Parlement. Une chambre pour rien
Drogue. Opération mains propres ?
Enseignement. La bataille du tamazight
Marouane Zemmama. "Le Raja ne m'a pas respecté"
Syrie. L'Amérique attaquée
Taxis. Un business qui roule
Souvenirs. Sur les traces des Rolling Stones
Mémoire. La seconde mort de Choukri
N° 239
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Initiative. Diversité, bouger bouger !

Imaginez une forêt belge et, au milieu, une résidence artistique hors du commun, rassemblant dans un même trip multidisciplinaire, pluriculturel et polyglotte, 45 jeunes du Mexique, d’Estonie, de Pologne, de Belgique, du Québec ou encore du Maroc. Trapézistes, chorégraphes, saxophonistes, jongleurs, breakers, acteurs… “Tous différents tous égaux”, et tous invités à faire bouillonner leurs talents dans une marmite créative mise sur le feu par le Bureau International Jeunesse (BIJ) de la Communauté française de Belgique. Au final : un spectacle unique, au plus près de la fusion, monté en deux semaines chrono et
présenté devant 2000 personnes. Trop beau pour être vrai ? Demandez à Othman Benhami, Abdelmalek Rafi, Hicham Bajjou et Adil Rizki : ces quatre Casablancais, respectivement membre de H-Kayne, bassiste de Darga, vocaliste et guitariste de Dayzine, ont bel et bien vécu, du 20 août au 3 septembre, cette atmosphère bûcheuse et libérée dont le seul mot d’ordre était “Faut qu’ça bouge !”. “Le niveau artistique était élevé, et les nombreux jams nous ont appris à bosser très vite”, se souvient Hicham. Othman, lui, en a profité pour glaner des contacts – dont la ministre belge de la Culture, Fadila Laânan - et réaliser qu’il peut “créer avec d’autres artistes que le groupe”. “Franchement, les artistes marocains étaient parmi les plus aboutis, chacun devenant vite leader d’un projet. Il faut dire qu’on n’est pas habitué à voir tant de matos, tant de moyens mis à disposition au nom de la culture !” À bon entendeur !


Sortie Libertintamarre

Si Rochester était un dessert, on dirait un chaud-froid de fruits rouges coagulés dans une tarte à la crème. Bon, mais lourd. Ainsi cette bio du comte de Rochester, “proche” du roi Charles II, libertin excentrique et torturé. Un rôle seconde peau (peut-être un peu trop) pour Depp qui, avouons-le, est tellement beau qu’il porte presque aussi bien la petite vérole poisseuse que la gueule de bois rebelle. Toujours à contre-courant, Rochester s’embarque dans une espèce de pacte faustien à l’envers, promettant la gloire à une insondable actrice en espérant retrouver son âme dans son jeu, mais perd pied dans son amour. Trop dur. Et si le film de Laurence Dunmore retrace bien cette relation passionnelle du libertin avec la vie et lui-même, c’est au moyen de contrastes un peu trop appuyés pour être fins : Rochester le flamboyant, l’avant-gardiste, le libre-penseur, le sensuel, contre Londres au 18ème : décadente, crasseuse, hypocrite, orgiaque. Le tout filmé en DV pour une image patinée à l’effet vieux-jeune bizarre, ou comment porter des collants et être post-moderne. Hmm...

Au Mégarama.



Musique. Troisième Round

Que les férus de haïha music se réjouissent. Après l’éponyme Hoba Hoba Spirit et Blad Schizophrène, le groupe reprend le chemin du studio d’enregistrement. Un troisième album – eh oui, déjà !- est promis pour début 2007. Faut croire qu’entre deux concerts, la bande casouie ne chôme pas. Ce nouvel opus réunira une bonne dizaine de “chroniques sociales chantées avec le sourire” pour reprendre les mots du leader du groupe, Réda Allali. Dans le lot, une petite histoire de Trabando, incontournable par les temps qui courent. Mais encore, une plongée dans les méandres psychologiques d’un “F’hamator, l’homme qui jamais n’a tort”.


