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N° 243
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“Je voulais être le centre du monde”

Antécédents
Samia Akariou
Actrice

1972. Naissance à Chefchaouen.
1995. Diplômée de l’ISADAC et du conservatoire national d’arts dramatiques – Paris.
1996. Premier grand rôle dans Lalla Hobby.
2000. Rôle principal dans Kid Errjal, avec la troupe Tensift de théâtre.
1998. Rôle principal dans Kid Enssa, de Farida Belyazid.
2005. Première mise en scène avec Bnat Lalla Mennana.
Smyet Bak ?
Ahmed ben Mohamed.

Smyet mok ?
Fatema Halimi.

Nimirou d’la carte ?
LC 23520.

Vous jouez le rôle principal dans la sitcom Ana w’yyak, qui passe sur 2M. Comment faîtes-vous pour vous entendre avec Abdellah Didane alors que tout vous oppose ?
C’est quelqu’un qui m’écoute et avec qui j’ai une relation de respect mutuel et une grande complicité artistique. Au-delà des études ou des origines, il y a beaucoup d’humain entre nous. Et puis il y a son histoire personnelle qui m’a beaucoup touchée. Depuis, j’ai décidé d’adopter Didane, humainement bien sûr. Je suis plus jeune que lui.

Quand 2M reconduit une sitcom pour la seconde saison, c’est qu’elle est bonne ou que c’est la moins mauvaise ?
Le projet Ana w’yyak existe depuis plus de 4 ans. 2M avait acheté une soixantaine d’épisodes et les diffuse à ce jour. Malheureusement, nous sommes toujours aussi mal programmés. Pour ce qui est de la sitcom, je crois qu’elle reste assez propre et surtout, jeune.

Vous n’en avez pas marre d’être Samia Akarriou ?
Si, un peu. Au début, quand j’ai choisi ce métier, c’était pour me montrer, pour être le centre du monde en quelque sorte. En même temps, j’ai toujours eu en moi cette part de timidité, une vie intime que je veux préserver. Alors ai-je fait le bon choix ? C’est paradoxal mais ça fait partie des questions existentielles que je me pose encore.

Pourquoi insistez-vous à traîner votre accent chamali et vos manières sur les plateaux et les scènes où vous jouez ?
Je veux qu’on m’accepte comme je suis. Telle quelle. Un mélange de talent, au cas où j’en aurai, de caractère et de fierté. Maintenant, beaucoup de gens, et même des réalisateurs, me poussent à me répéter. Chaque fois qu’ils font appel à moi, c’est pour jouer la malicieuse chamalia ou la campagnarde naïve.

Ça vous a blindée de jouer devant des salles presque vides avec Tayeb Seddiki à vos débuts ?
Ce n’est pas vrai, les salles n’étaient pas vides. Et puis vous savez, déjà à l’école, on a pris l’habitude de jouer devant peu de monde. Il est évident que c’est toujours un plaisir de faire salle comble. Mais je préfère largement jouer devant un public peu nombreux mais chaleureux que devant une foule frigide. Quant à Tayeb, je n’hésiterai pas à rejouer pour lui, même devant une salle vide.

C’est dur de succéder à Choumicha sur une émission culinaire ?
Je n’ai pas repris le rôle de Choumicha, qu’elle joue d’ailleurs à merveille . Je devais animer l’émission et non cuisiner. Disons que la proposition est tombée à un moment où je ne pouvais pas la refuser - un passage à vide que tous les artistes de ce pays connaissent. J’ai quand même tenu un an et quatre mois.

Ça aide d’avoir un mari dans la communication ?
Oui, énormément. Surtout en conseil et en stratégie de communication. C’est très important, surtout lors de ces fameuses crises de choix.

Qui est la véritable star de ce pays ?
Les footballeurs, et les sportifs en général. Je pense à El Guerrouj, Aouita, Bassir et beaucoup d’autres, qui font vibrer les foules et exportent le Maroc partout dans le monde.

Il y a quelques années, travailler pour la télévision, vous étiez contre. Qu’est-ce qui a changé depuis ?
J’ai changé d’avis. J’ai vu de grandes stars mondiales faire de la télé. Et parce qu’à un moment ou à un autre, il faut jouer le jeu, rentrer dans le système. Mais je ne m’en plains pas. Tant que la télévision me permet de faire du théâtre comme je l’aime et souvent à mes propres frais, j’en ferai encore et encore.

Vous êtes une secte, vous autres Chamalis ?
Peut-être. Notre région a été marginalisée pendant plusieurs années, on s’est donc solidarisé pour lutter contre l’oubli et l’exclusion. On a donc tous essayé, chacun à sa manière, d’imposer notre culture et notre patrimoine.

Vous êtes pas mal engagée, dites donc !
Je l’ai toujours été. A 10 ans, je chantais Marcel Khalifa et une chanson spécialement écrite pour moi, par un ami, sur le carnage de Sabra et Chatila. Le Pacha de Chaouen avait même fermé le siège de notre association. À l’âge de 12 ans, alors que j’étais au collège et que je chantais pour les enfants de la Palestine, on m’accusait déjà de marxisme.

 
 
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