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Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia
La semaine Culture
Tournage. Whatever Nabyl wants
Il voulait un film avec une histoire universelle. Il voulait le plus gros budget jamais accordé à un réalisateur marocain. Il voulait un casting cosmopolite. Et il a fini par les avoir. Quatre ans après le polémique Une minute de soleil en moins, Nabyl Ayouch remet sa casquette de réalisateur et tourne Whatever Lola wants. Pour lhistoire, Lola, jeune newyorkaise-type vit entre deux Egyptiens qui ne saiment pas. Youssouf, son voisin et meilleur ami gay, et Zak, son grand amour macho. Le premier lui fait découvrir Asmahane, une légende de la danse orientale. Le second décide de rentrer au pays et renoue avec le |
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| conservatisme ambiant de sa société. Par amour pour lui et pour la danse orientale, Lola décide de le suivre
Le scénario - remanié une douzaine de fois en trois ans - est signé par Nathalie Saugeon, coscénariste avec Nabyl Ayouch de Ali Zaoua. On ne change pas une équipe qui gagne, sauf peut-être pour le cas Saïd Taghmaoui, initialement pressenti pour le rôle de Zak avant dêtre remplacé par le phénoménalement charismatique Assâad Bouab. Et puis il y a Lola, interprétée par la jeune et fraîche Laura Ramsey (Shes the man, Le pacte du sang). Quant au rôle dAsmahane, il revient à la Libanaise Carmen Lebbos - les initiés au jeune cinéma libanais ont pu la remarquer dans West Beyrout. Il voulait un casting cosmopolite, disait-on ! Pour coucher sa couteuse histoire sur pellicule, Ayouch - actuellement en tournage à Casablanca - a convaincu Pathé Films de boucler un budget dont on se contentera de dire quil est colossal puisque le réalisateur continue à entretenir le mystère. Alors, Whatever Nabyl wants... |
Sortie. Love long
A la mort de sa mère dont elle ne se souvient pas, Pursy Will retourne à la Nouvelle Orléans dans la maison quelle pense sienne. Ly attend un improbable couple : Bobby Long, prof de littérature malade et aigri, et son protégé, unis par un pacte opaque. Entre les larmes de whisky et les larmes tout court, les personnages habités se harponnent le cur en citant Hemingway : John Travolta offre son meilleur rôle de composition depuis longtemps, Gabriel Macht séduit et intrigue, Scarlett Johansson sublime le tout et passe près dun Golden Globe. Dommage que les distributeurs aient attendu deux ans et les hits de la multi-égérie pour sortir cette poétique chronique sur un trio de désaxés meurtris par la vie. Traînant ses plans paresseux et baignés de lumière dans la moiteur de la Louisiane, Love song, de Shainee Gabel, donne la mesure du temps qui passe, routinier, meurtrier et rédempteur, lent comme une plainte de blues. Prévisible, il se laisse pourtant savourer avec plaisir. Long en bouche.
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Expo. Lordinaire identitaire
Voilà près de vingt ans que ce fils de légionnaire italien et dune berbère du Moyen Atlas photographie le Maroc dans son intime quotidien. Via un noir et blanc intemporel à laccent documentaire probablement issu de ses reportages pour des ONG, Joseph Marando, né à Agadir en 1956, piste son propre héritage maternel et le sens du mot immigration. Se présentant comme un pur produit de léducation populaire, Marando est avant tout attaché à la portée citoyenne de son travail. Bienvenue dans son buena vista social club.
Maroc ordinaire de Joseph Marando.
Du 1er au 30 novembre à lIF de Casablanca.
Vernissage le 1er novembre à 19h.
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Musique. Awards on the net
Nextline.ma, si vous êtes branché musique actuelle, retenez ladresse. Le webzine entend boucler lannée sur un air de célébration, en récompensant les meilleurs artistes locaux de lannée 2006. Les Nextline Awards - cest leur nom de baptême - inspirés un peu des MTV Awards, ont quand même quelques particularités. Ce nest pas un jury qui désignera les vainqueurs, mais les internautes eux-mêmes, en votant directement sur le site nextline.ma, autant de fois quils le souhaitent et cela à partir de début novembre. Prix en lice ? Celui du meilleur album, ainsi que ceux des meilleurs groupes des trois catégories Rap / Hip Hop, Rock / Metal et Fusion. Les groupes gagnants se verront remettre un trophée plutôt original. Pour cette première édition donc, ce sera une Taârija miniature, stylisée à la Nextline. Le webzine sengage également à créer des sites Web personnalisés aux groupes gagnants pas encore présents sur la Toile. Une manière de rappeler aux groupes que leur carrière ne sarrête pas après un passage au Boulevard (BJM). |
Gestion culturelle. 4 jours de classe
Quatre jours pour tout savoir sur le montage dun évènement culturel, et gratuitement. Qui dit mieux ? Linitiative est de lInstitut Cervantes, appuyé par la Faculté de Ben Msik et le Conseil de la ville de Casa. Pour faire le tour de la question, lInstitut a rameuté le nec plus ultra de la profession, au Maroc entre autres Hicham Abqari de Moroccan Underground Federation, Nayla Tazi de A3 communication, Hicham Bahou de lEAC (le Boulevard des jeunes musiciens)- et invité quelques pros espagnols (citons le directeur des Masters en gestion culturelle, à lUniversité de Barcelone et le conseiller culturel de lambassade dEspagne). Ce sera donc du 30 octobre au 3 novembre 2006, à lInstitut Cervantes même à Casablanca. Les inscriptions sont ouvertes jusquau 25 octobre pour une trentaine de bénéficiaires, à condition bien sûr davoir un projet sous la main.
Pour toute information, appelez le : 022 26 73 37
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Méga-Concert. We are the world
La paix, le partage, la tolérance, le rapprochement des cultures, il y a des concepts comme ça, un peu bateau, tristement dans lair du temps, mais capables de vous rassembler sur la même scène, un Pascal Obispo, un Zucchero et un Axel Bauer pour à peine quelques sous. Alors pour le plaisir dun orgasme musical, on oublie la masturbation intellectuelle et on applaudit lorganisation de Concert pour la tolérance. Le concept lancé il y a un an par la chaîne française TF1 à Hammamet en Tunisie, se déplace le 4 novembre à Agadir pour sa seconde édition. Quelque 20 000 spectateurs sont attendus pour cette fiesta peace and love, diffusée conjointement par TF1, TPS star, TV5 et 2M. Notez donc : Florent Pagny, Julie Zenatti, Olivia Ruiz, Cheb Mami, Anggun, K-Maro, ou encore Hélène Ségara. Bref, il y en a pour tous les goûts. Alors, heureux ? |
Festival. La ciné-cure
Le vent se lève, de léternel Ken Loach, Palme dor, Cannes 2006. Volver, de létourdissant Pedro Almodovar, prix du scénario et prix dinterprétation pour tous les rôles féminins, la même année. Sarajevo, mon amour, de la blessée de la vie Jamila Zbanic, Ours dor, Berlin 2006. Nuovomonde, de Emanuele Crialese, Lion dargent, Mostra de Venise 2006. Voilà quatre bonnes raisons de la cure cinéma des Semaines du film européen, avec ses grosses pointures et ses petites découvertes. Cette fois-ci, à bas le DVD. Sur grand écran, cest toujours mieux. À la salle Roxy à Tanger, du 21 au 30 novembre. Au théâtre Mohammed V à Rabat, du 23 novembre au 2 décembre. Au cinéma Lynx à Casablanca, du 25 novembre au 4 décembre. Au cinéma Sahara à Agadir, du 29 novembre au 8 décembre. Et au cinéma Atlantide à Safi, du 27 novembre au 6 décembre. |
Théâtre. Al Fijta sur scène
Chez nous, un mauvais placement de tables peut vous ruiner deux générations, disait Gad El Maleh en parlant des cérémonies de mariage. Ajoutez à cette grande vérité, des invités désinhibés après quelques verres dalcool, une mariée secrètement enceinte, un beau-père donneur de leçons, une belle-maman véritable langue de p
, et vous obtenez Al Fijta, adaptation de La noce chez les petits bourgeois de Brecht, par Mohamed Zouhaïr, le comédien fétiche de Abdelkader Lagtaâ- souvenez-vous d Un amour à Casablanca ou encore La porte close. On le retrouvera dailleurs dans le prochain Lagtaâ, Yasmine et les hommes, promis pour courant 2007. Alors, en attendant le grand écran, cap sur la petite scène.
