USFP. Les "nouveaux socialistes" arrivent
Religion. Les chasseurs de lune
Mohamed Aït Kaddour. "Quand nous étions révolutionnaires"
Police. Bye bye les GUS !
Portrait. Qotbi show
Casablanca. Le Parc des princes de Bourgoune
Muhammad Yunus. Le prêteur d'espoir
Israël. Un président dans la tourmente
Polémique. Eau, chère eau
Mohamed Habachi. On l'appelait Miloud
Ali Essafi. La quête des héros perdus
N° 244
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Un nouveau scandale
en vue ? (AFP)

Alerte !
Un pédophile circule à Casa


Le quartier de Sidi Othmane est encore sous le choc. Quelques jours avant le début du ramadan, Amal (c’est un faux prénom), 11 ans, est accostée par un homme d’une trentaine d’année sur le chemin de l’école. Ce dernier essaie de la convaincre de partir avec lui mais la petite refuse de le suivre. “Elle m’a raconté que le même homme l’a déjà approché plusieurs fois mais elle lui a, à chaque fois, échappé”, raconte sa mère. Cette fois, l’homme menace Amal à l’arme blanche, lui bande les yeux et la traîne de force dans ce qui ressemble à une
cave, non loin du quartier industriel. Il lui demande alors d’enlever ses vêtements, ce qu’Amal refuse. “Elle ne se souvient plus du reste des événements, affirme sa mère. L’homme l’a visiblement droguée et a pratiqué des attouchements sur elle. Il l’a séquestrée pendant plus d’une heure. Heureusement, il n’y a pas eu de pénétration”. Fait préoccupant cependant, la fillette dit avoir entendu les gémissements d’autres fillettes dans la cave. Une plainte a été déposée par les parents d’Amal mais les éléments de la police judiciaire n’ont pas pu localiser l’endroit, indiqué vaguement par la petite fille. Sur la base de ses descriptions cependant, des jeunes du quartier disent avoir repéré le pédophile et même l’avoir pris en photo à l’aide d’un téléphone portable. Problème : “la police a refusé de verser la photo au dossier”, selon la mère d’Amal. Pourquoi ?
Contactée par nos soins, la police ne nous avait toujours pas donné sa version des faits à l’heure où nous passions sous presse.


Années de plomb. La mémoire en DVD

Les auditions publiques organisées en 2005 par l’Instance équité et réconciliation (IER) seront bientôt éditées en plusieurs DVD. Un coffret contenant les enregistrements de toutes les séances telles qu’elles ont été montées et présentées à la télévision sera proposé au public à un prix relativement bas, avec l’objectif de cibler très large. L’opération en est au stade des sous-titrages (en français principalement), dernière étape avant la mise en circulation du produit. Le coffret DVD devrait être accompagné, dans la foulée, par l’édition d’un livre reproduisant l’intégralité du rapport final de l’IER. Une très bonne initiative.


2M à Zenata. Reportage-castagne

La scène se passe à Zenata, le mercredi 18 octobre. En fin d’après-midi, un incendie se déclare dans une usine de textile. Une équipe de 2M et un photographe de l’agence AIC Press débarquent sur les lieux, mais sont empêchés d’accès à l’usine par les propriétaires. Pire, ces derniers iront jusqu’à les agresser physiquement (à coups de poings et de pied) et à dégrader leur matériel (caméra et appareil photo numériques). “Les policiers présents sur place, et qui ont assisté à toute la scène, n’ont pas bougé le petit doigt”, affirme un responsable à 2M. Une plainte a été déposée auprès de la police de Mohammedia. Une question reste en suspens : que voulaient cacher les propriétaires de l’usine ? Réponse, bientôt.


Surenchère. Laânigri poursuivi ?

Dernière trouvaille de Réda Taoujni, président de l’Association le Sahara marocain(ASM) : poursuivre en justice, juste après l’Aïd, le général Hamidou Laânigri “pour les atteintes aux droits de l’homme commis par les GUS alors qu’il en était le responsable”. Pour rappel, le nouveau patron des Forces auxiliaires, avait été derrière l’exil forcé de Taoujni en Espagne ces deux dernières années. L’ASM va même plus loin et “demande aux organisations des droits de l’homme marocaines d’interpeller le général Laânigri pour répondre des graves violations des droits de l’homme commises par les GUS”.


Insolite. Royaux, les chameaux !

Une équipe de vétérinaires a été envoyé lundi dernier par le Palais pour faire la lumière sur la mort de huit des dix chameaux offerts au Pérou par le roi du Maroc il y a plus d’une année. L’histoire, a priori anodine, a fait la une de la presse péruvienne qui s’interroge sur “les dessous de cette affaire”. Elle a également été rapportée, dixit une dépêche AFP, par l’ambassade du Maroc (on s’ennuie à ce point à Lima ?). Même le parlement péruvien a mis l’affaire sur la table via un député, rapporte-t-on, “qui n’exclut pas un attentat (sur les chameaux royaux) sur fond de querelles municipales”. Bigre !


Mode. La Joconde en caftan

Le groupe Caractères est sur le point de se lancer à l’international. Son nouveau bébé, DM (Du Maroc), un mensuel français haut de gamme de décoration et d’art de vivre tiré à 100 000 exemplaires avec l’objectif d’en vendre 70 000, devrait être dans les kiosques hexagonaux le 20 octobre au prix de 4,40 euros. Pour fêter son implantation sur le marché français, Caractères voit les choses en grand : le 28 octobre un méga-défilé, réplique de Caftan du Maroc, aura lieu dans le prestigieux Carrousel du Louvre, endroit très prisé par le milieu de la mode. C’est la Joconde (en caftan) qui a été choisie pour illustrer la campagne de presse. A signaler que l’une des mannequins est marocaine, porteuse d’un passeport européen. Dix stylistes marocains seront par contre au rendez-vous pour ce Caftan parisien.



Billet. Chichane 1 - Croatia 0

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

La mise au placard des GUS peut paraître de prime abord comme une preuve - encore une - de la gestion improvisée de l’Etat, où les traces d’un responsable limogé (Laânigri, en l’occurrence) sont vite effacées pour qu’on reparte à zéro. Cela revient à rechanter la même antienne : au Maroc, la subjectivité des décideurs perturbe la continuité de l’Etat. Et si, cette fois-ci, on prenait cette décision pour un acte réfléchi ? D’ailleurs, le nouveau patron de la DGSN Charki Draïss n’en a pas fait qu’à sa tête. Il a fait le tour de ses collaborateurs. Il est fort possible que tous l’aient conforté dans sa démarche anti-Laânigri, par pure flatterie. Comme il est possible que le ministère de l’Intérieur ait décidé de revoir de fond en comble sa politique sécuritaire post-16 mai. Et que la mise à l’écart de Laânigri, le maître des lieux maudits de Témara, puis celle de sa troupe de choc aux gaffes trop visibles, signifie que l’Etat veut faire profil bas. Examinons cette éventualité. Cela voudrait dire que les dépassements policiers ne cesseraient pas mais resteraient confinés entre les murs des commissariats, sans la fanfaronnade GUS. Cela voudrait dire que la police ne prétendrait plus aller au charbon dans les quartiers difficiles, sans y aller. Elle abandonnerait la partie, tout simplement. En gros, cela voudrait dire que les quartiers baptisés “Chichane” qui pullulent ici et là et où germent les futurs kamikazes ont gagné la partie face à ces policiers dits de proximité et baptisés “Croatia”. Mais au-delà de ces équipes, qui ne sont in fine qu’un instrument d’une politique globale, nos sécuritaires réviseront-ils leur acharnement, imputé à Laânigri, contre les islamistes emprisonnés à la pelle ? Réaliseront-ils que leur progéniture, partisans et acolytes pullulent dans ces quartiers désertés par les GUS et devenus autant de no man’s land ? Croisons les doigts.



