Football. Les Lions en crise
Moumen Diouri. Le démon du passé
Conduite. La guerre des routes
Ismail Alaoui. La monarchie fait du très bon travail
Histoire. Le Che chez nous
Portrait. Max le terrible
Polémique. Benoît XVI, un "croisé" ?
Talibans. Le come back
Urbanisme. Villes nouvelles, mode d'emploi
Cinéma. Profession : scénariste
Houcine Slaoui. L'inoubliable troubadour
N° 240
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Fouad Ali El Himma
(RT / NICHANE)

Après le PSU. El Himma briefe le PJD

L’information est rapportée par le quotidien Al Massae dans sa livraison du jeudi 21 septembre. Fouad Ali El Himma, accompagné du ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a secrètement rencontré des leaders du PJD au siège du ministère, le 15 août dernier, quelques jours seulement après ses rencontres avec le PSU. Contrairement à ce dernier cependant, le PJD a jalousement gardé l’information plus d’un mois durant. Pour un parti qui proclame la “transparence”, c’est plutôt mal vu... Selon Lahcen Daoudi, l’un des principaux dirigeants du parti, lui-même présent à ladite réunion, “le PJD a toujours demandé à être
briefé par le gouvernement en tant que parti d’opposition responsable”. Soit ! Mais comment expliquer le caractère secret de la rencontre ? “C’était le souhait de nos interlocuteurs. Nous l’avons accepté” nous a expliqué laconiquement le même Daoudi. D’ailleurs, le dirigeant islamiste ne confirmera (ni infirmera) aucune des informations rapportées par notre confrère Al Massae. “Il y va de notre crédibilité”, dira-t-il. En tous cas, Al Massae nous apprend par exemple que El Himma s’est étonné que Abdelilah Benkirane (également présent lors de la rencontre) dirige toujours un quotidien extrémiste comme Attajdid, avant de sembler dérangé par les activités du MUR, notamment ses manifs de soutien au Liban durant lesquelles des portraits de Hassan Nassrallah et des drapeaux du Hezbollah ont été brandis”. Ce qui est sûr c’est que les Bakoury, Akhennouch and co, qui avaient accompagné El Himma dans ses rencontres avec le PSU n’ont pas été, cette fois, présents au brief du PJD.


Diplomatie. La ministre et le douanier

Fadila Laanan, la ministre de la Culture belge, d’origine marocaine, serait-elle tête en l’air ? Venue dans l’urgence au Maroc pour assister à l’avant-première d’un ami cinéaste, elle a oublié de se munir de son passeport et de sa carte d’identité marocaine. Un douanier de l’aéroport Mohammed V chargé des formalités administratives, ignorant qui elle était, lui a posé les questions d’usage : “Nimirou d’la carte ? Smyet Bak ? Smyet Mok ?”. Sa marocanité prouvée, il a laissé la ministre entrer au Maroc. L’aventure a beaucoup fait rire Fadila Laanan, connue pour ne pas s’embarrasser de protocole. “Marhbabike fi bladek (quand même) Fadila”, comme dirait Najat Aatabou.


INDH. Le gouvernement au garde-à-vous

Beni Mellal n’a jamais vu défiler autant de ministres. Vendredi 21 septembre, tout le gouvernement s’y est donné rendez-vous pour “un séminaire de convergence pour la réussite de l’INDH”. Concrètement, cela veut dire que jusque là, chaque ministère menait son propre programme de développement sans grande concertation avec les autres département. “C’est ce qui faisait par exemple qu’un dispensaire se construise sans qu’il y ait de route pour y mener”, nous explique cette source. À l’issue de quatre ateliers, dirigés et animés par le top management de la chose publique, un guide de convergence sera édité et servira de plan de travail aux gouvernements successifs lors des cinq prochaines années au moins. Mohammed VI remet le train de l’INDH sur les rails, arrivera-t-il “à bon port” ?


Santé. Les anti-Archane

“les médecins iront jusqu’au bout pour dégommer le général !”. Le docteur qui s’exprime en ces termes surprenants rappelle que les médecins réunis au sein de sept syndicats, les secteurs public, privé et l'enseignement, ont lancé un mot d’ordre pour des élections démocratiques de leurs instances dont le fameux poste de président de l’Ordre, occupé depuis plusieurs décennies par le général Moulay Idriss Archane (frère de Mahmoud, pour l’anecdote). Jusqu’où iront donc les blouses blanches, et leurs syndicats respectifs, pour espérer destituer l’autre Archane, lors des élections prévues le 26 novembre ?


