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N° 245
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine Culture

Laïla Lalami
(DR)

Littérature. Moorishgirl in moorish world

Une fine plume pose ses ailes au Maroc. En décembre, Laïla Lalami, auteur du blog à succès Moorishgirl (TelQuel n°196) et signature du Boston Globe et du Washington Post, s’installera neuf mois à Casa pour les finitions de son nouveau roman, The Place we call home. “Je pourrais changer ce titre”, se reprend l’écrivaine rbatia, qui aime cultiver le mystère depuis sa maison de Portland, dans la verdure de l’Oregon. Secrète aussi, la trame. “Je préfère ne pas parler de mon travail avant qu’il soit terminé”. On soufflera quand même que ça se passe entre les Etats-Unis et le Maroc, dans les années 80. C’est tout.
Mais en consolation, dites-vous que l’arrivée de Laïla pourrait être synonyme de sortie (enfin) au Maroc de son premier et très remarqué roman Hope and other dangerous pursuits, chronique de quatre harraga dans l’abandon. Déjà traduit en néerlandais et en espagnol, bientôt en italien et en portugais, Hope… sortira en français en janvier 2007 chez Anne Carrière, ce qui réjouit déjà Marie-Louise Belarbi de Tarik Editions. “J’étais rentrée en contact avec elle, mais j’attendais une version française pour lire quelques bonnes feuilles”, explique celle qui a passé dix ans dans le giron de Robert Laffont, père d’Anne Carrière. “On pourrait envisager une co-édition marocaine”, espère l’éditrice. “Je tiens vraiment à ce que mon livre sorte en arabe au Maroc”, insiste Laïla. La balle est dans le camp de Tarik Editions...


Sortie. Hezzou drapeau !

De la guerre du Pacifique, les manuels d’Histoire de la Seconde guerre mondiale retiennent une image : cinq marines hissant une bannière étoilée sur l’île japonaise d’Iwo Jima. Symbole d’héroïsme, la scène se retrouve même à l’ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan de Spielberg. Dans Mémoire de nos pères, Clint Eastwood porte un coup (de maître) à l’hagiographie. Avec la sensibilité qu’on lui connaît, l’ex-inspecteur Harry pose des colles à l’Amérique combattante d’aujourd’hui. Parmi les survivants, trois des porte-drapeaux sont démobilisés pour faire la promotion en métropole des emprunts de guerre dans leur tournée. À la fin, ces hommes ne sont ni des saints, ni des martyrs, seulement des éléments d’une machinerie qui les dépasse. Du grand cinéma hollywoodien en dépit d’un casting sans paillettes. On attend le second volet racontant l’histoire du côté japonais, le temps de se remettre des courbatures du premier.

En DVD.



Sortie. Quand les anges passent ?

Dernière ligne droite pour Ahmed Boulane avant la sortie de son second long métrage, Les Anges de Satan, inspiré de la tristement célèbre “affaire des satanistes” et qui lui a attiré les foudres de la communauté metal pendant le tournage. On lui avait alors reproché d’avoir caricaturé les personnages des musiciens arrêtés dans l’affaire. “Mon film est une fiction. C’est un genre cinématographique à part entière. Je m’inspire d’un fait réel et je construis une fiction autour” se défend-il. Le réalisateur a tout de même accepté de couper “2 minutes 37 secondes qui pourraient prêter à confusion”. Verdict à la sortie, le 31 janvier.


Festival de Marrakech. Louise attaque

Nouvelle pluie d’étoiles hollywoodiennes sur le Festival de Marrakech. Susan Sarandon a confirmé sa présence pour l’hommage qui lui sera rendu cette année. Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans La Dernière marche, Susan Sarandon devrait de surcroît présenter deux de ses films. C’est motus et bouche cousue du côté des organisateurs, mais les festivaliers devraient sans doute avoir droit, entre autres, à l’incontournable Thelma et Louise de Ridley Scott qui avait révélé l’actrice au grand public. Côté Bollywood, l’autre face strass et paillettes (mais plus popu) du festival, un hommage sera rendu à “yeux de biche”, Kajol Devgan. Mais du calme les garçons, les “kajoleries” seront réservées à son mari, l’acteur indien Ayal… Devgan, qui sera aussi de la partie marrakchie. Le Maroc aura un accent très british cette année puisqu’il sera représenté dans la compétition officielle par WWW - What a wonderful world de Fawzi Bensaïdi et Wake up Morocco de Narjiss Nejjar. La population indigène marrakchie aura même droit à la cerise sur le gâteau : Jamel Debbouze comme membre du jury.


