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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Moulay Hafid Elalamy
(AIC PRESS)

CGEM. Le retour des grands groupes

Fidèle à son dynamisme, Moulay Hafid Elalamy n’a pas attendu le délai de grâce de 100 jours pour faire sa première sortie médiatique. Le 28 septembre, il a présenté devant les médias la liste complète des membres du conseil d’administration. Outre les membres élus (président, vice-président, présidents des différentes fédérations), 25% des membres sont proposés par le président pour être cooptés par le conseil. Idem pour les présidents des différentes commissions. Dans ces deux instances de gouvernance, le président a mis la barre très haut. D’abord au niveau des commissions, des compétences
incontestables arrivent à la Confédération pour ne citer que Mustapha Terrab à la commission économie. Même Mustapha Amhal qui s’est éclipsé depuis la cession de son groupe reprend du service à la commission logistique. D’autres personnalités connues pour leur intégrité, comme Abdeslam Aboudrar, rejoignent l’équipe. Côté conseil d’administration, Elalamy a proposé tout ce que compte le pays comme grands pontes du monde des affaires. Oudghiri, Bendidi, Akhennouch, Bensalah, Chaâbi, Saïda Lamrani... Tous ont répondu présent à l’invitation du patron des patrons. La réconciliation des grands groupes avec une confédération avec laquelle ils avaient clairement pris leurs distances durant le dernier mandat Chami ? “C’est une démarche de réconciliation générale qui ne prend aucunement en compte l’effet taille”, répond Moulay Hafid Elalamy. Un indice qui ne trompe pas. Même la récalcitrante fédération des PME/PMI qui a toujours fait cavalier seul a été dissoute pour évoluer désormais sous la coupe de la CGEM. Avec un tel bureau, Elalamy affiche clairement le capital confiance dont il jouit au sein du monde des affaires. Sa touche se fera certainement sentir à la confédération. ça commence d’ailleurs avec un signal fort : la fondation CGEM, en veilleuse depuis plusieurs années, renaît de ses cendres et décroche même le statut d’utilité publique.


Emploi. Axa veut des Marocains

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Alors qu’au Maroc, on se félicite de la future création de 1500 emplois par l’assureur Axa, l’annonce a créé un véritable tollé dans l’Hexagone. Les organisations syndicales de l’assureur français condamnent farouchement la démarche. En effet, en début de semaine, Axa a annoncé son plan stratégique “Ambition 2012” qui vise à réaliser des performances supérieures à celles de la profession. Un des axes majeurs de ce plan n’est autre que la réorganisation de l’effectif. L’assureur prévoit 4500 départs à la retraite (sur les six prochaines années) dont le tiers ne sera pas remplacé. Quant aux 3000 nouvelles recrues, la moitié sera embauchée au Maroc. Un choix qui permettra à l’assureur de réaliser 75 millions d’euros d’économies. Mais encore faut-il que la firme de Claude Bébéar ne cède pas devant le puissant lobbying des syndicats français qui voit d’un mauvais œil tout acte de délocalisation.


Compétitivité. Le Maroc peut mieux faire

Pour le cru 2006 du rapport sur la compétitivité réalisé par le Forum économique mondial (à partir d’un sondage réalisé auprès de 11 000 chefs d’entreprise) publié en début de semaine, le Maroc réalise un bon de six places pour se retrouver au 70ème rang, sur une liste de 125 pays. L’amélioration du classement est expliquée, selon les rédacteurs du rapport, par des avancées institutionnelles significatives. C’est le cas aussi des autres pays maghrébins. L’Algérie a également avancé de 6 places pour se retrouver à la 76ème place. La Tunisie, quant à elle, vole toujours la vedette. Cette année, elle progresse de 7 places pour occuper le 30ème rang mondial. De loin le meilleur classement de la zone Moyen-Orient et Afrique.


Autoroutes 2007. Sous le signe des chantiers

Six milliards de dirhams pour la construction d’autoroutes, un milliard d’augmentation de capital, Autoroutes du Maroc (ADM) ne lésine pas sur les moyens budgétaires pour l’année prochaine. Les bonnes performances financières du premier semestre n’ont pas été pour décourager son conseil d’administration qui s’est réuni récemment : u.ne recette de plus de 350 millions de dirhams en six mois et un trafic en hausse de 16 %. ADM a également décidé le lancement, dès le début de l’année prochaine, des travaux de l’axe Fès-Oujda, un autre chantier important, comparable à celui entamé cette année entre Marrakech et Agadir. Autre décision importante du conseil : le déploiement de la fibre optique sur l’ensemble du réseau autoroutier. Les opérateurs de téléphonie doivent être aux anges.



Billet. Addoukha

Anas et Abbas ne sont pas allés ensemble en classe. Ils ne sont pas nés dans le même quartier, ils ne se sont jamais posés dans les mêmes cafés et ne sont (a fortiori) jamais sortis avec les mêmes filles. Pourtant, ils ont un point commun. Ils sont tous les deux propriétaires d’Addoha. Anas, le boursicoteur, détient un bon paquet d’actions Addoha… Une pièce de plus dans sa collection de valeurs mobilières. Abbas, tâcheron, vient de se payer un appartement Addoha… Un deux pièces de fortune comme hypothétique bien immobilier. Anas se frotte les mains chaque jour, le cours d’Addoha s’envole à plus de 1100 dirhams. Abbas trime du matin au soir, la traite mensuelle d’Addoha lui coûte 800 dirhams. Le boursicoteur pense à un projet d’avenir dans lequel il investira sa plus-value latente. Le tâcheron est sur la liste d’attente pour réceptionner un appartement dans le complexe Al Moustaqbal. Anas se réjouit du programme des villes nouvelles, initié par le ministre de l’Habitat. Le tâcheron y travaillera s’il ne fait pas son rebelle, il a la pelle et la “hjira” faciles. Anas est fier des 35 % de marge qu’Addoha réalise sur le logement social. Abbas, à 53 ans, se lamente sur ses conditions de vie bestiales. Entre Anas et Abbas, c’est le grand écart. Ils sont représentatifs d’un Maroc à deux vitesses, la démonstration que la pauvreté des uns est le meilleur ciment pour construire la richesse des autres. Prétendre le contraire n’est qu’addoukha.



OFF !

Lundi 2 octobre se tiendra la première réunion d’évaluation du programme “Mouqawalati” en présence du premier ministre. Ce plan d’assistance à la création de petites entreprises, lancé il y a à peine un mois, donne des résultats plutôt satisfaisants. Rien qu’au niveau de Casablanca, plus de 200 dossiers ont été traités. Néanmoins, le chiffre aurait été encore plus important si les ressources humaines affectées à ce programme étaient adéquates. Un point que les responsables ne manqueront pas d’évoquer avec Jettou.

 
 
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