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Société. Hijabphobie
Patrimoine. Voir Nafoura et mourir
Enquête. Le flic est une femme
Football. Zoom sur une association de supporters
France. Un fauteuil pour trois
France. Paris "nettoie" ses aéroports
Loi de finances. Le dernier budget de Oualalou
Fouad Laroui. L'islamisme mélange tout
Opinion. Halte à l'amnésie !
N° 245
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Le rapport pointe “une
alimentation descriminatoire”.
(AFP)

Prisons. Dramatique surpopulation

Un récent rapport de l’Observatoire des prisons montre que la surpopulation carcérale a atteint des degrés dramatiques. Malgré l’ouverture de quatre nouvelles prisons et les grâces royales, le phénomène va en s’aggravant. Les lanternes rouges sont le pénitencier d’Inezgane avec 1401 détenus pour une capacité de 321 et celui d’Al Hoceïma (604 détenus pour une capacité de 84). Une situation inhumaine “qui a conduit le staff administratif de certaines prisons à utiliser les toilettes comme dortoirs pour les détenus”. On sait que les prisonniers vivent dans des conditions insalubres, mais pas à ce point
critiques. “L’accès aux bains et douches est très limité et parfois à l’eau froide, les couvertures usagées remises aux détenus ne sont souvent pas nettoyées”. Le manque patent de l’entretien des locaux favorise l’accumulation des odeurs de sueur, de tabac, d’ordures… Bref, c’est invivable. Au manque d’hygiène s’ajoute “une alimentation discriminatoire”. Les prisonniers qui ont de l’argent passent par “des intermédiaires véreux pour acheter des légumes frais”. Ceux qui n’en ont pas “se contentent de mixtures infectes et dégoûtantes”. En matière de soins, le constat est sans appel. “Le manque de moyens et d’autres facteurs ont des conséquences graves, parfois jusqu’au décès de détenus (124 cas en 2005 dont 6 suicides)”. Les causes les plus fréquentes de décès sont les pathologies cardiaques (36 cas), les pathologies pulmonaires (30 cas) et les maladies digestives (15 cas). Les décès ont une relation de près ou de loin avec l’insalubrité et la mauvaise alimentation. Et les mauvais traitements ? Le rapport fustige la pratique les cachots qui a concerné 3366 détenus en 2005. No comment.


Wahhabisme. La faute à l’Intérieur ?

“Je suis un farouche adversaire du Wahhabisme et c’est l’Intérieur qui le protégeait”. Voilà ce qu’a déclaré l’ancien ministre des Habous Abdelkbir Alaoui Mdaghri, cette semaine à notre confrère Al Ayam. “Le ministère des Habous, de mon temps comme celui de mon successeur, est responsable de la conduite religieuse et spirituelle des citoyens, pas du passage de cassettes et de livres, voire de l’argent, à travers les frontières marocaines”. Ce n’est que depuis l’avènement de Mohammed VI, poursuit l’ancien ministre, qu’une forme de coopération a vu le jour entre l’Intérieur et les Habous. Le Wahhabisme, lourd héritage (un de plus) de l’ancien règne ?


Hrig. Le nec plus ultra

Lundi dernier, 32 candidats marocains au hrig sont partis de Tarfaya en direction des Îles Canaries. Quelques heures plus tard, ils ont brandi, à la vue de la Guardia civil qui s’apprêtait à les arrêter, des drapeaux du Polisario ! Il semblerait que cette nouvelle technique (se faire passer pour un polisarien pour éviter le refoulement vers le Maroc) fasse des émules puisque deux jours plus tard, 23 autres harraga ont suivi le même exemple. “Ce ne sont pas forcément des Sahraouis, souligne cette source, mais ils savent qu’avec la carte de l’indépendantiste réprimé, ils ont plus de chance d’obtenir l’asile politique”. Et le patriotisme alors ?


Islamistes. Khalidi, chasseur de têtes ?

