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N° 239
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Ismaïl Haniyeh (g.) et Mahmoud
Abbas (d.) lors de la visite
d’un bureau de la Police militaire
détruit par les avions israéliens,
en juillet dernier. (AFP)

Palestine. L’union pour la survie

Deux mois auront été nécessaires pour que Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, et Ismaël Haniyeh, premier ministre et dirigeant du Hamas, parviennent à s’entendre pour mettre sur pied un nouveau cabinet d’union Fatah-Hamas. Le futur gouvernement devrait comporter 24 ministères comme l’actuel. Les ministères dits “sociaux”, l’Education, la Santé et les Affaires religieuses, seraient dévolus au Hamas alors que le Fatah occuperait celui des Affaires étrangères ainsi qu’un poste de vice-président.

Depuis le blocus imposé par Israël après l’enlèvement du caporal Gilad Shalit le 25 juin, la situation s’est dégradée. Appauvrie, la majorité de la population est devenue dépendante de l’aide des ONG.

Le gouvernement espère que la communauté internationale rétablira rapidement son aide vitale, suspendue depuis l’arrivée du Hamas. Dès l’annonce de l’accord, Mahmoud Abbas a promis que les salaires des fonctionnaires non versés depuis six mois, le seraient avant la fin septembre. Une situation intenable pour les 170 000 commis de l’Etat, victimes des sanctions internationales dirigées contre le Hamas.

Afin d’éviter d’aggraver la situation des territoires palestiniens, les Vingt-Cinq avaient mis en place un mécanisme d’aide temporaire, qui permettait de court-circuiter le Hamas. Ce dispositif a permis de distribuer 90 millions d’euros.

Pour le moment, l’accord d’union nationale est accueilli prudemment à l’étranger. Réserve et suspicion du côté américain et israélien ; pour leur part, les Européens ont salué l’accord interpalestinien. Mais pour reprendre contact avec le Hamas, le Quartette continue de s’en tenir à trois conditions : reconnaissance du droit à l’existence d’Israël ; respect des accords signés entre l’Etat juif et les Palestiniens ; renonciation à la violence.

Le programme politique du gouvernement d’union sera plutôt fondé sur le “document d’entente nationale” adopté fin juin par les différents mouvements palestiniens, dont le Hamas. Ce plan prévoit la création d’un Etat palestinien à Gaza et en Cisjordanie avec Jérusalem-Est comme capitale, reconnaissant ainsi implicitement Israël dans ses frontières d’avant la guerre de 1967.


Côte d’Ivoire. Crise sanitaire et politique

La crise sanitaire qui frappe la Côte d’Ivoire prend une tournure politique. À son origine, le déversement au cours de la nuit du 19 au 20 août, dans des décharges publiques d’Abidjan, de dizaines de tonnes de déchets liquides toxiques acheminés depuis le port par des camions-citernes. Cette pollution a provoqué plus six décès et 10 000 consultations médicales et l’ONU s’inquiète d’une possible contamination de la chaîne alimentaire.
Les conditions dans lesquelles le navire transportant ces déchets a pu décharger sa cargaison restent floues. Négligences politiques ? Toujours est-il que le premier ministre, Konan Banny, a présenté la démission de son cabinet ! Geste qui a pris de court l’opposition du G7, qui estime que le premier ministre, qui a été nommé par la communauté internatinale, n’aurait pas dû présenter sa démission au président car il remet au centre de la vie constitutionnelle Laurent Gbagbo alors que l’on avait cherché à l’en écarter.


Terrorisme. Musharraf tancé

Venu à Bruxelles réclamer une collaboration plus étroite de l’UE avec son pays, le président pakistanais a été critiqué. Certains doutent de sa volonté de participer à la lutte contre le terrorisme. Le Parlement européen, qui a son mot à dire sur la rallonge d’aide de plusieurs millions d’euros, s’est montré très sceptique. Parmi les doutes de la bonne foi de Musharraf : l’accord de paix passé entre le pouvoir central et les tribus du Waziristan, une région peuplée de talibans, frontalière de l’Afghanistan, où se cacheraient des terroristes d’Al Qaïda. Autre reproche : le succès des madrasas, le détournement des fonds au profit des extrémistes au Pakistan… “Nous faisons de notre mieux dans la limite de nos ressources disponibles”, a expliqué le général Musharraf.


Turquie. Attentat et interrogations

Le mystère planait mercredi autour de l’attentat à Diyarbakir, chef-lieu du Sud-Est de la Turquie, qui a tué dix morts et fait 14 blessés. Les soupçons se sont portés sur les rebelles kurdes mais ceux-ci ont nié toute implication. Un groupuscule turc d’extrême-droite a revendiqué l’attentat sur un site Internet. Des sources proches de la police ont indiqué qu’elles ne prenaient pas au sérieux cette revendication. L’attentat a eu lieu quelques heures après l’arrivée à Ankara d’un envoyé spécial américain, le général Josep W. Ralston, venu discuter des moyens de contrer les rebelles kurdes du PKK réfugiés dans le nord de l’Irak.


Sommet. Un rôle accru pour les non-alignés

Les Non-alignés ont montré leur volonté mercredi à La Havane de jouer un rôle accru sur la scène internationale notamment pour exiger la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU et ont apporté leur soutien à l’Iran sur son programme nucléaire.
L’Iran, qui affirme mener un programme à des fins civiles, a reçu l’appui non seulement du Venezuela et de Cuba mais aussi de pays aux positions moins anti-américaines comme l’Egypte.
À part le dossier iranien et des critiques de nombreuses délégations contre la politique israélienne au Liban et envers les Palestiniens, la réunion ministérielle de mercredi a été dominée par la volonté des 118 membres du MNA de “revitaliser” un mouvement en perte de vitesse depuis la fin de la guerre froide. Pour l’anecdote, Fidel Castro a été montré en photo à la télévision. Assis, en pyjama, il était en grande discussion avec le député et intellectuel de gauche, Miguel Bonasso.



Lu pour vous. [Liban]
Nasrallah ou Ben Laden

Georges Sarwat Fahmi, écrivain égyptien,
Le Monde, 13 septembre

Le dernier conflit entre le Hezbollah et Israël a été considéré par les analystes occidentaux comme un nouvel épisode de la guerre entre islamistes et modernité, ce qui explique la vague de critiques contre le Hezbollah dans les journaux français et européens. Cette vision réductrice, qui considère Hassan Nasrallah comme l’équivalent d’Oussama Ben Laden et le Hezbollah comme une pousse d’Al Qaïda, occulte l’impact de l’attitude du Hezbollah et de son chef sur la manière de penser des peuples arabes.
Hassan Nasrallah, dont la photo a envahi les pays arabes, a réussi à écarter de la scène arabe l’influence d’Oussama Ben Laden. Une évolution qui est certainement une bonne nouvelle pour tous les intellectuels arabes modérés comme pour l’Occident. Hassan Nasrallah est un homme politique dont l’action se plie aux règles du jeu. Il n’a jamais défié l’Occident ni son mode de vie. Ses opérations contre Israël visent toujours les militaires.
La différence entre Nasrallah et Ben Laden, c’est celle qui sépare Guevara de Carlos. C’est la différence entre une force encadrée par des principes clairs visant un but bien déterminé -dans le cas du Hezbollah : la libération de territoires et de prisonniers- et la force sans limites ni but précis qui caractérise Al Qaïda combattant “les juifs et les croisés”. C’est la différence entre une force insérée dans son contexte, et la force qui devient elle-même le contexte.



VITE !

Le nouvel héritier du trône du Chrysanthème, appelé à règner sur le Japon, a reçu le nom de “Hisahito”, une semaine après sa naissance. Son nom se compose de deux caractères : “Hisa” qui signifie “éternité” et “Hito”, l’homme vertueux.

 
 
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