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Armée. La malédiction d'Ahermoumou
Portrait. Nadia, l'étoile de Oukacha
ONU. L'après Kofi Annan
Liban. Nasrallah montre ses muscles
Pèlerinage. Le business de la Omra
Interview vérité. "Notre société tient grâce au sexe"
Télévision. Ces films que vous ne verrez (peut-être) jamais
Rock. Le printemps des webzines
N° 242
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Peinture. Envie de friandises ?

Il y a comme un goût de Smartie’s sur les murs de l’institut Français de Casablanca, ces jours-ci. Vous savez, ces petits bonbons en couleurs que vous dévorez d’abord des yeux avant de les faire fondre dans votre bouche, l’un après l’autre, avant de craquer et enfin les croquer. C’est un peu à cela que ressemble le travail de Aziz Nadi, le jeune peintre que l’Institut a décidé d’exposer en ce début d’année. En passant devant Le beau temps - c’est le nom de l’exposition - ce sont d’abord les couleurs qui vous captivent comme un enfant est émerveillé par la découverte de tant de couleurs dans une petite boîte de bonbons. On a envie de regarder les tableaux de Aziz Nadi. Et puis quand on les regarde, on découvre plein de petites choses. Un oiseau, une feuille morte, un petit cœur, un arbre, une main, un cercle et puis de la lumière, chaude, marocaine. Tout ce qu’un enfant dessine avec ses premiers crayons de couleur. C’est joli, c’est frais et ça raconte plein d’histoires. Pour la première fois de sa vie, on se dit : “Je ne suis pas collectionneur, mais j’en achèterai bien un. Ça respire le bonheur”. Aziz Nadi a trouvé une touche, un style sans prétention mais qu’on reconnaîtra désormais. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas connu ça dans la peinture marocaine. Pour sûr, on attendra sa prochaine exposition.

Jusqu'au 28 octobre, à la galerie 121 de l’Institut Français de Casablanca.


Le film. Ça ne pue pas assez

Voilà un livre qui a fait fantasmer pas mal de monde avant de prendre le chemin de la pellicule, Martin Scorsese, Tim Burton ou encore Ridley Scott. Pendant ce temps-là, l‘auteur du livre, Le Parfum, Patrick Süskind, fantasmait, lui, sur une adaptation signée Stanley Kubrick. Eh bien, ils mourront tous dans la frustration, car ce que Tom Tykwer en a fait, est loin, mais alors à des années-lumières, de rendre justice à ce chef d’œuvre de la répugnance. Pour l’histoire, Jean-Baptiste Grenouille, est un enfant de la misère, une presque erreur de la nature…sauf qu’il a un odorat surnaturel. Il se lance dans la fabrication d’une fragrance qui le rendrait irrésistible, et dont l’essence est la peau des jeunes filles. De quoi produire du Culte. Enfin, si on arrive à retranscrire, en image, la vie olfactive de Grenouille, le plus hideux des enfants de la terre. Or, Tykwer a choisi un jeune British avec un joli minois pour jouer Grenouille, le hideux de Süskind. Alors, si vous avez lu le livre, faites l’impasse. Les autres, évitez de vomir sur les sièges.

Au Mégarama.



Humour. Ne riez pas d’El Atrassi

ça commence à rouler pour le jeune Mustapha El Atrassi, l’humoriste découvert, il y a près de trois ans par les 15 ans/ 15 talents de 2M. Actuellement sur les écrans de la même chaîne dans la sitcom Labass Walou bass, El Atrassi continue son petit bonhomme de chemin sur la scène de la Stand up comedy. Il se produit jusqu’à fin novembre à la salle du Temple à Paris avec son premier one man show. Mustapha El Atrassi, qu’on retrouve également cette rentrée, sur France 2, dans la petite famille On a tout essayé. Il y reprend, en son absence, la chronique de Christophe Alèvêque. Bon vent !


Edition. Irrévérence, mon amour

Anticonformiste, anarchiste, antisioniste, antiislamiste, hédoniste et “athégriste”, telles sont les familles dont se revendique l’auteur Habib El Amrani. Nulle surprise que l’homme se soit fait éconduire par les éditeurs marocains et français : En toute irrévérence, recueil d’une centaines de “textes rimés” - “Je ne m’attribue pas le titre grandiloquent de poète” - écrits entre 1981 et nos jours, est le parfait reflet de son impertinence. Il aura fallu le flair décalé (et le coup de pouce de l’écrivaine Bahaâ Trabelsi) de Biliki, maison belge spécialiste des ventes sur le Net et électron libre de l’édition, pour oser extirper ce jovial correcteur sexagénaire de l’anonymat. Dès 2007, ce sulfureux petit brûlot parlant amour des femmes et haine des religions sortira entre Belgique, France, Québec, mais aussi Algérie, Tunisie et… Maroc. Si la censure ne s’en mêle pas. “Je serai prêt à l’assumer. ça serait un évènement,et donc déjà l’occasion de protester. Voilà qui m’arrangerait !”