Le Parti de la renaissance et de la vertu de Mohamed Khalidi (dissident du PJD) dément tout rapprochement politique avec Ibrahim Kamal l’ex-bras droit du leader de la Chabiba Islamiya, Abdelkrim Moutiî. “Nous l’avons invité à donner une conférence à Casablanca mais il ne s’agit aucunement d’un recrutement politique”, nous déclare Khalidi. Et ajoute: “D’ailleurs, il s’est consacré à sa mission de la Daâwa (prédication) et ne veut pas avoir de casquette politique”. Il n’en demeure pas moins que Khalidi a fait une belle prise en invitant ce cheikh, considéré comme le guide du mouvement Al Badil Al Hadari. La politique commence d’abord par des idées !


Diplômés chômeurs. Suicides en vue

Qui a dit que le problème des diplômés chômeurs était résolu ? Les membres du groupe des 14, qui avaient tenté de se donner la mort en mars dernier dans les rues de Rabat, récidivent. Ils annoncent leur intention de se suicider collectivement le 8 novembre, “en signe de protestation” (sic !) contre les promesses non tenues du gouvernement, qui se serait engagé à les embaucher au sein du ministère de l’Intérieur. “Nous n’avons rien vu venir. Il ne nous reste plus que la mort”, déclare un membre du groupe. De quelle manière vont-ils se suicider ? On n’en sait rien car ils ne veulent pas “dévoiler toutes leurs cartes”. Sauf la carte du chantage, trop visible pour passer inaperçue.


Liberté de la presse. Le Maroc 97ème

Pour la cinquième fois, Reporters sans frontières distribue et retire des points aux 168 Etats que compte son classement annuel. Commençons par chez nous : “Le recul des lignes rouges imposées par le Palais et l’ouverture du paysage audiovisuel” font gagner 23 places au Maroc (97ème), en rappelant les amendes exorbitantes demandées au Journal hebdo et à TelQuel . Sinon, voici les tendances lourdes 2006 : durcissement de ton des plus répressifs - Corée du Nord, Turkménistan, Erythrée… ; dégringolade pour les Etats-Unis (53ème) ; dégradation continue pour la France (35ème) ; hécatombe dans les pays en guerre : Liban (107ème), Irak, Cisjordanie, Sri Lanka… ; répression continue en Iran (162ème), Syrie (153ème) et Arabie Saoudite (161ème), avec un mieux du côté de la péninsule arabique.



Billet. Touche pas à mes DVD !

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Il est rare, dans la médina de Rabat, de ne pas rencontrer une connaissance, dimanche, se dirigeant religieusement vers ce qu’il est convenu d’appeler “la Fnac”. Objectif dominical : faire ses emplettes en DVD, pour aller se divertir en privé, chez soi. Du cinéma dernier cri à 10 DH la pièce (entendez le film, comme ça peut être le sketch). Depuis deux semaines, plus de Fnac pour les accros de Rabat. La descente en règle des imposantes forces de l’ordre a tout simplement bloqué l’accès au panthéon local. Plus de film à apprécier en privé ou en amoureux. Bref, la police a fait des malheureux.
Question de base : qui faut-il défendre, dans un pays où l’accès à la culture est encore l’apanage d’une élite, les artistes et producteurs d’ailleurs ou les bénéficiaires d’ici ? Un libéral vous dirait que le marché devrait faire le tri, qu’il n’y a pas de raison de laisser une entreprise informelle faire des bénéfices en plein jour, et que de toutes les façons les Américains nous ont à l’œil : soit on s’occupe sérieusement des contrebandiers du divertissement, soit ils considèrent l’accord de libre-échange nul et non avenu. D’ailleurs, la menace a été littéralement exprimée en ces termes. Ceci est une vision darwinienne du monde, puisque rien ne peut interférer pour réguler ou rectifier les torts du marché et les inégalités Nord-Sud.
Et pourquoi ne pas se dire que la tolérance de la contrebande culturelle est un des prix à payer par le Nord pour que les gens du Sud pensent moins à foutre le camp ? Le comble est que la plupart de ceux qui partent et parviennent à franchir les citadelles du “monde civilisé”, se retrouvent dans des pays où le divertissement se paye cash et au prix fort. Résultat, ils abandonnent leurs infimes plaisirs, faute de thunes. Alors, vaut mieux ne pas toucher aux DVD, l’un des rares plaisirs qui retiennent ici ceux qui aiment la culture.