Made in Maroc. Zutique ouvre boutique

Depuis un mois et demi, trois stagiaires de l’association Zutique pistent les artistes du bled en vue du cycle Made in Maroc qui ensoleillera Dijon de mars à juillet. Dans leur besace, une flopée de contacts hip hop – H-Kayne, K-Libre, Fnaïre, Fes City Clan et DJ Key – en vue d’une grosse soirée à la salle La Vapeur ; mais aussi de danseurs (compagnie Anania), vidéastes (Noureddine Tilsaghani), cinéastes docu (Ali Essafi et Khalil Benkirane) et fiction (Ahmed Boulane), pour les besoins d’un cycle documentaire musical (inspiration Boulevard avec qui une collaboration est en route), de projections style rétrospective dans des salles classiques et d’autres, “modernes et grand public mais pas niaises” dans des banlieues. L’idée est aussi de mélanger les genres, comme “diffuser un court-métrage avant un concert”. à suivre sur leur planning, Abdellah Taïa, perle rare de la littérature contemporaine, et Brahim Mazned, chasseur de têtes de Timitar...


Success story. Des clips et des claps

Elle a des boucles d’or, des mains en or, et ses potes portent des chaînes en or : Sanaa Hamri, réalisatrice en vogue de clips vidéos US, n’est pas la copine de Mariah Carey, Lenny Kravitz et P. Diddy pour rien. La fille prodige du peintre tangérois est nominée au “2006 BET Hip Hop Award”, compét’ haut perchée qui enflammera le Fox Theatre d’Atlanta le 12 novembre et la chaîne américaine BET le 15. Ghetto Story Chapter 2 de Cham avec Alicia Keys et Nasty Girl en hommage à Notorious B.I.G avec Nelly, Diddy, Jagged Edge et Avery Storm sont les pépites qui lui vaudront peut-être un couronnement aux côtés de Kanye West, Missy Elliott ou Jay-Z. Même des acteurs surfent sur sa vague dorée : Simon Baker, star de son premier film Something new, a décroché un rôle dans Le Diable s’habille en Prada… Sanaa, you’re the BET !


7ème art. Cinémallemagne

Dialopunkt Deutsch. Imprononçable ? Débrouillez-vous ! Mais pour la première fois à Marrakech, le DD vous invite, avec Ciné5, à la Semaine du film allemand pour cinq histoires fracassantes de modernité : une intrigue à tiroirs entre Champions League à Moscou et pèlerinage de Compostelle dans One day in Europe, de Hannes Stöhr (le 28 octobre) ; les débuts du kung-fu allemand dans Kebab Connexion de Anno Saul (le 29) ; le monde impitoyable du théâtre dans le docu Acteurs à tout prix de Andres Veiel (le 30) ; le duel psychologique entre la jeune résistante de la Rose blanche et la Gestapo dans Sophie Scholl de Markus Rothemund (le 31) et la rébellion de trois jeunes activistes dans Les années de vache grasse sont révolues de Hans Weingartner (le 1er novembre ). Le tout sous-titré en arabe.

19h, Dar Attakafa, Marrakech Daoudiat.



Télé. Ma Brigade bien-aimée

Entre Al Kadia sur 2M et La Brigade de TVM, le mois sacré de la télé était sous le signe du policier. Mais si le téléfilm de Noureddine Lakhmari a suscité un certain tapage pour un seul épisode pas des mieux ficelés, la série de son ami Adil Fadili semble avoir réussi, en quatorze épisodes, à “installer un RDV avec le public”, dixit son réalisateur, que la SNRT a sollicité, en off, pour vingt nouveaux opus. Fruit d’un budget dix fois moindre (par épisode) que la coprod 2M-Sigma, La Brigade s’est démarquée par un jeu d’acteurs appliqué, un scénario à tiroirs cohérent et une réalisation recherchée. “On a réussi à faire exploser deux, trois voitures”, résume modestement Adil Fadili. L’audimat aussi ? Réponse au prochain épisode...