Pédophilie. Le dirham symbolique (pour commencer)

Touche pas à mon enfant a gagné une nouvelle bataille. L’association, qui s’est portée partie civile dans 30 affaires d’abus sexuels sur enfant, n’avait jamais obtenu le dirham symbolique. C’est désormais chose faite. La semaine dernière, un juge leur a donné gain de cause dans l’affaire des deux instituteurs condamnés à 5 ans de prison pour pédophilie à Tétouan. L’ONG butait jusque-là sur deux points de la loi. Le dirham symbolique ne pouvait être accordé à une association qu’à deux conditions. Il faut qu’elle existe depuis au moins quatre ans et soit reconnue d’utilité publique par les autorités. Ce qui n’est pas le cas de Touche pas à mon enfant.


Deuxième chambre. La justice dira son mot

ça va chauffer pour nos députés. La plupart des Cours d'appel du Royaume ont engagé des procédures judiciaires contre des conseillers douteux élus au titre du scrutin partiel du 8 septembre dernier pour le renouvellement du tiers des sièges de la deuxième Chambre. Des procédures identiques pourraient concerner d'autres conseillers sur la base de plaintes déposées par des rivaux politiques. Ce n’est pas vraiment une surprise quand on sait que même l’Etat, via l’Intérieur, reconnaît l’utilisation de l’argent au cours des consultations parlementaires.


Circulation. Souriez, vous êtes flashé !

Les chauffards feraient bien d’attacher leur ceinture. La police et les gendarmes vont bientôt remiser au placard leurs vieux radars contre 150 contrôleurs de vitesse flambant neufs. Ils seront implantés en ville (Casa, Rabat, Salé et Temara) et le long des principales voies routières (Tanger, Agadir, Rabat et Oujda). Casa l’embouteillée se taille la part du lion. Près du tiers des radars viendront décorer les artères de la ville. On a déjà déterminé l’emplacement de certains. L’avenue des forces armées royales, la route côtière et la fameuse avenue Ouled Ziane et le périphérique casablancais. On s’en serait douté.


Fait divers. Meurtre d’un commis diplomate

La police a arrêté un suspect dans l’assassinat sauvage à l’arme blanche du diplomate italien Missir di Lusignano et son épouse, à leur domicile de Rabat dans la nuit du 18 septembre. Selon la police, Karim Zimach, 24 ans, appréhendé au volant du véhicule des victimes, serait passé aux aveux. Ce serait une banale histoire de vol qui a mal tourné. Le suspect cambriolait le domicile des victimes quand il a été surpris par le couple. Le fait divers sanglant a fait grand bruit dans les chancelleries du fait de la fonction de Missir di Lusignano. L’homme, qui s’était occupé de l’étude du dossier d’adhésion de la Turquie à Bruxelles, venait à peine de prendre ses fonctions à la tête de la délégation européenne à Rabat. “C’était un bon connaisseur de la culture arabo-musulmane” confie un de ses proches collaborateurs.


Syndicats. Changement, mon œil !

La Fédération Démocratique du Travail (FDT), un syndicat proche de l’USFP, a un nouveau secrétaire général en la personne d’Abderrahmane Azzouzi. L’ancien, Taeb Mounchid, s’est retiré de son propre chef à cause de la dégradation de son état de santé (il est atteint d’une maladie au niveau des yeux), laissant sa place à celui qui était jusque-là son second dans la hiérarchie du syndicat socialiste. Mais si les hommes changent, les problèmes demeurent. Fraîchement élu, le nouveau responsable est d’ores et déjà contesté par un de ses détracteurs qui a été chassé du bureau et qui menace de poursuivre toute la centrale en justice. Des histoires de syndicats, quoi !