Ciné-school. À vos marques...

Voilà une rentrée comme on les aime ! Lundi 25 septembre, la toute première promotion de l’Ecole supérieure des arts visuels de Marrakech prendra place sur les bancs de Dar Bellarj, en pleine médina, pour leurs premiers cours d’apprentis réalisateurs, monteurs, techniciens du son et de l’image. Vingt-cinq étudiants (7 filles et 18 garçons) de 17 à 25 ans, venus de Tanger à Tata (23 Marocains, un Camerounais et une Sénégalaise), aux backgrounds scolaires et universitaires divers, un tiers d’entre eux étant boursiers. “Je suis très positivement surpris par cette variété de profils, bien qu’elle soit peut-être difficile à gérer, confie Vincent Melilli, directeur général de l’ESAV. Sur 60 dossiers, nous avons retenu les 25 dont nous sommes sûrs. Certes, ils n’ont pas tous le même niveau de maturité ni d’expérience, certains en sont même vierges, mais tous ont clairement retenu notre attention suite au concours de juillet dernier”. C’est parti pour quatre ans. Moteur, action !


People. Haifa, ze book

Haifa Wehbe ouvre les portes de son intimité dans un livre à paraître début 2007. Lady Haifa, ne contiendra pas de révélations fracassantes sur la vie de la star libanaise, mais devrait faire tout de même le bonheur des fans de la bombe anatomique en offrant ce qu’ils attendent le plus d’elle : 300 photos (dont beaucoup inédites) et pas trop de parlote. Le livre sera écrit par un marocain très proche de Haïfa, Simo Ben Bachir de l’association de lutte contre le sida, Ruban Rouge. C’est pourquoi le lancement du livre se fera sous nos cieux, au Platinium de Skhirat pour être précis, avant de l’être à Dubaï, à Beyrouth, Paris et aux Etats-Unis. Les bénéfices du livre seront reversés pour aider les victimes du conflit libanais. C’est sans aucun doute le moyen trouvé par Haifa pour faire taire les commentaires critiques qui avaient suivi sa fuite du Liban pendant les bombardements israéliens.


Comédie musicale. Singing, dancing’n acting

Jardin de la Ligue arabe. Bigg est assis sur un banc, pensif, à la recherche d’inspiration pour le flow de l’année, quand tout à coup, il est aveuglé par un spotlight de sensualité. Surgit alors une splendide créature – mettons, Oum. Son foulard bigarré est emporté par le vent et atterrit dans la main du rappeur. Il se lève, court vers elle – au ralenti - en chantant Dini maak a toutte, nemchi maak tal mout …c’est le début de la love story, sur fond de rébellion générationnelle et d’ambition musicale. On avoue, c’est un peu indien comme décor. Alors si vous pouvez faire mieux, rejoignez Géraldine Bueken, la responsable com de la Film Industry. La boîte de prod entend produire quatre comédies musicales (une en darija et trois en tamazight). L’appel est lancé à tous les adeptes de Breakdance, rap, hip hop et fusion. Chorégraphes, musiciens, interprètes ou compositeurs, appelez le 070 05 27 49


Évènement. Made in Maroc

Après le Brésil et le Mali, ce sera au Maroc d’apporter un peu d’énergie solaire à Dijon lors du successful cycle “Made in…”. Lancé il y a deux ans par la bouillonnante association Zutique Productions, mère du Tribu Festival, cet évènement investit pendant plusieurs mois les recoins culturels de la capitale bourguignonne avec, à la pelle, concerts, expos, ateliers, rencontres, création, réunions, carnets de routes… De mars à juillet 2007, place donc à L’Maghrib et à une ribambelle d’artistes, encore inconnus : trois valeureuses stagiaires de l’asso débarquent ce week-end à Casa pour tâter le terrain, avant l’arrivée en novembre de Frédéric Ménard, grand manitou de Zutique… Que la tribu s’agrandisse !