Festival. Président Polanski

C’est officiel. Ce n’est pas Bernardo Bertolucci – comme l’avait laissé croire la rumeur - mais Roman Polanski qui présidera le jury de la sixième édition du Festival du film de Marrakech. Polanski (Le pianiste, le bal de vampires, Lunes de fiel, Chinatown...) qui s’apprête d’ailleurs à recevoir un prix d’honneur de l’Académie européenne du cinéma pour l’ensemble de son œuvre, le 2 décembre prochain, en plein milieu du FIFM (du 1er au 9 décembre) aura du mal à faire l’aller retour Marrakech Varsovie dans la journée ! Quant au maître Bertolucci, il présidera, lui, la délégation italienne qui recevra l’hommage consacré cette année au cinéma italien… sauf cas de force majeure. En effet, tout en acceptant l’invitation marocaine, Bertolucci a précisé qu’il allait se faire opérer et que sa présence à Marrakech était tributaire de son rétablissement. On croise les doigts pour les deux.


Théâtre. Solidarité sur scène

Un jour de ramadan, Amal Ayouch, marraine de Solidarité féminine, association d’aide aux filles mères, se lance dans un projet de longue haleine. Elle décide de recueillir les témoignages de trois bénéficiaires de l’association en vue d’écrire une pièce de théâtre. Les rencontres se multiplient, il faut gagner leur confiance pas à pas, vaincre leur pudeur jour après jour. L’histoire d’une des filles se dégage vite du lot : Malika, 18 ans, victime de viol, tombée enceinte de son agresseur, incapable de décrire le moment où on a abusé d’elle. “Les mots ne sortaient pas” confie Amal Ayouch qui, trois ans plus tard, et au bout de plusieurs tentatives avortées, voit presque le bout du tunnel. Elle répète à l’heure actuelle Violenscène, pièce inspirée de ces tranches de vie qui lui ont été confiées, sous la direction de Abdelmajid El Haous. Première prévue après le ramadan. Patience.


Hip Hop. Qui a peur de l’Hospital ?

Matkhafche 3lina, c’est le titre explicite (parental advisory ?) du premier maxi concocté par Hospital Underground. Réputés fers de lance du rap casaoui et forts de leurs collaborations avec Caprice ou Masta Flow, ces quatre MC lèvent haut la casquette avec sept titres entre egotrip et “everyday streetlife” : retenez l’hommage à la zic arabe “Bazaf Maytgale”, le déjanté “Wlad l’hay f’RAP” et le phare “Matkhafche 3lina” featuring Caprice et Masta, qui coproduit avec Maestro ce maxi mis en boîte au Studio Chahtman Prod sur des scratchs de DJ Med. En vente au Beverly Hills (Twin Center), Studio Chahtman Prod, Club Mix (Bd Ibn Tachfine) et Cyber Linksweb (Aïn Sebaâ) pour 15 DH : comme le dit Raptiviste, “moins cher qu’un paquet de cigarettes, et ça ne donne même pas le cancer”. Des questions ?


Télé. Jamel bouge son comedy club au Maroc

Il est plein de surprises le prodigieux fils Debbouze. Sa toute dernière s’appelle Le Jamel Comedy club. Souvenez-vous, c’était cet été même sur Canal+. Chaque semaine, l’humoriste faisait défiler une quinzaine de jeunes artistes de la Stand up. Ils avaient cinq minutes chacun pour faire leur performance, sous l’œil du “maître” et du public. Aux dernières nouvelles, Debbouze a décidé de déplacer son émission tremplin au Maroc. Non, ce n’est pas un ouï-dire, mais une déclaration de Jamel himself lors de la première marocaine d’Indigènes. Sans donner de détails, Debbouze a cependant précisé que c’était pour le printemps 2007. À suivre donc. Du reste, Jamel déclarait aussi un jour auparavant, qu’il “n’écartait pas la possibilité d’un travail pour ramadan prochain”. Mais ça, on n’y croit pas trop.


Hip-Hop. M’chicha à Bucarest

On ne les avait pas vus depuis un moment, ceux-là. Et voilà qu’ils nous redonnent des nouvelles… en direct de Bucarest. Les Fnaïre y ont tenu deux concerts dans le cadre du Sommet de la francophonie, et - notez bien - un show télévisé, en clôture d’un battle hip-hop diffusé par MTV Roumanie… Une belle ligne sur le CV du groupe marrakchi, qui prépare d’ailleurs son second album. Pour le détail, 12 sur les 14 morceaux prévus ont déjà été maquettés dans leur home-studio. Intitulé Yed El Henna, ce nouvel opus joue la carte du concept-album, basé sur des poèmes de Abdeslam Damoussi, un proche du groupe. Dans le lot, un single Khoya Maghribi, Akhti Maghribiya qui remplacera peut-être M’Chicha dans le cœur des fans de la lanterne. Verdict, très bientôt.


