Gouvernement. Mais que fait donc El Himma ?
Armée. La malédiction d'Ahermoumou
Portrait. Nadia, l'étoile de Oukacha
ONU. L'après Kofi Annan
Liban. Nasrallah montre ses muscles
Pèlerinage. Le business de la Omra
Interview vérité. "Notre société tient grâce au sexe"
Télévision. Ces films que vous ne verrez (peut-être) jamais
Rock. Le printemps des webzines
N° 242
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Omar Khattabi
(DR)

Omar Khattabi. Les leçons d’un enterrement

Les obsèques de Omar Khattabi, mort l’été dernier, ont donné lieu à une série d’événements aussi surprenants les uns que les autres. Le plus intéressant à relever reste l’implication du Palais. “Le roi a envoyé un émissaire (un colonel-major) pour transmettre ses condoléances” nous explique cette proche du défunt. L’ensemble des frais relatifs au cérémonial a également été pris en charge par le Palais. “Le roi nous a même adressé un télégramme de condoléances, ce qui est une première pour la famille Khattabi”, poursuit notre source. Et, pour couronner le tout, des images de l’enterrement ont été diffusées par la
télévision marocaine. Tout cela concourt à l’idée, de plus en plus crédible, que le Palais aurait amorcé une véritable inflexion dans sa politique au Rif, symbolisée ici par le traitement de la famille Khattabi. Voilà pour la bonne nouvelle. Pour le reste, écoutons la propre nièce de Omar Khattabi : “La célébration du 40ème a eu lieu en deux tranches, d’abord à Al Hoceïma et quelques jours plus tard à Kénitra, où l’événement a été détourné par des individus étrangers à la famille. À Kénitra, on a beaucoup plus parlé du retour de Moumen Diouri (ndlr : qui était présent au 40ème) et de l’élection de Mahmoud Archane au comité des anciens résistans, que du défunt”. Résultat : la nièce et le reste de la famille se retirèrent du 40ème… “et des gens en ont conclu que c’était en solidarité avec Archane, ce qui est une aberration absolue” explique la nièce de Omar Khattabi.


Laâyoune. La Minurso sans drapeau marocain

Stupeur à Laâyoune où le drapeau marocain a subitement disparu, en cours de semaine. La Minurso, pour rappel, a élu domicile à Laâyoune en 1991, et le drapeau marocain y a été hissé à partir de 1994. Douze ans de présence sans discontinuer. Mais que s’est-il donc passé? En attendant des explications sur les motifs de ce retrait qui frise l’incident diplomatique, les autorités locales auraient, si l’on en croit une source à Laâyoune, décidé de dresser une série de drapeaux marocains juste en face du siège de la mission onusienne. D’autres développements sont attendus à cette triste affaire.


Nominations. Les gouverneurs first

En attendant un prochain mouvement de walis (très attendu, selon des sources concordantes), la nouvelle fournée des gouverneurs a comblé plusieurs postes vacants depuis plusieurs mois. Exemple de Larache, privée de gouverneur depuis le 25 mars, qui a vu l'arrivée de Mohamed El Amine El Mrabet Targhi, ex-gouverneur de Kelaât Sraghna. À noter par ailleurs que Lakhdar Belaâsri a été déchargé de ses fonctions à la province de Médiouna et remplacé par Abderrahim Bendraoui, ex-gouverneur de la préfecture de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi. Sans oublier M’hamed Dryef qui, après un passage par le ministère de l'Intérieur, a hérité du poste de wali de la région Laâyoune-Boujdour-Sakia-El Hamra.


Drogue. Les “victimes” de Hamidou

Cinq hauts responsables sécuritaires appartenant au corps des Forces auxiliaires ont été auditionnés par les enquêteurs de la Gendarmerie Royale à Casablanca, selon des sources dignes de foi. Les cinq officiers, qui ont été par la suite arrêtés, sont placés depuis dans des cellules individuelles à Oukacha. Ils seraient accusés de faciliter la tâche aux trafiquants en bouclant l’accès de certaines plages à Tétouan pour faciliter le trafic des stupéfiants. Ce nouvel épisode arrive dans la suite des révélations du narcotrafiquant Ahmed Chouli dit Hamidou, arrêté la semaine dernière.