M6-Boutef. Chirac intermédiaire ?

À défaut d’obtenir un face-à-face entre Mohammed VI et Abdelaziz Bouteflika, Jacques Chirac aurait réussi, d’après certains recoupements, à organiser une conférence téléphonique entre les deux chefs d’Etat quelques jours avant la fête de l’Aïd. Selon nos informations, le président français aurait pourtant fait le forcing pour tenter d’asseoir à la même table Mohammed VI et Bouteflika, à l’occasion de cette fête particulièrement sacrée pour les populations des deux pays. Si rien n’a filtré jusqu’à présent de cette “réunion au sommet”, la même source lie cette initiative à la volonté du président français de dénouer la crise algéro-marocaine qui dure, notamment à cause du Sahara.


Presse. Le Matin se refait une beauté

ça n’en finit pas de bouger au Matin du Sahara. Après avoir changé de patrons - successivement, le directeur général puis le rédacteur en chef - c’est au tour de sa maquette d’être revisitée. Le numéro zéro du Matin nouvelle formule est actuellement en préparation. Il est promis dans les kiosques pour le 8 novembre. Imprimé en quadrichromie, le “quotidien du Palais” part sur une plus grande pagination - un minimum de deux suppléments par semaine - tout en gardant son format actuel. Et pour finir, un tabloïd de 16 pages se substituera à l’actuel supplément week-end du quotidien. Serait-ce la renaissance du phénix ?


Guantanamo. Libéré… et disparu

Younès Chekouri est le dixième Marocain détenu à Guantanamo a être libéré par les autorités américaines et renvoyé dans son pays. Le hic, c’est que depuis le 12 octobre, date de son transfert au Maroc, l’islamiste a tout simplement disparu de la circulation. C’est ce qu’a fait savoir lundi l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), qui cite la famille du détenu. Quant à Chekouri, soupçonné par Washington d'activités terroristes, on ne sait pas s’il est passible de poursuites judiciaires, du moment que le ministère de la Justice refuse de répondre à la question. Restent les supputations d’usage : passage obligé des rescapés de Guantanamo, le centre de Témara a-t-il encore une fois offert son hospitalité à l’islamiste ?


C’est arrivé ! Ghellab à El Qamra

Quelques jours avant l’Aïd, le ministre Karim Ghellab a réussi un bon coup de promo en se rendant himself à la gare routière d’El Qamra de Rabat. La visite, transmise à la télé, a surpris plus d’un. Les Marocains ont vu leur jeune et élégant ministre à bord d’un vieil autocar en train de contrôler les papiers du chauffeur et de lui expliquer en darija les risques de l’excès de vitesse. Au milieu des gaz d’échappement, il a prodigué ses conseils aux “grissouns” et aux passagers. Cette visite restera dans les annales de la gare. Et pas seulement pour son côté fun. Avant de partir, le ministre a adressé des avertissements à deux autocars qui ne répondaient pas aux normes de sécurité. Pourvu que ça mette fin à la guerre des routes !


Parlement. La machine vous écoute

Le Parlement vient d’acquérir une machine qui permet la retranscription automatique de tout ce qui se dit dans les séances plénières. Vous avez peut-être déjà remarqué cette dame qui tape dans une sorte de dactylographe… dans les tribunaux américains. Notre Parlement aura le même dispositif. Sauf que la dame en question ne se trouve pas sous la coupole avec les députés, mais dans une salle mitoyenne (“faute de place”, indique une source parlementaire). C’est l’USAID, chargée de l’assistance technique du Parlement, qui a financé ce bijou technologique de 2 millions de DH. La nouvelle machine a été mise en marche à l’ouverture de la session d’automne dans une très grande discrétion.



3 questions à Mohamed Tarek Sbai (Président de l’Instance nationale de protection des biens publics)

Vous avez organisé un grand festival artistique à Rabat. Quelle est la relation avec la dilapidation de l’argent public ?
L’art a une mission historique. Notre festival a été animé, entre autres, par Nass El Ghiwane, un groupe qui chante les soucis du peuple, la corruption, l’injustice… Le théâtre Mohammed VI était plein à craquer. Pour faire passer des messages, il faut ratisser large. Si nous avions tenu un colloque, très peu de gens auraient fait le déplacement. Nous ne pouvons pas entrer dans toutes les maisons. Nass El Ghiwane et les frères Megri, si.