Polémique. Zemzemi la gaffe

Le Forum vérité et justice (FVJ) a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les graves déclarations du cheikh Abdelbari Zemzemi dans les colonnes du journal Al Massae. Le cheikh a récidivé à propos de Mehdi Ben Barka. Il l’a encore une fois traité de renégat et affirmé que son assassinat est justifié “du moment qu’il avait des ambitions révolutionnaires à l’encontre de la monarchie”. “C’est un appel à la haine, une apologie du crime”, se révolte Mohamed Sebbar du Forum. “Pour moi, il ne diffère pas des autres terroristes comme Youssef Fikri. La justice doit intervenir”, poursuit Sebbar. Qui oserait le contredire ?


Victimes de la torture. Le geste de l’UE

L’Association médicale de réhabilitation des victimes de la torture (AMRVT) vient d’obtenir une subvention de l’Union européenne pour la construction, sur une période de deux ans, d’une unité psychiatrique à Casablanca. “Cela nous permettra de mieux assurer le suivi et l’accompagnement psychique et social des victimes de la torture”, nous a déclaré le docteur Abdelkrim Manouzi, président de l’Association (et frère du célèbre disparu Houcine Manouzi). Rappelons que cette ONG, réputée pour son sérieux (elle est venue en aide, bien avant l’Etat, à de nombreuses victimes des années de plomb), fonctionne d’une manière autonome depuis mars 2005. Elle existait auparavant sous l’appellation de “Centre d’accueil” affilié au Forum vérité et justice.


Drogue. La chute d’un baron (de plus)

Après Chrif Bin Louidane, un autre gros poisson vient de tomber dans les filets de la BNPJ : Noureddine Ben Azzouz, alias Al Hiati, qui traîne déjà plusieurs condamnations depuis 1996. Arrêté en 2000, il a purgé une peine de six ans. Assimilé généralement au clan de Rachid Temsamani, Al Hiati a été appréhendé en début de semaine à Tétouan. À partir de son fief situé dans la région de Martil, il avait, nous explique-t-on, l’habitude de braver les barrages de police pour convoyer des quantités importantes de cannabis vers l’Espagne. Il était également connu en tant que dirigeant de football, au sein du Moghreb Athlétic de Tétouan (MAT), équipe appartenant à l’élite du football national.


Anniversaire. N’oubliez pas El Hayani

Dans une courte lettre, envoyée conjointement à la TVM et 2M, Mohamed Belqorchi, beau-frère de feu Mohamed El Hayani - et du reste simple citoyen - a rappelé à nos oublieuses chaînes que le 23 octobre marquera le dixième anniversaire de la mort de l’artiste. “Il a forgé son talent pour s’imposer dans un monde ingrat”, écrit-il dans cette déclaration d’amour posthume. Seule la TVM a saisi le message et jugé, comme M. Belqorchi, que “ses amis ont le devoir d’honorer sa mémoire”. L’édition du lundi 23 octobre de l’émission Âala l’bal Oughnia, lui sera consacrée. Les nombreux fans d’El Hayani apprécieront.


Parlement. Les “lunettes noires” de Daoudi

Le PJD a fait des récentes affaires de corruption son cheval de bataille au Parlement. Une violente altercation a opposé en milieu de semaine le député Lahcen Daoudi et le ministre de la Justice Mohamed Bouzoubaâ. “Tout le monde sait que le nombre d’élus impliqués dans la fraude électorale dépasse de loin les onze conseillers actuellement poursuivis en justice. L’argent a coulé dans tout le Maroc”. Réponse (du berger à la bergère) de Bouzoubaâ : “Si vous portez des lunettes noires et que vous ne voyez que du noir autour de vous, c’est votre affaire. De là à vous en prendre au gouvernement, c’est de la diffamation”. Ne vous énervez pas, Monsieur le ministre, votre santé ne le permet pas...



