Gouvernement. Mais que fait donc El Himma ?
Armée. La malédiction d'Ahermoumou
Portrait. Nadia, l'étoile de Oukacha
ONU. L'après Kofi Annan
Liban. Nasrallah montre ses muscles
Pèlerinage. Le business de la Omra
Interview vérité. "Notre société tient grâce au sexe"
Télévision. Ces films que vous ne verrez (peut-être) jamais
Rock. Le printemps des webzines
N° 241
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Les walis Mohamed Kabbaj
et Rachid Filali devraient être
concernés par le prochain
mouvement à l’Intérieur
(RT / NICHANE)

Bientôt. La 3ème valse des walis

Des changements sont attendus à la tête des provinces et préfectures. Dans le lot, des walis devront être “débarqués” alors que d’autres gouverneurs vont être promus au grade de wali. “Pour ces derniers, il s’agit de profils qui ont fait leurs preuves à la tête de provinces réputées difficiles” rappelle une source au sein du ministère de l’Intérieur. Selon la même source, les départs définitifs concerneraient vraisemblablement, entre autres, Mohamed Kabbaj, le wali de Casablanca, Rachid Filali qui est à la tête de la wilaya de Souss Massa Draâ, et Abdellatif Benchrifa, le wali du Gharb Chrarda Beni Hessen.
Selon d’autres sources, Brahim Boufouss, le chef de cabinet de Chakib Benmoussa, devrait prendre les rênes de la très “chaude” wilaya de Laâyoune-Boujdour, laissée vacante après la nomination de Charqi Draïss à la tête de la DGSN. Il ne s’agit d’ailleurs pas de la seule wilaya à ne pas avoir de chef : la province de Médiouna est sans gouverneur depuis la suspension de son gouverneur, Lakhdar Belassri, la semaine dernière pour des raisons inconnues et le départ de Maa El Aïnine Ould Khelli Henna de la province de Larache pour occuper le poste de secrétaire général du CORCAS. Si ces changements interviennent, le roi aura bouclé sa troisième fournée de walis. La première, intervenue à la fin décembre 1999, soit quelques semaines à peine après le limogeage de l’ancien ministre de l’Intérieur, Driss Basri, avait été marquée par ce que l’on a appelé la “débasrisation” de l’Intérieur. La seconde, en juillet 2001, s’était notamment traduite par la nomination de “walis technocrates”.


2007 Daba. Votez imberbe !

L’association 2007 Daba, présidée par le remuant publicitaire Noureddine Ayouche, projette de lancer une “caravane citoyenne” à travers le royaume. Plus de 500 associations de développement rural, en plus du réseau de microcrédit Zakoura (qui compte pas moins de 300 000 familles !) vont s’impliquer dans le projet. Objectif : inciter les gens à s’inscrire sur les listes électorales et à “voter démocrate” aux législatives 2007. Il est permis de comprendre (même si M. Ayouche va sans doute protester avec véhémence) : ne pas voter PJD. Sommes-nous en train de vivre la tant attendue “entrée en politique de la société civile” ?


Diouri. Traduit ou trahi ?

Moumen Diouri a eu la surprise de découvrir, dès son retour au royaume, que les pages de son livre A qui appartient le Maroc ? un réquisitoire contre le système hassanien, était traduit et publié en feuilleton par le quotidien Annahar : “Je ne comprends pas, la publication s’est faite sans mon accord et, pire encore, sur la base d’une traduction très libre qui ne rend pas justice aux propos originels”. Le directeur du quotidien arabophone soutient, pour sa part, avoir publié simplement un “reader’s digest” du fameux best-seller, “tout (dans le contenu du brûlot de Diouri) n’étant pas publiable”. L’incident aurait pu être évité si un éditeur avait eu le courage de traduire (en arabe) le livre de Diouri...


Beni Mellal. Voir le gouvernement et mourir

Pour se rendre à Azilal (pour le séminaire de convergence tenu vendredi dernier à Beni Mellal), le gouvernement a finalement dû se taper les nombreuses pistes montagneuses de la région à bord de Mercedes et de 4x4, l’hélicoptère prévu pour le déplacement n’ayant pas pu décoller de Rabat à cause du mauvais temps. Mais la population locale, pas plus préparée que les pistes et les autorités, a au moins eu la bonne surprise de voir pour la première fois (et peut- être la dernière) des ministres en chair et en os. Voilà pour le folklore. Plus sérieusement, le séminaire a au moins servi “à recadrer le débat sur l’INDH”, affirme un organisateur de la rencontre. En plus clair, le roi se réapproprie le projet et le présente désormais comme une feuille de route des prochains gouvernements. Pour quelle suite ?


Parution. Benzekri version amazighe

L’ex-président de l’IER Driss Benzekri vient de publier à Paris, Amazigh, Voyage dans le temps berbère, beau livre d'une centaine de pages avec le photographe Carlos Freire, aux éditions Hazan (Hachette). Contacté par le photographe, Driss Benzekri a accepté de rédiger un court texte d’introduction aux photos. Le prologue, sensible, est daté d’avril 2006, au moment où on le disait très diminué. Pour rappel, Driss Benzekri, un des signataires du manifeste berbère, est diplômé en linguistique et spécialiste du tamazigh. Une présentation de l’ouvrage est attendue dans les prochains jours à la Galerie La Hune, à Paris, disent les éditeurs.


Escapade. Harchi le parisien

Il semble que le général de division et ex-patron de la DGED (renseignements extérieurs), Ahmed Harchi, soit sur le point de rejoindre définitivement sa famille installée depuis peu dans la capitale française où elle possède un pied-à-terre. Une source proche de l’intéressé confirme que celui-ci aurait l’intention “de s’occuper de sa famille, loin de ce qui se passe au Maroc”. Pour rappel, le prédécesseur de Yassine Mansouri à la tête de la DGED avait été remercié par le roi en février 2005. A Paris, le général risque de donner un surplus de travail à nos espions… de la DGED qui ont déjà fort à faire avec les Basri, Tobji et autres exilés forcés ou volontaires du royaume.


Presse. Ça bouge au Matin

Cela a été officialisé en début de semaine : notre confrère “indépendant” (enfin bon…) Le Matin du Sahara a désormais un nouveau rédacteur en chef en la personne de Abdelhadi Gadi, ancien de La Vérité et d’Al Bayane. Gadi remplace Karim Douichi, qui assurait l’intérim depuis le départ de Fatima Mossadeq, et qui retourne désormais au bureau du quotidien à Rabat. Ce changement ne constitue pas vraiment une surprise puisque Gadi avait déjà été approché, comme d’autres journalistes, durant l’été dernier par la nouvelle direction du quotidien fondé par Moulay Ahmed Alaoui. Bonne chance à tous.


Barons de la drogue. Et de trois !

Après Mohamed Kharraz dit Chrif Bin Louidane, c’est au tour de Mostafa Kouiyeh, dit Tétouani et de Ahmed Chouli, dit Hamidou, de tomber. Arrêtés le 27 septembre, ces deux gros trafiquants de drogue sont toujours, à l’heure où nous mettons sous presse, entre les mains de la PJ qui enquête sur les (nombreuses) ramifications de leur réseau. A noter que “Hamidou” est l’oncle maternel de Mounir Erramach, et aurait repris les affaires depuis la condamnation de ce dernier à 20 ans de prison, en 2003. Selon une source policière, le réseau de corruption de ces deux barons est “très important et va bien au-delà des responsables sécuritaires”. Et on semble bien décidé, en haut lieu, à le démanteler (lire édito, p.4). L’fraja en perspective...


Al Qaïda. Les Marocains en tête

Un rapport des services secrets espagnols a révélé qu’Al Qaïda recrutait facilement dans les milieux immigrés marocains en Espagne. D’après ce document publié par un journal espagnol le week-end dernier, les Marocains ont même réussi à détrôner les Pakistanais et les Egyptiens, grimpant à des postes de responsabilité élevés dans la nébuleuse de Ben Laden. Les services espagnols (et marocains, bien entendu) ont du pain sur la planche… Cette actualité intervient au moment où, toujours en Espagne, on reparle du procès des responsables présumés des attentats de Madrid, en partie des islamistes marocains résidant en Espagne, procès qui devrait s'ouvrir en février 2007.


