Sahara. Le Maroc au pied du mur
Portrait. Madame la gouverneure
Interview Mahjoub Salek : "Le Maroc n'a rien compris au Sahara"
Partis. Objectif : jeunes
Météo. Les maîtres du temps
Humeur. Pourquoi je n'aime pas le Ramadan
Reportage. Nos (lointains) cousins roumains
Moyen-Orient. Explosion de violence en Palestine
France. Le Pen n'est pas mort
Reportage. Un marché de gros... enjeux
Portraits. Graines de cinéastes
Graffeurs. Faites le mur, pas la guerre !
N° 243
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Remsie des prix de la
nuit des Jamours 2005.

Nuit des Jamours. Le direct ou rien

C’est bel et bien un ultimatum qu’a lancé, lundi dernier, Faouzi Chaâbi à la SNRT. Intervenu lors de la conférence de presse d’annonce de la 5ème édition de La nuit des Jamours, l’organisateur a laissé entendre qu’en l’absence d’une diffusion en direct, l’évènement risquait d’être annulé. Le direct ou rien, l’ultimatum se justifie pleinement, la compétition intégrant le vote du public. Or, à cette date, la SNRT – également dans son droit - n’a toujours pas donné son aval pour le direct. “A 15 jours du Jamour, on ne peut pas rester dans l’expectative. Il y a des gens qui travaillent derrière, et de l’argent investi” martèle
l’organisateur. Chaâbi-SNRT, qui aura le dernier mot ? La réponse ne risque pas de traîner, les Jamours devant se tenir le 20 courant. En attendant, rappelons que la 4ème et Arriyadiya disputeront cette année la vedette à leurs aînées, avec à la clé 16 récompenses, sans oublier le Jamour “suprême”, prix du jury. Jury qui – pour éviter les situations de conflit d’intérêt - sera constitué de journalistes de la presse écrite, avec à leur tête Seddik Maâninou. Quant aux hommages, sur les trois prévus, seul un nom a été communiqué, Aziz Chihal. La nuit des Jamours devance ainsi sa concurrente directe Noujoum Biladi, prévue pour novembre, et qui envisage à son tour de rendre hommage au défunt animateur. Rendez-vous le 20 pour démêler tout ça.


Sortie. Les femmes d’Almodovar

Le dernier Almodovar sort enfin en salles, lui qui avait été le seul à réveiller un peu l’enthousiasme des critiques l’an dernier à Cannes. Moins sombre que le précédent La Mauvaise éducation, Volver procède d’une histoire simple, humaine. Dans les quartiers populaires de Madrid, des femmes se battent pour vivre, plus ou moins en accord avec les lois. L’hyperréalisme des premiers plans cède au poétique, avec l'apparition du fantôme de la mère auprès de sa famille, occasion d’un clin d’œil aux superstitions des petits villages de la Mancha. Hymne à la solidarité féminine. Parce qu’il faut le dire, les hommes n’appartiennent pas à l’univers de ce film, ils sont inutiles. Heureusement, les voisines sont là. Comme pour l’héroïne Raimunda (Penelope Cruz), personnage de caractère, terriblement émouvante dans la scène de la terrasse. Du cœur, des larmes, de la sincérité. Almodovar nous emmène jusqu’au bord du fantastique avant de nous ramener dans la réalité. Avec ça, une caméra maîtrisée, des couleurs éclatantes, une musique juste. Lumineux.

Au Mégarama



Maroc-Brésil. Le match ? Non, le carnaval !

“Le Maroc, royaume des sens, terre de promesse” (si, si !) : c’est dans ce thème que la mondialement connue Olodum, troupe brésilienne de samba-reggae née il y a 27 ans à Salvador de Bahia, puisera l’adrénaline de ses roulements de tambours sismiques pour le Carnaval brésilien 2007. Nulle surprise, vu l’incroyable engouement que vit le Brésil pour le Maroc depuis que la telenovela culte O Clone, histoire d’amour à l’eau de rose et de manip scientifique obscure entre Fès et Rio de Janeiro, a scotché le pays entier devant son écran en 2001-2002. Muito bom !