Écologie. Marine à l’eau et à… l’huile

Accusé de pollution en mer par la justice française, un navire marocain a été sommé de verser 250 000 euros (2,8 millions de dirhams) avant d’être autorisé à reprendre le large. Transportant des produits chimiques, le Al Farabi a été pris en flagrant délit par la marine française alors qu’il effectuait un dégazage sauvage en pleine mer. Pratique courante et illégale dans le transport maritime, l’opération consiste à vidanger les cuves des résidus d'hydrocarbures. Al Farabi a fait ses besoins au grand large : la flaque d’huile s’étendait sur 19 kilomètres de long et 50 mètres de large. Il devait avoir une diarrhée carabinée.


Fouzia Imansar. Madame la gouverneure

Fouzia Imansar est la première femme gouverneure du Maroc, fraîchement nommée à la tête de la préfecture des arrondissements de Aïn Chock. “C’est un très grand honneur pour moi”, a déclaré à TelQuel celle qui avait déjà le rang de gouverneur quand elle était directrice de l’Agence urbaine de Casablanca. Discrète et rigoureuse, Imansar s’est taillée la réputation de “procédurière”. C’est d’ailleurs son côté (trop) pointilleux qui lui attirera les foudres des promoteurs immobiliers. Ces derniers ne rataient aucune occasion pour dénoncer sa responsabilité dans le blocage de leurs projets d’investissement, surtout les autorisations de construire. La “dame de fer” a livré bataille contre les dérogations et le favoritisme. Vu l’influence du cartel immobilier, on est en droit de se poser la question suivante: sa nomination est-elle une promotion ou une éviction ?



Billet. N’infantilisons pas l’islam

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Après le Pape qui a glorifié la raison occidentale au détriment de l’Islam “violent”, Jose Maria Aznar a demandé aux musulmans de s’excuser d’avoir indûment occupé l’Andalousie. Plus tard, le polémiste français Robert Redecker a comparé le dispositif coranique au communisme et remis au goût du jour l’idée du péril vert. Enfin, l’opéra Idomeneo de Mozart a été déprogrammé à Berlin de peur que sur scène la tête coupée de Mohamed, aux côtés de celles de Jésus et Bouddha, ne fasse écho aux caricatures sacrilèges et excite les foules islamistes.
En réaction, de plus en plus de pseudo-savants se sentent obligés de brandir ce message “ne touche pas à ma religion”. Comme si c’était un enfant à protéger. L’islam est assez grand pour se défendre tout seul. Il a quatorze siècles, un texte “divin” qui ne demande qu’à être mieux lu, et un milliard de fidèles, divers, aux histoires disparates, qui ne sauraient être réduits à une communauté monochrome (verte). Ce n’est pas parce que des occidentaux malveillants veulent réduire des siècles de culture et de péripéties à zéro que l’islam va en être affecté.
Il est vrai qu’en Europe, le discours idéologique de ceux qui ignorent ce qu’est réellement l’islam devient plus médiatisé que celui des connaisseurs. Mais en face, à l’intérieur même du monde musulman, des voix de connaisseurs (justement), comme celle de Mohamed Abed Jabri, dernièrement, s’élèvent pour qu’on révise la tradition coranique, pour que l’histoire prenne le dessus sur le dogme. Mais que faire, il y a toujours en face des pseudo-savants pour sortir une fatwa meurtrière. Comme si la religion allait perdre de son aura une fois révisée, critiquée.
En fait, le drame de l’islam est double. De l’occident, certains le perçoivent comme un enfant sauvage à dompter. Et de l’Orient, d’autres le voient comme un enfant qui ne saurait grandir. De grâce, cessons d’infantiliser l’islam.



