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Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia
La semaine Culture
Initiative. Diversité, bouger bouger !
Imaginez une forêt belge et, au milieu, une résidence artistique hors du commun, rassemblant dans un même trip multidisciplinaire, pluriculturel et polyglotte, 45 jeunes du Mexique, dEstonie, de Pologne, de Belgique, du Québec ou encore du Maroc. Trapézistes, chorégraphes, saxophonistes, jongleurs, breakers, acteurs
Tous différents tous égaux, et tous invités à faire bouillonner leurs talents dans une marmite créative mise sur le feu par le Bureau International Jeunesse (BIJ) de la Communauté française de Belgique. Au final : un spectacle unique, au plus près de la fusion, monté en deux semaines chrono et |
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| présenté devant 2000 personnes. Trop beau pour être vrai ? Demandez à Othman Benhami, Abdelmalek Rafi, Hicham Bajjou et Adil Rizki : ces quatre Casablancais, respectivement membre de H-Kayne, bassiste de Darga, vocaliste et guitariste de Dayzine, ont bel et bien vécu, du 20 août au 3 septembre, cette atmosphère bûcheuse et libérée dont le seul mot dordre était Faut quça bouge !. Le niveau artistique était élevé, et les nombreux jams nous ont appris à bosser très vite, se souvient Hicham. Othman, lui, en a profité pour glaner des contacts dont la ministre belge de la Culture, Fadila Laânan - et réaliser quil peut créer avec dautres artistes que le groupe. Franchement, les artistes marocains étaient parmi les plus aboutis, chacun devenant vite leader dun projet. Il faut dire quon nest pas habitué à voir tant de matos, tant de moyens mis à disposition au nom de la culture ! À bon entendeur ! |
Sortie Libertintamarre
Si Rochester était un dessert, on dirait un chaud-froid de fruits rouges coagulés dans une tarte à la crème. Bon, mais lourd. Ainsi cette bio du comte de Rochester, proche du roi Charles II, libertin excentrique et torturé. Un rôle seconde peau (peut-être un peu trop) pour Depp qui, avouons-le, est tellement beau quil porte presque aussi bien la petite vérole poisseuse que la gueule de bois rebelle. Toujours à contre-courant, Rochester sembarque dans une espèce de pacte faustien à lenvers, promettant la gloire à une insondable actrice en espérant retrouver son âme dans son jeu, mais perd pied dans son amour. Trop dur. Et si le film de Laurence Dunmore retrace bien cette relation passionnelle du libertin avec la vie et lui-même, cest au moyen de contrastes un peu trop appuyés pour être fins : Rochester le flamboyant, lavant-gardiste, le libre-penseur, le sensuel, contre Londres au 18ème : décadente, crasseuse, hypocrite, orgiaque. Le tout filmé en DV pour une image patinée à leffet vieux-jeune bizarre, ou comment porter des collants et être post-moderne. Hmm...
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Musique. Troisième Round
Que les férus de haïha music se réjouissent. Après léponyme Hoba Hoba Spirit et Blad Schizophrène, le groupe reprend le chemin du studio denregistrement. Un troisième album eh oui, déjà !- est promis pour début 2007. Faut croire quentre deux concerts, la bande casouie ne chôme pas. Ce nouvel opus réunira une bonne dizaine de chroniques sociales chantées avec le sourire pour reprendre les mots du leader du groupe, Réda Allali. Dans le lot, une petite histoire de Trabando, incontournable par les temps qui courent. Mais encore, une plongée dans les méandres psychologiques dun Fhamator, lhomme qui jamais na tort. |
Ciné-school. À vos marques...