Théâtre. Pour une pièce... de monnaie

Initiée par le fils de pub Nourredine Ayouch, la Fondation des arts vivants organise, du 30 octobre au 12 novembre prochains, la 2ème édition de “Allons au théâtre”. Pour rappel, cette opération artistique veut réhabiliter les planches en offrant une scène (elles sont rares) à des troupes de la place et populariser, par la même occasion, le théâtre auprès du public grâce à des billets à prix modiques (20 DH pour les adultes et 10 DH pour les jeunes). Parmi les 16 pièces proposées (en darija, tamazight et français), Tslim a Lsyad, une adaptation de L’île aux Esclaves de Marivaux par la troupe Tensift de Abdellah Didane, le présentateur de “La caméra cachée” de 2M ce ramadan, et avec Amal El Atrach, la plus célèbre “bonne” du Maroc.


Le livre.

Depuis les Rita Mitsouko, tout le monde le sait : les histoires d’amour finissent mal en général. On aime un jour on ne sait pourquoi. On aime plus le lendemain pour des raisons tout aussi mystérieuses. Dans Ni toi ni moi, Camille Laurens s’improvise détective privé et tente de percer l’énigme qui enveloppe l’amour et le désamour, pourquoi a-t-on les yeux de Chimène pour l’autre avant de le quitter sur un dernier regard dégoûté. Comment dire ce qui ne s’entend pas, comment montrer ce qui ne peut pas se voir ? Camille Laurens a choisi l’autofiction afin de partir, avec un délicat filet à papillons, à la chasse de cette “insaisissable” légèreté de l’être amoureux. Par moments, c’est durassien.

Camille Laurens, Ni toi ni moi. Ed. P.O.L




Humeur.
My generation et des poussières

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

L’Istiqlal a répondu aux soirées kermesses populaires et paillettes de la gauche en organisant un hommage aux pionniers de l’art marocain. La soirée, confiée aux jeunes du parti, était supposée sensibiliser les moins de trente ans au vote - en faveur de l’Istiqlal, tant qu’à faire. Au Maroc, on est certes encore un jeune premier à 50 ans, mais là, l’erreur de casting était flagrante. On voulait réveiller les jeunes, on n’a fait que troubler le sommeil des morts et de ceux en voie de l’être. La datation au carbone 14 des artistes honorés vous donnait un millénaire bien frappé. Les photos jaunies de Allal El Fassi agitant son hochet nationaliste, la barbe déjà grisonnante, laissaient pourtant présager le gap générationnel à venir entre l’Istiqlal et le boom démographique marocain. Le Parti de l’Indépendance est né vieux, il ne pouvait enfanter que des gamins ridés, mordus d’archéologie culturelle. En face, ce n’est pas mieux. Les chabibas ressemblent à des clubs du 3ème âge. La relève frétillante de la gauche à la quarantaine révolue lève le poing, certes, mais jamais trop haut du fait de ses rhumatismes. Quant aux premiers ministrables du Maroc, ils feront bientôt tous sous eux à l’instar d’un vieil incontinent oublié dans un isoloir. Peut-on diriger un pays en couche-culotte quand soi-même on ne contrôle plus son sphincter ? À cette question, les jeunes ont déjà répondu. Ils ont tiré la chasse d’eau...



Fabrica Darga
à Madrid, on peut fêter le ramadan à la Heineken ! C’est dans cette salle du centre que Darga a fusionné samedi 20 octobre grâce à l’asso La Fabrica de ideas, après un atelier musico-citoyen dans une école primaire dont les gamins ont chopé le virus du cactus. Récidive madrilène le 25 novembre !


Two be or not two be
L’humorisme est un existentialisme. “Elie Semoun se prend pour qui ?”, telle est la question que se posera le trublion le 23 novembre au Mégarama de Casa, avant que son pote Arthur, en tournée chez nous les 5, 6, 7 et 8 décembre, se la joue carte sur table avec “Arthur, en vrai !”. Eux, c’est pas les autres !


Rap en relief
Tout de street gear vêtue, la bande de H-Kayne est à Casa pour les “captures de mouvements” dont naîtra le premier clip 3D de zic marocaine. C’est sur “Issawa Style” que rapperont leurs figurines “plus vraies que nature” designées par Orzone, boîte de prod’ spécialiste de l’animation. Gare au Gorillaz…

 
 
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