Le 4 novembre au théâtre Mohammed V à Rabat.
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Abdou chez les Almohades. Totale Hchouma
Il est enfin sorti le dernier Saïd Naciri, en grande pompe, tapis rouge, limousine, Ahouache et quelques héros de Mexico 86 pour frimer. Abdou chez les Almohades, quon attendait avec lespoir têtu dune bonne surprise, sest avéré être un autre brouillon médiocre de comédie - du reste très commerciale. Quelques perles pour vous donner une idée. La doublure de Saïd Naciri est imberbe et a la peau claire. Sanaâ Akroud porte des sandales Maârif & Co, au XIIème siècle. Ce nest pas pour faire les rabat-joie, mais où est le 7ème art dans tout ça ? Avec les quelques blagues que compte le scénario, ça aurait fait un téléfilm tolérable, mais pour du cinéma, hum
Et pourtant, on la applaudi à sa première. Et pourtant, ce sera probablement un autre record dentrées. |
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Le livre.
Il y a les livres qui sortent en fanfare. Et il y a les autres. Vous savez, ceux édités presque en catimini, sur les économies des copains, grâce au coup de pouce dun passionné, le genre quon naurait jamais croisé de notre vie, si ce nétait un copain, un passionné
Cest un peu ça lhistoire dAgora. Celle dune bande de passionnés de poésie, des romantiques de la vie urbaine, réunis par un grand monsieur comme Jean-Pierre Koffel et édités dans un recueil artisanal. Alors un coup, ce sont les vers pudiques dun mâle fier et maladroit pleurant le départ de sa «bien-aimée». Lautre, au rythme dun conte, le poète raconte la peur. Sa peur, tous les soirs dans son lit. Ou encore cet autre qui de quelques de vers, courts, coléreux, crache sur les vérités établies
Carpe Diem.
Agora, Amitié poétiques et littéraires du Maroc.
Éditions ; Boukili
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Humeur : Manpower
Les Saoudiens sont décidément un peuple qui ne cessera de nous étonner. Le gouvernement du royaume wahhabite diffuse sur la chaîne Rotana, depuis quelques semaines, une campagne incitant ses citoyens à
travailler. La formulation du message télévisé est révélatrice : il nest pas honteux de travailler. Lévidence, présente dans tous les esprits marocains (à lexception de Abbas El Fassi et dune pléthore dhéritiers attendant patiemment la mort de Baba), nen est visiblement pas une pour nos amis saoudiens. Cest le risque encouru quand on se repose 1500 ans, à se lisser la barbe, en gérant un simple concours de circonstances : la chance inouïe davoir hébergé la naissance dun prophète. Ajoutez-y 80 ans à servir de pompiste pour la planète entière et vous aurez une idée juste du problème : quand on est rentier depuis toujours, ce nest pas un poil qui vous pousse dans la main, mais une coupe afro - et quelques idées moisies en sus. Obligés de trimer comme vous, donc remontés comme une ouvrière du textile contre les cadences infernales, on sest mis à rêver méchamment, souhaitant de joyeuses catastrophes à nos touristes priapiques préférés. Une grève des avions pour lOmra et le Haj, par exemple. Pas trop longtemps, juste 10 ans, le temps dune épilation intégrale des mains. Mais que lAmbassade dArabie Saoudite au Maroc se rassure, nous sommes vites revenus à la raison. On sest souvenu que nous étions tous des frères arabes. Et comme dans toutes les familles, certains membres doivent bosser deux fois plus pour payer les factures des autres... |
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