Sahara. Le Maroc au pied du mur
Portrait. Madame la gouverneure
Interview Mahjoub Salek : "Le Maroc n'a rien compris au Sahara"
Partis. Objectif : jeunes
Météo. Les maîtres du temps
Humeur. Pourquoi je n'aime pas le Ramadan
Reportage. Nos (lointains) cousins roumains
Moyen-Orient. Explosion de violence en Palestine
France. Le Pen n'est pas mort
Reportage. Un marché de gros... enjeux
Portraits. Graines de cinéastes
Graffeurs. Faites le mur, pas la guerre !
N° 243
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

(DR)

Alerte bancaire. Attijariwafa cybersquatté

La semaine dernière, les internautes ont découvert avec stupéfaction sur la page d’accueil du site “atijariwafabank.com”, une bannière les invitant à boycotter Israël ! Certains ont cru à une opération marketing (d’un goût douteux) de la première banque du pays. Sauf que le site de cette dernière a été tout simplement victime d’une opération de “Cybersquatt”. Le site en question est en fait une duplication frauduleuse du site attijariwafabank.com, avec un “t” en moins sur l’adresse URL…

Cette technique est un dérivé du cybersquattage qui consiste à enregistrer des noms de domaines avec une faute de frappe dans le but de nuire à autrui. Il s'agit entre autres de déposer un nom proche d'une société afin de détourner le trafic de son site ou espérer le lui revendre très cher un jour… La combine semble bien fonctionner : non seulement les internautes pensent effectivement qu’ils sont sur le site du groupe bancaire, mais les faussaires arrivent même à récupérer les mails envoyés à la banque comportant la faute de frappe fatidique (le “t” en moins). Ils ont ainsi réussi à accumuler plusieurs emails contenant parfois des informations internes confidentielles (voire sensibles) pour la banque. Le plus étonnant, c’est que le nom du propriétaire de l’adresse faussée (ainsi que sa date d’acquisition qui semble remonter au mois de février 2005) figure le plus normalement du monde sur le registre mondial des noms de domaines… Aux dernières informations, la banque envisage de poursuivre le faussaire devant la justice.


Chirac. De Hassan II à Mohammed VI

Dans Chirac d’Arabie, paru mercredi, Eric Aeschimann et Christophe Boltanski (Libé) dressent le bilan de la politique arabe du président français. Le dernier chapitre “Papy Chirac” raconte comment le monde arabe s’est transformé pour lui en “cercle des amis disparus” : Assad, Zayed et bien sûr Hassan II, pour la mort duquel “il éprouve une peine réelle”. Ses relations avec les successeurs sont plutôt difficiles, mais “c’est avec Mohammed VI que la déception a été la plus forte”, rapportent les journalistes. Trop intrusif ? Mohammed VI aurait même lâché : “J’ai perdu mon père, ce n’est pas pour en avoir un nouveau qui vienne se mêler de mes affaires”.


Années de plomb. Un livre pour témoigner

Les témoignages sur les années de plomb, organisés par l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) entre février et juillet 2005, ont été compilés dans un livre attendu dans les prochains jours (Témoignages en toute liberté pour la vérité). Ces témoignages, pour rappel, étaient organisés en parallèle (et en réaction) aux auditions publiques de la défunte IER. Le document devrait contenir l’intitulé des jugements du procès symbolique des responsables des années de plomb, ainsi que certaines recommandations dont les plus importantes restent la traduction en justice des responsables et les excuses officielles et publiques de l’Etat marocain.


HACA. Ghazali à Sciences Po

Le président de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), Ahmed Ghazali, était l’invité, à l’IEP de Paris, du 16ème Forum de la régulation. Devant un parterre de juristes et d’économistes, il a brillé par sa présentation de l’expérience marocaine de régulation sectorielle. Assumant la proximité de la HACA – autorité administrative indépendante – avec le Palais, il a défini l’attitude de ce dernier de tutélaire, et a insisté sur la confiance accordée par le Roi, “ce qui a permis de faire face à des lobbies politiques et économiques qui avaient auparavant l’habitude de peser sur les décisions administratives” (sic).


Parlement. Ça bouge !

Les harakistes tissent leur toile dans la Chambre des représentants. Quatre membres du parti Al Ahd, avec à leur tête Najib Ouazzani, vont les rejoindre dés la prochaine rentrée parlementaire. Les anciens dissidents du parti de Mahjoubi Aherdane reviennent donc à leur source : la haraka. Ils laissent derrière eux une alliance socialiste (PPS + PSD + Al Ahd), qui s’est reconstitué un groupe parlementaire (21 élus) après avoir recruté quatre parlementaires… venus de la haraka. En un mot, on reprend les mêmes, on les redispose différemment, et la vie parlementaire continue son ronronnement habituel. Bravo tout le monde !


Politique-fiction. Dgharni indésirable

Qui veut la peau d’Ahmed Dgharni ? Le trublion amazigh assure avoir subi une tentative d’homicide volontaire le 28 septembre quand il était au volant de sa voiture. Mais, curieusement, il n’arrive pas à définir ses agresseurs. Tout ce dont il se rappelle, c’est que “quelque chose (l)’a poussé dans un ravin sur la route reliant Hay Riad à l’autoroute de Témara”. Une voiture ? Une panne technique ? Il ne sait pas. “Quand j’ai remonté le ravin, j’ai trouvé deux camions en stationnement et des gendarmes qui ont refusé d’établir un PV. Ils m’ont dit que je suis tombé tout seul”, poursuit l’accidenté. Dgharni est connu pour ses positions en faveur de la “normalisation entre les juifs et les amazighs” (sic !). Pour lui, c’est son parti amazigh, non reconnu officiellement, qui est visé. Une dizaine de militants amazighs font circuler une pétition pour demander toute la vérité sur cette affaire. Curieuse histoire...



Billet. La Constitution, daba

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Et si on allait aux prochaines élections avec une nouvelle constitution, plus pratique, moins royale, sans article 19, avec un premier ministre moins effacé, un parlement moins caricatural et une justice plus fiable ? Hein ? Dorénavant, la question n’est plus fictive, mais traduite, couchée sur papier. Un pool d’associations fort visibles (Fondation Abderrahim Bouabid, Transparency Maroc, Alternatives, 2007 Daba…), ont en effet établi un mémorandum à usage public défendant l’option d’une constitution 2007 applicable. Le préalable de cet appel est clair : il ne suffit pas de faire du cosmétique et de la communication pour donner confiance aux électeurs et les attirer aux urnes. Il faudrait refaçonner le système pour que les élus ne fassent pas de la figuration, que le gouvernement soit réellement issu de la volonté du peuple et que la décision politique ne soit pas complètement phagocytée par le sérail.
La nouveauté de la démarche est patente. Jusque-là, l’appel à la réforme constitutionnelle a toujours été une cuisine interne des partis, auquel riposte le Palais selon le bon vouloir du prince. Aujourd’hui, ce n’est plus la société politique, mais civile, qui prend l’initiative de lancer le débat, sans que cela prenne la forme archaïque d’un échange épistolaire, confidentiel, entre les politiciens et le cabinet royal. Cela permettra-t-il, enfin, de traduire l’essai, de passer à une constitution moins makhzénienne ? Ce n’est pas gagné d’avance. Le pire serait que cette plateforme soit tout juste un alibi, un prélude sophistiqué pour s’assurer plus de participation au suffrage universel. Tout dépendra, alors, de l’intérêt que chacun va y accorder. Il suffit de croire que sans changement des règles du jeu, les élections resteront une formalité sans effet sur notre vie politique, pour que cet appel ne reste pas lettre morte. Alors disons-le en chœur : “la Constitution, daba !”.



Insolite. Ivresse fatale

c’est une histoire vraie, rapportée par l’agence de presse AFP. Un couple, surpris en plein rapport sexuel dans une mosquée (en plein ramadan !) pas loin de la capitale, a été condamné, en début de semaine, à 18 mois de prison ferme. Le couple a été surpris par un fidèle, “intrigué par les bruits provenant d’un endroit sombre de la mosquée” explique la dépêche. Devant le tribunal, les deux malheureux se sont confondus en excuses, espérant s’attirer la mansuétude des juges. Lui : “J’étais ivre, je pensais me trouver dans un hôtel !”. Elle : “J’étais trop ivre pour savoir ce qui se passait !”. Le juge qui les a condamnés à 18 mois de prison chacun a trouvé leur attitude “abominable”. Dernier détail : l’histoire a eu lieu au Kenya. Ouf !


Parti. Le PJD place ses pions

C’est finalement Lahbib Echchoubani qui a été retenu comme président du groupe parlementaire du PJD. Lahcen Daoudi et Mohamed El Omari ont été reconduits dans leurs postes au bureau de la Chambre des représentants, respectivement en tant que vice-président et trésorier. Quant aux portefeuilles des commissions, il faut attendre la rentrée parlementaire, le 13 octobre. Le PJD ne sait pas de quelle commission il va hériter. En tout cas, il s’est préparé à toutes les éventualités. Si jamais il réussit à avoir la commission de la Justice, c’est Mustapha Ramid qui la présidera. Les secteurs sociaux iraient à Bassima Hakkaoui. Si le parti hérite de la commission des Affaires étrangères, c’est Soumia Benkhaldoun qui la piloterait.


Aït Keddour. Questions pour des champions

Mohamed Aït Keddour, ancien opposant au sein de l’UNFP et compagnon de Fqih Basri, vient de lancer un pavé dans la mare de l’USFP, par la diffusion d’un document écrit où il invite les résistants d’hier, mais aussi les historiens, les chercheurs (et les anciens hommes d’Etat) à répondre à un large échantillon de questions. Exemples : qui a tué Ben Barka et qui en a donné l’ordre ? Et Omar Benjelloun ? Et Houcine Manouzi ? Et Abbes Messaâdi ? “Il est temps que les rescapés, les témoins, et tous ceux qui disent que le passé noir est révolu se départissent de leur réserve”, s’insurge Aït Keddour. Sera-t-il pour autant entendu ?


Tina Arena et le Maroc. Too much love !

Tina Arena, la chanteuse australienne, aime le Maroc. “C’est un rêve d’enfance que je réalise (en venant au Maroc)”, a-t-elle déclaré à notre confrère mensuel Citadine. La suite est encore plus émerveillée. “Ce pays est extraordinaire à mes yeux de par sa richesse culturelle, son architecture, sa chaleur humaine, sa cuisine, etc”. L’extase de l’adorable Tina se poursuit en des termes encore plus extraordinaires : “J’ai beaucoup voyagé dans ma vie et je pense vraiment qu’il y a très peu de pays dans le monde qui portent en eux une telle gentillesse et un tel respect de chacun. Je dirais même que venir au Maroc doit être obligatoire pour tous les gens”. Tina aime tellement le plus beau pays du monde qu’elle souhaite ne pas le voir changer : “J’espère que le Maroc ne sera pas trop développé pour ne pas perdre son patrimoine et son cachet bien particuliers”. Tu plaisantes, Tina ?


Élections. Plus de femmes ? Hum…

Les consultations sur la loi électorale sont pour bientôt. Les femmes ont donc démarré leur lobbying pour renforcer leur présence au Parlement. “Le mouvement pour le tiers des sièges élus aux femmes” a adressé son mémorandum au gouvernement et aux différents partis politiques. “Nous avons rencontré l’USFP et le PPS qui nous ont assuré de leur soutien, mais nous ne savons pas s’ils vont le maintenir parce que tous les partis ne sont pas d’accord sur le principe même de la liste nationale”, déclare Khadija Errebbah, membre du comité de suivi. Résultat : les femmes ont beaucoup d’incertitudes sur le sort de leur revendication. Tenez bon Mesdames ! Même s’il y a très peu de chances pour que votre demande se réalise (c’est l’avis des politiciens), vous aurez au moins essayé !


Constitution. La 2ème Chambre divise

Le sort de la 2ème Chambre du Parlement (suppression ? réforme ?) a fait l’objet d’un débat animé, cette semaine à Rabat, auquel a appelé “le Mouvement pour la revendication d’une constitution démocratique”, un collectif formé en 2002 autour de certaines personnalités de gauche. La question, sur laquelle aucune formation politique n’a réellement tranché, peut sembler anodine mais elle divise réellement les partis, même au sein de la gauche généralement encline à la suppression de la 2ème Chambre. “Se contenter de supprimer la chambre des conseillers ou de la réformer sans conséquence revient à amender la Constitution sans vraiment l’amender” nous a résumé l’un des participants. Tout à fait d’accord.