Coran. Les MRE préfèrent les Moqriine

“Les MRE veulent des voix marocaines pour leur psalmodier le Coran”, nous fait savoir une source autorisée au ministère des Habous et des Affaires religieuses. Cette année, en effet, les deux tiers des 100 imams envoyés dans les mosquées marocaines en Europe, ont une formation de “psalmodieurs” (Moqriine) et non de prédicateurs (Wouâad). Pénurie ramadanesque aidant, le ministère a même dû lancer un appel à candidatures pour trouver ces nouvelles voix. “On ne pouvait pas vider le Maroc de ses moqriine en plein ramadan”, nous explique Amine Chouaîbi, directeur du cabinet du ministre. Moqrii, voilà un métier qui a de l’avenir.


Pédophilie. Encore un crime barbare

L’association “Touche pas à mon enfant” signale un nouveau cas de pédophilie à Meknès. Un garçon de 7 ans a été trouvé mort le 2 octobre (deuxième jour du ramadan) près de la cité universitaire de la ville. Le meurtrier, un adolescent de 18 ans, a abusé de lui avant de le tuer d’une façon sauvage. L’enfant a été étranglé et avait une pierre de 12 kg sur la poitrine ! L’assassin a été capturé et a avoué son crime. L’affaire est actuellement chez le procureur général du roi. L’association “Touche pas à mon enfant”, qui a émis un communiqué à cette occasion, et l’AMDH de Meknès se porteront partie civile.


Rabat. Général brade villa

À en croire des opérateurs dans l’immobilier r’bati, il y aurait actuellement quelques affaires juteuses à faire dans les alentours de la capitale. Et pour cause, de nombreux gradés auraient discrètement mis en vente leurs résidences secondaires en bordure de mer ainsi que leurs propriétés agricoles. Cette subite fièvre vendeuse serait la conséquence de l’opération “mains propres” que connaissent les milieux militaires et sécuritaires, dans le sillage de la fameuse affaire “Bin Louidane”. Opération qui pousserait ces hauts responsables à se délester prestement, parfois à des prix sacrifiés, de certains bien immobiliers qui pourraient s’avérer trop compromettants.


DGED. Constat d’échec

Mohamed Yassine Mansouri, le patron de la DGED (renseignements extérieurs), a limogé le responsable au sein de ses services qui était en charge du dossier d’Abdelkrim Al Mouhafidi et Abderrahim Bouaâlam, les deux Marocains enlevés en Irak par une organisation affiliée à Al Qaïda. Après des mois passés en Jordanie, le responsable en question a été convoqué au cabinet de Mansouri la semaine dernière, pour se voir signifier sa mise à l’écart. Il paie probablement le prix de l’échec de la récupération des deux otages marocains, dont la DGED est sans nouvelles depuis bientôt une année. Et ceci malgré le coup de main des services secrets américains et français.



3 questions à Hassan Tariq (Secrétaire général de la jeunesse de l’USFP)

Quels sont les objectifs du courant des “nouveaux socialistes” dont vous faites partie ?
Nous sommes un groupe de militants qui appelle à la consécration de la démocratie interne au sein de l’USFP. Nous demandons le respect de la limitation des mandats dans les responsabilités exécutives, le renouvellement des élites, le non- cumul des fonctions et l’émergence d’une présidence qui soit légitimée par les élections et non par l’Histoire.

Vous voulez dire que tout cela n’existe pas à l’USFP ?
Hélas non! Lors de notre 6ème congrès, nous nous sommes entendus sur une grande partie de ces réformes. Mais dans le 7ème, tout le monde a reculé. Plusieurs responsables du Bureau politique n’ont pas respecté la limitation des mandats. Pour nous, ce principe n’est pas négociable. Nous savons que notre démarche se heurtera à des résistances, mais nous misons sur l’avenir. Une nouvelle plateforme est en préparation. Nous annoncerons prochainement la naissance officielle de notre mouvement qui compte aussi des membres du Bureau politique.

Une scission en perspective ?
Absolument pas. Nous n’avons pas constitué un courant pour quitter le parti. Notre action vise la continuité et l’ouverture. L’USFP doit effectuer un virage à gauche pour rejoindre ses amis du PSU et du PPS. L’USFP est le big brother de la gauche, c’est donc à lui de faire le premier pas.


