La liberté à leuropéenne, non merci !
Quelque chose me gêne dans tous vos articles touchant aux phénomènes de société. Vous présentez notre société comme un produit inachevé, un rejeton malade. Jai limpression que vous nadmettez pour seul modèle que la société européenne. La modernité, selon vous, ne peut se faire quen se détachant des valeurs véhiculées par les traditions. Nous aspirons tous à la liberté, mais avec une nuance : nous ne voulons pas de la liberté à leuropéenne. Certains de vos journalistes semblent déjà voir lavenir, en affirmant savoir dans quel sens évoluera la société, avec une arrogance singulière. Je respecte votre point de vue car je suis pour la liberté dexpression, mais je trouve quil na rien doriginal. Vous croyez rassurer le peuple en relevant les apparences de modernité dans notre société, en lui disant : "imitons, cest la solution". à mon avis, la solution nest pas dans la rupture avec les racines, mais dans la réconciliation entre traditions et modernité. Certes, cest plus difficile que dimiter.
Dix millions et une babouches
Dans son billet 10 millions de babouches (TelQuel n° 242), Fahd Iraqi assimile notre artisanat à des babouches. Cest dommage. Oui, Adil Douiri n'a sûrement pas de baguette magique, mais il a compris le potentiel de notre artisanat qui n'a rien à envier à celui des autres pays. Je vous convie à aller faire un tour à Sidi Ghanem, à Marrakech, pour constater la richesse de notre artisanat et découvrir les jeunes entreprises du secteur qui ne cessent d'innover. Elles sont confiantes, vont à la conquête de nouveaux marchés et croient dur comme fer à l'avenir de ce secteur très porteur. Il fleurira, avec ou sans les babouches, dans le plus beau pays du monde. Au grand dam des détracteurs cyniques.
Déco schizo
Votre dossier sur la schizophrénie marocaine ma donné envie dy apporter une précision. Au Maroc, règne aussi la fierté exagérée. Souvent, on nous juge uniquement sur les apparences. Dans les intérieurs marocains, on trouve des armoires de type vitrina où lon expose des tbassel taouss. Ailleurs, ce meuble ferait office de bibliothèque. Chez nous, cest un espace dexposition. Et pour être tranquille, il nous faut deux salons : un beldi et un roumi, qui occupent parfois plus de 50% de la surface habitable. Les ménages y investissent beaucoup dargent, alors quils ne les utilisent quune fois par an, voire jamais. Et la liste des exemples est encore bien longue.
On refait le match !
Dans votre dossier Le règne du foot ( Telquel n° 242), vous avez écrit que Abdelkhalek Louzani avait été remercié quelques semaines avant le mondial américain de 1994, et quelques jours après avoir réussi à qualifier le Maroc à la Coupe du Monde. Cette information n'est pas tout à fait exacte. En vérité, Abdelkhalek Louzani a été remercié quelques semaines avant le dernier match des éliminatoires contre la Zambie.
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