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N° 245
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Schizo, pour toujours…
Une fois de plus, je vous félicite pour la pertinence de vos sujets. J'ai lu et relu avec beaucoup d’intérêt votre dossier intitulé “Blad schizo” (TelQuel n°243). Je me joins à vos conclusions : nous vivons dans une société handicapée, entravant toute possibilité de développement. Entre discours et réalité, il y a un énorme gap qu'on n'osera pas franchir pour plusieurs raisons. L'Etat qui encercle presque toute activité par la religion ; l'éducation (à la maison comme à l'école) qui ne nous apprend ni à être autonomes, ni à être responsables ; les traditions éculées et vides de sens et d’utilité, sinon celle de contrôler davantage une société déjà étouffée… En couple, c’est encore pire, avec un entourage qui se mêle des affaires les plus intimes. Verra-t-on jamais le moindre changement ? Pas tant que nous n’oserons pas franchir le pas vers la liberté de pensée et la responsabilité individuelle. Deux choses que nous n’avons jamais apprises et que la plupart d'entre nous ont peur d'assumer.

Abdeslam Acharki, Casablanca.


Folle du Maroc

“Le plus beau pays du monde, Blad schizo”, ça sonne bien. La politique de l’Etat est passionnément schizo, rien à dire. Il faut y faire quelque chose, et d’urgence. Et ce n’est pas le Dr Hachem Tyal ni le Pr. Nadia Kadiri qui pourront en venir à bout ! Quant à moi, je suis un peu schizo et tout à fait sonnée, cela m’a même valu un détour une fois au pavillon des “sages”, le fameux 36.
À chaque fois que je lis un livre censuré, comme “Les officiers de Sa Majesté” de Tobji, je comprends combien ce pays cherche à nous aliéner. Nous sommes obligés de lire ces choses-là en cachette, ce qui nous conduit à haïr ce système pourri, établi et presque immobile. Car nous ne vivons qu’une illusion de changement. De quoi rechuter et tomber dans la schizophrénie la plus coriace ! Aller de bon matin chanter aux élèves que nous vivons en démocratie, leur inculquer de fausses vérités, leur faire miroiter de faux espoirs…
Je dis donc : Merci ! Je suis une folle du Maroc ! Au sens propre...

Hassna El Krem, Khouribga.



Une question de bon sens
Lecteur régulier de TelQuel, je tiens à vous remercier pour votre travail. Français, résident à Marrakech où je dirige un restaurant et une maison d'hôtes, ex-responsable politique à Saint-Tropez dans le Sud de la France, je tiens à vous féliciter pour vos éditoriaux, et notamment celui intitulé “la provoc’ papale”. Un édito plein de ce bon sens qui manque tellement à nos dirigeants politiques et religieux mondiaux. Continuez dans cette voie et bravo.

Nicolas Coquema, Marrakech.



Bon baisers de Bruxelles
Bonjour à toute l'équipe de TelQuel. J'ai découvert votre magazine chez un coiffeur algérien à Bruxelles. Moi-même journaliste depuis 1981 et d'origine algérienne, j'ai été agréablement surpris par la méthode d'approche et de traitement des sujets d'actualité qui touchent le Maroc d'aujourd'hui, en retenant davantage une certaine liberté de ton, née d'une recherche et d'une déontologie toutes professionnelles. Bon courage.

Mouloud Atcheba, Bruxelles, Belgique.



Le retour de Diouri
J’ai lu avec intérêt votre article sur le retour de monsieur Moumen Diouri au Maroc (TelQuel n°240). C’est une bonne nouvelle que ce vrai militant de la gauche marocaine soit rentré au pays. Je suis ravi pour lui, pour la démocratie et surtout pour la liberté intellectuelle. Le livre intitulé “la haute trahison de l'élite marocaine”, qui devrait sortir bientôt, permettra de raviver le souvenir de beaucoup d’oubliés et de déballer des vérités qui étaient jusqu’ici enfouies dans les ténèbres des années noires.

Karim Smili, Paris.



À celle qui n’aime pas le ramadan
En réponse au courrier d'une lectrice non musulmane et anonyme, qui a affirmé ne pas aimer le ramadan pour différentes raisons (TelQuel n° 243), j’aimerais répondre d’abord par une question. Peut-on généraliser en se basant sur un cas ? Certainement pas. Ensuite, je dirais qu’à Rome, il faut vivre comme les Romains. Que demande cette dame ? Doit-on arrêter de jeûner pour lui faire plaisir ? Si elle n'aime pas le ramadan, c'est son problème. Elle n'a qu’à programmer ses vacances et quitter le Maroc chaque ramadan ! Comme le font d’ailleurs beaucoup de Marocains qui “mangent le ramadan”. Je ne suis pas raciste, mais je défends ma culture, mon identité et ma religion. Je vous rappelle que nous vivons dans un Etat dont la Constitution précise que la religion est l'Islam, tout en garantissant le respect et l’exercice des autres cultes ! J'aurais aimé savoir si cette dame paie correctement sa femme de ménage, son chauffeur, son gardien. Les a-t-elle déclarés à la CNSS ? Car je connais plusieurs européens qui adorent les bienfaits de l'économie souterraine ! Malheureusement, cette dame n'a pas vu les bonnes choses. Et elle râle parce que ses enfants n’ont pas pu avoir une glace !

Mohamed El Kortbi, Casablanca.


Laïcité, encore et toujours

Tout d’abord, félicitations pour vos articles et votre courage, qui manque hélas à la classe “intellectuelle”, censée être la locomotive de la société en matière de lutte contre le conformisme et donc l’immobilisme. Merci d’oser ce que d’autres, par peur, n’osent pas. Continuez ! Nous vous appuierons, et sommes solidaires de votre lutte “pédagogique”.
Votre article “pourquoi je n’aime pas le ramadan” (TelQuel n°243) est certes bon. Mais il aurait fallu peut-être rappeler également comment l’espace public est confisqué par une partie de la population, qui y exerce une dictature implacable ; et comment les laïcs rasent les murs comme des délinquants. Je ne crois pas que le ramadan, tel que nous le pratiquons, soit un modèle de respect de l’autre, conforme à la déclaration universelle des droits de l’homme. Les laïcs, pourtant très attachés au respect de la vie humaine, risquent la leur pour une histoire qui n’en finit pas depuis que les religions existent ! Nombreux sont les pays qui se sont affranchis de cette monstruosité. Pourquoi pas le nôtre ? Voilà pourquoi votre combat est également le nôtre, celui de faire évoluer un pays que nous aimons tous.

Lahcen Barkhoukh, Grenoble, France.

 
 
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