Constitution. Causeries ramadanesques

Le collectif Modernité et démocratie a organisé, la semaine dernière, une discussion ouverte au public sur la réforme de la Constitution, avec, comme intervenants, Mohamed Sassi du PSU et Abdelali Benamor du collectif. L’idée sous-jacente : porter le débat sur la place publique, “au-delà des cercles partisans” selon Kamal Lahbib de Modernité et démocratie. Le ramadan doit se prêter aux causeries autres que religieuses, puisqu’après la société civile, c’est la gauche radicale qui organisera mardi sa “conférence-débat” sur la réforme de la Constitution. Invités : Abdellah El Harrif d’Annahj et Abderrahman Benameur du PADS. ça s’annonce très “partisan” justement.


Parlement. Mal élus sur le gril

ça chauffe pour les conseillers de la Deuxième chambre, dont onze, selon des sources dignes de foi, auraient été mis en examen pour “fraude (électorale) et corruption”. La plupart des élus en question proviennent des partis de la majorité gouvernementale (Istiqlal, USFP, RNI, PPS). Des voix s’élèvent déjà pour demander l’invalidation de l’ensemble des résultats consécutifs aux élections de septembre, mais cette hypothèse semble pour le moins peu probable. À signaler, par ailleurs, que le véritable débat qui anime les apartés parlementaires à quelques jours de l’ouverture de la session d’octobre est de savoir, comme nous l’explique cette source, de quoi sera fait le mercato de la rentrée : élus voyageurs, où allez-vous encore poser vos valises ?


Foot. Les Verts avaient peur

Nos footballeurs ont besoin de soutien psychologique. On s’en doutait, notre confrère, le bi-hebdomadaire Al Mountakhab, nous en donne une illustration. Lors du dernier FAR – Raja (1-0), l’équipe casablancaise a eu l’occasion de revenir au score en se voyant accorder un penalty. Le problème, c’est que personne ne voulait le tirer ! Même le capitaine d’équipe, pourtant spécialiste des tirs de penalty, a préféré s’abstenir (“Je ne me sentais pas prêt psychologiquement” a-t-il déclaré au bi-hebdomdaire). Résultat : c’est le “courageux” Aboucherouane qui a fini par tirer le fameux pénalty. Pour le rater...


Justice. L’automne des procès

Le juge Jamal Serhane devra statuer sur quatre grands dossiers dont notamment ceux de Slimani et consorts, de la BNDE, de la BCP et du CIH. C’est le procès en appel de Abdelmoughit Slimani, condamné en première instance pour “dilapidation de deniers publics et corruption dans le projet immobilier Oulad Ziane” à 10 ans de prison, qui ouvre le bal le 13 octobre. L’ancien gouverneur Abdelaziz Laâfora sera, lui, jugé le 19 octobre devant la Cour suprême. Autres procès attendus en octobre, ceux des deux banques, la BNDE et la BCP, mettant en vedette leurs anciens PDG, Farid Dellero et Abdellatif Laraki. Sans oublier le procès CIH, attendu pour fin novembre, et dont l’un des principaux mis en cause, Moulay Zine Zahidi, se trouverait toujours en Europe. Viendra ensuite le procès de l’ancien président de la commune de AÏn Sebaâ, Abderrazak Afilal, début décembre. Rappelons que parmi tous les mis en cause dans ces scandales politico-financiers, les seuls à comparaître en état d’arrestation sont Laâfora et Slimani.


Maroc–Europe. Revenez une autre fois !

Le Maroc vient d’interdire l’entrée sur ses territoires d’une délégation du Parlement européen qui voulait enquêter sur la question du Sahara. La présence dans cette délégation d’éléments acquis à la cause du Polisario est derrière ce refus. Les parlementaires s’en prennent à Abdelouahed Radi, président du Parlement marocain. Ce dernier affirme que la visite n’a pas été annulée mais reportée. Le Maroc, dit-il, ne pouvait laisser entrer cette délégation de l’Intergroupe (qui soutient le Polisario) du moment qu’il n’était pas d’accord sur sa composition ni sur ses intentions. Au-delà du calendrier officiel, les parlementaires UE avaient des adresses précises à visiter à Laâyoune, dont des prisonniers sahraouis. “Ils étaient bien briefés”, selon une source digne de foi. De quoi affoler nos officiels !