Affaire Bin Louidane. Les Espagnols s’en mêlent

Housni Benslimane et le patron de la guardia civil se sont rencontrés pour un tête à tête à l’hôtel Amphitrite de Skhirat, au sujet du dossier de Bin Louidane, sur lequel les services espagnols semblent détenir des renseignements capitaux (Il faisait l’objet d’un mandat d'arrêt en Espagne pour une affaire de blanchiment d'argent à Marbella). Une liste de suspects activement recherchés, probablement réfugiés en Espagne, aurait été remise au directeur de la garde civile. Quant au dossier lui-même, il a été confié au fameux juge d'instruction Jamal Serhane qui a ordonné l’incarcération de Abdelaziz Izzou et de plusieurs ex-responsables de la police, de la gendarmerie et des forces auxiliaires, soit neuf personnes, au centre pénitentiaire de Oukacha. Sur le terrain, la BNPJ s’est rendue à Ksar Sghir pour ratisser les lieux à la recherche de moyens et de la logistique servant au transport de la drogue. On parle de zodiacs, de 4x4 et même d’hélicoptères. Alors que des mandats d’arrêt ont été lancés contre plusieurs suspects, les enquêteurs ont auditionné une trentaine de responsables des services de sécurité et de l'administration territoriale qui ont exercé des fonctions à Tanger et Ksar Sghir, notamment entre 1996 et 2003. A Casablanca, des confrontations entre Chrif et ses présumés protecteurs sont prévues dans la semaine qui vient.



Billet. Les bourgeois ont peur

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

On les appellera les bourgeois, pour faire court. Ils sont certes plus rentiers qu’investisseurs, mais une chose les réunit : ils habitent dans des quartiers huppés et se croient hors de la société et hors d’atteinte. Mais ce sentiment d’exister dans un îlot, s’amenuise de plus en plus. Faites les comptes : il y a deux mois, un escroc maroco-britannique, Lee Murray, est arrêté au Souissi, quartier huppé des gros bonnets à Rabat. Cette semaine, un diplomate italien, Alessandro Missir Di Lussignano, est assassiné avec sa femme, chez lui, en plein quartier Ryad, à Rabat toujours. Puis il y a eu l’arrestation des “hordes intégristes” baptisées “Ansar El Mehdi”, et tout de suite après, le filet royal contre les super-trafiquants du royaume.
À chacun sa peur. Les bourgeois les plus rangés appréhendent cette arrivée impromptue de malfrats et autres radicaux, aux abords de leurs quartiers qu’ils croyaient loin du monde. Ils rappellent par leur frilosité, les réactions de leurs pairs d’Anfa supérieur en 1981, qui avaient peur d’être envahis par les “apaches” enragés. Les autres bourgeois, moins “clean”, plus arrivistes, par la voie de la drogue ou de la corruption, si banalisée, craignent, eux que l’assainissement royal contre Izzou et consorts soit le bon et que leurs richesses indues soient mises à nu.
Les uns et les autres ont le droit d’exiger du Makhzen un minimum de protection. Ne sont-ils pas des contribuables ? Le comble est qu’ils ne le sont pas toujours et c’est là où le bât blesse. Aucun chiffre n’indique l’ampleur de l’évasion fiscale, mais selon les dernières estimations, la fuite des capitaux marocains atteindrait les 45 milliards dollars. Est-ce une raison pour qu’ils paniquent ? Pas encore. Mais l’indifférence de certains envers leur propre société les déclassifie déjà. Quant à ceux qui craignent d’être les prochains sur la liste makhzénienne, ils sont certes à blâmer, mais le Makhzen l’est tout autant. Parce qu’il est décidément trop imprévisible.



Tamek. Arrêté à la frontière… du Sahara !

L’information est presque passée sous silence. Alors qu’il quittait Tan Tan, le 27 juillet dernier, Ali Salem Tamek a été intercepté par un barrage de sécurité. Un responsable du ministère de l’Intérieur lui a alors signifié qu’il lui était interdit d’accéder à Laâyoune et de franchir la limite de la zone contestée. Nous n’avons pu vérifier l’information auprès des autorités locales mais si elle se précise, nos officiels seront dans de beaux draps quand Ali Salem décidera de quitter Rabat où il se soigne actuellement pour rejoindre Laâyoune. Le déporteront-ils au nord du royaume ? Consacreront-ils officiellement la délimitation de territoire adoptée par l’ONU ? Nous verrons.


Ouezzane. La visite royale

C’est toujours le bras de fer entre Nadia Yassine et les autorités marocaines. La passionaria d’Al Adl Wal Ihsane, invitée à l’UNESCO pour prendre part à un colloque sur le féminisme en islam qui a eu lieu mardi dernier, s’est vue interdite de participation. “Nous avons pour habitudes de consulter les pays d’origine des personnalités invitées et les autorités marocaines, à travers leur délégation à l’UNESCO, nous ont fait part de leur refus de voir Nadia Yassine communiquer dans notre enceinte, ce que nous ne pouvions pas refuser”, explique Muriel de Pierrebourg, porte- parole du directeur général de l’UNESCO. Mise au courant samedi, soit deux jours avant l’événement, Nadia Yassine a malgré tout préféré se rendre dans la capitale française. Histoire de médiatiser l’affaire.


France. Rabat lâche Bechari

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) s’est doté dimanche dernier d’un nouveau bureau. Mohamed Bechari, président de la puissante Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), fédération proche du Maroc et l’un des deux vice-présidents du CFCM, en a été écarté. Mohamed Bechari a été remplacé par son rival, Abdallah Boussouf. Depuis 15 mois, le CFCM était paralysé. Lâché par ses troupes (et par Rabat), Bechari était devenu un président minoritaire. Des responsables du CFCM lui reprochent ses accointances avec la gauche française, ses voyages à l’étranger… Selon Bechari, les raisons de son éviction sont politiques : “C’est mon penchant à gauche qui dérange. Le CFCM est une émanation du ministère de l’Intérieur (français) et à l’approche de l’élection présidentielle, on a peur d’un vote sanction des maghrébins musulmans”.


Unesco. Nadia Yassine non grata

C’est toujours le bras de fer entre Nadia Yassine et les autorités marocaines. La passionaria d’Al Adl Wal Ihsane, invitée à l’UNESCO pour prendre part à un colloque sur le féminisme en islam qui a eu lieu mardi dernier, s’est vue interdite de participation. “Nous avons pour habitudes de consulter les pays d’origine des personnalités invitées et les autorités marocaines, à travers leur délégation à l’UNESCO, nous ont fait part de leur refus de voir Nadia Yassine communiquer dans notre enceinte, ce que nous ne pouvions pas refuser”, explique Muriel de Pierrebourg, porte- parole du directeur général de l’UNESCO. Mise au courant samedi, soit deux jours avant l’événement, Nadia Yassine a malgré tout préféré se rendre dans la capitale française. Histoire de médiatiser l’affaire.


Presse féminine. Lalla Fatima, le mag

Dans la famille Les Editions de la Gazette (La Gazette, Challenge, VH), on demande Madame tout le monde ! Lalla Fatima, nouvelle revue féminine arabophone qui prépare son arrivée, se veut un magazine “grand public” qui parlera “des problèmes quotidiens des écolières, étudiantes ou ménagères de 14 à 40 ans”, explique le directeur du groupe Kamal Lahlou. Vaste programme ! Le détail décalé : la rédaction en chef sera assurée par… un homme. Bimensuel les trois premiers mois, puis hebdo, Lalla Fatima ne fera pas dans le haut de gamme et souhaite lutter contre “l’envahissement de la presse étrangère”. Lancement à la fin du ramadan. Après 30 jours passés aux fourneaux, bien des femmes auront à coup sûr envie de bouquiner tranquilles !


Julia Roberts. La guerre à Marrakech

Julia Roberts, Tom Hanks et Amy Adams seront parmi nous le 9 octobre, rencardés par Mike Nichols. Après des mois de repérages, le réalisateur a finalement opté pour le sud marocain pour le tournage de son Charlie Wilson’s war. Pour le pitch, c’est l’histoire d’un congressman américain qui avait, dans les années 80, fourni les rebelles afghans en armes dans leur guérilla conte l’Armée rouge. Le trio hollywoodien devrait séjourner à Marrakech durant le tournage, soit jusqu’au début novembre. Suffisamment longtemps pour que la Fondation du FIFM leur vende les paillettes marrakchies de son festival. Du moins, elle essaiera !