Photo. Un studio pro

Un studio photo en centre-ville à Casa, c’est l’idée qu’a concrétisée la photographe Pascale de la Horden, avec à la clé un espace de 230 m2 dédié à la prise de vue et à l’exposition de ses travaux. Une adresse également pour des portraits originaux, à destination de tous, en noir et blanc essentiellement et portant l’empreinte de l’artiste, dont les travaux colorés sur la ville avaient été exposés l’an dernier sur les bus à l’occasion du festival de Casablanca. Une nouvelle aventure, aussi, pour celle qui connut les débuts de la presse féminine au Maroc et s’occupa de la galerie de la Sqala… Et un studio qui s’envisage comme un lieu de convivialité, et pourrait devenir le rendez-vous des amateurs d’images. Du moins, on l’espère !

L’atelier photo, 55 bd Mohamed Abdou. 022 98 77 56.
latelierphoto@menara.ma



Le livre.

Marjane, la petite Iranienne, a un fichu caractère : d’une logique intraitable, elle épingle sans complexes tout ce qui la dérange dans la révolution islamique. Et il y a de quoi faire. Fille de parents opposants au shah qui voient leur échapper une révolution à laquelle ils ont tant cru, elle sait déjà, à dix ans seulement, ce qu’elle ne veut pas et se bat pour conserver son libre arbitre. Devenue grande, elle nous livre, à travers le récit de son enfance, les turbulences d’un Iran verrouillé par ses imams. Le graphisme sobre, noir et blanc, souligne sans manichéisme la volonté d’uniformisation d’une société qui nie l’individu, tout en restituant avec tendresse la sensibilité à fleur de peau des personnages. Quatre petites BD pleines d’humour à partager … et à méditer en famille.

Marjane Satrapi, Ed : l’Association.




Humeur : Ze Kadhafi show

Hassan Hamdani

En 37 ans de règne absolu, tout ce qu’a entrepris Khadafi a tourné au sketch. Malgré sa volonté de passer pour une terreur, le leader libyen aura tout de même arraché plus de fous rires que de cris d’effroi à la communauté internationale. Même les Américains, qui d’habitude prennent peur assez vite quand il s’agit de pétrole, ne l’ont jamais vraiment pris au sérieux. Et, paradoxalement, encore moins depuis qu’il fait du pro-américanisme primaire. Pour les Etats-Unis, Mouammar restera toujours ce gars frisé, n’ayant pas toutes ses facultés mentales, qui a introduit un je ne sais quoi de grotesque dans la politique internationale. Et si au fond, Kadhafi était un comique égaré en politique ? Un artiste incompris car pas né sous la bonne latitude ? S’il avait vu le jour dans un patelin du Texas, Mouammar aurait fini à coup sûr en Mary Poppins à Broadway. Hélas pour les arts, double hélas pour les Libyens, Kadhafi est né à Tripoli. Là-bas, un jeune pétri d’ambition et attiré par les sunlights n’a pas l’embarras du choix. La seule carrière artistique possible, c’est de s’enrôler dans l’armée, finir en dictateur d’opérette et ridiculiser tout un peuple devant le concert des nations. A force de faire le bouffon, Mouammar aura réussi à convaincre de son talent même des musiciens aussi exigeants qu’Asian Dub Foundation. Ces derniers préparent une comédie musicale narrant la vie extraordinaire du leader libyen. Chapeau, l’artiste !



Marocains à Namur
Le très attendu WWW (What a Wonderful World) de Fawzi Bensaïdi, et La couleur du sacrifice de Mourad Boucif, partent en compétition au Festival international de Namur, du 29 septembre au 6 octobre. Les deux films concourront aux côtés d’une dizaine de films, dont le primé cannois Indigènes de Rachid Bouchareb. Dure dure la concurrence.


L’autre école
Après Marrakech, c’est au tour de Ouarzazate de s’offrir son école de cinéma. Sur double instigation de l’OFPPT et de la Fondation Mohammed V, cette nouvelle venue réunira quelque 120 étudiants après examen des dossiers. L’ouverture des classes se fera en décembre. Faites vite.