Tournage. En attendant Aoulad Syad

Le premier clap était prévu pour le 18 novembre. Mais le tournage de En attendant Pasolini, 4ème long-métrage de Daoud Aoulad Syad, devra patienter jusqu’à 2007 faute de budget suffisant. On trépigne, car l’histoire est aussi osée qu’alléchante : quarante ans après la venue dans le sud du maître cinéaste Pier Paolo Pasolini, pour le tournage d’Œdipe Roi (1967), le jeune figurant qui fut son amant, devenu vieillard, attend désespérément son retour dans l’anonymat de son petit village. C’est en visionnant à Agadir le documentaire de Ali Essafi, Ouarzazate Movie, sur les figurants marocains, que Daoud Aoulad Syad et son co-scénariste Youssef Fadel ont aussitôt décidé de se lancer dans un tel projet. “Le tournage est bien sûr prévu dans le sud, précise le réalisateur, mais pas à Aït Ben Hammou, où la fréquence des productions américaines a changé les rapports avec les gens, et tout y est plus cher”. L’argent, c’est du temps.


Awards indiens. On (re)tente le coup

Le cinéma indien tient à faire son show à Marrakech. Rappelons-le, l’année dernière, l’International Indian Film Academy (IIFA) avait retenu la candidature de la ville pour accueillir la sixième édition de sa cérémonie des Awards, aux côtés de Dubaï. Cette dernière avait finalement remporté la course, Marrakech n’ayant pu répondre à toutes les clauses du cahier des charges. “Pour satisfaire aux exigences de l’IIFA, il nous aurait fallu débloquer un budget de 40 millions de dirhams. Nous ne les avions pas”, résume le maire Omar Jazouli. Cette année, l’IIFA revient à la charge. L’Academy a recontacté la mairie pour un second essai. “Nous pouvons leur garantir la logistique, un budget aux alentours de 4 ou 5 millions de dirhams. Du reste, c’est à eux de trouver les sponsors (transport aérien, hébergement...). Mais on essaiera de trouver un compromis. Les Awards de l’IIFA, c’est tout de même 400 millions de téléspectateurs dans le monde et en direct”. Qui dit mieux ?


Télé. Big city life à Marrakech

Les équipes de la chaîne de télé Voyage viennent de plier bagages, après deux semaines de tournage à Marrakech où la chaîne a réalisé quatre épisodes de son nouveau magazine Big city life. Une série documentaire de quarante épisodes, de 52 minutes chacun, sur les dix plus belles villes du monde : Paris, New York, Londres, Los Angeles, Tokyo, Rio, Rome, Moscou, Bruxelles et bien sûr Marrakech. À raison de quatre épisodes par ville, le magazine raconte chacune d’entre elles à travers les intérieurs de ses personnalités (architecture, décoration, mode de vie... Le tout entrecoupé de saynètes du quotidien de la rue. Une belle promotion touristique. Pour la peine, le maire de la ville, Omar Jazouli, s’est lui-même prêté au jeu et a ouvert la porte à l’indiscrétion de la caméra.

À découvrir, à partir de fin octobre. Les jeudis à 19h50.



Atelier. Le cinéma de MEDA

Tous à vos scénarios ! MEDA Film Development, chapeauté par Ali N’ Prod pour accompagner les producteurs et scénaristes méditerranéens ayant un projet de long-métrage en cours, lance son édition 2007 (trois sessions d’une semaine à Marrakech). L’an dernier, seules deux petites candidatures marocaines étaient déposées, faute d’une bonne médiatisation, et vite écartées par les sélectionneurs. Le cru 2006 fleurait bon l’Algérie, Israël, le Liban, la Tunisie, la Palestine et la Turquie. Pitching, production dans un pays du Sud, relations producteur/réalisateur, psychologie des personnages, aspects financiers, juridiques, notions de marché et de marketing sont au programme de ces ateliers financés par l’UE et la Fondation du festival de Marrakech.

Inscriptions avant le 31 décembre 2006 sur mfd.ma



Expo. Chaleur au Chill

Calligraphies harmonieuses négligemment tracées, formes généreuses et généreusement entremêlées, dédales de signes naïfs surgissant d’un vif éclat de couleurs : la peinture de Selwa Tazi rayonne d’énergies positives, à l’image du message “peace and love” que l’artiste américano-marocaine veut diffuser depuis les meurtrissures de la guerre du Golfe, du 16 mai et tutti quanti… Selwa occupe donc les cimaises du très branché café Chill Out, spécialiste ès good vibes grâce à son ambiance culturelle pas snob (BD, kiosque, Wifi, bonne zic…). L’expo devait se terminer fin novembre, mais la propriétaire Anissa Benamour envisage une prolongation pour décembre et les fêtes de fin d’année. Plaisir d’offrir...