Élections. 2007, Daba ou jamais

À l’occasion de sa première sortie médiatique, Daba 2007, véritable pot-pourri du monde économique, intellectuel et associatif (Noureddine Ayouch, Fathia Bennis, Moncef Belkhyat, Kamal Lahbib, Mohammed Layadi…) a décliné sa raison d’être : revaloriser l’action politique, mais aussi accompagner les partis dans leur communication. Daba 2007 s’assigne d’ailleurs des objectifs chiffrés et validés, s’il vous plaît, par un cabinet d’audit : 25% de votants en plus et 20% plus de femmes et de jeunes dans les partis, entre autres. Les moyens : un guide du citoyen, des capsules TV, des rencontres-débats… le tout financé par des sponsors, des fonds du PNUD, voire une aide gouvernementale.



3 questions à Rachida Tahiri (Présidente de l’Association démocratique des femmes du Maroc)

Selon la dernière enquête sur les femmes, un tiers de la population ne connaît pas la Moudawana. Qu’en pensez-vous ?
La sortie de la Moudawana n’a pas été accompagnée par une information large. Le moyen le plus adéquat à mon avis reste le canal audio-visuel. Communiquer sur ce texte ne se fait pas en quelques jours. Au sein de l’association, nous avons mené des études dans les tribunaux. Et nous avons constaté ce déficit d’information. Les gens ne font pas la même interprétation du partage des biens, du mariage des mineurs et de la wilaya.

Justement, les deux tiers des Marocains sont contre la levée de la tutelle dans le mariage…
Je ne sais pas comment la question a été posée. Il est tout à fait normal que les gens se rebiffent si on leur demande s’ils sont pour ou contre la wilaya . Mais si on leur explique la différence entre la tutelle et l’accord parental, le résultat ne sera pas aussi négatif. Dans notre tradition, la bénédiction des parents (r’da) est très importante. N’oublions pas que les mariages se passent dans le consentement mutuel.

Pensez-vous qu’il y a vraiment une résistance à la liberté vestimentaire des femmes comme l’a montré l’enquête ?
Il y a réellement un paradoxe entre les nouvelles lois et la réalité, dû à un manque de sensibilisation à la culture égalitaire. Les efforts du ministère de l’Education nationale et des médias restent en-deça des attentes.


Obsèques de Khattabi. Le Palais participe

Le Palais n’a envoyé aucun émissaire pour les obsèques de Omar Khattabi, mort l’été dernier à l’âge de 80 ans, mais il a pris le soin… d’organiser (et de prendre en charge) une partie de la cérémonie tenue à cette occasion. Un proche du défunt nous a confirmé l’information avant d’ajouter, pour l’anecdote : “Feu Omar, dans son lit de mort, avait prévenu que le jour de son enterrement il ne souhaitait offrir qu’un couscous aux invités”. Le Palais est passé outre cette recommandation testamentaire et certains, parmi les amis du défunt, y voient un “signal” positif pour le règlement tant attendu du dossier Abdelkrim Khattabi, dont le corps repose toujours en Egypte.


Fatwa. Les oulémas entre eux

Youssef Al Qaradawi a jeté un pavé dans la mare en autorisant les Marocains à contracter des crédits avec intérêts pour pouvoir acquérir un logement. C’est la première fois en effet qu’un alem se prononce publiquement et positivement sur cette question. “L’acquisition d’un logement n’est pas une contrainte religieuse, les propos d’Al Qaradaoui n’engagent que lui”, tranche un alem, proche du PJD. La courageuse fatwa d’Al Qaradawi lui a valu une réponse incendiaire d’Ahmed Khamlichi, directeur de Dar Al Hadith Al Hassania où il récuse l’ingérence de l’imam égyptien dans la vie religieuse du royaume (ndlr : chasse gardée du roi). D’autant que la fatwa laisse entendre que le Maroc est un pays laïc et non musulman, comme la quasi-totalité des pays européens. De quoi affoler nos puristes! Pour prévenir la tempête, le journal Attajdid qui a publié l’avis du cheikh, se rétracte et consacre une grande partie de sa une à une mise au point d’un alem du MUR qui récuse lui aussi l’avis du cheikh. La chose et son contraire en somme.


RAM. Retour des pilotes ?

