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Armée. La malédiction d'Ahermoumou
Portrait. Nadia, l'étoile de Oukacha
ONU. L'après Kofi Annan
Liban. Nasrallah montre ses muscles
Pèlerinage. Le business de la Omra
Interview vérité. "Notre société tient grâce au sexe"
Télévision. Ces films que vous ne verrez (peut-être) jamais
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N° 242
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

(AFP)

Francophonie. Coulisses d’un sommet

Avec le sommet de Roumanie (les 28 et 29 septembre), l’Organisation de la francophonie a élargi la liste de ses partenaires politiques, mais reste minée par les conflits régionaux. La crise ivoirienne et la guerre du Liban ont éclipsé le thème de ce sommet, dédié aux nouvelles technologies de l’information dans l’éducation. On n’en aura retenu ni Internet dans les écoles, ni partage numérique, mais un incident diplomatique entre Emile Lahoud et Jacques Chirac. Le premier a accusé le second d’avoir fait pression sur Bucarest pour ne pas l’inviter au sommet. La question libanaise a retardé la clôture du sommet de
quatre heures à cause d’une violente dissension sur l’opportunité ou non de citer la nationalité des victimes civiles (libanaises ou israéliennes).

Pendant que les politiciens déballaient leur cuisine interne, Bucarest était assiégée par les flics. A chaque coin de rue, un attroupement de la Securitate, organe hérité de l’ère Ceasescu, suivait les déplacements des gens, et était prêt à agir à chaque faux pas. Les vieux réflexes ont la peau dure ! La circulation a été interdite à côté de l’imposant palais du Parlement, où s’est tenu le sommet. Organisation des plus normales pour une rencontre de chefs d’Etat. Mais Bucarest, qui abrite pour la première fois un sommet pareil, a fait du zèle. Les fonctionnaires ont reçu trois jours de congé et l’alcool a été interdit dans certains quartiers. Harassés par les embouteillages, les Roumains se sont jetés sur les métros. Beaucoup de jeunes ne comprennent pas que le français puisse coûter aussi cher à leur pays qui trouve déjà des difficultés à s’arrimer aux standards de l’UE. A elle seule, Bucarest aurait dépensé plus de quatre millions d’euros. Ce montant paraît dérisoire dans l’Europe des 25, mais il est sensiblement cher pour une Roumanie qui sort à peine du sous-développement. Tout cela pour susciter l’intérêt d’une jeunesse séduite beaucoup plus par l’anglais et le Mc Do que par Maupassant et Edith Piaf. Très peu de Roumains, essentiellement des vieux, parlent français. Mais dans le sommet, personne ne s’en offusque, à part Jacques Chirac qui remue nerveusement les pieds sous la table. Quand un chef d’Etat a plus de facilités avec la langue de Shakespeare qu’avec celle de Molière, tout le monde sourit en vantant les mérites de la diversité culturelle. Même le président roumain Basescu ne parle pas un traître mot de la langue de Molière.

Nadia Lamlili,
envoyée spéciale à Bucarest (Roumanie)



Pays-Bas. Un “hôpital musulman” à Rotterdam

Sauf coup de théâtre, Rotterdam va se doter du premier hôpital musulman des Pays-Bas. Le conseil municipal de la ville a rejeté la motion de la droite populiste, hostile à l’idée. C’est un Néerlandais de souche, Paul Sturkenboom, qui est à l’origine du projet. Cet homme d’affaire de 55 ans, spécialisé dans le sauvetage d’hôpitaux déficitaires, veut construire d’ici 2008 un hôpital où tout serait conçu pour les musulmans (un million aux Pays-Bas, 5% de la population). La nourriture sera halal et la présence d’un imam permanente. Les hommes seront séparés des femmes. Les députés conservateurs comme Geert Wilders sont remontés contre le projet. Depuis la montée de la droite populiste, après les attentats du 11 septembre, le débat sur l’intégration des immigrés, qui tourne au communautarisme, fait rage.


Palestine. La trêve est rompue

Le cabinet d’union nationale se fissure. Mercredi, Mahmoud Abbas a suspendu le dialogue avec le Hamas, avant de rencontrer Condoleezza Rice. “Un accord avait été conclu le 11 septembre mais il a été rompu (par le Hamas)”, a déclaré le président de l’Autorité palestinienne.
En clair, le Hamas refuse que le programme d’un gouvernement d’union nationale comporte une reconnaissance d’Israël et des accords israélo-palestiniens passés. Spectaculaire volte-face du mouvement islamiste alors que, dans un premier temps, il avait accepté un tel programme, basé sur le document “d’entente nationale”.
Abbas a affirmé qu’il oeuvrerait “lors des deux prochaines semaines” à la formation “d’un nouveau gouvernement”, faute de quoi “toutes les possibiltés seraient ouvertes”… La loi fondamentale, constitution de l’Autorité palestinienne, donne pouvoir à Abbas de proclamer l’état d’urgence et de nommer durant un mois un gouvernement sans le soumettre au Parlement, dominé par le Hamas.


