Football. Les Lions en crise
Moumen Diouri. Le démon du passé
Conduite. La guerre des routes
Ismail Alaoui. La monarchie fait du très bon travail
Histoire. Le Che chez nous
Portrait. Max le terrible
Polémique. Benoît XVI, un "croisé" ?
Talibans. Le come back
Urbanisme. Villes nouvelles, mode d'emploi
Cinéma. Profession : scénariste
Houcine Slaoui. L'inoubliable troubadour
N° 240
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Ramadan. Faim de films marocains ?

Fidèle à sa volonté affichée d’accompagner le septième art national, 2M a, rien que pour lui, booké le jour sacro-saint du cinéphile tout au long du mois sacré. Après des “carrières” au mieux éclair, au pire inexistante dans nos salles sombres, quatre longs-métrages marocains récents s’offrent le prime time (21h25). Pour ouvrir le bal, mardi 26 septembre, Ici et là de Mohamed Ismaïl (2005) : Amidou et Mouna Fettou y campent des parents marocains immigrés en France et assez largués quant à l’éducation de leur fils, Rachid El Ouali, pour projeter dans un improbable retour au bled les solutions vertueuses à son
éducation. Toujours dans la veine de l’émigration et du conflit générationnel, mais façon road movie initiatique et évanescent, Le Grand voyage de Ismaïl Ferroukhi (2004), avec Nicolas Cazalé et Mohamed Majd, lui succéde le mardi 3 octobre et narre l’histoire de Réda, devant conduire son père à La Mecque, dont ni l’un ni l’autre ne reviendront les mêmes. Le réalisateur Majid Rchich assure le troisième acte, mardi 10 octobre, avec Les Ailes brisées (2005), où Rachid El Ouali et Fatéma Khayr se prêtent à une histoire d’abandon d’enfant et de déchirure parentale, dans une ambiance un peu larmoyante. Mais 2M nous réserve une fin de toute beauté, mardi 17 octobre, avec L’Enfant endormi de Yasmine Kassari (2004). Un conte sur le dépouillement total, racontant Zeinab, jeune mariée de l’Oriental dont l’époux hreg au lendemain des noces. Apprenant qu’elle est enceinte, elle décide d’endormir le fœtus jusqu’à son retour...


Sortie. Satan m’habite... et m’habille

Voilà un film qui ferait le bonheur des millions de fashion victims que compte ce pays. On vous fait le topo. Andréa, jeune diplômée universitaire, un peu provinciale, jupe écossaise cheap, sweat effiloché, cheveux au vent, un chouya intello, rêve d’une grande carrière journalistique. Elle atterrit à New York et pour premier job, elle est l’assistante de l’invivable et puissante Miranda, rédactrice en chef du nec plus ultra de la presse Fashion. Devinez laquelle des deux convertira l’autre ? Pas compliqué le pitch ! Quoique tiré d’un best seller de Lauren Weisberger, The Devil wears Prada ressemble surtout à son réalisateur, David Frankel, qui compte sur son maigre CV, quelques épisodes de Sex & the city. Light. Et sans risque. Car on ne fait pas de flop avec une Meryl Streep (Miranda) à l’affiche. Si convaincante qu’elle arriverait à faire de Saad Eddine Othmani un fidèle lecteur de Femmes du Maroc. Du reste, tout le monde y est sapé Chanel, collection 2006. Très près du corps, cette année.

En DVD au coin de la rue



Platinium. Chaise musicale

Pour sa rentrée, Platinium s’offre un lifting. Depuis le 1er septembre, Malek étant en plein enregistrement, c’est Mehdi Benslim, 26 ans, ancien chargé de com de radio FG à Paris, qui prend les rênes de la direction artistique et du développement de la boîte. Déjà associé avec Platinium sur son projet de radio jeune musicale (en attente de licence), Mehdi Benslim assure que celle-ci ne reposera pas sur les seuls artistes maison. La promesse du nouveau timonier musical de Platinium, qui reconnaît arriver dans un contexte plus facile qu’au lancement en 2004 : “Ne plus laisser des talents errer sans soutien”. On l’attend au tournant...