Les deux pilotes de la Royal Air Maroc mis en congé forcé suite à l’arrestation de leurs épouses impliquées dans l’affaire Ansar El Mehdi, devraient reprendre du service. C’est du moins, et en attendant une confirmation officielle, ce que l’on apprend du côté de l’association des pilotes lors de leur assemblée générale tenue mercredi dernier… Sur un autre plan, on apprend qu’une circulaire interne de la RAM oblige désormais ses agents à se conformer à la charte d’habillement de la compagnie. “Nous ne faisons qu’appliquer le règlement et il n’a jamais été question d’interdire le voile comme l’a faussement affirmé la presse”, explique ce responsable de la RAM. Cette application soudaine du règlement viserait pourtant les agents, de plus en plus nombreux, en tenue afghane.


Fashion. Des inspections très chic

Ne vend pas du Chanel ou du Louis Vuitton qui veut. C’est ce que viennent de décréter quelques grandes maisons de mode –en vogue au Maroc- en louant les services d’une boîte française de “Mystery shopping”. Le concept, très répandu dans les milieux de la mode en Europe et aux USA, consiste à payer de vrais clients pour des séances shopping/inspection. Objectif : s’assurer que leurs produits disponibles au Maroc sont vendus dans les règles de l’art, sous nos cieux, avec classe et sourire. La société en charge de l’inspection a d’ores et déjà commencé le recrutement de ses “inspecteurs” chic et choc. La “campagne” devrait démarrer mi-octobre sur Casablanca et Marrakech.


Ismaïl Alaoui. Ne l’appelez plus Moulay

Le chef du PPS Ismaïl Alaoui n’est pas attaché au titre de Moulay que lui confère sa filiation avec le prophète Mohamed. C’est ce qu’il a affirmé au Grand Oral organisé par l’association marocaine des anciens de Science Po cette semaine dans un hôtel casablancais (lire en p. 26). “Je m’appelle Ismaïl Alaoui tout court. “Moulay” n’est pas inscrit sur ma carte nationale”, a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : “Enfant, j’ai affirmé à mon père m’appeler Moulay Ismaïl. Il m’a mis une claque en me rétorquant que c’est un titre qui se mérite. Je ne sais pas si c’est mon cas, aujourd’hui”. On n’en attendait pas moins du leader d’un parti de gauche. Chapeau, Sidi ! Ou camarade, devrait-on dire ?


Social. Hugo Boss à Bernoussi !

Après la banque alimentaire, voici la banque vestimentaire. L’association “Chantiers sociaux Marocains” et la société immobilière les Trois Amis inaugurent un concept très intéressant dans le travail social. Ils ramassent les fins de série des usines de textile et les distribuent après à la population contre un prix symbolique. On retrouve entres autres des marques connues. Du Hugo Boss à 5 ou 10 DH…C’est pas beau ça ! Mais ne vous précipitez pas! Les bénéficiaires les plus nécessiteux ont été recensées et identifiés. Pour le moment, c’est le quartier Sidi Bernoussi de Casablanca qui va en bénéficier, mais l’expérience est appelée à être généralisée sur d’autres quartiers.


Laânigri. A moi les mroud !

Pour faire taire les rumeurs concernant la mise à l’écart du général Hamidou Laânigri et sa nomination à un poste de second rang (inspecteur général des forces auxiliaires, mroud en darija), le ministre, Chakib Benmoussa, a tenu à rappeler que l'expérience de Laânigri serait un atout non négligeable pour mener à bien cette mission (ndlr : celle de réhabiliter les Forces Auxiliaires, un corps d'armée à la réputation bien terne). En tout cas, à l’occasion de sa première réunion avec les gradés des F.A, Laânigri a tenu à mettre les points sur les i. “J’ai reçu des instructions royales pour réorganiser ce corps”. Au menu, déjà, un changement d’organigramme où les deux zones vont être transformées en trois : la zone nord qui va jusqu’à Rabat, la zone sud qui s’étend jusqu’à Laâyoune et la zone opérationnelle qui couvrira le Sahara.



