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Par Driss Bennani
Ma mission nest pas de défendre limage du Maroc
| Antécédents |
Selma Mhaoud
Reporter à 2M
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| 1996. |
Diplômée de lIscae. |
| 1997. |
Première expérience journalistique. |
| 1999. |
Départ pour les Etats-Unis. |
| 2002. |
Intègre 2M. |
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Smyet Bak ?
Abdelhamid Mhaoud.
Smyet mok ?
Zoubida Regragui.
Nimirou dla carte ?
BE 612 218.
Vous avez récemment reçu, en France, la mention spéciale du jury dans le cadre du Prix international de lenquête pour votre reportage lenfance volée sur la pédophilie au Maroc. Comme quoi, le malheur des uns fait le bonheur des autres
Cest un peu notre drame, à nous autres journalistes. On se nourrit des malheurs et parfois du bonheur des gens. On fait une intrusion dans leur vie privée, on les pousse à exprimer ce quils ont au plus profond deux-mêmes puis on disparaît, on passe à autre chose. Je tiens quand même à rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce reportage. Ils mont tous apporté quelque chose et je les en remercie. Je retiens une chose essentielle : les jeunes à qui on a eu affaire lors du tournage nont plus aucun repère identitaire ou culturel. Ils sont complètement paumés.
Si vous avez eu ce prix, cest aussi parce que vous avez touché une corde sensible chez nos amis de lHexagone, non ?
Certainement, il y a une conjoncture qui a favorisé mon travail. Mon reportage est tombé deux mois après la diffusion du reportage dAntena 3, entièrement tourné en caméra cachée. Jai découvert quen France, il y avait de nombreuses idées reçues sur la pratique du journalisme au Maroc. Jai dailleurs été la seule étrangère primée lors du concours. Le jury a salué le courage du reportage. Il y a en effet un petit côté bougnoulesque.
Vous avez fait du journalisme après un diplôme de grande école de commerce. LIscae, cétait pour faire plaisir aux parents ?
À ce moment, je ne savais pas encore ce que jallais faire de ma vie. LIscae, cétait pratique parce que cétait à Casablanca, que cétait une grande école, que cétait gratuit et quil y avait une piscine dans le campus. Jai ensuite atterri dans une banque où jai fait la connaissance de journalistes qui mont présentée à mon premier employeur. Cest comme ça que ça a démarré.
En 1999 pourtant, vous profitez dun déplacement professionnel aux Etats-Unis pour vous y installer définitivement. Quest ce que vous avez fui ?
Rien, je nai rien fui. Hassan II était mort cet été-là. Javais donc beaucoup despoir, je croyais au changement. Je me disais que le contexte était intéressant ne serait-ce que sur un plan journalistique. Jattendais quelque chose, mais je doutais aussi. Quand loccasion sest présentée aux Etats-Unis, je lai saisie. Je suis restée deux ans à New York, et ce nest quune fois de retour au pays que jai découvert tout ce que javais raté.
Pédophilie, tourisme sexuel, pornographie
Vous savez quaux yeux du ministère de la Justice, vos reportages contribuent à la démoralisation de lopinion publique ?
Et pas quaux yeux du ministère de la Justice, rassurez-vous. Beaucoup de gens me reprochent la même chose mais jassume complètement. Je parle de ce qui se passe, et de ce que je vois en tant que citoyenne avant dêtre journaliste. Cest une insulte à lintelligence des Marocains que de vouloir leur cacher des vérités quils vivent au quotidien. Notre mission, ce nest pas de défendre limage du Maroc.
En tant que service public, un peu, quand même
Ce nest pas ce qui prime, croyez-moi. Mon souci, cest de présenter un travail propre et honorable. Si par la même occasion, jinitie un embryon de débat, cest le jackpot.
Vos amis vous appellent le culbuto ou le bouledogue. Quest-ce que vous voulez vous prouver, exactement ?
Jai toujours un sentiment dinachevé. Je ne lâche pas prise.
Je refuse daccepter les contraintes. Je me dis quil y a toujours un moyen pour le faire. Ce nest pas toujours intelligent comme posture. Mais aujourdhui, jy vois plus clair. Cest lenquête qui mattire le plus.
Ça vous aurait facilité lexistence dêtre un mec ?
Professionnellement, non. Cest exactement pareil. Sur un plan personnel maintenant, et vu mon rythme de vie, ça aurait été plus simple pour un mec.
Vous aimeriez quun jour, un ouragan porte votre nom ?
(Rires) Je ne voudrais pas avoir de morts sur la conscience, mais jaimerais bien couvrir lévénement. |
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