Aïd milad. Raptiviste sur ses deux pieds !

Un an déjà que le premier portail hyperinteractif du rap maghribi remplit sa promesse : fédérer, informer et appuyer une véritable communauté hip hop au Maroc, grâce à la créativité haut débit et aux connaissances pointues d’une équipe rassemblant Antar, Anarchiste, Apo-fils, Big-mo, DJ-USF, Sage-t, Yaz, Yassine ou encore 9mm. 10 000 visites quotidiennes sont là pour attester combien le site s’est hissé en référence rap / hip hop et chef de file des webzines du bled. Pour fêter ça, raptiviste.net s’offre une interview exclusive de Cilvaringz, rappeur 100% beldi du groupe américain Wu-Tang depuis 1999 et qui sort I, son premier album perso, politique et revendicateur. Sanaaaaaa heloua ya gamiiil !


Le livre.

Encore un roman de Mohamed Leftah sorti des limbes, et un bonheur égal. Dans Ambre ou les métarphoses de l’amour, l’écrivain settati renoue avec l’écriture qui a imprimé de sa marque la scène littéraire marocaine. Quittant les ambiances nocturnes de ses deux précédents romans, l’auteur fait de la figure obsessionnelle de l’héroïne Ambre, une naine hideuse et volubile, un voyage incertain et souvent déçu dans ses fantasmes. La maîtrise de l’écriture, crue et onirique, ne cache pas une nostalgie de l’exil linguistique, mais s’accommode au contraire d’apports judicieux de l’arabe. Au final, un numéro de jonglerie exécuté avec brio. On referme le volume le souffle court.

Mohamed Leftah, Ambre ou les métarmophoses de l’amour, La Différence.




Humeur : Larmes de crocodile

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Ces derniers jours, les fatwas pleuvent comme vache qui pisse. La dernière en date nous vient d’Iran et concerne nos amis les crocodiles. Dieu accorde t-il le droit d’élever le redoutable carnassier ? Pas comme animal de compagnie bien évidemment, mais pour fabriquer des aliments pour chiens et chats. En somme, la pâtée de Boubi sera-t-elle halal ou pas ? Halal, ont répondu comme un seul homme les dignitaires religieux iraniens invités à se pencher sur l’écuelle de votre animal de compagnie. Les caniches musulmans sont autorisés à manger du crocodile, mais à une condition : le prédateur devra être égorgé à la manière d’un vulgaire mouton d’abattoir afin que sa peau puisse servir à faire des sacs à main. ça va défriser Brigitte Bardot à coup sûr. La plus vieille fausse blonde du monde dénonce déjà comme crime de guerre un simple méchoui entre amis. Là, elle va hurler au génocide de crocodiles. Si ça peut consoler Brigitte, qu’elle sache que ce n’est pas un nettoyage ethnique, mais juste un dommage collatéral du business de la mode. Les dignitaires iraniens ne se repassent encore pas en boucle Sex and the city, il s’en faut de beaucoup, même. Mais ils savent au moins une chose de la mode : le mauvais goût est une valeur sûre. Il y aura toujours des parvenus pour porter des chaussures ridicules et chères avec, comble de l’ironie (ou du ridicule), un polo Lacoste pastel. En Iran, les affaires s’annoncent bonnes…



Naciri in the box
Abdou chez les Almohades est fin prêt pour le grand écran. D’abord une avant-première le 16 octobre à Marrakech, puis une sortie nationale le 25 octobre. Rappelons que Saïd Naciri a promis une partie des recettes du film aux bonnes œuvres du cœur. Un nouveau record d’entrées en perspective ?


Othman sur scène
Première scène pour Othman Mekouar. L’ancien Binôme de Osmose (souvenez-vous dans la Bande à part de Nadia Larguet) et qu’on a découvert avec un premier court-métrage 48 heures, l’année dernière, se produira le 16 octobre à l’Institut français de Meknès. Cette fois-ci, il s’essaie à la stand up Comedy.


Yjork, et de 2 !
Bouchra Yjork a mis en boîte son 2ème court métrage. El Bahja, écrit lors d’un atelier d’écriture à Damas et tourné à Assilah, raconte la ville de Marrakech au travers du regard de deux cireurs de chaussures. Avant-première prévue en janvier 2007 à l’Institut Goethe de Rabat.

 
 
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