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N° 242
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Réda Allali

C'est décidé : ZB va demander à Jamel Debbouze de faire un film sur sa vie

Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque



Zakaria Boualem, uni comme un seul homme, est allé au Mégarama pour regarder Indigènes, le film que vous savez. Il n'a pas attendu comme d'habitude de trouver le DVD en bas de chez lui, au prix de 8,50 dirhams, non, il a payé sa place. Dans son cerveau embrouillé, il a considéré qu'il devait ça aux anciens combattants. C'est un raisonnement un peu tortueux mais on ne va pas s'attarder, ça arrive souvent dans cette chronique. Non, la véritable découverte, c'est lorsque notre Guercifi a appris que Jacques Chirac koullou, a la suite d'une projection de ce même film, a décidé d'augmenter la pension ridicule servies aux bronzés de De Gaulle. Comme tout le monde, il a commencé par ironiser : “tss, combien il en reste, de toute façon, ga3?!!”. Cette attitude négative, qui constitue le fond de pensée de notre héros et le fond de commerce de cette chronique, n'a pas fait long feu. Après mure réflexion, il est apparu à Zakaria Boualem que Jamel Debbouze, qui s'était contenté jusque là d'appeler avec insistance une certaine Jennifer, avait pris grâce à ce film une dimension de héros international. Oui, oui, international, puisqu'il se trouve aujourd'hui un vétéran vietnamien ou sénégalais qui a multiplié ses revenus par dix grâce à lui. Voilà. C'est déjà largement mieux que toute une génération d'hommes politiques marocains en une cinquantaine d'année d'efforts pénibles. Il faut dire que l'homme politique marocain a choisi une stratégie différente. Plutôt que de multiplier par 10 les revenus de quelques milliers de personnes, l'homme politique marocain a choisit
de multiplier par plusieurs milliers les revenus d'une seule personne, à savoir lui même. Pourquoi pas. Restons sur les bonnes nouvelles : Zakaria Boualem a vu son IGR diminuer, donc ses revenus augmenter de 102 dirhams très exactement. Voilà une réponse éclatante à ses grognement perpétuels, largement rapportés dans ses mêmes colonnes. En résumé, notre héros considère que l'IGR qu'il verse généreusement et mensuellement à notre système est parfaitement injustifié, puisqu'il ne donne accès à aucun service public digne de ce nom. Nous ne reviendront pas sur la démonstration, tout le monde a compris. En réduisant ledit IGR, le système avoue que zakaria Boualem a raison, et ça lui fait plaisir. désormais, il pourra économiser 102 dirhams par mois. Au bout de 784 mois, il pourra s'acheter une Palio, à supposer que son prix n'augmente pas d'ici là (ca fait quand même 65 ans et des virgules)... Pour obtenir mieux, il aurait sans doute fallu passer par Jamel Debbouze. Il profite donc sans le moindre remords de cette chronique pour demander au nouveau héros de dimension international de bien vouloir faire un film sur lui. Tout simplement. Il est même pret à lui laisser le rôle principal, yallah. On démontrera dans ce film comment il a été déformé par l'éducation nationale, qui l'a forcé a apprendre les maths en arabe avant de basculer vers le français dans le même système. On verra comment il a été condamné au sous développement physiologique par manque de terrain de sport, comment son cerveau a été atrophié par plusieurs années de pratiques intensives de RTM. Puis comment il a été privé de toute forme de culture dans sa bonne ville de Guercif, ou les concepts de concert, de bibliothèque ou de théatre sont toujours resté des concepts, justement. Il pourrait aussi y avoir une scène poignante ou Djamel Boualem découvre la télévision, vers 1988 grâce à la parabole. On pourrait même mettre le papa, Lakhdar Boualem, qui a fait la marche verte et qui a refusé en 1958 la nationalité française, que Dieu lui pardonne. Sincèrement, ça pourrait être un très bon film, avec un scénario magnifique d'absurdité et qui a en plus le mérite d'avoir été délà paufiné par plusieurs années de mise en pratique. Et surtout, ça pourrait être utile. Evidemment, il est hors de question qu'un de nos hommes politique marocain l'indemnise, pour des raisons déjà évoquées plus haut : l'homme politique marocain a choisit une autre stratégie. Mais Jacques Chirac, pourquoi pas, hein ?...

 
 
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