3 questions à Driss Benali (Président d’Alternatives)

Vous avez lancé avec quatre autres associations un appel pour une nouvelle Constitution. Pourquoi ?
Cet appel a été lancé au départ par Alternatives et la Fondation Bouabid. Le Maroc a besoin d’une réforme du gouvernement et de la justice pour progresser. Les cinq associations ont présenté une plate-forme minimale. C’est à ce niveau que la société civile et les partis politiques doivent intervenir au lieu de se positionner sur des débats inutiles comme le code électoral.

Vous avez retenu les réformes soft qui ont le plus de chances d’aboutir. Y a-t-il un message derrière cela ?
Nous avons eu deux mois de discussions. Le Maroc, avec les menaces qui pèsent sur sa démocratie, n’est pas assez développé pour se passer de l’institution royale. Elle reste le garant de l’Etat. Cependant, elle doit évoluer vers une monarchie qui règne mais ne gouverne pas. Il faut aussi mettre un terme aux gouvernements parallèles et demander des comptes à ceux qui ont géré le pays à l’issue de chaque mandat. Il est préférable que la monarchie garde son pouvoir religieux et une tutelle sur l’armée.

Croyez-vous que la réforme interviendra avant les élections ?
C’est une nécessité. Le Maroc est en transition, mais vers quoi ? Nous voulons un premier ministre responsable, des ministères issus de la volonté populaire et non de souveraineté. Un gouvernement, ce n’est pas du cheptel qu’on choisit, des noms qu’on valide en coulisses.


Mosquée Hassan II. Kzabri superstar

En ce mois de ramadan, la mosquée Hassan II de Casablanca bat des records d’affluence. Derrière ce succès, le jeune imam Omar Kzabri dont la popularité est encore une fois à son summum. Mardi 17 octobre, ils étaient ainsi plus de 200 000 à assister à la prière de “la pop star” casablancaise, selon le journal Assahra Al Maghribia. Cette marée humaine est venue boucler la lecture du Coran, étape cruciale pour tout bon lecteur du Livre Saint. Beaucoup de femmes partent dans des crises de larmes en écoutant le jeune imam psalmodier le Coran. Normal, puisque lui-même n’arrête pas de pleurer en faisant son Tajwid. Pour convaincre, il faut être convaincu...


Equipement. Les radars de Benslimane

La gendarmerie devrait recevoir un lot important de radars français à partir du mois de janvier 2007. Si une grosse partie de cette livraison concerne les radars utilisés pour le contrôle de la vitesse sur les routes, il n’en reste pas moins que le corps dirigé par le général Housni Benslimane compte employer ces appareils à divers autres usages : météorologie, contrôle du trafic aérien, sécurité royale, lutte contre le trafic de drogue, etc. Pour ce dernier emploi, la gendarmerie a commandé trois radars capables de repérer avec précision les mouvements des petits avions utilisés pour convoyer la drogue, et qui échappent en général à tout contrôle.


Beach Soccer. On joue où ?

Lundi s’ouvrait au complexe Al Amal de Casa un tournoi de beach soccer interentreprises. Mohamed M’Jid, flanqué des médias, surgit sur le central pour interrompre l’initiative, s’insurgeant contre le déversement de sable sur le “patrimoine national” qu’est la terre battue. Le tournoi tombe à l’eau, engloutissant 200 000 DH. “J’avais l’autorisation de la ville”, s’insurge le jeune organisateur de l’événement Othmane Saïssi. “Ali Benjelloun a signé sans légitimité, tout cela s’est fait en catimini. Et moi je ne savais rien !” Bizarre que ni le président du tennis marocain ni le maire Sajid n’aient eu vent de ce tournoi avant le Jour J...


Patrimoine. La France (très) présente au Maroc

C’est au Maroc que le ministère des Affaires étrangères français possède le plus vaste patrimoine immobilier (244 160 mètres carrés… contre 202 949 seulement en France), à cause du grand nombre d'établissements scolaires. Le Maroc est suivi, dans ce classement “mondial”, par le Liban, l'Algérie et la Tunisie. C’est ce que nous apprend le rapport 2568 de la loi de finances française qui s’intéresse à l'amélioration de la gestion du patrimoine immobilier du ministère des Affaires étrangères et du patrimoine immobilier de l'État à l'étranger. “Que trois anciennes colonies et un ancien protectorat occupent les premières places n'est pas étonnant”, explique le document. Sans blague ?