Votre action se limite donc à faire passer des messages ?
Nous faisons de la sensibilisation pour attirer l’attention sur la gravité des dilapidations. La justice est incapable de protéger les deniers publics. Le ministre a le pouvoir de déclencher des poursuites judiciaires en cas de crimes économiques. Or, cela demande une volonté politique qui n’existe pas. Nous allons inviter tous les partis à signer une déclaration d’honneur sur la moralisation électorale. Beaucoup sont responsables de la corruption.

A combien estimez-vous les sommes dilapidées ?
Les jugements rendus par l’ancienne cour spéciale de la justice portaient sur plus de 1,4 milliard de dirhams dont seulement 40 millions ont été récupérés par l’Etat, auxquelles s’ajoutent les sommes colossales englouties dans la Chambre des conseillers qui ne sert plus à rien. La loi sur la déclaration du patrimoine rencontre de grandes résistances.


Commissions. Ramid out !

Mustapha Ramid a perdu la présidence de la commission de la Justice au Parlement, tombée dans l’escarcelle de l’USFP avec Abdelkbir Tabih. La presse a interprété l’éviction du trublion du PJD comme un coup bas provenant du ministère de l’Intérieur après l’enquête que le parlementaire a diligentée sur les commissariats de police. “C’est faux”, répond un membre du PJD qui explique que l’élimination de son parti est due “au simple jeu des forces politiques au Parlement”. Le PJD, pour rappel, a quand même hérité de la Commission des secteurs sociaux avec Bassima Hakkaoui.


People. Un Douglas en cache toujours un autre

Le dj Cameron Douglas, fils de la star Michael Douglas, viendra poser ses platines au Platinium de Skhirat le 16 décembre prochain. La séance de mix est organisée par l’association Ruban rouge de lutte contre le sida, qui, après avoir communiqué grâce à des stars arabes comme Haïfa Wehbi, ouvre sa com’ paillettes aux célébrités d’outre-Atlantique - ou tout du moins à leur fils. Cameron Douglas aura ainsi droit au passage obligé des raouts médiatiques de Ruban Rouge : le fameux test de dépistage du sida “clicheté” par la presse. Et comme tout ceci reste très people, Cameron en profitera pour fêter son anniversaire au Maroc.


Pédophilie. Cours de conjugaison

Le projet de collectif de lutte contre la pédophilie, lancé par le Centre marocain des droits de l’homme (CMDH), a eu le don de mettre en colère “Touche pas à mon enfant”. L’association a démenti avoir rejoint le collectif. C’était un malentendu. Il ne s’agit pas d’elle, mais de “Touchez pas à mes enfants”, une association presque homonyme créée en mars 2006 par l’ancienne trésorière… de “Touche pas à mon enfant”. “Nous avons porté plainte pour plagiat contre elle puisque nous avons aussi enregistré à l’Office de la propriété intellectuelle l’appellation Touchez pas à mes enfants” précise Najat Anouar, présidente de “Touche pas à mon enfant”. Et quitte à couvrir ses arrières, l’association a fait les choses dans les règles de l’art en enregistrant également “Touche pas à mon gosse” et “Touchez pas à mes gosses”, ainsi que leur version arabe. Moralité : c’est pas bien de copier sur son voisin de classe.


Police. Les BIMO à la place des GUS

Vous n’avez pas aimé les GUS ? Attendez de goûter aux BIMO, qui n’ont rien à voir avec la célèbre marque de biscuits. Les Brigades d’intervention et de maintien de l’ordre (BIMO) de Charki Draïss devraient faire oublier les bavures des GUS. Le nouveau chef de la police a décidé de recycler les équipes que Laânigri avaient désignées pour assurer la sécurité dans les ports, aéroports et autres points sensibles. Ces policiers en civil, rompus au renseignement, vont suivre une formation supplémentaire de six mois au centre de police de Bouknadel. Ils vont ensuite reprendre l’uniforme et seront ainsi appelés à effectuer les tâches dont s’occupaient auparavant les CMI (Compagnies Mobiles d’Intervention) avant la création des GUS.


