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N° 243
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Selma Mestiri,
correspondante au Moyen-Orient

Moyen-Orient. Explosion de violence en Palestine

(AFP)

À la crise économique et à l'impasse politique, se sont ajoutées cette semaine des violences meurtrières sans précédent entre Palestiniens.


Trois fois il l'a martelé. “Nous ne reconnaîtrons pas Israël”, a répété le 6 octobre dernier Ismaïl Haniyeh, le Premier ministre palestinien, devant des dizaines de milliers de personnes portant des casquettes et des drapeaux verts, aux couleurs de son mouvement, le Hamas. Et ce n'est pas un bref malaise, probablement dû à la chaleur et au jeûne du Ramadan, qui l'a empêché de poursuivre, sur le même ton, un discours
fleuve sur le bilan de son cabinet. Une réponse sans appel au président Mahmoud Abbas, chef du Fatah, qui, du haut de la tribune de l'ONU à New York, avait affirmé qu'un futur gouvernement palestinien d'union nationale reconnaîtrait automatiquement l'Etat hébreu.

Violences meurtrières
Il ne s'agirait que d'un épisode de plus dans le bras de fer qui oppose les deux parties, depuis l'entrée en fonction du gouvernement Hamas en mars, si ces désaccords ne s'étaient transformés en affrontements entre partisans des deux bords. Le week-end du 1er octobre, dix personnes sont mortes dans les territoires palestiniens. Pendant plusieurs heures, le centre de la ville de Gaza s'est transformé en champ de bataille. Une intervention de la Force exécutive du Hamas, sorte de milice parallèle contrôlée par le ministère de l'Intérieur, a mis le feu aux poudres. C'est après qu'elle ait tenté de disperser par la force une manifestation à Gaza que les heurts ont éclaté. Tout s'est alors emballé : à Naplouse, par exemple, deux militants présumés du Fatah ont incendié deux autocars d'une école gérée par le Hamas, avant d'ouvrir le feu sur la voiture d'un professeur proche du mouvement islamiste. Quant aux Brigades des martyrs d'al-Aqsa, liées au Fatah, elles ont tout simplement décidé de “condamner à mort la source de la discorde”, en citant Khaled Mechâal, le chef du bureau politique du Hamas en exil à Damas, ainsi que deux autres leaders du mouvement. à Ramallah, en Cisjordanie, une grève générale a été massivement suivie pour dénoncer la “répression” de manifestations par les forces du gouvernement Hamas. Ce dernier a pour sa part décrété une sorte de grève dans ses ministères en y suspendant toute activité pour protester contre les actes de violences de manifestants pro-Fatah : des sympathisants de Mahmoud Abbas ont en effet mis le feu au siège du gouvernement à Ramallah et saccagé les locaux du groupe parlementaire du Hamas. Les Palestiniens semblent aujourd'hui de plus en plus divisés : “Le problème aujourd'hui, explique à l'AFP Fadi, jeune militant du Fatah, est que tu ne sais plus qui est ton ennemi. Avant, c'était simple, c'était l'occupation. Maintenant, une voiture peut s'arrêter devant toi et ses passagers te tirer dessus”.

Retour au calme précaire
Haniyeh comme Abbas ont multiplié les appels au calme, se refusant à laisser une “guerre civile” meurtrir les territoires. La tension reste toutefois vive et remet la formation d'un gouvernement d'union nationale aux calendes grecques. Pourtant, la perspective d'un tel gouvernement semblait acquise, après que les deux parties se soient mises d'accord sur un document dit d'entente nationale, prévoyant notamment la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale (ce qui équivaut à une reconnaissance de l'Etat d'Israël). Mais rien n'y fait : malgré le boycott de la communauté internationale, qui le considère comme une organisation terroriste, le Hamas continue de souffler le chaud et le froid. A tel point que Mahmoud Abbas a menacé d'utiliser ses “prérogatives constitutionnelles”, c'est-à-dire de dissoudre le gouvernement et de convoquer de nouvelles élections. Et la position de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, venue soutenir Abbas lors d'une visite en Israël et dans les territoires palestiniens, ne risque pas d'arranger les relations entre Fatah et Hamas. Pendant ce temps, le bilan des Palestiniens tués par l'armée israélienne depuis le début de la deuxième Intifada en 2000 ne fait que s'alourdir. A ce rythme, il pourrait dépasser les 4500 dans les mois à venir.

 
 
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