Minurso. Rixe autour d’une Sahraouie

La scène se passe à Laâyoune. Trois fils de hauts dignitaires de la ville tendent une embuscade au véhicule d’un employé international de la Minurso qui rentrait d’une promenade en plein désert. Les trois jeunes hommes lui donnent la tannée de sa vie puis prennent la fuite. A l’origine de cette agression, une jeune Sahraouie que les trois jeunes fêtards ont perdu de vue depuis un certain temps. Après plusieurs semaines de filature, ils la coincent enfin avec son nouvel amant ... onusien. Une plainte pour agression a été déposée mais selon toute vraisemblance, l’employé onusien la retirera sous la pression des parents des trois jeunes gens et “pour ne pas risquer une mutation ailleurs dans le monde et perdre un poste dans la mission de maintien de la paix la plus cool au monde”, commente un observateur local.



Billet. Merci Debbouze & Co

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Rarement un film aura servi une cause bien avant qu’il sorte dans les salles. Avec Indigènes, le record est battu. L’opus de Rachid Bouchareb, pour lequel Jamel Debbouze avait mobilisé l’armée marocaine et les services aéronautiques de la RAM, a déjà atteint ses objectifs. Parce que ces derniers ne se chiffrent pas en nombre d’entrées mais en décision politique chamboulant l’ordre établi. C’est dorénavant chose faite. Chirac séduit, riant à gorge déployée pendant l’avant-première du film, aux côtés d’un Debbouze efficace, a lancé la machine de l’Elysée. Dans quelques semaines, les quelque 10 000 familles marocaines, dont le père ou le grand-père a combattu en Indochine ou au sud de l’Italie pour l’honneur de la France coloniale, ne seront plus des laissées-pour-compte. La solde modique qu’ils ont toujours perçue sera revue à la hausse pour égaler celle de leurs ex-frères d’armes français.
Que retient-on de cet épisode ? D’abord, la France a eu besoin de jeunes beurs, nullement aigris, qui ont de la visibilité et de la grandeur d’âme, pour être rappelée à l’ordre et appliquer son principe républicain d’égalité. Ensuite, le précédent Indigènes montre, tout comme des films engagés de George Clooney et Oliver Stone, que le cinéma est en passe de devenir l’un des plus puissants instruments de lobbying. Cela montre, par conséquent, que dans le monde du spectacle qui gère l’espace public, les syndicats et les protestataires classiques sont de plus en plus hors jeu. Vu du Maroc, enfin, cela prouve que le changement social dépend de la bonne volonté des dirigeants. Merci, Debbouze & Co, c’est une belle leçon de citoyenneté que vous nous avez donnée là.



Santé. La fin des dodues dondons ?

Depuis peu, les spécialistes marocains de l’amaigrissement reçoivent dans leurs cabinets de consultation une clientèle d’un nouveau type : de riches Mauritaniennes qui veulent maigrir. Traditionnellement gavées au lait de chamelle hypercalorique, les Mauritaniennes ont quasi-obligation de grossir, par des méthodes chimiques parfois (stéroïdes et cortisone), pour trouver chaussure à leur pied, en l’occurrence un mari. Mais elles sont de plus en plus nombreuses à refuser ces menus gargantuesques qui hypothèquent leur santé. Pour ces dernières, maigrir n’est pas un caprice de midinette adepte du 38, mais une rébellion contre l’obésité programmée.


Années de plomb. Pétrole contre indemnisations

Le chaos au Moyen- Orient fait des victimes collatérales inattendues : les anciens prisonniers politiques marocains ! La seconde vague d’indemnisations de ces derniers est en effet repoussée, a déclaré Driss Jettou lors d’une réunion avec l’IER, à cause des difficultés budgétaires du gouvernement consécutives à… la flambée des cours du pétrole ! Déjà que la deuxième tranche d’indemnités (plafonnée à 300 000 DH par tête) devait être nettement inférieure à la première… Mais quand donc les victimes toucheront-elles leur (maigre) dû ? “Dès que le cours du baril baissera”, a annoncé notre très logique premier ministre. C’est-à-dire dès que la paix sera revenue en Irak, et que l’Iran aura signé un traité d’amitié avec les Etats-Unis. Amis torturés, patience…


Maroc–Algérie. Sécuritaire d’abord

La coopération antiterroriste entre Alger et Rabat est à l’ordre du jour, si l’on en croit une partie de la presse algérienne. Des experts en terrorisme appartenant aux services algériens devaient en effet se rendre à Rabat pour donner un coup de main aux sécuritaires marocains dans leur lutte anti-terroriste. Il a tout de même fallu la médiation de services dits “amis”, les Français de la DGSE et les Britanniques du MI 6, pour qu’une telle collaboration ait lieu. On l’a bien compris, Rabat et Alger, à défaut d’aplanir leurs différends politiques, ont trouvé un terrain d’entente : le sécuritaire.


MRE. Consuls en conclave

Les résultats de l’enquête en ligne sur l’accueil dans les consulats du royaume en France, lancée en juin dernier, par le portail yabiladi.com (dédié aux MRE de l’Hexagone) sont arrivés aux oreilles de Fathallah Sijelmassi, ambassadeur du Maroc à Paris. Il aurait fallu être sourd pour ne pas les entendre : 66% des participants ont jugé les services consulaires déplorables. Tout ouïe, Sijelmassi a invité, début septembre, Mohamed Ezzouak, créateur de yabiladi.com, à présenter une synthèse de cette étude devant les 14 consuls (moins un, excusé) du Maroc en France. L’auditoire, sur la défensive, selon Ezzouak, n’a cependant pas pu retenir ses rires face à certains cas kafkaïens rapportés par les internautes. Au royaume de l’absurde, même les fonctionnaires finissent par rire d’eux-mêmes...


Al Adl. Des militantes interdites de cours

Il n’y aura pas eu de cessez-le-feu entre l’Etat et Al Adl Wal Ihsane à l’occasion du ramadan. A la veille du mois de jeûne, le 21 septembre dernier, un caïd de Hay Mohammadi à Casablanca, accompagné d’agents d’autorité, a interdit à des militantes du mouvement islamiste d’accéder au domicile d’un membre de l’organisation de Cheikh Yassine. Les femmes y participaient à des réunions d’apprentissage du Coran, selon le site Internet d’Adl, qui ajoute qu’elles avaient déjà réussi à apprendre les 60 hizb du livre sacré ! Ces élèves studieuses devront réviser leurs prochains cours à domicile en attendant la réouverture des amphis du Cheikh.


Sahara. Bin Louidane et Sakia El hamra

La malédiction Bin Louidane atteint … le Sahara. Un message de la brigade nationale de police judiciaire serait tombé dans la soirée de mardi, avec ordre d’enquêter sur plusieurs hommes d’affaires installés dans la région. De grosses pointures figurent sur la liste et les interrogatoires ont, selon des sources locales, déjà démarré. Ce qui vaut déjà à Mohamed Kherraz le sobriquet de “Chrif Bin Louidane et Saqkia El Hamra”. L’information n’a pas étonné grand monde sur place. En 1997 déjà, un navire de transport de sable avait été intercepté aux Canaries, rempli de drogue. Bizarrement, aucun nom impliqué dans cette affaire n’est cité dans la liste actuelle. Par ailleurs, la région est placée en état d’alerte générale depuis plusieurs jours déjà. “Tout, jusqu’aux bons d’essence, est soumis à une procédure administrative stricte et compliquée”, raconte un habitant de la région.


Associatif. Naître entre deux pays

Composée entre autres de gynécologues marocains, l’association Pax medicalis lance le projet Birth Together. Il s’agit de construire une maternité, située pour le symbole à Gaza sur la frontière, où viendront accoucher des femmes israéliennes et palestiniennes. Au-delà du message, cette structure permettra de pallier (en partie) le sous-équipement médical qui sévit en Palestine. Afin de réunir les fonds nécessaires, Pax medicalis organisera un gala, en mars 2007, avec le soutien du prince Albert de Monaco. Michel Drucker a déjà accepté d’en être l’animateur. On y espère Rania de Jordanie, Johnny Halliday et bien d’autres. Vivement l’accouchement.