Festival. Everybody loves Morocco

Le Maroc à la mode en Europe. Ce n’est pas une question, mais une affirmation. Avant un cycle de cinq mois concocté par Zutique production, de mars à juillet 2007 à Dijon, et alors que l’idée d’une réplique du Boulevard à Bruxelles fait son chemin, c’est la ville de Cahors qui se met au vert et rouge, avec six jours de concerts, danse, expos, contes et autres projections. Une cinquantaine d’artistes décollent donc lundi vers cette semaine intitulée “Visages francophones, visages du Maroc”, qui comptera aussi parmi ses stands, artisanat, gastronomie et maroquinerie. Côté artistes, Hassan Boussou pour une création avec la Compagnie du Tire-laine, Hoba Hoba Spirit (de retour de Bruxelles, justement), Majjid Bekkas, les Bnet l’Houariyat ou Amira Saqati pour le volet musical… Mais encore le Cirque Taoub, le poète Abdallah Zrika, le one-woman show de Rachida Khalil, et un spectacle de danse de la chorégraphe Emmanuela Nelli, intitulé Siyala et basé sur un récit de la tribu Chiadma, qui mêle tamazight, darija, français et espagnol.


Résidence d’artistes. Bouger, re-bouger

C’est reparti pour une autre valse entre jeunes artistes belges et marocains. Après le rassemblement bruxellois du 20 août au 3 septembre - on vous en avait servi un petit résumé la semaine dernière - 30 nouveaux talents devraient participer à une résidence d’artistes au Maroc prévue en février ou mars prochains. Chorégraphes, danseurs, musiciens, breakers, gens du cirque, acteurs, mimes (et peut-être même quelques stylistes) cogiteront en chœur 15 jours durant, avant de présenter le résultat de leurs remue-méninges lors d’un spectacle commun. La région Wallonie-Bruxelles, à l’origine de l’idée, a décidé de faire d’une pierre deux coups en tant qu’invité d’honneur du prochain salon du livre de Casablanca (mars 2007). Les 30 artistes monteront, en effet, sur scène en clôture ou en ouverture- ce n’est pas encore tranché - de la manifestation littéraire. Un grain de folie dans un salon trop guindé parfois ?


Masterclass. En attendant Kiarostami

Kiarostami et Scorsese enseignant leur art du septième art à seize jeunes réalisateurs marocains et américains, un projet séduisant à en détourner les regards du tapis rouge marrakchi, ambitieux au point d’ envoyer ses happyfew au festival de Tribeca de NY, et abouti au point de faire produire trois courts-métrages de cinéastes prometteurs par la SNRT. Aujourd’hui, deux mois avant le prochain festival de Marrakech, l’équipe de la masterclass est perplexe : “Tribeca nous a contactés pour reconduire le projet, explique le réalisateur Ali Essafi, mais ils n’arrivent pas à joindre la Fondation du FIFM qui, elle, ne nous a pas contactés non plus. On ne comprend pas ce silence”. Le cinéaste et initiateur de la masterclass, Hakim Belabbès, assure malgré tout “la volonté de continuer l’expérience”, même avec de moindres moyens. À bon entendeur...


Palmarès. Fin de course pour les courts

C’est une maroco-irakienne qui vit aux States, mais désormais, elle ne sera que marocaine, tout au moins, sous le ciel de la patrie de sa mère. Et pour cause, Tala Hadid a raflé deux prix -dont le nouveau Prix spécial jury- à la clôture du festival du court métrage de Tanger. Tes cheveux noirs, Ihsane, un intelligent voyage dans la mémoire d’un vieux zmagri, qui a également valu à l’actrice Naïma Bouzid le prix de la meilleure interprétation féminine. Du reste, c’est le Maltais Aile soixante six d’Angélique Muller et Gatheleen Tanti qui est sorti victorieux de la compétition officielle en arrachant le grand prix de cette 4ème édition. Le prix de la meilleure interprétation masculine, est revenu à l’Albanais Edmund Budina pour son rôle dans Flocons de neige de Robert Budina. Et enfin, le meilleur scénario a consacré l’Italien Devoir de classe de Daniel Cascella.


Téléfilm. Une affaire de femme

Un studio photo en centre-ville à Casa, c’est l’idée qu’a concrétisée la photographe Pascale de la Horden, avec à la clé un espace de 230 m2 dédié à la prise de vue et à l’exposition de ses travaux. Une adresse également pour des portraits originaux, à destination de tous, en noir et blanc essentiellement et portant l’empreinte de l’artiste, dont les travaux colorés sur la ville avaient été exposés l’an dernier sur les bus à l’occasion du festival de Casablanca. Une nouvelle aventure, aussi, pour celle qui connut les débuts de la presse féminine au Maroc et s’occupa de la galerie de la Sqala… Et un studio qui s’envisage comme un lieu de convivialité, et pourrait devenir le rendez-vous des amateurs d’images. Du moins, on l’espère !