Chill Out, 4, rue Abou Mahassine Arroyani, Casa



Cinéma. Le premier Tribak

Mohammed Chrif Tribak a enfin bouclé le budget de son premier long-métrage. Entre parenthèses, film dont il cosigne le scénario et la réalisation avec Hicham Falah, sera produit conjointement par le fonds d’aide du CCM , le fond d’aide du festival du film d’Amiens, et le festival du Film de Donostia San Sebastian. Construit autour de parcours croisés d’étudiants, Entre parenthèses raconte le militantisme estudiantin dans l’université marocaine, au début des années 90. Les personnages seront campés par d’illustres inconnus que les deux réalisateurs se chargeront de former au rôle – approche qu’ils avaient déjà adoptée pour leur court métrage Balcon Atlantico. Le tournage démarrera en avril 2007.


Le livre.

Comment accède-t-on à l’élite du royaume ? Le sujet a été abordé par le passé, notamment par John Waterbury et Ali Benhaddou. S’appuyant sur une lecture poussée de ses prédécesseurs et une solide culture sociologique, Abderrahim Al-Atri a produit un essai sur la (re-)production des élites, qui annonce l’émergence d’une nouvelle génération de chercheurs en sciences sociales. Reprenant l’analyse segmentaire, l’auteur montre les secrets de l’entreprise politique où l’accès au pouvoir combine des facteurs modernes et d’autres plus traditionnels : alliances matrimoniales, cadeaux, proximité avec le makhzen, légitimité religieuse… Un ouvrage sans complaisance ni animosité, une bonne introduction au sujet.

Abderrahim Al-Atri, Sina’at annoukhba bil maghrib, Ed. Dafatir Wijhat Nadar




Humeur : Le couscous de l’UMA

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Marocains, Algériens, Tunisiens, tous frères devant un plat de couscous ? Pas sûr. Depuis des années, les trois peuples se livrent une concurrence sans merci pour être inscrit au Guinness Book des records à la rubrique “plus grand couscous du monde”. Les Tunisiens avaient ouvert les hostilités à la fin des années 80 en préparant un couscous de 250 kilos, bientôt rejoints en cuisine par les Algériens, avant que les Marocains n’y mettent leur grain de sel, en pulvérisant le record à Agadir avec un couscous d’une tonne et demie. Agadir en a gardé des séquelles pendant des années, une gasaâ géante plantée au cœur de la ville. Tout à la joie de la victoire, on avait oublié de ranger les ustensiles de cuisine. La gasaâ a fait tâche dans le décor pendant longtemps, mais ça valait le coup. L’impact médiatique fut saisissant, il y avait plus de journalistes pour couvrir l’évènement qu’à un sommet de l’UMA. Il est facile de voler la vedette à ces brassages d’air, peut-on rétorquer. Depuis que les “unionneurs” (en rond) se réunissent au café du coin, ils ont davantage droit à la rubrique des chiens écrasés qu’aux unes de journaux. Il n’en demeure pas moins que le Maroc est capable de grandes choses quand on titille son patriotisme sur ce qui compte vraiment pour lui. Ni le Sahara, ni la Palestine, et certainement pas l’UMA. Non, rien de tout cela. Juste la bonne bouffe.



L’escargot de Hassan
Hassan El Fad emmène son Docteur Ghlala faire un tour au Megarama de Casablanca, le 14 octobre. Une dernière représentation manifestement, puisque l’humoriste s’apprête à entamer l’écriture de son prochain One man show. Quelques fou-rires pour consoler les déçus par son absence télé-ramadanesque.


Jamel parle de sa télé
Jamel Debbouze a officialisé son projet télé au Maroc. Interrogé sur la question, en marge de la première marocaine d’Indigènes, l’humoriste a affirmé que le projet en était encore aux balbutiements et qu’il était coiffé par l’ancien directeur des programmes de Canal+, Alain De Greef.


Hip Hop au Rialto
Entre le rap “zonard” des Casa Crew et le hip hop bien élevé des Fnaïre, ça va remuer sec sur le “flex” du cinéma Rialto, le 14 octobre. Fanas du genre, vous savez ce qui vous reste à faire. Peut-être que les lanternes marrakchies vous offriront-elles un avant-goût de leur futur album Yed El Henna.

 
 
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