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N° 239
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Moulay Hafid Elalamy
(DR)

Assurances. Saham monte sur le podium

La valse continue dans le secteur des assurances. Le groupe Saham est en cours de finalisation de l’acquisition de la compagnie Essaâda. Appartenant à la famille Ouazzani, proche de la famille royale, l’entreprise se dirigeait droit vers la faillite, malgré les grands portefeuilles qu’elle gère, dont notamment ceuxde Poste Maroc et Maroc Telecom. “Elle n’avait même plus la capacité de payer ses sinistres”, murmure-t-on dans le secteur. Pourtant, et à en croire des sources proches du groupe Saham, la transaction aurait eu lieu aux normes du marché. Traduction : le prix a été fixé en référence aux
dernières acquisitions sur la place, notamment celles de Sanad Atlanta par la CDG et de la CNIA par le groupe Saham. Le prix reste néanmoins jalousement tu pour l’heure. “Il reste encore quelques formalités à accomplir, avant de pouvoir communiquer officiellement sur l’opération”, explique-t-on du côté du groupe Saham. En effet, en plus de l’aval classique du ministère des Finances, l’acquéreur compte sur un apport du fonds de solidarité du secteur pour assainir la situation de la compagnie.

Quel que soit le prix, Moulay Hafid Elalamy vient de réaliser un nouveau coup de maître. Avec Essaâda et la CNIA, il cumule désormais 15,4 % de parts de marché, devenant ainsi le numéro trois du secteur des assurances derrière RMA-Al Watanya et AXA, évinçant du podium Wafa Assurance, adossée au groupe ONA. Ce dernier peine d’ailleurs toujours à se dessaisir des 49% détenus dans AXA. “Les Français, qui détiennent 51 % de la compagnie, sont conscients d’être les maîtres de la négociation. Ils sont les seuls susceptibles de racheter à l’ONA sa part”, explique un observateur du secteur. Le grand absent dans les assurances reste le groupe Banques Populaires. Jusque-là, il n’a pu réaliser aucune acquisition, encore moins décrocher une autorisation d’exercice.


Tourisme. Bonne saison pour Risma

Pour sa première présentation des résultats post-introduction en Bourse, Risma n’a pas déçu. Le premier opérateur hôtelier du Royaume (dont Accor est l’actionnaire de référence) affiche un chiffre d’affaires de 375 millions de dirhams, 20 % de mieux que le premier semestre 2005. Le résultat de son côté dépasse les 23 millions de dirhams et les prévisions annuelles fixées initialement à 16 millions. “Ces performances s’expliquent par la conjoncture favorable du marché avec une progression des nuitées de l’ensemble du secteur de 7 %”, indiquent les responsables du groupe. La présentation des résultats a été aussi l’occasion de faire le point sur l’avancement du chantier Casa City Center. Lancé en mai 2004, ce projet, qui avance à grands pas, prévoit la création de trois hôtels : Ibis, Novotel et Sofitel. Les deux premiers établissements hôteliers devraient ouvrir leurs portes avant fin 2008.


ONA. Départ de “l’œil de Moscou”

Le directeur des affaires générales de l’ONA, Rachid Slimi, vient de quitter le groupe. Depuis plusieurs mois déjà, les rumeurs circulaient autour d’une mésentente avec le président du groupe, Saâd Bendidi. Ce dernier reprochait à Slimi “de rapporter tous (ses) actes à Mounir Majidi”, président du holding royal Siger. Une réputation qui a même valu à Rachid Slimi le surnom “l’œil de Moscou”. Slimi reste néanmoins dans les bonnes grâces, puisqu’il conserve la direction de la fondation ONA. Il devrait même figurer sur la liste de la vague des nominations à venir, pour se retrouver probablement à la tête d’une wilaya ou d’un établissement public.


Crédit agricole. Une ère nouvelle

Après un quart de siècle dans le rouge, Crédit Agricole vient de renouer avec les bénéfices. 97 millions de dirhams, c’est le solde des comptes du premier semestre de l’année. Toutefois, la banque cumule toujours du retard dans le provisionnement des créances en souffrance malgré tous les efforts consentis depuis plusieurs années. Mais la prouesse de cette année donne des ambitions à la banque qui envisage une introduction en Bourse en 2008. Par ailleurs le Crédit Agricole envisage également d’étoffer son réseau d’agences (3ème au Maroc avec 315 agences concentrées dans les milieux préurbains) en s’attaquant aux agglomérations de plus de 30 000 habitants.


