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Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Mahmoud Ahmadinejad. (AFP)

ONU. Ahmadinejad et Bush s’affrontent

Les grands de ce monde se sont réunis mardi lors de la 61ème assemblée générale de l’ONU à New York où on a beaucoup glosé sur une question : faut-il sanctionner ou négocier avec Téhéran ? Tout a été fait pour que les leaders, qui se haïssent, Bush et Ahmadinejad, ne se croisent pas. Toujours est-il que l’assemblée a donné lieu à une passe d’armes (par discours interposés) entre les deux chefs d’Etat alors que Chirac a joué les pompiers de service. Auparavant, le président américain a cherché à gagner la confiance des musulmans. Malgré la guerre en Irak, en Afghanistan, l’instabilité au Liban et le
désespoir en Palestine, George W. Bush continue de prôner la démocratisation. Il a essayé de convaincre l’auditoire que le seul but de sa politique est d’encourager la liberté.

Sur l’Iran, Bush, qui n’a jamais écarté une solution militaire, a rassuré en disant préférer “une solution diplomatique”. Il a toutefois accusé le régime iranien d’être “le principal obstacle” à l’enrichissement de son pays. Jacques Chirac a radouci l’atmosphère en développant son idée de double “geste de bonne volonté” pour relancer les négociations : suspension par l’Iran de l’enrichissement d’uranium contre suspension des sanctions prévues contre Téhéran. Ahmadinejad a répondu aux critiques de Bush par un réquisitoire contre la politique des “prétendus champions de la démocratie au Moyen-Orient”. Il a promis une nouvelle fois que son pays ne cherchait pas à se doter de la bombe. Le président iranien a fustigé le “triste bilan” de ceux qui ont déjà utilisé l’arme atomique, une allusion directe aux Etats-Unis, qu’il a aussi accusés de manipuler le Conseil de sécurité de l’ONU. Ahmadinejad a critiqué l’Amérique “incapable d’instaurer la sécurité en Irak”. Il a refusé de déjeuner avec les autres chefs d’Etat car de l’alcool était servi pendant le repas et, pendant son allocution, les sièges de la délégation israélienne étaient vides. Sur le fond, les deux dirigeants ont donné peu d’indications sur un dénouement de la crise. Le Quartette devait aussi se réunir mercredi pour évoquer le gouvernement palestinien d’union nationale et la crise au Darfour.


Irak. Le juge de Saddam limogé

Tandis que les violences se poursuivent dans le nord et l’ouest du pays, où plus de cent personnes sont mortes en deux jours, le second procès de Saddam Hussein a subi un grave revers mardi avec le renvoi du juge Abdallah Amery par le gouvernement irakien. Après plusieurs jours d’hésitation, le gouvernement a choisi de sanctionner le juge, qui avait déclaré que Saddam Hussein n’était pas un dictateur. Cette annonce marque une rupture brutale avec la position du gouvernement qui était de laisser travailler dans l’indépendance le Haut tribunal pénal. L’ingérence du gouvernement, pour répondre à la colère populaire, entache le second procès de l’ex-raïs, jugé pour les campagnes militaires Al-Anfal contre les populations kurdes, qui auraient fait plus de 180 000 morts en 1987-1988. Mercredi, le nouveau juge, Mohamed Oreibi Majid Al Khalifa, a été interpellé par Saddam : “Votre père était un garde de sécurité !”. L’ex-raïs a été aussitôt exclu de la salle par le juge.


Thaïlande. Coup d’état

Le général Sonthi Boonyaratglin, leader apparent du coup d’Etat à Bangkok, a déclaré que le putsch était nécessaire pour favoriser l’unité de la Thaïlande. Le général, 59 ans, a profité du voyage aux Etats-Unis du premier ministre, Thaksin Shinawatra, pour le renverser. “Nous avons estimé que le premier ministre par intérim avait provoqué un clivage sans précédent dans la société, une corruption répandue et du népotisme”, a expliqué le général Sonthi. Le gradé ajoute que la démocratie sera rétablie d’ici une à deux semaines et que cette prise de pouvoir n’a rien à voir avec le roi Bhumibol Adulyadej, élément de stabilité d’une démocratie fragilisée par des coups d’état successifs. Alerté, Thaksin a annulé son discours à l’assemblée générale de l’ONU et s’est envolé pour Londres.


