Sahara. Le Maroc au pied du mur
Portrait. Madame la gouverneure
Interview Mahjoub Salek : "Le Maroc n'a rien compris au Sahara"
Partis. Objectif : jeunes
Météo. Les maîtres du temps
Humeur. Pourquoi je n'aime pas le Ramadan
Reportage. Nos (lointains) cousins roumains
Moyen-Orient. Explosion de violence en Palestine
France. Le Pen n'est pas mort
Reportage. Un marché de gros... enjeux
Portraits. Graines de cinéastes
Graffeurs. Faites le mur, pas la guerre !
N° 242
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Fathallah Oualalou
et Abdeslam Ahizoune
(AIC PRESS)

Loi de finances. Les grandes lignes du Budget 2007

Deux conseils de gouvernement la semaine dernière, un conseil des ministres jeudi dernier... A priori, la Loi de Finances est fin prête pour être soumise au Parlement. Oualalou a jusqu’au 20 octobre pour présenter un budget 2007 qui met le paquet sur la cagnotte fiscale. La Loi de Finances prévoit des recettes fiscales d’environ 50 milliards de dirhams dont la moitié proviendrait de l’IS. Un premier point qui risque déjà d’être revu. Les patrons sont partis à la rencontre du premier ministre pour demander justement une baisse de cet impôt. Jettou avait même été sensible à la question et serait pour une petite fleur
aux patrons, qu’il avait essayé de négocier avec les Finances. Oualalou se montre, lui, indifférent. Son budget est serré. Côté ressources, il a déjà consenti une baisse de l’Impôt sur le revenu (IR). Les salaires supérieurs à 10 000 dirhams se verront ainsi appliquer le taux de 42 %, au lieu de 44% actuellement. Et côté recettes, l’Etat n’arrive toujours pas à limiter son train de vie. Les dépenses de fonctionnement devraient augmenter de près de 15 %. Les 7 000 départs en retraite dans la fonction publique seront remplacés et la masse salariale s’enfonce à plus de 60 milliards de dirhams. Oualalou compte même sur une cession de 4 % de Maroc Telecom pour joindre les deux bouts. Il compte boucler sa dernière Loi de Finances avec un déficit budgétaire de 3,1 % et une croissance de 3,4 %. Bref, les chiffres habituels de cet adepte des grands équilibres.


Airbus. Cap sur le Maroc

Les turbulences que connaît le constructeur européen Airbus semblent le mener droit au Maroc. Dès sa nomination le 10 octobre, Louis Gallois, le nouveau président de l’avionneur, a annoncé le maintien du plan de restructuration préparé par son prédécesseur, plan basé sur un élargissement de la sous-traitance. Une décision qui offre un potentiel d’affaires au Maroc que les responsables d’Airbus annoncent clairement. “Le royaume s’intéresse de plus en plus au domaine aéronautique. Il s’agit d’une relation win-win que nous poursuivrons avec le Maroc”, a déclaré David Dufernois, vice-président des ventes Afrique du Nord de la firme européenne, lors d’une rencontre avec la presse marocaine. Le constructeur européen sous-traite déjà plusieurs composantes au royaume auprès de plusieurs entreprises qui emploient déjà quelque 10 000 salariés.


Papetiers. La Fédération se déchire

Son nom est lui-même problématique : Fédération des Industries Forestières des Arts Graphiques et de l’Emballage (FIFAGE). Un fourre-tout créé par la CGEM pour regrouper cinq associations d’entreprises - dont l’activité va du papier à l’imprimerie en passant par le verre et le bois - qui atteint aujourd’hui le point mort. La cause : un décret soumis au Premier Ministre qui accélère la baisse des droits de douane. Un démantèlement qui n’arrange pas forcément les différents corps de métiers de la FIFAGE. Les imprimeurs, les distributeurs de papiers et les fabricants des cahiers scolaires approuvent tandis que les fabricants de papiers râlent. La Fédération, elle, va droit à la dissolution.


Télécoms. Et de deux pour Maroc Connect

Nouvelle victoire pour le troisième opérateur télécoms ! Après avoir obtenu gain de cause contre Maroc Telecom en août dernier, voilà que Maroc Connect voit de nouveau l’ANRT trancher en sa faveur dans le litige l’opposant à Méditélecom, concernant les tarifs d’interconnexion. Cette décision est intervenue suite à l’échec de la procédure de réconciliation entamée depuis plusieurs semaines. Pour les opérateurs, une telle décision est loin de surprendre : le temps où Maroc Connect, alors simple fournisseur d’accès Internet, se faisait débouter à répétition par l’ANRT, est donc bel et bien révolu. Le poids de son nouvel actionnaire, le holding ONA, ferait toute la différence.


Samir. Attijariwafa s’incruste

Quand Khalid Oudghiri, président d’Attijariwafa Bank, veut quelque chose, il finit par l’obtenir. Dernière démonstration : le financement du prêt de 3.5 milliard de dirhams accordé à la Samir pour financer la modernisation de son unité de raffinage, attendue depuis de longues années. Initialement, la Banque Centrale Populaire (BCP) était le seul chef de file du consortium bancaire prêteur. Pis encore, Attijariwafa était complètement écartée du deal. “Les gestionnaires de la Samir ne voulaient pas ouvrir leurs comptes à la banque de l’ONA, sachant que le holding aurait depuis longtemps des visées sur le groupe”, confient des sources proches du dossier. Mais, contre toute attente, la banque filiale du holding royal a fini par décrocher le marché et se retrouve même co-chef de file de l’opération, pour laquelle elle décaissera quelque 600 millions de dirhams.


Informatique. Naissance d’un champion

MATEL vient d’officialiser son absorption de la société PC Market. Un rapprochement que les opérateurs du secteur voyaient déjà venir depuis la création par les deux sociétés d’une filiale commune, dédiée au service après-vente. Le mariage entre les deux grossistes de matériel informatique (opérant dans le secteur depuis plus d’une vingtaine d’années) donne naissance au premier opérateur marocain du secteur, avec un chiffre d’affaires cumulé de plus de 500 millions de dirhams. En outre, la nouvelle structure aspire à étendre ses activités sur le marché maghrébin. Avec Capital Invest (fonds de capital investissement géré par BMCE) comme partenaire stratégique de l’entreprise, Matel a déjà identifié deux entreprises cibles pour prendre pied en Algérie et en Tunisie.



Billet. Concur’alliance

Deux par deux, les grands patrons du holding rentrent à l’amphi de l’université ONA. Bendidi le président fait l’appel avant de présenter le professeur Alain Simon, conseiller en stratégie et communication. Leçon du jour : un nouveau concept de gouvernance, la “concur’alliance”. Aussi antinomique qu’il puisse paraître, le terme existe en français. Selon le professeur, il s’agit de “savoir travailler avec la concurrence”. Un domaine où ces élèves excellent. Extraits imaginaires recueillis durant le cours :

Bencheikh de Centrale Laitière : “Avec les concurrents, il faut entretenir des relations de qualité, pour ne pas dire de “Jaouda”. Cela consiste, par exemple, en un lobbying pour fiscaliser les coopératives agricoles qui abusent des vaches”.

Rahou de Lesieur : “L’alliance entre concurrents doit être un mécanisme huilé, “Savolé” si vous préférez. Comme exemple, il ne faut pas hésiter à aller griller ensemble une affaire devant le juge”.

Zaz de Maroc Connect : “Avec les concurrents, la communication devra être aussi simple qu’un coup de fil. Démonstration : la révision à la baisse des tarifs d’interconnexion pour téléphoner moins cher à son rival”.

Oudghiri d’Attijariwafa : “La concur’alliance, c’est une affaire de champions, de gros comptes précisément. Annoncer des valeurs et des dates pour que les concurrents suivent en est la meilleure illustration”.

Alain Simon n’aura pas le temps de rétorquer. La cloche sonne, c’est la recréation pour les studieux patrons de l’ONA avant d’attaquer les travaux pratiques. Les concurrents vont goûter de la “concur’alliance” à toutes les sauces.



OFF !

Rachid Slimi est de retour à la CDG. L’ex-directeur des affaires générales de l’ONA revient cette fois-ci en tant que président du directoire de CDG Développement. Une filiale de la Caisse opérant dans le tourisme et l’immobilier à travers Sogatour, MHV et CGI. Serait-il en préparation pour devenir le successeur d’un Mustapha Bakoury attendu comme ministre au prochain gouvernement ? Pour nombre d’observateurs, rien n’est exclu.


Et encore un nouveau scénario pour le démantèlement du groupe Vivendi. A l’assaut cette fois-ci, ce sont les fonds d’investissement américains KKR et Permira. Dans les hypothèses de vente à la découpe du groupe, Maroc Telecom, la filiale performante, figure en bonne place. Trouver des repreneurs ne poserait aucun problème. Des groupes marocains assez boulimiques seraient même prêts à revoir toute leur stratégie dans le secteur.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés