a reçu 1600 corps en juin et 1 800 en juillet, dont 90 % portaient des traces d’exécution.
Le rapport accuse la Syrie et l’Iran d’apporter “un soutien actif et passif aux forces antigouvernementales qui tendent à attiser les tensions ethniques”. Il détaille les activités des différents groupes, indiquant qu’il devient “difficile de distinguer les activités des groupes criminels, terroristes et insurgés”, tous étant “engagés dans les enlèvements, extorsions de fonds, attaques et autres crimes”.


Mexique. Et le gagnant est…

Le 2 juillet, les Mexicains ont été appelés aux urnes pour désigner le successeur du président Vicente Fox. C’est seulement mardi que le tribunal électoral a finalement annoncé la victoire de Felipe Calderon du parti conservateur, le PAN rejetant les accusations de fraude et les recours déposés par son challenger, Manuel Lopez Obrador, de la coalition de gauche Por el bien de todos.
Depuis deux mois, les partisans de ce dernier ont investi la rue pour contester les résulats du scrutin. Seules 234 000 voix séparent les deux candidats. Ces 0,58 % ont ouvert la voie à des contestations. Les partisans d’Obrador demandent le recomptage des voix. Le candidat de gauche a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de renoncer à sa lutte et a promis de constituer un gouvernement parallèle.


Algérie. Le retour de Bouteflika

Absent cet été, le Président Abdelaziz Bouteflika a fait sa rentrée lundi dernier lors d’un conseil des gouverneurs des banques centrales à Alger.
Son absence inquiétait. On savait le président malade depuis son hospitalisation en urgence à Paris en novembre 2005. Cet été, après son entrevue avec François Hollande les 8 et 9 juillet, il a diminué ses activités et n’a reçu aucun étranger.
Bouteflika fait sa rentrée alors que le pays connaît deux échéances importantes. D’abord la fin de l’ultimatum donné aux islamistes armés, le 31 août dernier. A ce jour, seuls 250 d’entre eux se seraient rendus. Puis, le référendum sur la Constitution prévu à l'automne : Bouteflika compte introduire un double septennat (au lieu du double quinquennat actuel). Cela le maintiendrait au pouvoir jusqu'en 2018.



Lu pour vous. [Irak]
Agir au Darfour

Le Monde, 3-4 septembre 2006

Khartoum finira-t-il par céder aux pressions américaines pour accepter le déploiement des casques bleus au Darfour, cette région de l’ouest du Soudan, secouée depuis 2003 par une sanglante guerre civile ? La question n’est plus seulement théorique depuis que, jeudi 31 août, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une résolution prévoyant l’envoi de 17 300 soldats à partir du 1er octobre.
Ce texte a été immédiatement rejeté par Khartoum (…) Le brûlant dilemme de l’heure concerne la stratégie à mettre en œuvre pour que la communauté internationale puisse exercer ce droit d’ingérence que réclame le Darfour. Une région où les milices arabes “janjawids”, soutenues par le gouvernement central d’Omar Al-Bachir, terrorisent depuis trois ans des populations noires qui réclament d’être mieux associées au pouvoir et aux richesses, faisant 300 000 morts et plus de 2 millions de déplacés.
L’administration Bush a choisi la carotte : la levée des sanctions économiques et une rencontre Al-Bachir-Bush, le 19 septembre à l’ONU seraient la contrepartie d’un consentement au déploiement des casques bleus. Mais cette stratégie n’a produit que de piteux effets (…)
L’autre voie, sans doute plus prometteuse, est celle des sanctions. Une résolution prévoyant de traduire les responsables des crimes devant la Cour pénale internationale a été adoptée, une autre envisage des sanctions ciblées. L’escalade de la violence appelle à les mettre en œuvre d’urgence.

 
 
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