Livre. Notre religion

Comment la monarchie manipule la religion à des fins politiques : c’est l’idée centrale d’un livre qui vient de sortir chez Dar Annajah Al Jadida, signé du sociologue Mohcine Al Ahmadi. L’auteur analyse la période hassanienne s’étalant de 1961 à 1998. Il décrit cette contradiction entre le discours fondamentaliste de Hassan II et son côté libéral qui tolérait certaines libertés sociales à condition qu’elles ne soient pas dévoilées en public (ne pas faire le ramadan, concubinage, alcool, préservatifs…). L’écrivain estime que ce système de gestion contradictoire a atteint ses limites et que la monarchie sera appelée à dévoiler encore plus sa tendance libérale. Deux autres livres sortiront prochainement du même auteur, dédiés aux mouvements islamistes au Maroc et au discours de Abdeslam Yassine.


Nini. “Je ne suis pas un flic !”

Il connaissait les couloirs de la justice en tant que chroniqueur. Il les découvre en tant que directeur de publication. Rachid Nini a été convoqué la semaine dernière par Abellah Alaoui Belghiti, procureur du roi à Casablanca, à propos d’un article sur un trafic de grâces royales paru dans Al Massae, le quotidien arabophone lancé par le célèbre chroniqueur en septembre dernier. “Le procureur nous a demandé de lui fournir nos sources afin de pouvoir diligenter une enquête” confie Nini, appelé à témoigner en compagnie de Lahcen Ouaniam, l’auteur de l’article. Nini a refusé de collaborer, pour des raisons de déontologie : “Je suis journaliste, pas flic”. En somme, chacun son métier et les vaches seront bien gardées.


Ports. Feux croisés sur Ghellab

Ce n’est pas le grand amour entre les armateurs, les dockers et leur ministre de tutelle. En cause, le profond désaccord concernant l’application de la réforme portuaire. Les syndicats des dockers ont ainsi menacé de lancer un mouvement de grève, qui pourrait paralyser les ports du royaume et entraîner des conséquences désastreuses sur l’économie du pays. Les manutentionnaires et les armateurs, quant à eux, critiquent le plan du département de Karim Ghellab, qui “accorde une préférence à la Société d'exploitation des ports (qui correspond à l’actuel ODEP) et ne répond pas aux conditions exigées par la concurrence”. Affaire à suivre…


Associations. La discorde salafiste

Comme prévu, les salafistes en détention auront bientôt deux associations pour défendre leurs intérêts : la dynamique Annassir basée à Casablanca et une toute nouvelle association à Tanger, conduite par le propre fils de Mohamed Fizazi. Selon des sources à Tanger, Fizazi junior serait en effet sur le point de boucler son dossier pour la constitution de son association dont l’annonce devrait être faite le jour de l’Aïd El Fitr. Inutile de dire qu’entre Abdelhalim Fizazi et Abderrahim Mouhtad, le président d’Annassir, qui estime qu’une 2ème ONG disperserait les rangs des salafistes, le torchon brûle déjà.


Police Magazine. Yo, confrère !

Cherki Drais, du fait de sa nomination à la tête de la DGSN, en lieu et place de Hamidou Laânigri, est devenu ipso facto directeur responsable de Police Magazine, le mensuel com’ des forces de l’ordre. Le nouveau boss a d’ailleurs eu droit, dans le numéro d’octobre de la revue, à un communiqué pleine page narrant la cérémonie officielle de sa nomination dans la rubrique “brèves internes” - un euphémisme administratif sans doute. A l’origine de Police Magazine, le nouvel Inspecteur général des Forces Auxiliaires, Hamidou Laânigri, a, quant à lui, été expédié en deux lignes. Normal, il n’est plus flic. Le général de division pourra toujours assouvir sa soif de communication en lançant un nouveau magazine. Mroud News, par exemple.