Contrebande. Comme au cinoche !

C’est à une embuscade digne d’un western que se sont livrés les douaniers de Tétouan pour arrêter un convoi de contrebande. Après avoir barré la route par des chaînes cloutées, la brigade mobile de la douane de la région de Tanger-Tétouan a en effet réussi, dans la nuit du jeudi, à intercepter un convoi de neuf véhicules portant de fausses plaques d’immatriculation sur la route secondaire reliant Tétouan à Moulay Abdessalam. Armés de gourdins et d’armes blanches, les 18 contrebandiers ont tenté d’empêcher la saisie des voitures avant de prendre la fuite. D’après nos sources, le butin, d’une valeur de plus de 1,1 million de Dirhams, était destiné au marché de Derb Ghallef.


Lecture. Bibliothèque de combat

Une bibliothèque verra bientôt le jour au cœur du Haut Atlas, à M’semrir, un village de 2000 habitants à 2500 mètres d’altitude. L’espace culturel haut perché est le fruit d’une collaboration entre trois français, des syndicalistes, chômeurs et d’associations locales de la région de Ouarzazate. Les 900 livres déjà récoltés auprès de maisons d’édition française, belge et marocaine, viendront garnir les rayons à partir de juin 2007, date d’achèvement de la bibliothèque. Les lecteurs pourront y trouver des ouvrages pour enfants, des romans, mais aussi des écrits sociaux, philosophiques et politiques. ça ne sentirait pas un peu la lecture engagée ?


Immigration. Amnesty condamne

Un an après les treize morts et centaines de blessés de Sebta et Melilia, quand les assauts d’immigrants africains des barrières de sécurité ont été violemment réprimés, le rapport d’Amnesty International est sans appel. Les enquêtes relatives à ce drame n’étant pas terminées, aucune mesure disciplinaire n’a sanctionné les exactions commises et aucune mesure préventive n’a été adoptée - trois personnes ont été tuées en juillet dernier dans la zone. “L’Espagne et le Maroc ont violé leurs obligations nationales et internationales relatives aux migrants et demandeurs d’asile”, souvent expulsés illégalement et indifféremment sans possibilité de recours juridique, dans des conditions qui les mettent “physiquement en danger”. Des responsables marocains auraient aussi provoqué des réfugiés en détruisant devant eux leurs papiers signés du HCR.


Télé. Abdelaziz interviewé par une Marocaine

Sanaa El Youssi, journaliste marocaine de la chaîne américaine Al Hurra, vient de boucler un documentaire sur l’évolution du conflit du Sahara depuis les années 70. Le travail de la jeune journaliste de 30 ans, qui fourmille d’images d’archives inédites, a la particularité de réunir, outre des interventions de différents spécialistes de la question ou d’anciens responsables marocains (Driss Basri, Abdelhadi Boutaleb…), celles des dirigeants du Polisario dont Mohamed Abdelaziz et Brahim Ghali. Et de l’aveu de Sanaa : “Etant donné que je suis Marocaine, il a fallu de longues négociations pour convaincre ces derniers de jouer le jeu”.


Bush / Ben Laden. Catch me if you can !

La médina de Rabat est envahie par un jeu chinois qui fait fureur auprès des gamins. Vendu à 20 dirhams seulement, Le “Path Cra 9-11” se présente comme un classique circuit de voitures, mais avec des pilotes inattendus. Il s’agit de Ben Laden muni d’un skate-board avançant à la force du poignet. L’ennemi intergalactique numéro 1 est poursuivi par Bush en char d’assaut muni de piles. Chaque fois que Bush rattrape Ben Laden, il lui donne une petite secousse dans le dos qui lui donne un peu plus d’élan pour s’enfuir. Tout un symbole. Le package du jeu précise que le “super funny children’s toy” s’adresse aux enfants de plus de trois ans. Vu la popularité de Ben Laden au Maroc, les grands risquent de le piquer à leurs petits frères.


