|
Par Driss Bennani
Ministre est un métier périlleux
| Antécédents |
Mohamed Nabil Benabdellah
Ministre de la communication
|
| 1959. |
Naissance à Rabat. |
| 1978. |
Adhère au PPS et à lUNEM à Paris. |
| 1985. |
Diplôme en relations internationales de lINALCO Paris. |
| 1986. |
Chef de la jeunesse du PPS, il accède au comité central. |
| 1995. |
Plus jeune membre dun bureau politique au Maroc. |
| 1997. |
Dirige Al Bayane. |
| 2002. |
Ministre de la Communication. |
|
|
Smyet Bak ?
Mohamed Ben Abdenbi.
Smyet mok ?
Amina Bent Jebbar.
Nimirou dla carte ?
A 14 776.
Le ministre de lIntérieur vous a damé le pion de la communication sur laffaire Ansar Al Mahdi. Où avez-vous disparu, Si Nabil ?
Ce nest pas cela. Jétais en vacances, tout simplement.
Si la libéralisation de laudiovisuel sest faite sous votre mandat, cest parce que vous êtes tombé au bon moment ou parce que vous avez travaillé mieux que vos prédécesseurs ?
Les deux. Il y a une volonté politique qui sest dégagée et jy ai modestement participé. Par principe, je travaille toujours dans un esprit de concertation. La méthode a finalement porté ses fruits.
Porte-parole du gouvernement est un poste plutôt casse-gueule. Vous mentez souvent, lors de lexercice de vos fonctions ?
Honnêtement, non. Je nai sincèrement pas le souvenir davoir menti, je ne laurais dailleurs pas supporté. Maintenant, il peut arriver quon ait à présenter quelque chose avec moins de dramatisation et plus denrobement que ne le ferait un citoyen normal ou un journaliste.
Lors de la guerre dIrak, on vous appelait Mohamed Nabil Assahaf (en référence au ministre de lInformation de Saddam Hussein). Cest flatteur, comme parallèle ?
Je ne crois pas quil y ait quelque chose en commun entre nous. Je lavais rencontré une semaine avant le déclenchement de la guerre. Il avait demandé à me voir en marge dune réunion de ministres arabes. On sest finalement croisés dans un couloir. En tête-à-tête, je lui avais demandé son pressentiment sur limminence des frappes américaines. Il ma alors servi le même discours que celui destiné aux médias. Même en aparté, il continuait à jouer son rôle ultra-propagandiste, sans vraiment y croire. Contrairement à lui donc, quand je porte une conviction, je la défends avec ferveur. Ça déplaît à certains mais ça plaît à dautres.
Vous êtes toujours le fils dAli Yata ?
Spirituellement, je revendique cette filiation. Je revendique la rationalité, le courage politique et la clarté de vision de ce grand homme. Je suis donc effectivement son fils, comme beaucoup dautres militants dans le parti.
Après avoir échoué à sauver les journaux du parti, vous êtes chargé de restructurer le paysage médiatique national. Vous trouvez ça logique ?
Cest une analyse dune facilité déconcertante. Ceux qui apprécient mon travail savent que jai apporté un début de solution aux problèmes de la presse du parti. Pour les autres, il y a les chiffres. Lexpérience aurait dû se poursuivre. Elle a malheureusement été tuée dans luf. Jai donc jeté léponge. Et puis je crois quil y a assez de jugeote dans les hautes sphères de ce pays pour mavoir choisi pour ce poste.
Les hautes sphères se trompent souvent sur les gens quelles placent dans des postes de responsabilité
Je vous laisse alors juge de mon bilan de ministre.
Avec le recul, quand vous pensez à Ali Lmrabet, vous vous dites : bon débarras ou il nous manque, finalement, ce Demain ?
Je naurais pas été contre un journal comme Demain sil se positionnait clairement sur le terrain de la dérision. Mais quil se serve de la dérision comme couvert pour passer de fausses informations, cela me dérange.
Cétait donc aux lecteurs de le sanctionner
Et ce que je dis nest pas une décision de justice. Cest un point de vue.
Vous croyez que lambition peut tuer, dans ce pays ?
Oui. Allah yhafdek men aynin lhoussad.
Vous avez peur pour vous ?
Jai une ambition modérée. Où voulez-vous que jaille au-delà de ce que je suis aujourdhui ? Je suis quelquun de très réaliste.
Vous mettriez en veilleuse la casquette partisane pour être wali de Rabat, par exemple ?
Et pourquoi mettre en veilleuse la casquette partisane dans ce cas ?
Où vous voyez-vous le premier matin où vous ne serez plus ministre ?
Jessaierai de reprendre ma vie davant, de relancer mon cabinet dinterprétariat, de minvestir dans mon parti et de consacrer plus de temps à mes amis et ma famille.
Cest périlleux, dêtre ministre au Maroc ?
Oui. On est sur un siège éjectable permanent. Ça demande beaucoup dabnégation et ça se fait au détriment de beaucoup dautres choses. |
|