Tanger. Le préfet perd la boule

L’ambiance est électrique à Tanger où les arrestations et les enquêtes se poursuivent dans les rangs des responsables sécuritaires de la région. Dernière victime en date, le préfet de police, Younes El Jamali, ancien patron de la BNPJ. De retour de Rabat, le haut gradé a eu une subite dépression nerveuse. Il s’est arrêté au beau milieu d’une avenue tangéroise, est descendu de sa voiture et a commencé à répéter nerveusement et à haute voix des bizarreries comme : “Le général veut m’envoyer en prison”, “Ils préparent un putsch”, “Vous en êtes tous à courir après son argent”, etc. Selon cet observateur local, “le préfet n’en est pas à sa première dépression nerveuse. Chercherait-il à être interné dans un hôpital et échapper ainsi à toute poursuite ?”. On a appris, par ailleurs, que l’ancien patron de la BNPJ a été placé sous surveillance dans une clinique à Rabat, où il a été admis depuis quelques jours.


Police. Draïss prend les commandes

Charqi Draïss ne perd pas de temps. Ni le nord. Dans la foulée du scandale Bin Louidane, le tout nouveau directeur général de la sûreté nationale vient en effet de dépêcher une commission mixte, formée de policiers et de juristes, à Tanger et Tétouan. Objectif, nous dit-on : “enquêter sur la crédibilité des verdicts prononcés, ces dernières années, à l’encontre de certains accusés de contrebande et de trafic de drogue”. Message subliminal : l’Etat est décidé à traquer, dans les rangs de la police et de la magistrature, les complices des trafiquants condamnés trop légèrement. La purge continue ! Par ailleurs, Draïss a entrepris, selon une source à la DGSN, l’examen des dossiers de certains hauts cadres de la police, promus dans les dernières semaines du mandat de Hamidou Laânigri. Le Makhzen est décidément impitoyable.


Assahifa. Le quotidien en octobre

Assahifa, qui a suspendu sa parution en tant qu’hebdomadaire, passera finalement au quotidien durant la première semaine d’octobre. L’événement était attendu depuis la rentrée. Mohamed Hafid, qui continuera de porter la casquette de directeur de la publication, explique que le journal a augmenté le nombre de ses journalistes (de 8 à 23) et techniciens, que la publication se fera 6 jours sur 7. Et que le tirage devrait commencer, dans un premier temps, autour de 20.000 exemplaires. “Pour le reste, la ligne éditoriale restera inchangée”, conclut Hafid. Bonne chance.


Clubbing. In&out, le guide de la branchitude

Vous le croiserez sans doute, à partir de la semaine prochaine, dans un lieu branché de Casa. Lui, c’est In&Out, un magazine mensuel gratuit destiné aux noctambules casablancais. Distribué dans certains cafés, restos pubs et night-clubs de la ville blanche, ce 52 pages (tiré à 10 000 exemplaires) déclinera, à travers ses rubriques moitié franglais (soiring), moitié darija de pub (choufing), toute la panoplie de la “In attitude”. In&Out vous décrira l’endroit où il faut être et la tenue qui “le fait”, livrera, clé en main, des sujets de conversation pour dîners en ville, et au passage, le dernier potin sur Gad. Plus in que ça, t’es out.


Usfp. Les courants, enfin !

La direction de l’USFP a longtemps résisté avant de jeter l’éponge : le parti devra bien compter sur l’existence, en son sein, d’un courant, “Al ichtirakioun al joudoud (les nouveaux socialistes)” qui devrait comprendre certains membres de la Jeunesse socialiste. Il est admis, en général, que les courants représentent une forme d’opposition à la ligne officielle du parti. L’USFP peut toujours se rassurer en songeant à l’exemple de son voisin du PSU qui a admis l’existence des courants (avec moult difficultés il est vrai) sans imploser pour autant.


Sport. Marocain tu seras !

Ali Mojtari, un espoir de l’athlétisme de 18 ans, d’origine marocaine, deviendra-t-il un cas d’école pour les législateurs des deux rives du détroit de Gibraltar ? L’Espagne a accordé la semaine dernière, à titre exceptionnel et par décret royal, la nationalité espagnole à Mojtari qui vit dans la péninsule ibérique depuis l’âge de 9 ans, “en situation régulière” précise l’agence de presse espagnole Europapress. Or, si l’article 23 de la constitution espagnole exige de tout naturalisé qu’il renonce à sa nationalité d’origine, la législation marocaine ne prévoit tout simplement pas, quant à elle, qu’un citoyen du royaume puisse perdre sa nationalité. Joli casse-tête en perspective.