Not alone in Barcelone
A peine Darga auront-ils posé leurs instrus après les concerts du 15 septembre à Reus et du 16 à Vic, à deux pas de Barcelone, que Barry s’offrira le plus gros festival de Catalogne : rendez-vous le 22 septembre à Bam (Barcelona Accio Musical), avec aussi Désert Rebel et Asian Dub Foundation.



Par Meryem Saâdi

Spécial Festival International du film de femmes de Salé

Programmation. À la recherche d’une réponse

Qu’est-ce qu’une femme ? Voilà une question qui vaut son pesant de pellicule ; et qui a valu à la ville de Salé un pétillant melting-pot cinématographique, la semaine dernière. Pour ce second round du Festival de films de femmes de Salé, Egyptiens, Marocains, Irakiens, Allemands, Sud-américains, Européens, Iraniens ou encore Japonais, ont tenté, par l’image et le mot, d’y trouver réponse. Des longs-métrages, loin des superproductions hollywoodiennes - on ne s’en plaindra pas - difficiles à trouver le reste de l’année, même en DVD. Diamétralement opposés quelquefois, les points de vue des réalisateurs avaient cependant ce point en commun : des personnages féminins en quête de leur(s) propre (s) vérité (s). La vérité d’une mère, d’une épouse, d’une sœur ou d’une amie. A Bab Lamrissa, l’espace de projection n’a pas désempli. Des familles entières, du grand-père au petit-fils avaient fait le déplacement, comme prises d’une subite crise de cinéphilie. Ou peut-être, était-ce la grande question de cette seconde édition qui motivait l’engouement ? Ce serait trop beau. La vérité, l’autre vérité que le festival a révélée au grand jour, c’est qu’il n’y a plus une seule salle de cinéma dans toute la ville !


Activités parallèles. Un 8 mars artistique

Bien que consacré au cinéma, le festival ne s’est pas cantonné à cet art - et pourquoi s’en priver, réflexion faite ? Ce n’est pas tous les jours qu’on peut se permettre un “8 mars artistique”. A Bab Lamrissa, donc honneur a été fait à quelques maîtresses artisanes. Poterie, tapis, peinture sur verre ou sur tissu, un hymne à la sensibilité esthétique féminine. À Bab Fès se tenait une exposition collective de tableaux, intitulée Couleurs de Femmes. À l’autre bout de la ville, le complexe culturel de Sala Al Jadida accueillait, en plus des projections cinématographiques quotidiennes, deux expositions photographiques. La première, Femmes d’ici et d’ailleurs a fait exception au féminisme ambiant de ce festival, et cédé la place aux clichés masculins –et curieux- de Fouad Maazouz. La deuxième, Oui à la tolérance, s’est attaquée, elle, armée d’affiches, à la violence contre les femmes. Et pour finir, une petite note académique, avec une table ronde autour des personnages féminins au cinéma, qui n’a eu de preneurs que les professionnels. Du reste, les Slaouis, ont boudé tous ces petits à-côtés...


Cérémonie de clôture. And the winners are...

Douze films en provenance des quatre continents étaient en compétition officielle pour cette deuxième édition. On vous en avait soufflé un mot la semaine dernière. Les favoris de ce festival étaient Juanita de Tanger de Farida Belyazid, et Roi et Ecriture de l’Egyptienne Kamila Abou Dikri. Verdict ? Il n’y a jamais de fumée sans feu. La première s’est en effet vue couronnée du prix du meilleur scénario, et un hommage lui a été rendu, en ouverture de cette dernière soirée. Le second film, Roi et écriture a valu à l’acteur égyptien Mahmoud Hamida, le prix de la meilleure interprétation masculine. QuanQ au grand prix du festival, c’est Play, une co-production entre le Chili et l’Argentine, signée Viviana Herrera qui l’a arraché, à la surprise générale ! Le prix spécial du jury est, lui, revenu au film syrien Sous le Toit, de Nidal Al Dibs. Et pour finir, le prix d’interprétation féminine est revenu à l’actrice Japonaise Yoko Tanaka, pour son rôle dans le très émouvant Hi-Bi, Days Of Fire. End.

 
 
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