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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Pont sur le Bouregreg,
dans quelques années.
(DR)

Projet Bouregreg. Ponctuel comme un tramway

L’aménagement de la vallée du Bouregreg donnera un nouveau visage à la capitale. Ses habitants le constateront d’ailleurs bientôt avec le tramway. Tout laisse présager que la mise en service de ce système de transport en commun sera effective en 2010. L’Agence d’aménagement de la Vallée du Bouregreg (AAVB) vient en effet d’annoncer la date de juillet prochain pour les premiers coups de pioche. L’assistance à la maîtrise d’ouvrage est confiée au groupement Systra - Ingerpo - Ingema. Selon les premières estimations avancées par l’AAVB, l’investissement prévu est de 2,5 milliards de dirhams. Le projet paraît
rentable : le coût d’exploitation annuel est estimé à 117 millions de dirhams alors que côté recettes, l’Agence dirigée par Lemghari Essakel table sur 150 millions de dirhams récoltés auprès de 51 millions de voyageurs par an. Le projet est censé révolutionner le transport dans la capitale : 27 stations sont prévues pour relier les différents arrondissements de Rabat-Salé. Le tramaway ne sera pas l’unique projet d’infrastructure routière lié à l’aménagement de la vallée. Les études pour le creusement du tunnel des Oudayas et pour le remplacement du pont Moulay El Hassan sont également en cours. Et ce n’est là qu’un axe parmi d’autres de ce chantier pharaonique initié par le souverain. L’aménagement du Bouregreg, c’est aussi le déplacement des décharges publiques de Oukacha et Oulja, la restauration des sites historiques, sans compter les investissements touristiques à coups de milliards de dollars.


Investissement. De nouveaux records

Des chiffres impressionnants : 33 projets, 20 milliards de DH et 7664 emplois . La Commission d’investissement n’a donc pas chômé durant 2006. C’est ce qui ressort du bilan dressé par la CNUCED dans le cadre d’un rapport sur l’investissement dans le monde. L’ouverture du Maroc sur les investissements américains, la dynamisation du plan Azur, l’accélération de la mise en œuvre de grands chantiers et les privatisations sont autant de facteurs qui ont contribué à l’amélioration de l’attractivité du pays. Le Maroc est ainsi classé au 4ème rang en Afrique où les investissements étrangers ont injecté 31 milliards de dollars en 2005. Toutefois, dans les couloirs du ministère du Tourisme, on parle de huit programmes d’investissement pour un montant de 4 milliards qui auraient été «annulés ou arrêtés». Des programmes qui ont, eux aussi, fait l’objet d’une convention avec la Commission d’investissement du premier ministre.


Agriculture. Pourvu que ça dure

Une campagne comme celle de 2005, le gouvernement aimerait en avoir chaque année. Alors, le département de l’Agriculture annonce des mesures de soutien au secteur. Celles-ci vont de la réduction des taux d’intérêts du Crédit Agricole, à la révision des prix des engrais fournis par l’OCP, en passant par le renforcement du soutien à la mécanisation agricole. Autre mesure importante : le relèvement de la subvention accordée à l’équipement des exploitations agricoles en systèmes d’irrigation économes en eau, pour atteindre un taux d’équipement de 60 %. Même les agriculteurs redevables aux Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA) auront droit à une exonération des pénalités de retard et des frais de recouvrement des redevances d’eau d’irrigation, à condition de régler leur ardoise avant fin juin 2007.


Ciments. Ça bétonne grave !

Avec une croissance des ventes de plus de 10%, les cimentiers jubilent. Le secteur profite pleinement de l’essor du BTP. 7,7 millions de tonnes de ciment ont été écoulées durant les 9 premiers mois de l’année. Le marché est tiré par les grands chantiers, les différents programmes de logements avec la construction de nouvelles villes et les investissements touristiques en cours. En termes de progression, la palme revient à la région Nord qui a dépassé le million de tonnes avec le méga-projet Tanger-Med. Casablanca, la première région consommatrice de ciment, ne fait que stagner aux alentours de 1,2 million de tonnes. Les performances financières des cimenteries sont de plus en plus impressionnantes. Leurs marges aussi. Les publications semestrielles font ressortir des marges nettes aux alentours des 25 %.



Billet. Prison avec frites

En se payant YouTube pour 1,6 milliards de dollars, Eric Schmidt, PDG de Google, a déclaré: “On en est à peine au début de la révolution vidéo sur Internet”. Il ne croit pas si bien dire. Exemple, avec la parodie marocaine, en projet, de la série américaine à succès Prison Break. Synopsis en avant-première : “Hassan Scouffy est un journaliste sans histoires. Il libelle un chèque sans provision avec préméditation pour se retrouver à la prison de haute sécurité de Oukacha River. Objectif : réaliser une enquête gastronomique hautement périlleuse. Le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, vient d’annoncer que la restauration dans les prisons sera confiée au secteur privé. Avec 55 000 détenus à nourrir, à coups de repas à 13 dirhams, ce sont les sociétés de catering (comprenez “traiteurs de masse”) qui vont souper. Le secteur assiste aujourd’hui à l’émergence de son “gourmand national”, né de l’alliance entre Rahal et Eurest. Hassan Scouffy est fasciné par le sujet. Sa mission : goûter aux menus “lentilles - frites” et, accessoirement, vérifier si les marges dans la restauration collective continuent réellement à flirter avec les 30%. Hassan Scouffy plonge dans l’univers carcéral, mais son plan tombe à l’eau. Mourad Borroz, le photographe avec lequel il a monté le coup, se retourne contre lui. Dès lors, une course contre la montre est engagée : Abadezzi Laffora, le témoin de la défense, risque une condamnation avant le 7 novembre”. Bref, un scénario à la marocaine, totalement incompréhensible. Dernière indiscrétion de la production : Abdelouahab Doukkali en serait la tête d’affiche.



OFF !

Veolia Environnement veut redonner une nouvelle dimension à sa présence au Maroc. La filiale de Vivendi, jusque-là présente indirectement à travers Redal et Amendis, veut créer son siège au Maroc. Ses projets vont encore plus loin : lier ses différentes entités à travers un identifiant visuel. Veolia est en train de tâter le terrain. Une enquête sur l’image de l’opérateur mondial de l’environnement est lancée auprès des utilisateurs.

 
 
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