Elections. Le front des travaillistes

Le Parti travailliste de Abdelkrim Benatik et Omar Seghrouchni annonce, pour la semaine prochaine, une conférence de presse pour officialiser la création d’un “front pour la transparence et la lutte contre la manipulation des élections”. Soit, mais un front constitué de qui (et de quoi) ? “De tous ceux, partis politiques, ONG ou citoyens qui voudront bien s’y joindre”, répond, pince sans rire, le secrétaire général du PT. On l’aura bien compris, les travaillistes font partie des nombreux partis, supposés petits, qui refusent d’aller aux prochaines élections en victimes expiatoires, à peu près sûres de ne rien y gagner…



3 questions à Abdelhamid Amine (Président de l’AMDH)

Vous menez à l’heure actuelle une campagne contre la vie chère, en quoi consiste-t-elle ?
Nous lançons à partir du 2 octobre une semaine nationale de protestation, avec des centrales syndicales, pour dénoncer la dernière hausse des prix, sur les produits de première nécessité, qui a grevé le pouvoir d’achat des Marocains. L’arsenal utilisé sera classique : prises de position publiques, pétitions, sit-in, des meetings et éventuellement marches de protestation. Ceci dit, le choix des modalités d’action sera laissé à la discrétion des comités créés autour des sections locales de l’AMDH disséminées dans le Maroc.

Protester contre la vie chère, est-ce le rôle d’une organisation de défense des droits humains ?
Oui, absolument. Les gens limitent le plus souvent la défense des droits humains aux droits politiques et oublient qu’ils englobent aussi le droit à la dignité. Avoir un pouvoir d’achat suffisant pour se loger dans des conditions décentes ou consommer une alimentation saine relèvent aussi des droits humains.

Qu’en est-il des personnes qui ont été arrêtées il y a quelques jours alors qu’elles protestaient contre la vie chère ?
Elles ont été relâchées assez vite. Ces citoyens distribuaient pacifiquement des tracts à Casablanca, dénonçant la hausse des prix, quand ils ont été appréhendés par les forces de l’ordre.


Projet. La dernière blague d’El Fad

Le talentueux Hassan El Fad, qui a l’art de railler son monde avec élégance, est conseiller technique et artistique dans un film… sur le Sahara. L’info ressemble, à première vue, à une blague, sauf que ce n’en est pas une. “C’est encore un projet à l’état embryonnaire, rien n’est encore conclu mais, sur le principe, je suis d’accord pour donner un coup de main”, nous a notamment déclaré le célèbre humoriste. Quant au film en question, il s’agit du projet qu’essaie de monter (mais y arrivera-t-elle vraiment ?) l’association du Sahara marocain autour du mythe de Tindouf.


Jihad. Ils rêvaient de khilafa…

Vous avez apprécié le feuilleton “Ansar El Mehdi” ? Voici “le Parti de libération islamique marocain”, une autre série à rebondissements sans doute à venir. La brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca a en effet arrêté, en début de semaine, 13 individus se réclamant de cette organisation extrémiste dont les ramifications se prolongeraient (le conditionnel est de rigueur !) sur le plan international. L’enquête judiciaire, supervisée par le parquet général de Rabat, devrait faire la lumière sur les motivations réelles de ce groupe de personnes arrêtées en possession de tracts à caractère jihadiste libellés au nom de cette organisation qui prônerait la khilafa dans tout le monde arabe.


Show off. Troupeau de Rolls-Royce

Plus d’une soixantaine de Rolls-Royce traverseront la campagne marocaine du 25 octobre au 6 novembre prochains. La manifestation, Féerie du Maroc, organisée par une association anglaise de propriétaires de la marque anglaise, s’annonce clinquante. Parrainée par M6 himself, la réunion de milliardaires (dont des capitaines d’industrie et des propriétaires de chaînes télé) aura même droit à des motards de la police pour lui ouvrir la route. Les nice people transporteront dans leurs bagages des stylos et plus “d’une tonne de bonbons à distribuer aux enfants des douars traversés” selon un membre de l’organisation. Espérons que cela fera passer la pilule aux paysans rencontrés. Etre confondu avec un décor orientaliste, pour riches désoeuvrés, laisse toujours un goût d’amertume.