Humeur. Ordres et désordres

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

J’ai pêché cet extrait de dépêche de l’agence officielle MAP : “Sur ordre de SM le Roi, le ministre de la Santé, M. Mohamed Cheikh Biadillah, s'est rendu à Settat pour s'enquérir de l'état de santé des blessés du terrible accident de la circulation (…)”. J’ai noté cet extrait de journal télévisé : “(Suite à l’accident de circulation) SM le Roi a donné ses hautes instructions pour que les blessés soient soignés (…)”. Ces deux passages sonnent comme une vieille ritournelle connue de tous les Marocains qui ont déjà allumé un téléviseur ou parcouru les lignes d’un journal officiel. De la langue de bois a priori anodine mais qui distille un doux message subliminal. Un truc dangereusement pervers. Le lecteur ou le téléspectateur moyen est en effet en droit de comprendre deux choses terribles : Monsieur le ministre de la Santé s’est dépêché au chevet des blessés “parce que le Roi le lui a ordonné” (et, donc, il ne l’aurait peut-être pas fait autrement) ; les hôpitaux ont recueilli les accidentés “parce que le Roi a donné ses instructions dans ce sens” (et, donc, recevoir les malades et les soigner ne fait pas systématiquement partie de la fonction d’un hôpital). Ces lectures correspondent, bien évidemment, à du non-sens. Mais que voulez-vous, des gens comme vous et moi, devant leur téléviseur ou leur journal, sont bien en droit de les faire. Et c’est très dangereux. D’abord parce que ces lectures sont - Dieu merci - erronées et ne représentent aucune réalité. Ensuite parce que cela renvoie à un concept détestable : celui de l’infantilisation du Maroc et des Marocains. Alors rassurons-nous : un Biadillah peut bien se rendre à Settat (ou ailleurs) sans que le roi le lui ordonne, un hôpital peut et doit soigner des blessés sans qu’il y ait un ordre ou une recommandation expresse en ce sens. Ouf !



VITES !

C’est Mohamed Mehrad, contrôleur général à la Sûreté nationale, qui assure la relève depuis le limogeage de Abdelaziz Izzou, ancien chef de la sécurité royale. Mehrad est un familier du palais royal puisqu’il figurait déjà, par le passé, dans la garde rapprochée du roi, notamment à l’époque où ce dernier était encore prince héritier.


Fini le café bouilli et les sandwichs secs de l’ONCF ! Les nouveaux trains prévus en décembre comprendront un wagon restaurant. On pourra y boire (debout) un vrai expresso et manger (toujours debout) des sandwichs chauds. Quant à partager une bière entre amis, ce n’est toujours pas prévu au programme.


Après Cheikh El Arab, Mohamed Louma sortira en kiosque la semaine prochaine. Les années de résistance en pleine tempête. Le nouvel ouvrage de cet ex-compagnon de Fqih Basri est basé sur les témoignages recueillis auprès du défunt Abdallah Ibrahim, ex-chef du premier gouvernement socialiste du Maroc.


Ennassir, l’association des familles des détenus de la salafiya jihadiya, est entrée en guerre avec Abdelhalim Fizazi, fils du célèbre “guide” incarcéré à Tanger. “Fizazi prétend avoir monté une 2ème association, mais ce n’est pas légal et cela ne correspond pas à la réalité” , nous a déclaré Abderrahim Mouhtad, président d’Ennassir.


C’est le quotidien Acharq Al Awsat, généralement bien informé, qui le rapporte : Mohamed Abdelaziz serait sur le départ. Citant des milieux politiques et des droits de l'homme sahraouis, le journal donne comme imminente l'éviction du chef des séparatistes. Il faudra attendre quelques semaines pour en savoir plus.


Dans quelques jours seront connus les membres du jury du 5ème Grand prix national de la presse. Le 14 novembre, ils récompenseront – 60 000 DH à la clé - les meilleurs candidats télé, radio, presse écrite et électronique, agence de presse et photo. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 20 octobre. Bonne chance à tous.


Les principaux sites Internet du front Polisario sont toujours interdits d’accès depuis le Maroc, et ce depuis bientôt six mois. Aujourd’hui, plusieurs blogs pro-sahraouis sont nés et reprennent au jour le jour les informations qui y sont publiés. Résultat : les info (et la propagande) circulent toujours autant. Moralité : on ne censure pas le Net !
 
 
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