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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Driss Jettou et Karim Ghellab
(AIC PRESS)

Réforme portuaire. Le bras de fer continue

ça chauffe sérieusement entre le département de l’équipement et les armateurs. Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports a tenu une réunion particulièrement tendue, le lundi 18 septembre 2006, avec les armateurs et les manutentionnaires. Concernant le plan de partage des terminaux du port de Casablanca proposé par le département de l’Equipement, les opérateurs du secteur privé considèrent qu’il favorise plutôt la future Sodep (Société d’exploitation des ports) au détriment du consortium récemment formé par les opérateurs privés. La Direction des ports propose ainsi de confier le
terminal Est à la Sodep alors que le terminal Tarik et le môle des agrumes seront cédés au groupement privé. Cela fausserait fortement la concurrence puisque le terminal Tarik ne peut pas traiter au-delà de 70 000 à 80 0000 conteneurs alors que le groupement se prévaut d’une capacité de traitement de 450 000 conteneurs, explique le Commandant Mohamed Karia, président de l’International maritime transport corporation (IMTC). Du côté de l’Equipement, on évoque le souci de ne pas mettre en jeu l’équilibre financier de la Sodep. Le premier ministre qui a reçu les opérateurs mercredi dernie a été plutôt conciliant puisqu’il a demandé aux professionnels d’opter pour une mouture qui peut satisfaire tout le monde. Pourtant, les retombées de ce bras de fer entre les professionnels n’ont pas tardé puisque le jeudi 21, IMTC a reçu de la Direction de la marine marchande une correspondance qui retire à la compagnie les autorisations d’exploitation des lignes maritimes Tanger-Gênes et Nador-Alméria délivrées par le ministre des Transports le 2 août dernier. Une décision qui met sérieusement en péril l’avenir de la société qui s’est déjà engagée pour 20 millions d’euros dans l’achat d’un navire.


Accord de Pêche. L’ancre jetée au parlement

L’accord de pêche Maroc –Union européenne a finalement atterri au parlement. Ratifié à Bruxelles en 2005, son entrée en vigueur a fait l’objet de plusieurs reports. Il devait être appliqué dès mars dernier, mais la machine législative en a voulu autrement pour le reporter à “une date ultérieure”. Cet accord, qui s’étale sur quatre ans, permet à une centaine de bateaux de pêche artisanale européens d’opérer dans l’espace maritime marocain. Leurs prises peuvent toucher toutes les espèces à l’exception des crevettes et des céphalopodes. C’est d’ailleurs la grande nouveauté de cet accord par rapport à l’ancien, arrivé à terme en 1999. La contrepartie financière est loin d’être mirobolante : 1,5 milliard de dirhams. Une “manne” qui devrait financer la mise à niveau du secteur.


Conjoncture. Des prévisions qui rassurent ?

Alors que des manifestations se déroulent devant le parlement pour protester contre la hausse des prix, le Centre marocain de Conjoncture (centre indépendant) tente de rassurer. Les chercheurs du centre tablent sur une stabilisation de l’inflation autour de 3 %. Un niveau déjà atteint, fin août, par l’indice du coût de la vie sous l’effet des récentes augmentations des prix des denrées alimentaires et des hydrocarbures. Pour argumenter sa thèse, le CMC évoque l’abondance des produits agricoles et le relèvement réduit des coûts salariaux… Le centre table par ailleurs sur une croissance de l’économie en 2007 de 3,5 %. Une prévision loin d’être conservatrice si on la compare aux prévisions du Haut commissariat au plan qui compte sur une progression du PIB de 2,17 % seulement.


Résultats. Des milliards pour les banques

Les deux premières banques du royaume sont en pleine forme. Les résultats semestriels annoncés cette semaine par Atttijariwafa bank et le groupe des Banques Populaires illustrent des performances sans précédent. D’abord, la banque de Noureddine Omary clôture les six premiers mois de l’année avec un bénéfice qui dépasse le milliard de dirhams. Attijariwafa n’est pas loin non plus du milliard avec un résultat net de 965 millions.
En termes de répartition de parts de marché, la banque dirigée par Khalid Oudghiri prend le dessus. Elle solde le semestre avec une position de leader sur toutes les activités. Même en termes de collecte de dépôt où elle a toujours été devancée par les Banques Populaires, Attijariwafa trône désormais à la première place avec des ressources globales de plus de 100 milliards de dirhams.



Billet. Hanouti, easy pisri

Fidèle à ses habitudes comme à son travail, Mounir, coursier à la BMCE, va prendre sa collation matinale chez l’épicier du quartier. Avant d’y mettre les pieds, il est stupéfait par le changement de décor. Un logo chic affichant Hanouti colore en bleu et blanc la façade. La veille, il a lu dans le journal que Othman Benjelloun, magnat de la finance, lance une chaîne de distribution qui place les “pisryas” au cœur d’une stratégie de franchises. “ça y est, le boss l’a fait !”, se dit-il non sans un sentiment de fierté. Il piétine le hanout comme en territoire conquis. Mais derrière le comptoir, il ne tombe pas sur Mini-Brahim… Il est nez à nez avec Othman Benjelloun. Mounir n’en croit pas ses yeux. Pourtant c’est bien l’allure de Benjelloun : sourire classe, nœud pap et blouse lavée plus blanc que blanc grâce aux miracles de Tide. “Awah ! Minuscule coursier de ma race, je vais être servi par le président !” pense notre homme tout tremblant. Il prend son courage à cinq mains et se lance : “1 DH de beurre, 50 cts d’huile d’olive, le tout fourré dans une demi-baguette”. De ses gestes très british, Benjelloun prend des gants isolants et opère. Le coursier va alors plus loin : il demande crédit en tendant un carnet déchiqueté. Là encore, Benjelloun, avec délicatesse, renvoie le tas de papier à la poubelle, fait signe à la caisse enregistreuse munie de capteurs sensoriels et remet au coursier une “easy pisri” de Salafin… valable dans tous les guichets bancaires et chez les Soussis agréés. Le coursier la range fièrement à côté de son badge BMCE. Il quitte Hanouti sur un nuage : “Qu’il fait bon être servi par Benjelloun… à défaut d’être aussi bien servi que lui. Le boss est vraiment le meilleur !”. Une voix le reprend au vol : “Allez, réveille-toi ! Tu es en retard pour le travail”.



OFF !

La Samir attend toujours le déblocage des 3,5 milliards de dirhams qu’elle lève auprès d’institutions bancaires marocaines pour finaliser les investissements de modernisation de sa raffinerie. Raison du retard : un bras de fer entre la Banque centrale populaire, chef de file de cette opération, et Attijariwafa bank qui tient par tous les moyens à prendre part à l’opération alors que les dirigeants de Coral n’en veulent pas La banque d’Oudghiri a obtenu gain de cause puisqu’elle contribuera pour 600 millions de dirhams à cette opération.

 
 
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