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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

George W. Bush signant la loi
antiterroriste sur les tribunaux
militaires, la détention
et la torture.
(AFP)

États-Unis. Paranoïa chez l’Oncle Sam

Entre ciel et terre, les Etats-Unis se croient perpétuellement menacés. George W. Bush a signé, mardi 17 octobre, la loi antiterroriste sur les tribunaux militaires, la détention et la torture, adoptée le 28 septembre par le Congrès.

Avec cette loi, Bush se taille un arsenal juridique à sa mesure… et démesure. Pour la majorité républicaine de Bush, cette loi tombe à point nommé. A trois semaines d’élections parlementaires de plus en plus incertaines pour elle, la loi antiterroriste fait porter le débat sur la
sécurité et le détourne du chaos irakien. Cette signature a ravivé l’indigantion des organisations de droits de l’homme comme l’ACLU, qui ont protesté mardi.

La loi va permettre à la CIA de poursuivre son programme d’interrogatoires, que les détracteurs assimilent à de la torture. Bush a insisté sur la préservation d’un “instrument vital”, qui aurait sauvé le pays contre de nouvelles attaques. Même les fameuses prisons secrètes de la CIA se trouvent accréditées.

La loi prévoit la création de tribunaux militaires pour juger les “ennemis combattants”. Bush a assuré que ces tribunaux, dénoncés comme anticonstitutionnels par la Cour suprême, sont légaux. Les suspects auront droit à un avocat militaire. Ils seront prémunis contre des abus flagrants. Mais la loi laisse à Bush un large pouvoir d’interprétation des règles internationales… Elle dénie aux prisonniers les recours sur les conditions de détention. Les procès doivent reprendre début 2007.

Cette paranoïa ne s’arrête pas là. Washington a publié très récemment un document stratégique qui réserve aux Etats-Unis le droit d’interdire l’espace à des ennemis qui nuiraient à leurs intérêts. L’étude rejette aussi toute interdiction d’armes dans l’espace et encourage le développement spatial américain privé important. Course aux armements ? D’après l’étude, “les accords sur le contrôle des armements ne doivent pas nuire aux droits des Etats-Unis de mener d’autres activités dans l’espace pour les intérêts nationaux américains”. L’étude est publiée alors que la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, en visite au Japon mercredi, a promis au pays de le défendre quoiqu’il en coûte.


Presse. Kafka à Alger

En allant déposer une demande de renouvellement de son passeport, Arezki Aït Larbi, correspondant à Alger du Figaro, apprend qu'il est interdit de passeport. Raison invoquée par les autorités algériennes : un jugement prononcé dans le cadre d'une affaire en diffamation qui remonte à douze ans. Une plainte pour diffamation aurait été déposée par un fonctionnaire du ministère de la Justice, après un article de Aït Larbi datant d'avril 1994 où il relatait les sévices infligés, dans les années 80, à des détenus politiques dans un pénitencier. Mais jusqu'alors, Arezki Aït Larbi ignorait que cette affaire lui avait valu, en 1997, une condamnation à six mois de prison ferme par contumace, assortie d'un mandat d'arrêt. Du coup, le journaliste ne peut quitter l'Algérie et risque même une incarcération. Le Figaro a protesté contre cette “tentative d'intimidation”. En juillet dernier pourtant, le président Bouteflika annonçait une grâce pour tous les journalistes condamnés pour diffamation. Simple effet d'annonce ?

Youssef Aït Akdim, Paris.



Turquie-France. L’Histoire ne passe pas

Le torchon brûle-t-il entre Paris et Ankara ? Le Parlement turc a dénoncé mardi le vote des députés français d’un texte sur le “génocide arménien de 1915”, qui sanctionne la négation du génocide arménien de peines allant jusqu’à un an de prison et 45 000 euros d’amende. La Turquie reconnaît des tueries d’Arméniens entre 1915 et 1917 sous l’Empire ottoman mais récuse catégoriquement la notion de génocide et les 1,5 million de morts.
Le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gül, a averti que si le texte devenait loi, les liens bilatéraux seraient “irréparablement endommagés”. Le gouvernement français et le président Jacques Chirac s’en sont démarqués. Les firmes françaises pourraient être exclues des contrats publics et des associations ont appelé à un boycott des produits français. Inquiétant.


Côte d’Ivoire. Toujours l’impasse

L’impasse demeure en Côte d’Ivoire quant au partage du pouvoir entre le président Laurent Gbagbo et son Premier ministre Charles-Konnan Banny. Lors de son sommet, l’Union africaine (UA) a décidé de reconduire pour un an le tandem Gbagbo-Banny et de renforcer les pouvoirs du premier ministre pour faire contrepoids à Gbagbo, accusé par ses ennemis de bloquer le processus de paix pour rester au pouvoir.
Banny avait été désigné en décembre 2005 par la communauté internationale, conduite par la France, pour organiser des élections avant la fin octobre 2006. Empêtré dans les rivalités entre les partisans et les adversaires de Gbagbo, dont les rebelles qui tiennent le nord, Banny a échoué dans sa mission. D’où l’idée de l’UA de proroger le ticket Gbagbo-Banny.


Tchad. 3000 déplacés

Près de 3000 Tchadiens ont été déplacés suite à des violences communautaires meurtrières qui ont éclaté début octobre dans le sud-est du pays, a annoncé inquiet, le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR). Ces milliers de personnes se sont rassemblées dans divers endroits près du camp de réfugiés de Goz Amir (800 Km à l’est de N’Djamena) et Goz Beida, près de Koulou. À l’origine de ces violences et de ce mouvement de déplacés, un conflit ethnique qui a éclaté le 4 octobre entre communautés d’origine africaine – djdadjo - et arabe.
Les centres de santé gérés par les organisations humanitaires dans la région ont reçu 36 blessés par balles. Le bilan pourrait être beaucoup plus lourd.



Lu pour vous. [Vénézuela]
Les excès de Chavez

Pierre Rousselin, Le Figaro, le 18 octobre 2006

Dans sa croisade effrénée pour intégrer l’Axe du Mal et s’en faire le porte-drapeau, Hugo Chavez s’était fixé pour but de faire élire son pays, le Venezuela, au Conseil de sécurité de l’ONU.
Ses diatribes antiaméricaines y auraient trouvé un retentissement mondial. Face à l’Occident, dans sa version “impérialiste”, il se serait fait le champion d’un nouveau bloc dont rêvent les fauteurs de trouble pour remplacer l’Union soviétique et ses satellites d’antan (...)
Maniant la diplomatie du carnet de chèques et du contrat pétrolier, Hugo Chavez a mené sa campagne partout où il pouvait recueillir des voix : à Minsk, à Moscou, à Pékin, à Kuala Lumpur, à Luanda et à La Havane.
Pour succéder à l’Argentine au siège revenant à l’Amérique latine au sein du Conseil de sécurité, il lui fallait rassembler les deux tiers des voix des 192 pays de l’Assemblée générale de l’ONU. A ce jour, le vote se poursuit mais il est acquis que Chavez ne pourra l’emporter.
Malgré la flambée des cours du pétrole et le rejet mondial que connaît l’Administration Bush, le caudillo sud-américain ne sera pas le Fidel Castro du 3ème millénaire.
En accusant les Etats-Unis d’avoir fomenté le 11 Septembre 2001 pour mieux mener la “guerre contre le terrorisme”, en traitant George W. Bush d’“idiot” ou de “diable” à la tribune des Nations unies, Hugo Chavez en a fait beaucoup trop. Ses outrances lui ont fait perdre des soutiens précieux.



Royaume-Uni. Tony ne blaire plus le voile

Tony Blair met les pieds dans le plat. Fin connaisseur de l’histoire des religions, il est entré dans le débat sur le voile au Royaume-Uni. Le voile islamique est “une marque de séparation” qui appelle une discussion plus large sur l’intégration de la communauté musulmane dans le pays, a-t-il lancé lors de sa conférence de presse mensuelle. Avant lui, Jack Straw s’était aventuré le 5 octobre, en éclaireur, en se déclarant favorable à ce que les musulmanes ôtent leur foulard, y voyant le symbole de la séparation des communautés. Plusieurs ministres sont montés au créneau.
Depuis les attentas du 7 juillet 2005 (56 morts), la question préoccupe le pays. Les récents évenements en Europe et la suspension d’une institutrice auxiliaire, Aïcha Azmi, 24 ans, d’une école de Dewsbury (nord) ont amplifié le débat ce week end. Elle refusait de retirer son voile, arguant de la présence de collègues masculins.


VITE !

Depuis mardi, les États-Unis comptent 300 millions d’habitants. Impossible cependant de dire qui, d’un nouveau-né ou d’un immigré, est ce 300 millionième Américain ! Les Etats-Unis sont le 3ème pays le plus peuplé de la planète, derrière la Chine et l’Inde.

 
 
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