L’atelier photo, 55 bd Mohamed Abdou. 022 98 77 56.
latelierphoto@menara.ma



Cinéma. Le monde de Fawzi à Londres

A peine rentré de la prestigieuse Mostra de Venise, Fawzi Bensaïdi replie fissa bagages. Cette fois-ci, direction Londres et son 50ème festival du film où www, what a wonderful world représentera le Maroc dans la section “Cinéma du monde”. Bensaïdi y partagera “sa marocanité” avec deux co-productions nationales. Il s’agit du sang-mêlé Indigènes de Rachid Bouchareb, pour un quart marocain et pour le reste franco-algéro-belge. Côté courts, c’est Heavy Metal drummer, une co-prod marocco-britannique, du duo Luke Morris et Toby MacDonald qui défendra les couleurs du plus beau pays du monde. Pour rappel, www, what a wonderful world devrait sortir simultanément dans les salles marocaines et françaises le 10 janvier prochain.


Le livre.

Bédouin ordinaire des fins fonds de l’Irak, le jeune narrateur du dernier roman de Yasmina Khadra accepte sans états d’âme le quotidien sans surprise de son village jusque-là oublié du monde. L’arrivée brutale et les exactions des Américains précipitent ce timide Candide dans l’errance et la haine, sans espoir de retrouver sur terre le paradis perdu. La désinvolture du commandement américain devant les “bavures” de ses hommes, le plonge dans le dégoût de l’Occident donneur de leçons. Insensible aux mises en garde de certains de ses interlocuteurs, incapable de se raccrocher à l’existence d’un juste milieu, croyant donner un sens à sa vie, il succombe aux discours de plus en plus manichéens de ceux qu’il rencontre… Il succombe aux sirènes de Bagdad.

Les sirènes de Bagdad. Ed. Julliard (230 dh)




Humeur : Rex publica

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

L’ami a insisté : “Viens rencontrer cet homme politique de gauche. Tu mourras moins idiot.” Comprendre enfin les éditos d’Al Ousboue Assiyyassi, jongler avec les concepts, les souligner à renforts de gestes engagés et définitifs… Tout ça pouvait toujours servir pour draguer les militantes dans un congrès de la GSU. On avait certes un doute sur l’existence de ces dernières, mais on a quand même été s’initier à la chose politique. C’était pas gagné d’avance. Le seul moyen qu’on avait trouvé jusqu’alors pour distinguer Benseddik d’Afilal, c’était leurs lunettes : carré pavé pour l’un, rectangle parpaing pour l’autre. C’est dire le niveau général. Et là, bonne surprise ! L’ami avait raison, la politique peut être simplissime, il suffit de savoir la raconter. L’homme de gauche était un excellent conteur, il a expliqué doctement à l’auditoire qu’il était le représentant d’une variété tropicale du marxisme : les communistes royalistes. Des gens fort charmants au demeurant. D’un tact inouï, même. Pour ne pas se montrer discourtois, ni inconvenants, ils manifestent avec retenue au cri de Marx, Al Watan, Al Malik. Aucune discrimination sociale chez les communistes royalistes. On peut même se faire élire sous les couleurs du parti en n’ayant de coco que le Chanel. Autant dire qu’avec eux, le risque de se faire égorger sur le green par un bolchevique est quasi nul. La corporation des golfeurs peut dormir sur ses deux oreilles, les communistes royalistes veillent. Enfin, c’est ce qu’on a cru comprendre...



Cadeau d’Indigènes
Jamel Debbouze, Sami Bouajila, Sami Naceri, Roshdy Zem et Rachid Bouchareb, la famille Indigènes se déplace le 4 octobre à Casa pour une première marocaine -et grandiose dit-on- du primé cannois de mai dernier. C’est la manière qu’ont trouvé les 5 beurs pour remercier le Maroc de “ses coups de main” lors du tournage. You’re welcome guys !


De la rue de Paris à Paris
Mini-virée européenne pour les gars de la meknassie rue de Paris. Début Octobre, les H-Kayne iront prôner le rap rouge et vert, outre-mer. Au programme donc 4 dates : Le 4 à Bruxelles, le 5 à Paris, le 6 à Dijon et le 7 à Angers. Il pleut des dates cette rentrée !


Le style qui tue
Operation Freestyle Maroc, la compil’ réunissant la crème des MC’s du bled grâce à l’oreille experte de Cut Killer, sort fin octobre. Aminoffice, Bigg, Fnaïre, Muslim, Zanka Flow & co signent ces 21 titres mixés par le maître DJ et produits par Platinium. Et ce n’est qu’un projet parmi d’autres…

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés