USFP. Les "nouveaux socialistes" arrivent
Religion. Les chasseurs de lune
Mohamed Aït Kaddour. "Quand nous étions révolutionnaires"
Police. Bye bye les GUS !
Portrait. Qotbi show
Casablanca. Le Parc des princes de Bourgoune
Muhammad Yunus. Le prêteur d'espoir
Israël. Un président dans la tourmente
Polémique. Eau, chère eau
Mohamed Habachi. On l'appelait Miloud
Ali Essafi. La quête des héros perdus
N° 244
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine Culture

Carmen Lebbos

Tournage. Whatever Nabyl wants

Il voulait un film avec une histoire universelle. Il voulait le plus gros budget jamais accordé à un réalisateur marocain. Il voulait un casting cosmopolite. Et il a fini par les avoir. Quatre ans après le polémique Une minute de soleil en moins, Nabyl Ayouch remet sa casquette de réalisateur et tourne Whatever Lola wants. Pour l’histoire, Lola, jeune newyorkaise-type vit entre deux Egyptiens qui ne s’aiment pas. Youssouf, son voisin et meilleur ami gay, et Zak, son grand amour macho. Le premier lui fait découvrir Asmahane, une légende de la danse orientale. Le second décide de rentrer au pays et renoue avec le
conservatisme ambiant de sa société. Par amour pour lui et pour la danse orientale, Lola décide de le suivre… Le scénario - remanié une douzaine de fois en trois ans - est signé par Nathalie Saugeon, coscénariste avec Nabyl Ayouch de Ali Zaoua. On ne change pas une équipe qui gagne, sauf peut-être pour le cas Saïd Taghmaoui, initialement pressenti pour le rôle de Zak avant d’être remplacé par le phénoménalement charismatique Assâad Bouab. Et puis il y a Lola, interprétée par la jeune et fraîche Laura Ramsey (She’s the man, Le pacte du sang). Quant au rôle d’Asmahane, il revient à la Libanaise Carmen Lebbos - les initiés au jeune cinéma libanais ont pu la remarquer dans West Beyrout. Il voulait un casting cosmopolite, disait-on ! Pour coucher sa couteuse histoire sur pellicule, Ayouch - actuellement en tournage à Casablanca - a convaincu Pathé Films de boucler un budget dont on se contentera de dire qu’il est colossal puisque le réalisateur continue à entretenir le mystère. Alors, Whatever Nabyl wants...


Sortie. Love long

A la mort de sa mère dont elle ne se souvient pas, Pursy Will retourne à la Nouvelle Orléans dans la maison qu’elle pense sienne. L’y attend un improbable couple : Bobby Long, prof de littérature malade et aigri, et son protégé, unis par un pacte opaque. Entre les larmes de whisky et les larmes tout court, les personnages habités se harponnent le cœur en citant Hemingway : John Travolta offre son meilleur rôle de composition depuis longtemps, Gabriel Macht séduit et intrigue, Scarlett Johansson sublime le tout et passe près d’un Golden Globe. Dommage que les distributeurs aient attendu deux ans et les hits de la multi-égérie pour sortir cette poétique chronique sur un trio de désaxés meurtris par la vie. Traînant ses plans paresseux et baignés de lumière dans la moiteur de la Louisiane, Love song, de Shainee Gabel, donne la mesure du temps qui passe, routinier, meurtrier et rédempteur, lent comme une plainte de blues. Prévisible, il se laisse pourtant savourer avec plaisir. Long en bouche.

Au Mégarama.



Expo. L’ordinaire identitaire

Voilà près de vingt ans que ce fils de légionnaire italien et d’une berbère du Moyen Atlas photographie le Maroc dans son intime quotidien. Via un noir et blanc intemporel à l’accent documentaire probablement issu de ses reportages pour des ONG, Joseph Marando, né à Agadir en 1956, piste son propre héritage maternel et le sens du mot “immigration”. Se présentant comme un pur produit de l’éducation populaire, Marando est avant tout attaché à la portée citoyenne de son travail. Bienvenue dans son buena vista social club.

“Maroc ordinaire” de Joseph Marando.
Du 1er au 30 novembre à l’IF de Casablanca.
Vernissage le 1er novembre à 19h.



Musique. Awards on the net

Nextline.ma, si vous êtes branché musique actuelle, retenez l’adresse. Le webzine entend boucler l’année sur un air de célébration, en récompensant les meilleurs artistes locaux de l’année 2006. Les Nextline Awards - c’est leur nom de baptême - inspirés un peu des MTV Awards, ont quand même quelques particularités. Ce n’est pas un jury qui désignera les vainqueurs, mais les internautes eux-mêmes, en votant directement sur le site nextline.ma, autant de fois qu’ils le souhaitent et cela à partir de début novembre. Prix en lice ? Celui du meilleur album, ainsi que ceux des meilleurs groupes des trois catégories Rap / Hip Hop, Rock / Metal et Fusion. Les groupes gagnants se verront remettre un trophée plutôt original. Pour cette première édition donc, ce sera une Taârija miniature, stylisée à la Nextline. Le webzine s’engage également à créer des sites Web personnalisés aux groupes gagnants pas encore présents sur la Toile. Une manière de rappeler aux groupes que leur carrière ne s’arrête pas après un passage au Boulevard (BJM).


Gestion culturelle. 4 jours de classe

Quatre jours pour tout savoir sur le montage d’un évènement culturel, et gratuitement. Qui dit mieux ? L’initiative est de l’Institut Cervantes, appuyé par la Faculté de Ben M’sik et le Conseil de la ville de Casa. Pour faire le tour de la question, l’Institut a rameuté le nec plus ultra de la profession, au Maroc – entre autres Hicham Abqari de Moroccan Underground Federation, Nayla Tazi de A3 communication, Hicham Bahou de l’EAC (le Boulevard des jeunes musiciens)- et invité quelques pros espagnols (citons le directeur des Masters en gestion culturelle, à l’Université de Barcelone et le conseiller culturel de l’ambassade d’Espagne). Ce sera donc du 30 octobre au 3 novembre 2006, à l’Institut Cervantes même à Casablanca. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 octobre pour une trentaine de bénéficiaires, à condition bien sûr d’avoir un projet sous la main.

Pour toute information, appelez le : 022 26 73 37



Méga-Concert. We are the world

La paix, le partage, la tolérance, le rapprochement des cultures, il y a des concepts comme ça, un peu bateau, tristement dans l’air du temps, mais capables de vous rassembler sur la même scène, un Pascal Obispo, un Zucchero et un Axel Bauer pour à peine quelques sous. Alors pour le plaisir d’un orgasme musical, on oublie la masturbation intellectuelle et on applaudit l’organisation de “Concert pour la tolérance”. Le concept lancé il y a un an par la chaîne française TF1 à Hammamet en Tunisie, se déplace le 4 novembre à Agadir pour sa seconde édition. Quelque 20 000 spectateurs sont attendus pour cette fiesta peace and love, diffusée conjointement par TF1, TPS star, TV5 et 2M. Notez donc : Florent Pagny, Julie Zenatti, Olivia Ruiz, Cheb Mami, Anggun, K-Maro, ou encore Hélène Ségara. Bref, il y en a pour tous les goûts. Alors, heureux ?


Festival. La ciné-cure

Le vent se lève, de l’éternel Ken Loach, Palme d’or, Cannes 2006. Volver, de l’étourdissant Pedro Almodovar, prix du scénario et prix d’interprétation pour tous les rôles féminins, la même année. Sarajevo, mon amour, de la “blessée de la vie” Jamila Zbanic, Ours d’or, Berlin 2006. Nuovomonde, de Emanuele Crialese, Lion d’argent, Mostra de Venise 2006. Voilà quatre bonnes raisons de la cure cinéma des Semaines du film européen, avec ses grosses pointures et ses petites découvertes. Cette fois-ci, à bas le DVD. Sur grand écran, c’est toujours mieux. À la salle Roxy à Tanger, du 21 au 30 novembre. Au théâtre Mohammed V à Rabat, du 23 novembre au 2 décembre. Au cinéma Lynx à Casablanca, du 25 novembre au 4 décembre. Au cinéma Sahara à Agadir, du 29 novembre au 8 décembre. Et au cinéma Atlantide à Safi, du 27 novembre au 6 décembre.


Théâtre. Al Fijta sur scène

“Chez nous, un mauvais placement de tables peut vous ruiner deux générations”, disait Gad El Maleh en parlant des cérémonies de mariage. Ajoutez à cette grande vérité, des invités désinhibés après quelques verres d’alcool, une mariée secrètement enceinte, un beau-père donneur de leçons, une belle-maman véritable langue de p…, et vous obtenez Al Fijta, adaptation de “La noce chez les petits bourgeois” de Brecht, par Mohamed Zouhaïr, le comédien fétiche de Abdelkader Lagtaâ- souvenez-vous d’ Un amour à Casablanca ou encore La porte close. On le retrouvera d’ailleurs dans le prochain Lagtaâ, Yasmine et les hommes, promis pour courant 2007. Alors, en attendant le grand écran, cap sur la petite scène.

Le 4 novembre au théâtre Mohammed V à Rabat.



Abdou chez les Almohades. Totale Hchouma

Il est enfin sorti le dernier Saïd Naciri, en grande pompe, tapis rouge, limousine, Ahouache et quelques “héros” de Mexico 86 pour frimer. Abdou chez les Almohades, qu’on attendait avec l’espoir têtu d’une bonne surprise, s’est avéré être un autre brouillon médiocre de comédie - du reste très commerciale. Quelques perles pour vous donner une idée. La doublure de Saïd Naciri est imberbe et a la peau claire. Sanaâ Akroud porte des sandales Maârif & Co, au XIIème siècle. Ce n’est pas pour faire les rabat-joie, mais où est le 7ème art dans tout ça ? Avec les quelques blagues que compte le scénario, ça aurait fait un téléfilm tolérable, mais pour du cinéma, hum… Et pourtant, on l’a applaudi à sa première. Et pourtant, ce sera probablement un autre record d’entrées.


Le livre.

Il y a les livres qui sortent en fanfare. Et il y a les autres. Vous savez, ceux édités presque en catimini, sur les économies des copains, grâce au coup de pouce d’un passionné, le genre qu’on n’aurait jamais croisé de notre vie, si ce n’était un copain, un passionné… C’est un peu ça l’histoire d’Agora. Celle d’une bande de passionnés de poésie, des romantiques de la vie urbaine, réunis par un grand monsieur comme Jean-Pierre Koffel et édités dans un recueil artisanal. Alors un coup, ce sont les vers pudiques d’un mâle fier et maladroit pleurant le départ de sa «bien-aimée». L’autre, au rythme d’un conte, le poète raconte la peur. Sa peur, tous les soirs dans son lit. Ou encore cet autre qui de quelques de vers, courts, coléreux, crache sur les vérités établies… Carpe Diem.

Agora, Amitié poétiques et littéraires du Maroc.
Éditions ; Boukili




Humeur : Manpower

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Les Saoudiens sont décidément un peuple qui ne cessera de nous étonner. Le gouvernement du royaume wahhabite diffuse sur la chaîne Rotana, depuis quelques semaines, une campagne incitant ses citoyens à… travailler. La formulation du message télévisé est révélatrice : “il n’est pas honteux de travailler”. L’évidence, présente dans tous les esprits marocains (à l’exception de Abbas El Fassi et d’une pléthore d’héritiers attendant patiemment la mort de Baba), n’en est visiblement pas une pour nos amis saoudiens. C’est le risque encouru quand on se repose 1500 ans, à se lisser la barbe, en gérant un simple concours de circonstances : la chance inouïe d’avoir hébergé la naissance d’un prophète. Ajoutez-y 80 ans à servir de pompiste pour la planète entière et vous aurez une idée juste du problème : quand on est rentier depuis toujours, ce n’est pas un poil qui vous pousse dans la main, mais une coupe afro - et quelques idées moisies en sus. Obligés de trimer comme vous, donc remontés comme une ouvrière du textile contre les cadences infernales, on s’est mis à rêver méchamment, souhaitant de joyeuses catastrophes à nos touristes priapiques préférés. Une grève des avions pour l’Omra et le Haj, par exemple. Pas trop longtemps, juste 10 ans, le temps d’une épilation intégrale des mains. Mais que l’Ambassade d’Arabie Saoudite au Maroc se rassure, nous sommes vites revenus à la raison. On s’est souvenu que nous étions tous des frères arabes. Et comme dans toutes les familles, certains membres doivent bosser deux fois plus pour payer les factures des autres...



17 Jamours en stand by
Prévue pour le 20 octobre courant, la 5ème édition de la Nuit des Jamours a finalement été reportée après le refus de la SNRT d’assurer la transmission en direct de la cérémonie de remise des prix. Pour rappel, l’organisation des Jamours avait justifié son exigence du direct par le recours cette année au vote du public.


Le lauréat FIFM
Le Festival International du Film de Marrakech recevra le 28 octobre le prix Roberto Rossellini. Faisant exceptionnellement entorse à la règle (cette édition coïncide avec le 100ème anniversaire du réalisateur), le prix récompense cette année les meilleurs festivals du bassin méditerranéen. Auguri signori !


Ave Ferhati
Le Festival International du Cinéma d’Amiens rendra hommage à Jilali Ferhati lors de sa 26ème édition du 10 au 19 novembre prochain. Le Maroc, grand invité de la section panorama cette année, avec les cinémas colombien et thaïlandais, sera consacré par le regard documentaire d’Iza Genini.

 
 
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