Jet Set. Bill Gates à Marrakech

La ruée de la jet set internationale sur Marrakech se poursuit. Cette fois-ci, c’est au tour de Bill Gates, l’homme le plus riche de la planète, de goûter au charme de la cité ocre. Arrivé il y a quelques jours sous bonne escorte à bord de son jet privé, Gates a choisi d’élire domicile au Kasbat Damodat, un palace digne des mille et une nuits appartenant au milliardaire britannique Richard Branson, situé sur les collines du Haut Atlas à une quarantaine de kilomètres de Marrakech. Et c’est sous le faux nom de “Turner” que Monsieur Microsoft s’est enregistré à son arrivée à l’hôtel. Question de passer incognito. Raté, Billy !


Sahara. Abdelaziz la Menace

Tapis rouge pour le patron du Polisario à la radio nationale algérienne Chaîne II. Invité cette semaine de l’émission “Questions internationales”, Mohamed Abdelaziz a expliqué par exemple que “Rabat s’est toujours singularisé par ses attaques contre ses voisins, la tentative d’invasion de l’Algérie par le Maroc en 1963 en est un exemple”. Pour ce qui est de la menace (du Polisario) de recourir à nouveau aux armes, Abdelaziz a expliqué que “c’est un cas de légitime défense que le peuple sahraoui exercera si le Maroc persiste dans son attitude empêchant l’application du droit à l’autodétermination” et que, de toutes les façons, “les Sahraouis ne baiseront pas la main du roi Mohammed VI”.



3 questions à Ahmed Assid (Membre de l’Institut royal de la culture amazigh)

Qu’est-ce qui vous énerve dans la position de la SNRT vis-à-vis du tamazight ?
Nous n’avons pas compris la déclaration de Fayçal Laraïchi refusant l’octroi d’un quota au tamazight sur nos chaînes. Nous nous sommes pourtant mis d’accord avec le gouvernement pour que l’amazigh représente 30% du volume horaire. Fin 2006, rien n’a été réalisé. Au lieu de produire, la SNRT a pris de vieilles émissions en arabe et les a doublées en tamazight. Et récemment, elle nous annonce la création d’une chaîne pour “les chleuhs”.

Vous n’appréciez pas l’idée d’une chaîne 100% amazigh ?
On veut nous cantonner à une chaîne spéciale, difficilement captable, à l’image de la Quatrième. Les amazighs paient des impôts pour 2M et TVM. Et ils veulent qu’on parle leur langue sur les petits écrans et les radios, au même titre que l’arabe et le français. Sinon, qu’on les exonère de cet impôt !

Enseignement, médias…votre bras de fer avec le gouvernement est bien pénible ?
Certains centres de pouvoir panarabistes bloquent notre action. Ils vouent une haine viscérale à notre langue. On veut nous faire croire qu’il n’y a pas assez d’argent pour les productions amazighes. Et pourquoi il y en a toujours pour les autres langues ? Ni Arriyadia, ni la chaîne coranique et encore moins celle de Laâyoune n’ont été réclamées par l’opinion publique comme le sont actuellement les émissions berbères.


PSU. La loi du nombre

Le Parti socialiste unifié (PSU) prépare son 2ème congrès, attendu en décembre prochain. La jeune formation devra plancher sur les élections 2007, à la lumière de la nouvelle loi sur les partis. Pour le reste, peu de changements devraient affecter la “tête” du PSU, actuellement dirigé par Mohamed Moujahid et trois adjoints parmi lesquels Mohamed Sassi. Les changements devraient plutôt affecter le nombre de personnes siégeant dans les deux instances principales du parti, bureau politique et conseil national (respectivement 27 et 182). Ces chiffres devraient être revus à la baisse, “pour homogénéiser les prises de décision” nous explique ce dirigeant du PSU.


Radios marocaines. Le classement

Un sondage effectué, en septembre dernier, établit un classement des audiences (dans la période scannée) des radios “marocaines” qui ne manque pas d’intérêt. Selon ce document, c’est Casa FM qui arrive en tête suivie, dans l’ordre, de radio 2M et Medi 1. Notons, parmi les principaux enseignements relevés dans le document, que Radio Sawa (américaine) devance la RTM version arabophone, et que Radio Mohammed VI, dédiée à la religion, se traîne en queue de peloton derrière Chada FM ou encore Hit Music. Le classement a été établi sur les audiences des radio à Casablanca, Rabat, Fès et Marrakech, à l’exception de Casa FM (Casablanca) et Hit Music (Casablanca – Rabat)


Rapport. SOS pédophilie

Un rapport du Centre marocain des droits de l’Homme (CMDH) revient sur différentes affaires de pédophilie au Maroc. Le rapport démarre en 2005, avec l’affaire du resto-bar de Marrakech tenu par deux frères français qui ont abusé d’une cinquantaine d’enfants. Plus près de nous, en juillet 2006, une trentaine de jeunes filles, dont la plupart sont mineures, sont arrêtées en compagnie de ressortissants du Golfe arabe à la Palmeraie. D’après le CMDH, les origines du phénomène sont à chercher dans la pauvreté, le manque d’éducation sexuelle auprès des enfants et l’indulgence de la loi : un viol d’enfant n’est puni que de cinq ans.


Debbouze. Algérie mon amour

Sous le titre “Indigènes : la grande supercherie ?” le Quotidien d'Oran dénonce un film financé en partie par “des proches de Mohammed VI”, et y voit le lancement d’“une vaste opération de communication franco-marocaine” durant laquelle on a pu voir s'afficher “Jacques Chirac et Jamel Debbouze côte-à-côte, complices, à l'avant-première du film à Paris, à l'issue de laquelle le président français a annoncé sa décision concernant les pensions”. Pour finir, le journal charge Jamel, accusé d’avoir “volé la vedette au réalisateur du film, d'origine algérienne, Rachid Bouchareb, auquel revient pourtant le mérite de la réussite du film”. Nos confrères algériens ne sont pas les seuls à avoir perdu leur sang-froid, leurs autorités aussi : Jamel Debbouze, en effet, s’est vu refuser le visa pour assister à l’avant-première algérienne.


Débat. Qui peut manifester ?

C’est un fait : la cherté de la vie a donné lieu, en réaction, à des manifestations de rue aussi nombreuses que peu populaires. On est loin, très loin des émeutes du pain de 1981 qui ont été à deux doigts de déstabiliser le trône. Les manifs version 2006 ont donné lieu, au moins, à un débat : qui a la légitimité de conduire de telles manifestations de colère, les syndicats (comme hier) ou les ONG (comme aujourd’hui) ? Plusieurs sensibilités politiques et syndicales ont coché la première case (syndicats). L’AMDH, principale cible de ce beau monde, réplique en déclamant, comme nous l’explique ce dirigeant, que “les droits économiques et sociaux sont partie intégrante de la charte des droits de l’homme”. Plutôt logique.


Distinction. Viva Selma !

La journaliste de 2M Selma Mhaoud devait recevoir, le 13 octobre à Paris des mains du premier ministre Dominique de Villepin en personne, la mention spéciale du jury dans le cadre du Prix international de l’enquête. C’est son reportage “L’innocence volée” (52 mn), traitant de la pédophilie au Maroc et diffusé en avril dernier dans le magazine “Grand Angle”, qui a suscité l’attention du jury français. Mariages de mineures, tourisme sexuel, traitement par la justice des pédophiles y étaient abordés, séquences en caméra cachée à l’appui, pour “évaluer l’impact de la campagne anti-pédophilie”, rappelle la journaliste. Bravo !


Associatif. Bientôt Moroccan Watch

L’Association des familles de victimes de l’immigration clandestine (AFVIC) prend du poil de la bête. Comme l’annonce son président Khalil Jemmah, il n’est plus question pour l’asso de Khouribga de se focaliser sur le seul drame du hrig, mais de “combattre toute forme d’atteinte aux droits de l’Homme”, devenant dès le mois prochain Moroccan Watch. De fait, Jemmah et consorts s’intéressent de près à la condition ouvrière à Khouribga, regrettant et dénonçant la précarité dans laquelle de nombreux travailleurs sont maintenus et préparant en parallèle un reportage pointant les discriminations que subiraient encore, en termes d’éducation, de soins et de loisirs, les enfants des ouvriers du phosphate. Vous avez dit engagé ?



Humeur. Hollywood

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Vous connaissez Francis Coupola ? Robair Ridfor ? Adil Imane ? Mikhael Duglace ? Miki Rouk ? Alan Deu-lon ? Martin Scorschizo ? Moi, si. Et ma playlist est aussi longue qu’une file indienne. Ce sont ces noms tordus, sérieusement reliftés, que je pouvais recueillir, jadis, en essayant de faire le tour des salles de cinéma pour connaître les programmes de la semaine. Quelle idée ! L’exercice avait quelque chose de surréaliste. “Allo, oui, oui, je peux venir chercher le programme s’il vous plaît ?”. C’était parti. Armé de mon courage et d’un dico de poche, je devais affronter une armée de gardiens et de coursiers plus suspicieux les uns que les autres avant de “finir” chez une secrétaire qui me “tapait” les noms des films sur un dactylo digne de Derb Moulay Chérif et me servait le paquet final comme un vulgaire pop corn. C’était magnifique. La fille pouvait m’adresser la parole, dans un élan de compassion, pour m’expliquer : “Le brogram m’a été cominiké par le girant, je vous le recoupi et le seizi et vous le donne !”. Merci. Quand je n’arrivais pas à déchiffrer l’énigme posée par le nom d’un réalisateur, d’un acteur ou d’un film, je pouvais, avec de la chance, obtenir l’explication du gérant, magnanime, au bout du fil : “Ah bon ! Vous êtes vraiment sûr que c’est le même Coupola qui a réalisé le Parent un et deux et trois ?”. Une fois, un gérant plus raffiné que les autres a pris la peine de m’appeler : “Je vous invite à l’avant-première d’un film sur la Vodka !”. Vérification faite, il s’agissait d’un nouveau James Bond… sponsorisé par une marque de vodka et une flopée d’autres produits ! Tu comprends, mon ami, pourquoi je frémis de plaisir chaque fois que je passe devant le Mégarama, ces affiches de rêve (même si elles correspondent, neuf fois sur dix, à de gros navets hollywoodiens), ces machines à pop corn, ces guichets automatiques, ces filles et garçons chic et choc, etc.



VITES !

L’organisation des élections 2007 devra coûter une enveloppe de 500 millions de dirhams à l’Etat, soit 40 % de moins que ce que devra coûter le dossier droits de l’homme (700 millions). C’est ce qu’a déclaré le ministre des Finances, Fathallah Oualalou, dans une interview publiée la semaine dernière par notre confrère “La Vie Eco”.


Le dossier de l’Orphelinat d’Aïn Chock a de nouveau été reporté au 21 novembre prochain. Motif : la convocation de témoins qui n’étaient pas tous présents à l’audience du 10 octobre. Les neuf accusés, dont l’ancien directeur de l’orphelinat Mohamed Kassi, ont tous comparu en état de liberté provisoire.


Les autorités n’ont finalement pas permis aux abolitionnistes de la peine de mort, regroupés dans un collectif de sept ONG, de tenir leur sit in devant le Parlement en début de semaine. Actuellement ils sont 129 condamnés (dont 7 femmes) à attendre dans le couloir de la mort. La dernière exécution dans le pays, remonte à 1993 (celle du commissaire Tabet).


Hicham Harbouli s’en est plutôt bien sorti. Alors qu’il avait été condamné à 20 ans de prison ferme par contumace dans l’affaire Erramach, le trafiquant, qui a été dernièrement remis par la police espagnole à son homologue marocaine, vient d’être condamné à 10 ans de prison ferme par la Cour d’appel de Tétouan.


Al Jazeera International, pendant anglophone d’Al Jazeera dont le lancement est très attendu, déposera bientôt ses caméras au Maroc. “The Listening Post”, émission hebdo qui “scrute le traitement de l’info dans le monde”, prépare un documentaire sur le développement des médias marocains. A eux de juger…


On n’aime pas les Marocains en Espagne. C’est ce que vient de révéler un sondage réalisé par l’institut Demoscopia pour le compte de la chaîne ABC. Basée sur un système de notation de 1 à 10, l’enquête a valu aux Marocains une piètre note de 3,7, devancés par les Subsahariens qui récoltent un 4,3.


Les titres de prince et de princesse seraient désormais réservés au cercle restreint de la petite famille royale, d’après des sources fiables. En fait, par cette décision lourde de sous-entendus, la monarchie ne ferait que perpétuer une pratique usitée ailleurs (Europe) où le titre de prince est généralement réservé à la petite famille royale.
 
 
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