Pub. Laâyoune sur papier glacé

Nos confrères de Jeune Afrique accordent, depuis quelques semaines, une attention toute particulière à la question du Sahara. Après un portrait dithyrambique de Khelli Henna Ould Errachid en couverture, l’hebdomadaire parisien en remet une couche (de 36 pages !) pour exposer “les efforts de développement que connaissent les provinces du sud du Maroc” (terminologie utilisée par le magazine). Tout aussi sympathiques, les insertions publicitaires qui ponctuent ce long dossier. OCP, ministère du Tourisme, industries de la mer et, fait rare, une insertion en plage pleine… du Conseil municipal de Laâyoune. Lequel s’est doté, pour l’occasion, d’un site Internet. Déjà ça de gagné...


Salafia. Repassez pour les grâces !

Aucun détenu islamiste n’a bénéficié de la récente grâce royale à l’occasion de l’Aïd El Fitr. “C’est la troisième fête d’affilée après celles du trône et de la révolution du Roi et du peuple où les prisonniers de la Salafia Jihadia sont exclus de l’amnistie”, martèle un membre de l’association Annassir. Ce dernier pense que les derniers dossiers du terrorisme, particulièrement l’affaire Ansar El Mehdi, auraient poussé l’Etat à revoir sa stratégie de libération progressive des islamistes. Il y a de fortes chances que cette explication soit vraie. À la prochaine grâce, nous en saurons plus. Inchallah.


Sahara. Salek fait des vagues

L’interview à TelQuel (n° 243) de Mahjoub Salek, dirigeant et porte-parole du mouvement Polisario Khat Achahid n’a pas laissé indifférent. L’opposant sahraoui y appelait à l’ouverture de négociations directes entre les Sahraouis et le roi Mohammed VI. Première réaction : un communiqué, signé Khat Achahid depuis les camps de Lahmada, qui critique la sortie de Salek et ne lui reconnaît pas le titre de porte-parole. “Salek n’a pas le droit de parler au nom du mouvement qui dispose de son porte-parole officiel et de ses organes”, dit le communiqué. Problème : à ce jour, le nom de ce porte-parole officiel n’est toujours pas connu. Dans la foulée, les camps de Lahmada ont enregistré cette semaine l’interdiction du seul magazine indépendant du front, Futuro Sahara. RSF a été saisie du dossier mais n’avait toujours pas publié de communiqué, à l’écriture de ces lignes. À suivre.


Torture. Le cas Zoubaïri

“C’est le roi en personne qui suit le dossier de Hassan Zoubaïri”. C’est en substance ce qu’aurait déclaré le juge d’instruction Abdelmalek Mountassir à la famille du fonctionnaire du palais royal de Marrakech, mort dans les locaux de la police. Zoubaïri et son frère Mehdi étaient poursuivis dans l’affaire des vols qu’aurait connus le palais royal pendant de longues années. Selon la famille, qui avait demandé une autopsie, Zoubaïri aurait succombé à la torture. Mais voilà que le parquet de Marrakech rend public un communiqué dans lequel on apprend que le défunt est “mort suite à de graves problèmes de santé en relation avec des troubles du cœur, des artères et des poumons”. Pour Moul Sebbat, c’était le foie. Rien à voir.


Justice. L’étau se resserre sur Chtouki

C’est fait, le juge Patrick Ramaël a lancé une nouvelle commission rogatoire au Maroc pour l’interrogatoire de plusieurs personnalités soupçonnées (par la justice française) d’avoir trempé, en tant qu’acteurs ou témoins, dans l’affaire Ben Barka. Des mandats d’arrêt sont également prévus et l’un des premiers visés semble être Miloud Tounzi, plus connu sous le surnom de Chtouki. Ce même Tounzi, activement recherché par la justice française depuis 41 ans, aurait récemment séjourné en toute quiétude en France, si l’on en croit les nouvelles informations révélées cette semaine par la chaîne de télévision France 3. Ces développements interviennent quelques semaines après la visite, au Maroc, de l’avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin (lire aussi le dossier Ben Barka).



