Afghanistan.
Talibans. Le come back
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Le pape salue la foule des
pélerins venus le voir dans
sa résidence dété de Castel
Gandolfo. (17/09/06) (AFP)
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Après quelques années d'un calme relatif, les combats entre la coalition menée par les Américains et les étudiants islamistes radicaux réarmés et regroupés particulièrement dans le sud, semblent avoir repris de plus belle.
Interrogé la semaine dernière sur la façon dont se déroulait la guerre en Afghanistan, le général en chef de l'OTAN, l'Américain James Jones, a répondu par une litote : Nous sommes un peu surpris par son degré d'intensité. Un peu surpris ? Voilà cinq ans que l'armée américaine a envahi le pays qui donnait asile aux terroristes d'Al Qaïda. La rapidité |
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et la facilité apparentes avec lesquelles les Américains ont fait tomber le régime islamiste radical de Kaboul, ont surpris de nombreux militaires et analystes politiques : avant que les Américains ne débarquent, les Afghans avaient derrière eux un siècle de victoires contre tous ceux qui avaient osé poser le pied sur leur sol, en particulier la puissante Armée rouge dans les années 80. L'action américaine a reçu un large soutien et le fait que les Américains aient renversé le régime criminel des Talibans a été considéré par beaucoup comme un effet secondaire positif de ce qui apparaissait comme la juste guerre de l'Amérique contre le terrorisme. Même après que cette perception a changé, lors de l'invasion de l'Irak, il y a eu peu de critiques contre l'opération Liberté immuable : les pertes des deux côtés étaient légères, la démocratie semblait fonctionner jusqu'à un certain point et les droits de l'homme semblaient davantage respectés, en particulier concernant les femmes. Les Américains avaient pourtant encore une épine dans le pied, car en dépit d'une massive chasse à l'homme dans les montagnes de l'est du pays, ils n'ont jamais réussi à atteindre leur objectif principal : la capture ou l'assassinat d'Oussama Ben Laden et du chef taliban, le mollah Omar.
Une lutte sans fin
Alors comment se fait-il qu'au bout de cinq ans, les Américains et leurs alliés de l'OTAN se trouvent soudainement dans une situation complètement différente ? Le combat au jour le jour est éprouvant ; les Talibans ont lancé des offensives (en particulier dans le sud du pays) et, la semaine dernière, une massive attaque suicide à la bombe a ébranlé le centre de Kaboul, démontrant ainsi qu'ils peuvent frapper où et quand ils veulent, et qui ils veulent.
La coalition occidentale fait face à de nombreux et sérieux problèmes. En tout premier lieu, elle n'a tout simplement pas assez de troupes pour contrôler les vastes étendues montagneuses du sud et de l'est de l'Afghanistan. Les Américains utilisent leurs soldats, 15 000 environ, essentiellement pour patrouiller le long de la frontière avec le Pakistan voisin, zone où la plupart des partisans étrangers d'Al Qaïda sont actifs, et où l'on suppose sans aucune certitude que Oussama Ben Laden se cache encore. Mais les Américains ne contrôlent pas complètement la zone : combattants étrangers et armes passent la frontière avec le Pakistan en toute impunité.
L'OTAN s'essouffle
La position des islamistes dans la région est si forte que le président Moucharaf a passé un marché avec les chefs des tribus. Islamabad et ses forces de sécurité laisseront les islamistes tranquilles tant qu'ils concentreront leurs efforts pour lutter contre les forces occidentales en Afghanistan et laisseront son propre régime en paix. C'est un affront pour l'Occident mais l'aide du Pakistan dans la lutte contre les Talibans et Al Qaïda est si essentielle que les dirigeants américains se sont abstenus de critiquer Moucharaf en public. Six provinces du sud, places fortes traditionnelles des Talibans, sont récemment passées sous le contrôle non américain des forces de l'OTAN qui souffre du même problème que les Américains. Ses à peine 20 000 soldats sont insuffisants pour contrôler la vaste zone à pacifier. De violents combats ont eu lieu, avec des effets dévastateurs pour la région, le pays, et peut-être même pour l'avenir de l'OTAN elle-même. Le général britannique, David Richards, qui commande la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), a lancé un appel dramatique pour le renforcement des troupes au sol dans le sud. La récente offensive de la FIAS, l'Opération Méduse, était plutôt une contre-offensive, le commandement de l'OTAN s'étant rendu compte que les Talibans avaient repris de vastes étendues du pays. Les insurgés s'étaient enterrés et attaquaient les postes souvent isolés des forces de l'OTAN, qui ne pouvaient que se défendre et demander un support aérien et l'aide de l'artillerie. Selon des sources de l'OTAN, l'Opération Méduse est considérée comme un succès : des centaines de Talibans ont été tués lors des dernières semaines et de larges zones sont repassées sous le contrôle de la coalition. Mais quand l'opération prendra fin, l'OTAN sera de nouveau confrontée à son incapacité à garder le contrôle des territoires repris. C'est une chose de vaincre les combattants talibans lors d'une bataille, c'en est une autre, bien différente, d'avoir assez de puissance pour les empêcher de revenir.
Bisbille au sein de la coalition
La semaine dernière, le secrétaire général de l'OTAN, le Néerlandais Jaap de Hoop-Scheffer a condamné certains états membres qui ont des troupes en Afghanistan mais refusent de combattre. Dans le sud, ce sont les Britanniques et les Canadiens, dans une moindre mesure les Néerlandais, qui se battent
et qui meurent. En 2005, les pertes ont plus que doublé par rapport à l'année précédente et cette année elles pourraient doubler encore ! De nombreux pays d'Europe veulent bien que leurs soldats aident à la reconstruction de l'Afghanistan, pas qu'ils reviennent dans des cercueils. Alors la guerre d'Afghanistan est-elle impossible à gagner ? On le dirait, surtout maintenant que les Talibans ont apparemment formé une coalition avec les puissants barons de la drogue qui leur fournissent des fonds pour recruter de nouvelles troupes et acheter des armes et qu'ils copient maintenant de plus en plus les tactiques d'insurrection venues d'Irak. L'attaque suicide de la semaine dernière à Kaboul l'a montré. Les armées occidentales ne semblent plus invincibles après la défaite d'Israël au Liban et l'impuissance de l'armée américaine à arrêter l'insurrection en Irak. Si l'OTAN ne vainc pas rapidement les Talibans, les conséquences pourraient être considérables sur la perception de la puissance militaire occidentale à travers le monde. N'oublions pas que la défaite des Russes en Afghanistan a marqué le début de la chute de l'Union soviétique... |