Kiosque. Espaces à lire

Une rentrée bétonnée dans les kiosques. Espaces à vivre, mensuel lancé par Omar Farkhani, président de l’Ordre des architectes, titille depuis septembre un secteur de la presse déjà bien pourvu (Architecture du Maroc, Chantiers du Maroc, Labyrinthe, etc.). Vendu à 15 DH et tiré à 8000 exemplaires (objectif : 15 000 d’ici un an), le magazine, qui se veut grand public, alterne sujets spécialisés (la malfaçon dans le logement social), conseils déco et découverte du vieux Casablanca. Dans le rôle du guide touristique bidaoui, un vieux routier de la presse, Mohamed Sakib, historien autodidacte de la ville blanche et mémoire vivante de Hay Mohammadi.


Pétition. Subsahariens oubliés

Une pétition de soutien aux migrants subsahariens au Maroc vient de voir le jour sur le Net. Un comité s’est même constitué autour de plusieurs militants et personnalités de la société civile, au Maroc comme en Europe, pour venir en aide aux Subsahariens. Dans une lettre qu’il vient d’adresser conjointement au gouvernement marocain et au CCDH, le collectif de soutien rappelle les arrestations et les refoulements continus des migrants (vers les frontières algériennes ou mauritaniennes) et écrit notamment qu’il n’existe pas de réelle protection des réfugiés et des demandeurs d’asile au Maroc. Qui oserait réellement le contredire ?


El Nene. Jailhouse Rock, version marocaine

Dans une pétition de protestation adressée au ministre de la Justice, un groupe de gardiens de la prison centrale de Kénitra dénonce la possibilité donnée à Mohamed El Ouazzani, le baron de la drogue, plus connu sous le nom d’El Nene, de quitter quand bon lui semble le centre pénitentiaire. Évoquant des complicités internes, le document cite plusieurs noms et va jusqu’à décrire dans le détail les escapades nocturnes du célèbre trafiquant. Ainsi, avec l’aide de certains de ses surveillants, El Nene se faufilerait dans le logement d’un employé de la prison, attenant au bâtiment pénitentiaire, pour se glisser dans le coffre de sa voiture. Ledit employé n’a ensuite qu’à sortir par la porte principale, pour accompagner son passager clandestin à sa destination festive préférée : une boîte de nuit ou un appartement meublé.



Humeur. Le parti de Dieu

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Je n’aime pas le Hezbollah. Mais ne comptez pas sur moi pour le dire… Au café, mon voisin de table tresse des louanges à la bande à Nasrallah. A le croire, ce parti représente l’espoir, sans doute ultime, pour le Liban et tout le monde arabe de retrouver sa fierté. “Réponse au sionisme”, “résistance à l’américanisme”, “solidarité panarabe”, etc. Les accroches m’ont fait rêver, le temps de terminer mon café. J’ai fait comme le reste de l’auditoire, suspendu aux lèvres de cet orateur improbable : je n’y croyais pas vraiment mais je rêvais, je planais, je m’inoculais des “Ah oui ! Ce serait tellement beau si c’était vrai” toutes les 30 secondes. Et ça a marché ! À un moment, notre tribun du soir a respiré un bon coup avant de nous asséner cette phrase terrible : “Hezbollah est le parti de Dieu !”. Tout le monde a acquiescé, je me suis simplement tu. J’imaginais la réplique assassine de notre vendeur de rêves, si je m’étais amusé à le contredire : “Quoi, tu n’aimes pas le parti de Dieu ? Tu n’aimes pas Dieu ?”… Littéralement, il ne fait aucun doute que le Hezbollah est effectivement le parti de Dieu. Mais littéralement seulement. Ce Hezbollah, que l’on est en droit d’aimer ou de détester, n’est qu’un parti comme les autres. Il doit certainement compter plus de militants fâchés avec leur rasoir que le Parti communiste libanais. C’est tout. Mais combien de fans croient que le parti de Dieu n’est qu’une appellation et pas une vérité ? Au Maroc, le Hezbollah est probablement le seul parti capable de battre en brèche nos amis du PJD et d’Al Adl Wal Ihsane. C’est effrayant. Nasrallah plus populaire que Yassine et Othmani réunis, vous imaginez ? Cela veut dire, mon ami, que si tu n’aimes pas “le parti de Dieu”, tais-toi et passe ton chemin. Tu ne pourras pas tenir le coup, autrement.