Humeur. Question de goût

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

J’ai flashé sur sa voix mais, à son premier sms, j’ai laissé tomber l’affaire : “Tu c’est, je suis une femme coule !”. J’ai beaucoup de respect pour les fautes d’orthographe et, généralement, je suis ému par les maladresses de style. Mais pas toutes. Je ne suis pas fait pour une femme “coule”, c’est mon psy qui me l’a dit. Un ami m’a écrit ce mot, désespéré : “J’attonds une réponse de ta pare, et c’est la dernière foie que je te le demande”. Ce fut, effectivement, la dernière “foie” puisque je n’ai jamais répondu à son message. La plus belle femme à avoir intégré mon champ visuel m’a dit, sans doute pour enfoncer le clou et finir de me convaincre : “Jette ton œil sur mon blug et tu vivras verras”. J’ai jeté mon oeil et j’ai failli le perdre : des photos dignes d’un strip-tease sur Multivision (avant 22h) mais un texte insalubre, faux, ponctué de phrases aux effets de douche froide. “Jém la nature et les roz, je me sens frajil si tu me regardes, je suis une fam tu es alors l’hom”, etc. Comment envisager d’aller plus loin devant l’amoncellement de tels chefs-d’œuvre de littérature et, disons-le, de romantisme ? Un chercheur spécialisé en linguistique et en géostratégie m’a proposé de lire son “œuvre”. “J’enverrai le texte, tu jugeras sur place”. Avant de juger “sur place”, il m’a expliqué que son nom comportait un “J” : “Oui, oui, insista-t-il lourdement, un J comme Gérard ou généralement”. Même si mon petit doigt m’a dit que j’étais peut-être en face de “l’œuvre” de l’année, j’ai renoncé à la lire. Pas le courage… Voilà, j’arrête là avec l’espoir de vous avoir épargné la faute de goût qui couronne habituellement ce billet hebdomadaire.



VITES !

Lors du cérémonial accompagnant la célébration de la fête de l’Aïd El Fitr, plusieurs personnalités politiques ont soigneusement évité le baisemain royal : exemples de Mohamed El Gahs et Mohamed Achaâri qui se sont respectueusement penchés pour saluer le souverain sans lui embrasser la main. Un détail (télévisé) qui a valeur de symbole.


Radio Atlantic, ce sera le nom retenu pour le lancement, à la mi-novembre, de la station du groupe Ecoprint. Bilingue, généraliste, la radio, qui devrait avoir un penchant pour l’économie, a choisi un nom qui sonne comme une réponse à une célèbre radio dont le nom est lui aussi emprunté à la grande bleue (devinez laquelle ?).


Rachida Dati, conseillère d’origine marocaine auprès du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, vient d’intégrer le Who’s Who in France 2007. L’ouvrage intègre chaque année les personnalités les plus en vue dans l’actualité. Rachida Dati a misé sur le bon cheval : Sarkozy est donné favori à l’élection présidentielle française.


De son exil volontaire en France, l’ancien colonel Mahjoub Tobji entame l’écriture d’un second livre, après “Les officiers de Sa Majesté” paru chez Fayard en septembre dernier. “Ce sera prêt dans un an et ça dépassera le cadre de l’armée” nous a expliqué l’intéressé, joint au téléphone. Nous voilà prévenus.


Assahifa a presque bouclé sa transformation en quotidien. “Tout est prêt, sauf le choix de l’imprimerie qui n’est pas encore fixé”, déclarent les responsables du journal, qui ne peuvent de ce fait donner aucune date de lancement. Le journal sera composé de 16 pages grand format et vendu à 2,50 DH. Bienvenue !


A défaut d’ouvrir un bureau à Rabat, la télévision libanaise LBC va lancer une chaîne spéciale pour le Maghreb arabe qui “arrosera” spécialement le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Selon une source interne de la chaîne, “LBC ne fait que répondre à une grosse demande dans le Maghreb”.


Le Mouvement unicité et réforme (MUR), qui fête ses 10 ans d’existence, tiendra son congrès national les 4,5 et 6 novembre à Mohammedia. “La haraka a mûri. Nous allons adopter un plan de travail, non pas sur 4 ans comme nous avons l’habitude de faire mais sur une durée plus longue”, commente un dirigeant du MUR. Wait and see.
 
 
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