Maroc - Espagne. La crise des 4x4

Il a fallu un mois de négociations entre Rabat et Madrid pour que les 72 véhicules, offerts par l’Espagne à titre d’aide à la lutte contre la migration clandestine, arrivent à destination. La cargaison (4x4, motos, quads, etc) a été réceptionnée mercredi au port de Tanger, après qu’un navire marocain l’a embarquée au port de Ceuta. Une première ! Le Maroc souhaitait que le navire puisse s’arrêter dans un port espagnol, histoire de faire oublier sa provenance de Ceuta. “Niet”, répondirent les espagnols. Question à 2 dirhams : vu que les 72 véhicules ne représentent que la première tranche de l’aide espagnole au Maroc, où seront débarquées les prochaines cargaisons ?


Groupe PJD. Ramid président ?

Abdellah Baha, Mustpha Ramid et Lahbib Echoubani, tous des poids-lourds du PJD, sont les trois candidats à la présidence du groupe PJD à la Chambre des représentants. Ils ont été élus lors de la rencontre annuelle des députés islamistes qui s’est tenue il y a une semaine. Le choix des candidats passe toujours par un système d’élections à deux tours, précise une source du PJD, où les qualités et les défauts de chacun sont débattus publiquement. Mais le secrétariat général du parti (qui fait office de bureau politique) a le dernier mot. C’est lui en effet qui choisit l’heureux élu. Qui des trois décrochera la mise ? “La décision sera donnée dans les jours qui viennent”, nous assure-t-on. Ramid et, à un degré moindre, Baha, semblent avoir les faveurs du pronostic.


Homosexualité. Débat online

Le forum sur l’homosexualité, initié par le portail e-marrakech, explose. Son initiateur, Tarik Essaâdi, affirme avoir reçu plus de 300 000 visites en 40 jours, essentiellement du Maroc. Globalement, deux clans s’affrontent de façon égale : les défenseurs de la liberté des autres dont des homosexuels qui n’hésitent pas à déclarer leur penchant et ceux qui demandent à les brûler au nom de l’islam. Mais la première catégorie, nous explique Essaâdi, a le souffle plus long que la deuxième au niveau du débat. Une fois leurs insultes proférées, les adeptes de la damnation religieuse se retirent ou changent de pseudo pour revenir répéter les mêmes menaces incendiaires. Edifiant.


Amazigh. Fifaw enfin homologué

C’est fait : la Ligue amazighe des droits humains, créée en juillet 2006 par des militants de Tamaynut et du réseau amazigh pour la citoyenneté, est désormais reconnue, de facto, par les autorités puisque le récépissé provisoire attestant de son existence a dépassé le délai légal de deux mois. “Non seulement nous existons mais nous sommes en train d’étendre notre réseau à d’autres villes et régions du Maroc” nous a notamment déclaré l’un des fondateurs de la ligue. Celle-ci revendique principalement la réhabilitation des amazighs dans leurs droits linguistiques et culturels. Premier objectif : le droit d’inscrire des prénoms amazighs sur les fichiers de l’état civil. Cela semble bien parti puisque le prénom Fifaw (équivalent de Malak en arabe) aurait récemment été enregistré dans une localité du royaume, suite à un lobbying exercé auprès du ministère de l’Intérieur.



