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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“J’aurais pu aller loin dans l’islamisme”

Antécédents
Abdelkrim Benatiq
Chef du parti travailliste

1959. Naissance à Rabat.
1991. Accède au bureau national de la Chabiba Ittihadia.
1995. Co-fondateur du Syndicat national des banques – CDT.
2001. Secrétaire d’Etat au gouvernement Youssoufi II.
2005. Doctorat en sécurité et défense - Lyon
2006. Fonde le Parti travailliste.
Smyet Bak ?
Ahmed Ben Mohamed.

Smyet mok ?
Fatema Bent Nasser.

Nimirou d’la carte ?
A 32 530.

Tracts, manifs contre le code électoral… Votre parti n’a même pas encore bouclé sa première année qu’il fait déjà parler de lui. Vous avez enfin compris que la politique, c’est vendre du vent ?
En politique, il faut construire. Aujourd’hui, il faut avoir un autre projet, travailler avec une autre culture et s’adresser aux gens avec d’autres moyens. Il faut mobiliser les gens, les motiver pour qu’ils croient enfin que la démocratie est l’affaire de tous.

Il faut aussi leur dire des choses plus concrètes, si vous voulez qu’ils vous croient…
C’est simple. Au Parti travailliste, nous privilégions le travail sur le terrain, avec une approche de proximité. Nous sommes de simples relais entre la décision politique et le citoyen.

Vous lancez bientôt une campagne pour la transparence des élections, ce qui vous a valu le surnom de Boundif Al Intikhabat. Cela veut dire que vous tablez sur un scrutin plus blanc que blanc ?
Nous sommes conscients que nous venons tout juste de commencer. Il faut donc être modeste. Notre souci aujourd’hui est de sensibiliser les Marocains. Nous considérons que le problème ne réside pas dans les taux de participation mais dans la crédibilité de l’opération électorale. Sommes-nous capables de rompre avec 40 ans de non-respect des choix des Marocains ? Répondre à cette question est l’affaire de tous. Nous comptons mener plusieurs actions de communication et de sensibilisation. Demain, je suis prêt à féliciter mon adversaire politique s’il est démocratiquement élu. Je ne me gênerai pas pour dénoncer un membre du Parti travailliste s’il s’avère qu’il a utilisé de l’argent pour se faire élire, par exemple.

Vous dites vouloir combattre l’attentisme et le clientélisme des autres partis. Il vous reste des amis, avec tout ça ?
Ce n’est pas l’essentiel. La politique est une mission, et non une fonction. Aujourd’hui, il y a confusion. Or, il n’y a pas de politique sans valeurs.

Sans sièges au parlement non plus…
C’est le résultat d’un débat d’idées et non une fin. Nous n’aurons jamais cette approche mathématique de la politique.

Qu’est-ce qui vous fait croire que vous ferez mieux que la vague des petits partis nés la veille des élections de 2002 ?
Le choix des Marocains n’a pas été respecté à cette époque et les élections n’ont pas été transparentes. Il n’y a donc pas lieu de parler de petits ou de grands partis.

Et les élections qui vous avaient porté au gouvernement, elles étaient transparentes, celles-là ?
Non plus, mais l’alternance a été un choix stratégique. Youssoufi a accepté la mission quand le pays était au bord du chaos, que le roi était malade et qu’il fallait préparer la transition. C’était donc plus un choix national que politique.

De quoi vivez-vous aujourd’hui ?
J’ai quitté ma banque. Je vis de ma retraite de Secrétaire d’Etat de 24 000 DH, et je paye 12 000 DH de crédit par mois.

A l’USFP, vous avez été le fils de Youssoufi et de Amaoui. Vos idoles ont plutôt mal tourné, vous ne trouvez pas ?
Youssoufi a accompli sa mission avec beaucoup de responsabilité et s’est retiré, la tête haute. On peut être en désaccord avec lui mais son nom restera gravé dans l’Histoire de ce pays. Noubir Amaoui est un grand syndicaliste. Il a malheureusement raté le virage de la mise à niveau de la CDT quand l’alternance a démarré. Nous en portons tous la responsabilité.

Vous êtes banquier, jeune et plutôt beau gosse. Que faites-vous en politique, franchement ?
Je viens d’un milieu modeste et d’une famille nombreuse de dix enfants. J’habitais un quartier populaire à Rabat et je traversais chaque jour les quartiers huppés de la capitale pour me rendre au collège. Je voyais le fossé entre mon monde et le leur. J’ai donc pris conscience de l’importance de militer pour changer tout cela. J’ai commencé comme islamiste et mon “embrigadement” a duré trois ans. Puis j’ai été au lycée. à l’époque, Abdelhadi Kheirat (membre de l’USFP) y enseignait avec d’autres militants. C’est comme ça que j’ai viré de bord. J’aurais pu aller très loin dans l’islamisme politique.

Vous le regrettez aujourd’hui ?
Du tout, même si je n’ai rien contre l’islamisme modéré.

 
 
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