Hongrie. Le premier ministre a “déconné”

Mercredi, le premier ministre Ferenc Gyurcsany, dont les aveux de “mensonges” ont déclenché en Hongrie les pires émeutes depuis la fin du communisme, entendait garder le cap alors que tous les manifestants appelaient à sa démission. Lundi soir, 150 d’entre eux ont été blessés lors d’une tentative de prise d’assaut du siège de la télévision nationale. “Menteur, menteur, tu as déconné”, scandaient-ils en écho à une discussion à huis clos qu’aurait eue en mai dernier le premier ministre avec le groupe socialiste, et qui vient d’être diffusée par les médias hongrois. Dans l’enregistrement, il reconnaissait avoir “menti matin, midi et soir pour gagner les élection. J’ai déconné”, lâchait-il se croyant en off. L’adhésion à l’UE paraît bien loin maintenant...


Japon. Shinzo Abe, maître du pays

C’est le “faucon” Shinzo Abe, plébiscité mercredi à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), qui va devenir le nouveau premier ministre nippon. Jouée d’avance, l’élection d’Abe a été assurée dans un fauteuil : il a obtenu les deux tiers des votes des 403 parlementaires libéraux-démocrates et des 300 fédérations locales du PLD. Shinzo Abe remplace Junichiro Koizumi. Abe sera intronisé le 26 septembre. Il a l’ambition de faire du Japon un pays fort et respecté sur la scène internationale. Sa priorité serait de “réformer l’éducation”, en tentant de réhabiliter la notion de patriotisme dans les écoles, un tabou majeur depuis la défaite du Japon impérial en 1945.



Lu pour vous. [Algérie]
Le FIS nouvelle version

Ali Bahmane, El Watan, 20 septembre 2006

Réhabilitation et fin d’exil des “chefs historiques” du FIS. La page est tournée dans l’itinéraire mouvementé du parti islamiste. Cette résurgence du FIS a été permise par la charte sur la réconciliation. Les anciens chefs islamistes sont absous de tous les actes commis par eux. Toutefois, ces gens-là ne se sentent pas redevables envers le pouvoir de cette liberté retrouvée. Ils la considèrent comme une légitime “correction” d’une “dérive historique” alors que pour les autorités officielles, elle est le fruit de leur magnanimité. Aussi assistons-nous aujourd’hui à l’installation d’un immense malentendu entre eux et le pouvoir, dont la manifestation la plus frappante est la volonté affichée par les anciens chefs fissistes de recréer leur parti-même sous un autre nom- alors qu’aux yeux des responsables de l’Etat, la charte leur interdit toute activité partisane.
Plutôt que de croiser le fer avec le pouvoir, les responsables du FIS ont opté pour le louvoiement. Leur appel au GSPC pour déposer les armes et leur hostilité déclarée à son rapprochement avec Al Qaïda se comprennent d’abord comme un gage de bonne volonté à l’égard du pouvoir. Ils préfèrent aujourd’hui composer (…) et rassurer la base. Car celle-ci doit être reconquise sur des positions anciennes. L’ex-FIS sera-t-il au rendez-vous des prochaines joutes électorales ? Sûrement dans les appareils des autres formations politiques, islamistes ou conservatrices.



France. 6924 régularisations

Sur les 30 000 dossiers déposés dans les préfectures, seuls 6924 ont obtenu gain de cause. Le fait que ce chiffre corresponde à celui annoncé par Nicolas Sarkozy avant même que l’ensemble des demandes n’ait été enregistré, a suscité la colère des associations et de la gauche qui accusent le ministre de l’Intérieur d’avoir appliqué des quotas prédéfinis. On l’accuse d’avoir statué sur le nombre de dossiers acceptés sans tenir compte de l’examen des critères définis dans la circulaire du 13 juin dernier. Interrogé dans l’émission Complément d’enquête sur France 2, le ministre s’est défendu en évoquant une “extrapolation” à partir du chiffre donné à ce moment-là par les préfectures : 15 000 dossiers. Pour le ministre, une régularisation massive reviendrait à créer “un appel d’air” et “une explosion de demandes”. Reste que si plus de 23 000 demandes ont été refusées, cela ne signifie pas autant d’expulsions.


VITE !

Le premier ministre palestinien du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a rejeté, mercredi 20 septembre, les “conditions du Quartet” (Onu, Union européenne, Etats-Unis, Russie), qui exige notamment une reconnaissance explicite d’Israël.

 
 
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