Algérie. Fuite de cerveaux

L’Algérie se vide de sa matière grise. “La fuite des cerveaux s’est accélérée ces dix dernières années, 40 000 chercheurs ont quitté l’Algérie”, titre en Une le quotidien Liberté. La preuve en chiffres : sur un total de 10 000 médecins ayant émigré en France ces dernières années, 7000 sont Algériens. Aux Etats-Unis, sur 18 000 personnes qui composent la communauté algérienne, 3000 sont des chercheurs et des intellectuels de haut niveau. Sur les 25 pays fournisseurs d’émigrants au Canada, l’Algérie arrive en troisième place. D’après Liberté, la faiblesse des salaires, l’obsolescence des installations dans les universités, le manque de développement technologique et la non-reconnaissance des statuts professionnels et des compétences sont à l’origine de ces départs.


Corruption. Le rapport de Transparency

Transparency International a rendu public son nouveau classement des pays corrupteurs. Cette fois, l’ONG a répertorié les 30 pays en voie de développement ou industrialisés (le Maroc ne fait pas partie de la liste), avec un nouvel indice de corruption des pays exportateurs (ICPE). L’enquête, anonyme, a été menée auprès de 11 232 cadres d’entreprise. Résultat : les puissances qui versent des pots-de-vin sur leur sol et à l’étranger sont la Russie, la Chine et l’Inde. Sans surprise, la Suisse est en tête des pays propres, notée 7,81 sur 10, suivie de la Suède et de l’Australie. Position peu glorieuse pour les Etats-Unis (9ème), la France (15ème) et l’Italie (20ème).



Lu pour vous. [Brésil]
Carton jaune

Lorette Coen, Le temps, le 3 octobre

Porté à la tête du Brésil autour d’un espoir d’équité sociale, le président Luiz Inacio da Silva n’est plus. A cette figure si fascinante pour une gauche européenne nostalgique s’est progressivement substitué un autre Lula : père des pauvres, pratiquant une justice distributive, plus soucieux de son maintien au pouvoir que des réformes dont a besoin le pays.
Formation de combat, le Parti des travailleurs (PT), dont il a été le chef depuis sa fondation et qui l’a porté au pouvoir, a révélé son incapacité à tenir un rôle gouvernemental en régime démocratique. Fondé sur une base syndicale pendant la dictature militaire, le PT s’est structuré autour d’un projet de conquête du pouvoir et, parvenu à ses fins, a poursuivi dans la même dynamique, afin de s’y perpétuer. Fût-ce à coups de détournements d’argent public, d’achat de parlementaires, en confondant aussi les organes de l’Etat avec ceux du parti. Or Lula ne s’est distancié ni de ses camarades impliqués dans les scandales ni de leurs méthodes, lesquelles laissent de marbre les très nombreux assistés, bénéficiaires du régime, mais ramènent à la réalité les électeurs mieux informés, rendus impatients par les retards qu’accumule le pays. Ce sont ces citoyens, urbains et éduqués, qui infligent à Lula un second tour. Histoire de lui rappeler qu’il ne suffit pas de jouer les riches contre les pauvres, le Sud-Est avancé contre le Nordeste archaïque, au risque d’accentuer les clivages.



Grande-Bretagne. Les adieux de Blair

Le sacré transcende-t-il les fêtes ? Vaste question. Les festivités de Valence, célébrant la reconquête chrétienne sur les royaumes maures, qui se terminaient habituellement par la destruction d’une marionnette à l’effigie du prophète Mohamed, ont été “toilettées” pour ne pas offenser les musulmans. La polémique suscitée par “l’affaire des caricatures” et la crainte de nouvelles réactions ont poussé les autorités de la province valencienne à renoncer à ce final dramatique. Dans Moros y cristianos, les actes symboliquement violents contre les géants en carton-pâte figurant les musulmans ont cessé sous la recommandation de l’Eglise catholique par respect pour les musulmans, mais aussi depuis l’arrivée de nombreux immigrés du Maghreb comme travailleurs agricoles près de Valence. Comme l’Allemagne qui a déprogrammé un opéra de Mozart, Idomeneo, critique envers Mohamed, l’Espagne a joué la carte de la prudence.


VITE !

L’annonce de la Corée du Nord de procéder à un essai nucléaire a provoqué un tollé dans la communauté internationale. Le Japon, la Chine et la Corée du Sud ont créé un front uni de défense. Washington promet de répondre de “manière appropriée”.

 
 
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