Voilà une rentrée comme on les aime ! Lundi 25 septembre, la toute première promotion de lEcole supérieure des arts visuels de Marrakech prendra place sur les bancs de Dar Bellarj, en pleine médina, pour leurs premiers cours dapprentis réalisateurs, monteurs, techniciens du son et de limage. Vingt-cinq étudiants (7 filles et 18 garçons) de 17 à 25 ans, venus de Tanger à Tata (23 Marocains, un Camerounais et une Sénégalaise), aux backgrounds scolaires et universitaires divers, un tiers dentre eux étant boursiers. Je suis très positivement surpris par cette variété de profils, bien quelle soit peut-être difficile à gérer, confie Vincent Melilli, directeur général de lESAV. Sur 60 dossiers, nous avons retenu les 25 dont nous sommes sûrs. Certes, ils nont pas tous le même niveau de maturité ni dexpérience, certains en sont même vierges, mais tous ont clairement retenu notre attention suite au concours de juillet dernier. Cest parti pour quatre ans. Moteur, action ! |
People. Haifa, ze book
Haifa Wehbe ouvre les portes de son intimité dans un livre à paraître début 2007. Lady Haifa, ne contiendra pas de révélations fracassantes sur la vie de la star libanaise, mais devrait faire tout de même le bonheur des fans de la bombe anatomique en offrant ce quils attendent le plus delle : 300 photos (dont beaucoup inédites) et pas trop de parlote. Le livre sera écrit par un marocain très proche de Haïfa, Simo Ben Bachir de lassociation de lutte contre le sida, Ruban Rouge. Cest pourquoi le lancement du livre se fera sous nos cieux, au Platinium de Skhirat pour être précis, avant de lêtre à Dubaï, à Beyrouth, Paris et aux Etats-Unis. Les bénéfices du livre seront reversés pour aider les victimes du conflit libanais. Cest sans aucun doute le moyen trouvé par Haifa pour faire taire les commentaires critiques qui avaient suivi sa fuite du Liban pendant les bombardements israéliens. |
Comédie musicale. Singing, dancingn acting
Jardin de la Ligue arabe. Bigg est assis sur un banc, pensif, à la recherche dinspiration pour le flow de lannée, quand tout à coup, il est aveuglé par un spotlight de sensualité. Surgit alors une splendide créature mettons, Oum. Son foulard bigarré est emporté par le vent et atterrit dans la main du rappeur. Il se lève, court vers elle au ralenti - en chantant Dini maak a toutte, nemchi maak tal mout
cest le début de la love story, sur fond de rébellion générationnelle et dambition musicale. On avoue, cest un peu indien comme décor. Alors si vous pouvez faire mieux, rejoignez Géraldine Bueken, la responsable com de la Film Industry. La boîte de prod entend produire quatre comédies musicales (une en darija et trois en tamazight). Lappel est lancé à tous les adeptes de Breakdance, rap, hip hop et fusion. Chorégraphes, musiciens, interprètes ou compositeurs, appelez le 070 05 27 49 |
Évènement. Made in Maroc
Après le Brésil et le Mali, ce sera au Maroc dapporter un peu dénergie solaire à Dijon lors du successful cycle Made in
. Lancé il y a deux ans par la bouillonnante association Zutique Productions, mère du Tribu Festival, cet évènement investit pendant plusieurs mois les recoins culturels de la capitale bourguignonne avec, à la pelle, concerts, expos, ateliers, rencontres, création, réunions, carnets de routes
De mars à juillet 2007, place donc à LMaghrib et à une ribambelle dartistes, encore inconnus : trois valeureuses stagiaires de lasso débarquent ce week-end à Casa pour tâter le terrain, avant larrivée en novembre de Frédéric Ménard, grand manitou de Zutique
Que la tribu sagrandisse ! |
Photo. Un studio pro
Un studio photo en centre-ville à Casa, cest lidée qua concrétisée la photographe Pascale de la Horden, avec à la clé un espace de 230 m2 dédié à la prise de vue et à lexposition de ses travaux. Une adresse également pour des portraits originaux, à destination de tous, en noir et blanc essentiellement et portant lempreinte de lartiste, dont les travaux colorés sur la ville avaient été exposés lan dernier sur les bus à loccasion du festival de Casablanca. Une nouvelle aventure, aussi, pour celle qui connut les débuts de la presse féminine au Maroc et soccupa de la galerie de la Sqala
Et un studio qui senvisage comme un lieu de convivialité, et pourrait devenir le rendez-vous des amateurs dimages. Du moins, on lespère !
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Le livre.
Marjane, la petite Iranienne, a un fichu caractère : dune logique intraitable, elle épingle sans complexes tout ce qui la dérange dans la révolution islamique. Et il y a de quoi faire. Fille de parents opposants au shah qui voient leur échapper une révolution à laquelle ils ont tant cru, elle sait déjà, à dix ans seulement, ce quelle ne veut pas et se bat pour conserver son libre arbitre. Devenue grande, elle nous livre, à travers le récit de son enfance, les turbulences dun Iran verrouillé par ses imams. Le graphisme sobre, noir et blanc, souligne sans manichéisme la volonté duniformisation dune société qui nie lindividu, tout en restituant avec tendresse la sensibilité à fleur de peau des personnages. Quatre petites BD pleines dhumour à partager
et à méditer en famille.
Marjane Satrapi, Ed : lAssociation.