VITES !

Le roi était attendu vendredi à Ouezzane, pour ce qui ressemblait à une grande première. Jamais, depuis Mohammed V en 1960, un roi n’avait foulé le sol de la ville sanctuaire. Plus de 1000 policiers avaient afflué, des quatre coins du royaume, à Ouezzane pour escorter le déplacement royal.


Pour son premier sujet sur le phénomène des blogs au Maroc, la chaîne qatarie Al Jazeera a suivi un blogueur … du PJD, “inconnu au bataillon”, dit-on. Le risque, bien évidemment, est que l’image renvoyée par le reportage ne montre pas toute la diversité et la liberté de la blogosphère marocaine.


Nasredine El Efrit, ex-patron du groupe de presse Caractères, a gardé un pied chez nos confrères. Il s’occupe de l’organisation à l’international du défilé de mode Caftan, créé par Femmes du Maroc. C’est ainsi qu’après avoir animé les podiums à Marrakech, l’événement devrait poser ses bagages à Paris le 28 octobre.


Al Bidaoui, hebdomadaire dirigé par notre confrère Abderrahim Ariri, change de nom et devient Al Watan Al An (la nation maintenant). “Nous nous sommes rendu compte que le journal s’est imposé en dehors de Casablanca et que le nom Al Bidaoui, à connotation régionale, ne lui convenait plus”. Bon vent !


Ce n’est pas demain que l’on risque d’oublier le nom de Abdelkrim El Khatib, fondateur du PJD, plutôt retiré de la scène politique depuis quelque temps. Le conseil municipal de Agdal-Riad à Rabat a en effet décidé de rebaptiser de son nom l’avenue du Chark (Agdal). La décision a été prise à l’unanimité.


Mohamed Achour, ex-directeur de la radio marocaine des années Driss Basri, reprend du service au ministère de l’Intérieur. Désormais, l’ancien “gouverneur des ondes” est en charge de la communication au département de Chakib Benmoussa. Sacré recyclage !


L’information émane d’un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU sur les activités d’Al Qaïda et des Talibans : sur le millier d’individus arrêtés par les autorités pakistanaises depuis 2002, on trouve 20 Marocains. A titre de comparaison : 86 Saoudiens, 70 Algériens et 22 Emiratis.


Le projet de loi électorale risque de transformer 70 % des partis politiques en associations culturelles : c’est en substance ce qu’a déclaré Mohamed Moujahid, le secrétaire général du PSU dans une interview accordée cette semaine à Bayane Al-Yaoum. A un an des élections, le consensus n’est toujours pas à l’ordre du jour.


Le classique de la chanson marocaine Kheft R’jal, repris par Latifa Raafat sous le titre de Ach Ddani, a fait le tour du monde. Dans l’émission Fibali oughniatoum sur TVM, Larbi Kawkabi, auteur du hit, a déclaré avoir touché des droits d’auteur même du Japon pour cette ritournelle qui berce les Marocains depuis plus de 50 ans.


Le Maroc Possible, ouvrage publié en parallèle au rapport sur le cinquantenaire de développement humain, s’est vendu à quelque 15 000 exemplaires en juillet, mois suivant sa sortie, malgré les vacances. Un succès commercial pour le distributeur, qui compte bien écouler les 60 000 exemplaires imprimés (dont 2/3 en arabe).


Le directeur de la police judiciaire, Mustapha Mouzouni, a été élu, le week-end dernier, membre du comité exécutif d’Interpol (dont il était déjà chef de bureau à Rabat). Signalons par ailleurs que la prochaine assemblée générale d’Interpol est prévue à Marrakech en novembre prochain.
 
 
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