Taux. Le Trésor boude le marché

Conforté par un bon comportement des recettes fiscales (68 milliards de dirhams collectés à fin août) et le chèque de 4 milliards libellé par Altadis le 10 août dernier, le Trésor, principal intervenant sur le marché des taux, tourne le dos au marché. Au terme de la dernière séance d’adjudication, le Trésor n’a pas levé le moindre sou du marché, alors que l’offre dépassait les 2,8 milliards de dirhams. Du coup, c’est la Banque centrale qui a dû passer derrière, pour stabiliser les taux sur le marché interbancaire. En effet, lors de la reprise de liquidité hebdomadaire, Bank Al Maghrib a puisé quelque 7 milliards de dirhams au taux le plus bas, soit 2,50 %.


Loi de finances. Les premiers chiffres arrivent

Les préparatifs du budget 2007 vont bon train. Les prévisions de prix sur lesquels se base l’élaboration de la Loi de Finances ont été définitivement arrêtées. Ainsi Oualalou et son équipe tablent sur un prix du baril à 70 dollars et un taux de change de 8,7 DH pour un dollar. Et comme à chaque occasion, la Caisse de compensation reste le point noir dans l’élaboration du budget. L’Etat lui consacrera quelque 16 milliards de dirhams, dont le tiers au titre des arriérés. Initialement, la Caisse de compensation devait être dotée de 19 milliards de dirhams, mais la récente hausse du prix des hydrocarbures en a relativement soulagé le budget. Sauf que de nouvelles dépenses apparaissent, comme par exemple, le fonds de soutien aux transports, doté de quelque 500 millions de dirhams.



Billet. RIM

Toutes ses journées, il les démarre chez le buraliste du quartier. “Marlboro rouge et briquet pas rose !”, telle est sa réplique matinale. La clope, il a passé la moitié de sa vie à la griller. Les briquets, il se les fait taxer par ses collègues de bureau. Une taxe qui ne le dérange pas du tout. Mais celle prélevée par l’Etat lui donne une toux grasse comme une vache hollandaise : sept milliards de dirhams par an sur le tabac, ce n’est pas des clopinettes. Pire encore, le fumeur n’aura même pas sa petite revanche. Depuis des années, il attend l’arrivée sur le marché boursier du producteur de cigarettes. En Bourse, la Régie aurait fait un tabac. Lui, il aurait soufflé quelques milliers de dirhams. Mais Oualalou en a voulu autrement. Le ministre des Finances cède les derniers 20% de l’Etat à Altadis. Le groupe franco-espagnol décaisse quatre milliards et décroche une prolongation du monopole jusqu’en 2010. “Shit ! La gauloise fera fortune avec notre marquise nationale. Et même pas une taffe pour le peuple”, se lamente le fumeur aigri en apprenant la nouvelle. Du coup, c’est l’heure des grandes résolutions. Arrêter de fumer ? Cause perdue. Il a déjà exploré les deux seuls moyens possibles. Il s’est blindé de patchs, en vain. Le coup de la volonté ? Walou ! La nouvelle résolution sera donc de se tourner vers la contrebande et fumer des Marlboro RIM. Meilleures que des Camel, ces clopes viennent à dos de chameau depuis la République Islamique de Mauritanie (d’où leur surnom). Et puis, poison pour poison, autant les RIM sans dîme.



OFF !

La Direction de l’artisanat, adossée au ministère du Tourisme prépare une sortie en grande pompe. Il s’agit d’établir une marque institutionnelle pour les produits de l’artisanat marocain qui sera le vecteur de communication à utiliser sur les marchés étrangers. Une démarche qui s’inscrit dans la vision stratégique arrêtée pour ce secteur. L’annonce du nouveau slogan devrait intervenir en octobre prochain.


OFF !

Encore du changement dans l’organigramme d’Attijariwafa bank. Le Conseil d’administration, tenu en fin de semaine dernière, aurait validé une nouvelle organisation de la gouvernance. Le basculement au mode de conseil de surveillance et directoire étant définitivement écarté, Attijariwafa bank devra se restructurer en six pôles. Annonce officielle prévue lors de la présentation des résultats semestriels ce lundi.

 
 
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