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Humeur : Ze Kadhafi show
En 37 ans de règne absolu, tout ce qua entrepris Khadafi a tourné au sketch. Malgré sa volonté de passer pour une terreur, le leader libyen aura tout de même arraché plus de fous rires que de cris deffroi à la communauté internationale. Même les Américains, qui dhabitude prennent peur assez vite quand il sagit de pétrole, ne lont jamais vraiment pris au sérieux. Et, paradoxalement, encore moins depuis quil fait du pro-américanisme primaire. Pour les Etats-Unis, Mouammar restera toujours ce gars frisé, nayant pas toutes ses facultés mentales, qui a introduit un je ne sais quoi de grotesque dans la politique internationale. Et si au fond, Kadhafi était un comique égaré en politique ? Un artiste incompris car pas né sous la bonne latitude ? Sil avait vu le jour dans un patelin du Texas, Mouammar aurait fini à coup sûr en Mary Poppins à Broadway. Hélas pour les arts, double hélas pour les Libyens, Kadhafi est né à Tripoli. Là-bas, un jeune pétri dambition et attiré par les sunlights na pas lembarras du choix. La seule carrière artistique possible, cest de senrôler dans larmée, finir en dictateur dopérette et ridiculiser tout un peuple devant le concert des nations. A force de faire le bouffon, Mouammar aura réussi à convaincre de son talent même des musiciens aussi exigeants quAsian Dub Foundation. Ces derniers préparent une comédie musicale narrant la vie extraordinaire du leader libyen. Chapeau, lartiste ! |
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Spécial Festival International du film de femmes de Salé
Programmation. À la recherche dune réponse
Quest-ce quune femme ? Voilà une question qui vaut son pesant de pellicule ; et qui a valu à la ville de Salé un pétillant melting-pot cinématographique, la semaine dernière. Pour ce second round du Festival de films de femmes de Salé, Egyptiens, Marocains, Irakiens, Allemands, Sud-américains, Européens, Iraniens ou encore Japonais, ont tenté, par limage et le mot, dy trouver réponse. Des longs-métrages, loin des superproductions hollywoodiennes - on ne sen plaindra pas - difficiles à trouver le reste de lannée, même en DVD. Diamétralement opposés quelquefois, les points de vue des réalisateurs avaient cependant ce point en commun : des personnages féminins en quête de leur(s) propre (s) vérité (s). La vérité dune mère, dune épouse, dune sur ou dune amie. A Bab Lamrissa, lespace de projection na pas désempli. Des familles entières, du grand-père au petit-fils avaient fait le déplacement, comme prises dune subite crise de cinéphilie. Ou peut-être, était-ce la grande question de cette seconde édition qui motivait lengouement ? Ce serait trop beau. La vérité, lautre vérité que le festival a révélée au grand jour, cest quil ny a plus une seule salle de cinéma dans toute la ville ! |
Activités parallèles. Un 8 mars artistique
Bien que consacré au cinéma, le festival ne sest pas cantonné à cet art - et pourquoi sen priver, réflexion faite ? Ce nest pas tous les jours quon peut se permettre un 8 mars artistique. A Bab Lamrissa, donc honneur a été fait à quelques maîtresses artisanes. Poterie, tapis, peinture sur verre ou sur tissu, un hymne à la sensibilité esthétique féminine. À Bab Fès se tenait une exposition collective de tableaux, intitulée Couleurs de Femmes. À lautre bout de la ville, le complexe culturel de Sala Al Jadida accueillait, en plus des projections cinématographiques quotidiennes, deux expositions photographiques. La première, Femmes dici et dailleurs a fait exception au féminisme ambiant de ce festival, et cédé la place aux clichés masculins et curieux- de Fouad Maazouz. La deuxième, Oui à la tolérance, sest attaquée, elle, armée daffiches, à la violence contre les femmes. Et pour finir, une petite note académique, avec une table ronde autour des personnages féminins au cinéma, qui na eu de preneurs que les professionnels. Du reste, les Slaouis, ont boudé tous ces petits à-côtés... |
Cérémonie de clôture. And the winners are...
Douze films en provenance des quatre continents étaient en compétition officielle pour cette deuxième édition. On vous en avait soufflé un mot la semaine dernière. Les favoris de ce festival étaient Juanita de Tanger de Farida Belyazid, et Roi et Ecriture de lEgyptienne Kamila Abou Dikri. Verdict ? Il ny a jamais de fumée sans feu. La première sest en effet vue couronnée du prix du meilleur scénario, et un hommage lui a été rendu, en ouverture de cette dernière soirée. Le second film, Roi et écriture a valu à lacteur égyptien Mahmoud Hamida, le prix de la meilleure interprétation masculine. QuanQ au grand prix du festival, cest Play, une co-production entre le Chili et lArgentine, signée Viviana Herrera qui la arraché, à la surprise générale ! Le prix spécial du jury est, lui, revenu au film syrien Sous le Toit, de Nidal Al Dibs. Et pour finir, le prix dinterprétation féminine est revenu à lactrice Japonaise Yoko Tanaka, pour son rôle dans le très émouvant Hi-Bi, Days Of Fire. End. |
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