Humeur. Télé-culture

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

J’adore Arriyadia, la meilleure chaîne culturelle du pays ! Les animateurs n’ont pas la tête de Saïd Zadok ou de Mohamed Lahmar, derniers survivants, avec le dinosauresque Mustapha Alaoui, de l’âge de pierre de la télévision marocaine. Les animatrices appartiennent à ces deux catégories de filles - les plutôt belles et les plutôt mûres - que je n’ai jamais eu le plaisir de croiser dans un stade de foot. Les talk-shows ressemblent vraiment à des talk-shows : des trucs creux mais agréables à suivre. Les rediffusions sont si nombreuses qu’elles peuvent facilement remplacer un bon paquet de somnifères. Et que dire des films “sportifs”, spécialité de ma chaîne culturelle préférée, sinon que c’est une super idée de programmer tous ces chefs-d’œuvre de kitsch et de mauvais goût estampillés Seventies. Que du bonheur ! Pour la première fois, j’ai la chance de suivre sur petit écran un Jackie Chan en version anglaise sous-titrée en arabe classique. Vraiment incroyable ! Les insultes d’adultes qui deviennent, par la grâce de nos amis traducteurs, de douces conversations. Les blagues en anglais qui perdent toute leur substance en arabe, mais n’en restent pas moins drôles, etc. Et puis, comme dans toute bonne chaîne culturelle, il y a le foot. J’en suis, grâce à Arriyadia, à mon énième visionnage du fameux Maroc-Portugal du Mondial 1986. Je peux décrire la trajectoire du ballon à la seconde près, le dos voûté (et la classe) de Dolmy, l’éternel bandage de Bouderbala, les inépuisables échanges de passes Bouyahiaoui-Zaki et Zaki-Bouyahiaoui, le football en marchant d’El Byaz, et puis tous ces shorts courts dont même la mode “vintage” ne voudrait plus. Ce Maroc-Portugal est même devenu l’une des rares choses au monde que je connaisse désormais par cœur. En un mot : merci Arriyadia !



VITES !

Ségolène Royal, la future candidate du PS français aux prochaines élections présidentielles, devrait effectuer une visite au Maroc dans les jours qui viennent. Le séjour prévoit des rencontres avec de nombreux responsables marocains, pour discuter, entre autres, d’immigration. Et avec un tel nom, elle ne peut qu’être bien reçue.


Les diplômés chômeurs, qui ont mis fin à leur sit-in suite à un accord avec le gouvernement, ont commencé les entretiens d’embauche. “Les tests ont démarré le 2 octobre dans différents ministères”, nous a confirmé un membre d’Al Amal, une des trois associations de diplômés chômeurs. Croisons les doigts…


Une station de communication satellite va être construite à Agadir pour connecter le Maroc au programme européen de radionavigation Galileo. Ce dernier, pour rappel, est notamment utilisé dans les domaines du transport (contrôle de la vitesse), de la justice et des douanes (contrôles frontaliers, localisation de véhicules volés...).


Evénement heureux à l’Ecole de formation des cadres à Kénitra qui s’apprête à accueillir la première promotion de femmes-caïds. Elles sont une vingtaine à avoir réussi le concours d’entrée, avec l’ambition d’exercer, au bout de deux ans de formation poussée, un métier (jusque-là) d’homme : caïd. Bravo les filles !


Un sit-in aura lieu, le 10 octobre, devant le Parlement, à l’occasion de la journée mondiale contre la peine de mort. Le comité organisateur, qui regroupe des avocats et des membres du Forum vérité et justice, enverra une nouvelle demande au ministre de la Justice pour demander la suppression de la peine de mort.


En 2050, la moitié des Marocains seront vieux. Selon les projections du CERED (Centre d’Etudes et de Recherches Démographiques), la proportion des personnes âgées -aujourd’hui 8,1% de la population marocaine- augmentera sensiblement d’ici 2020 (11,1%), année où elle atteindra sa vitesse de croisière.


Les négociations entre Rabat et Paris devraient aboutir à la fourniture à l’armée marocaine de 24 avions de combat Rafale, en deux lots de douze unités. Ces avions devraient être équipés en missiles MBDA qui offrent des solutions technologiques des plus évoluées en matière d’armes de frappe et de défense antimissile.


Lu cette semaine dans les colonnes de notre confrère Al Alam, organe de presse de l’Istiqlal : “Abbas El Fassi, dans une réunion du conseil des inspecteurs du parti : l’Istiqlal est fier des grands chantiers annoncés par Sa Majesté le Roi”. Voilà ce qu’a trouvé à déclarer le chef , potentiellement “premier ministrable”, d’un parti historique.
 
 
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