Contrebande. Comme au cinoche !

C’est à une embuscade digne d’un western que se sont livrés les douaniers de Tétouan pour arrêter un convoi de contrebande. Après avoir barré la route par des chaînes cloutées, la brigade mobile de la douane de la région de Tanger-Tétouan a en effet réussi, dans la nuit du jeudi, à intercepter un convoi de neuf véhicules portant de fausses plaques d’immatriculation sur la route secondaire reliant Tétouan à Moulay Abdessalam. Armés de gourdins et d’armes blanches, les 18 contrebandiers ont tenté d’empêcher la saisie des voitures avant de prendre la fuite. D’après nos sources, le butin, d’une valeur de plus de 1,1 million de Dirhams, était destiné au marché de Derb Ghallef.


Corruption. Parlementaires en liberté provisoire

C’est sous la signature “un sénateur en liberté provisoire” que le parlementaire Mohamed Saoud, qui fait partie des élus de la Deuxième chambre risquant d’être condamnés par la justice (pour corruption), nous a adressé un texte, en milieu de semaine. “Si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que la presse nationale m’a déjà condamné (…) Même si tout porte à croire que nous sommes coupables, nous devons avoir le droit, comme dans tout pays démocratique qui se respecte, à la présomption d’innocence (…). Est-ce normal de mettre des politiques sur écoute ? (…)”. “Cela ne me dérangerait pas que les rapports d’écoute soient rendus publics”, nous a par ailleurs déclaré le “sénateur”, joint au téléphone. Pour rappel, les écoutes téléphoniques ont été ordonnées après l’enregistrement de plaintes pour corruption contre plusieurs élus de la Deuxième chambre.


Perchoir. Oukacha président

Mustapha Oukacha s’est succédé à lui-même à la tête de la Chambre des Conseillers. Il entame son troisième mandat. Rien dans la loi ne l’empêche, d’ailleurs, de rester président ad vitam aeternam. La reconduction de Oukacha a été décidée lors d’une réunion entre Driss Jettou et la majorité. “Nous l’avons maintenu pour ne pas perturber la structure politique du gouvernement”, convient le haraki Mohamed Fadili, vice-président de la chambre. Avec 63 conseillers, le Mouvement populaire est logiquement la première force à la Deuxième Chambre. Pourtant, ni lui ni l’Istiqlal n’ont présenté de candidats. Tant mieux pour le président “bleu” (Oukacha appartient au RNI).


MRE / Belgique. Un pauvre sur deux

Plus de 55 % des Marocains établis en Belgique vivent sous le seuil de pauvreté européen, qui est de 777 euros par mois. C’est ce qu’ont révélé les premiers résultats, publiés cette semaine, d’une étude de la fondation roi Baudoin. 25 % des Marocains de Belgique bouclent ainsi leurs fins de mois avec moins de 500 euros, selon la même enquête. Cette précarité sociale s’expliquerait, toujours selon l’enquête, “par la faible scolarisation, le manque de connaissance des deux langues nationales (français et flamand) et la discrimination dont est victime cette communauté sur le marché du travail, de l’habitat ainsi que dans l’enseignement”.


Darna. Théâtre en danger

A l’heure où la création théâtrale tangéroise est au ras des planches, et où la ville autrefois effervescente se morfond dans une nostalgie autodestructrice, le Théâtre Darna se débat pour promouvoir un art populaire et citoyen. Depuis deux ans, via le drame de l’immigration clandestine, la tragédie palestinienne ou une Star Ac’ parodiée, le poumon artistique d’une des associations-phares de Tanger aide les enfants déshérités à se connaître et à se projeter dans la société. Une initiative aussi essentielle que fauchée : cette année, seule la moitié (100 000 DH) du budget a pu être glanée. Son directeur, Eric Valentin, en appelle à toute aide financière, matérielle ou morale pour l’avenir de cette belle histoire théâtrale et sociale. On compte sur vous !

Tél. 068 16 63 20
theatredarna@yahoo.fr




Humeur. On les regrettera

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Ma rue ne sera plus comme avant. Il lui manquera les rois du kitsch, ces beaux gosses trop musclés pour leurs uniformes, corps de beach boys enfouis dans des sacs de farine colorés, trop grands pour plaire à toutes les minettes. Et trop sympas pour me faire peur. Car, ne l’oublions pas, un flic, à la base, c’est bâti, bétonné et mis en carton pour une chose : vous faire peur. Je parle de mes amis les GUS. Ils ont changé ma vie, c'est-à-dire mes rapports avec la police. Et aujourd’hui je peux dire, comme au sortir d’un chagrin d’amour : “Maman, plus rien ne sera comme avant !”. A ce point ! Alors les GUS sont partis. Je n’aurai plus de flic souriant qui m’arrête pour me demander, comme si j’étais la première rock star depuis les Sex Pistols : “Mon ami, tu n’aurais pas un joint ?”. Je ne verrai plus ce fier-à-bras au visage mongoloïde, ce champion de la drague romantique qui a failli tomber la plus belle fille du coin avec une question existentielle : “Mazeumazelle, je vous emmène au commissariat le plus proche ?”. La dream team des GUS qui labourait ma rue est dissoute. Les policiers irréels qui décoraient les pages de mon magazine favori (Police mag) retournent au néant. C’est une belle histoire qui prend fin. Je suis comme vous : bouleversé ! Je retourne à une formule vieille comme le monde : une moustache dans une Fiat Uno blanche = un flic. Ou encore : entre deux grandes oreilles bronzées se dresse une tête de flic. Du classique, un truc sans saveur, déjà vu et mâchouillé. J’espère seulement que notre confrère de Police mag, Charki Draïss ne s’amusera pas à nous priver de la dernière chose qui nous rattache encore à ce monde qui nous veut du bien : les femmes-flics !



VITES !

Le Danemark s’apprête à nommer un ambassadeur à Rabat, si l’on en croit un communiqué de la cellule de communication du PJD. Une manière de se réconcilier politiquement et culturellement (affaire des caricatures du prophète) avec le royaume. Le Danemark se contentait, jusque-là, d’une ambassade au Portugal “chargée du Maroc”.


”41 ans après, la vérité n’est toujours pas établie, ni en France ni au Maroc” : la 41ème célébration, le week-end prochain, de la disparition de Mehdi Ben Barka sera marquée par le traditionnel rassemblement devant la brasserie Lipp à Paris. Et par un sit-in, le même jour (29 octobre), devant le Parlement à Rabat.


France 24, présentée comme la “CNN française”, a entamé un tour d’horizon au Maroc pour recruter ses journalistes. Avec 170 journalistes issus de 27 pays, elle cible essentiellement le Maghreb et le Moyen-oient et devrait émettre des tranches horaires en arabe à partir de juillet 2007.


45 : c’est le nombre de manifestations contre la hausse du coût de la vie qui ont eu lieu, depuis début octobre. Le mouvement, qui a démarré assez discrètement, touche essentiellement les petites localités du royaume. Plutôt que de tabler sur la masse, les organisateurs semblent compter sur le “dispatching”. Pourquoi pas ?


”Et si on révisait les listes des résistants, ceux qui ont pris les armes pour leur pays et ceux qui l’ont fait… contre les vrais résistants ?”. La réflexion est de Mohamed Aït Kaddour, qui pourrait céder à l’exercice autobiographique pour “réhabiliter les Mohamed Chaâbi, Mohamed Mrabtine et tant d’autres”.


“La nourriture dans les prisons marocaines sera désormais confiée au secteur privé” a précisé mercredi aux députés le ministre de la Justice. Bouzoubaâ s’est par ailleurs défendu de vouloir privatiser les établissements pénitentiaires du royaume. La privatisation concernera donc uniquement la gamelle. De toute façon, ça ne peut pas être pire.
 
 
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