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N° 245
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Le retrait des forces américaines
d’Irak serait-il à l’ordre du jour ?
(AFP)

Irak. Vers un retrait programmé ?

Après avoir envahi l’Irak sous des mobiles fallacieux, les Etats-Unis et le Royaume-Uni cherchent à en sortir sur la pointe des pieds. Mardi, l’ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Zalmay Khalilzad, a jeté un pavé dans la mare en déclarant que “les dirigeants irakiens étaient convenus d’un calendrier pour prendre les difficiles décisions qui s’imposent”. Le général américain George Casey, commandant de la Force multinationale, a même considéré que les forces irakiennes devraient être prêtes, d’ici 12 à 18 mois, à prendre la responsabilité de la sécurité dans le pays.

Le lendemain, Nouri Al-Maliki, le chef du gouvernement, soutenu par Bush, a contredit cette version. Son gouvernement n’a pas reçu d’instructions de calendrier de Washington, a-t-il dit en substance. “Seuls ceux qui ont élu mon gouvernement ont le droit de parler de calendrier, ou de changement de politique”. Le Président Bush est monté au créneau, mercredi, lors d’une réunion électorale à Saratoga (Floride), et a assuré que les Américains resteraient en Irak aussi longtemps que nécessaire. Il a toutefois indiqué que si c’était lui qui fixait les objectifs, la tactique était l’affaire de Casey et de Khalilzad.

Ces dispositions, que la Maison Blanche refuse de qualifier de “nouvelle stratégie”, a fortiori d’ultimatum, arrivent comme par enchantement à deux semaines des élections américaines de mi-mandat, où Bush est menacé de perdre sa majorité.

Le Royaume-Uni paraît autant gagné par le doute. Les Britanniques sont toujours aussi impatients de voir leurs 7200 soldats quitter l’Irak. Tony Blair n’arrête pas de répèter ce qu’il dit depuis 2003 : les troupes ne partiront qu’une fois “le travail fini”. Mais pour beaucoup, comme le résume le Daily Telegraph :“Le débat sur notre rôle tourne maintenant autour d’une seule question : quand le Royaume-Uni et les Etats-Unis vont-ils se retirer ?”. Évoquer un retrait, alors que le pays a enregistré plus de 650 000 morts (!) depuis le début de l’invasion est honteux. Cela ressemble à un lâchage occidental en bonne et due forme.


Israël. L’extrême droite au secours d’Olmert

Sa position était délicate. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a réussi à consolider sa majorité en signant un accord avec le chef d’un parti d’extrême droite, Israël Beitenou, fort de onze députés. Olmert était critiqué après les retombées de la guerre au Liban. Avec l’arrivée du chef d’Israël Beitenou, Avigor Lieberman, connu pour son franc-parler et ses positions anti-arabes, le gouvernement va attirer la communauté russophone. Olmert retrouve surtout une confortable majorité de 78 députés sur 120, un gage de stabilité. Lieberman fait une entrée fracassante. D’une part il éclipse Benjamin Netanyahou, le patron du Likoud. D’autre part il devrait être nommé vice-premier ministre et ministre des Affaires stratégiques, chargé du dossier nucléaire iranien, qui inquiète Israël. Mercredi, le Premier ministre équilibriste, Olmert, a réussi à convaincre Amir Peretz et les travaillistes de rester dans cette coalition fragile. Jusqu’à quand ?


Tunisie. Protestation contre Al Jazeera

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé mercredi la fermeture de son ambassade à Doha pour protester contre “une campagne hostile” de la chaîne qatarie qui a diffusé deux interviews de Moncef Marzouki, chef du Congrès pour la République (parti interdit). Le 14 octobre, Marzouki, 61 ans, établi en France, appelait à la “résistance civile” contre les autorités tunisiennes. Samedi dernier, de retour en Tunisie, Marzouki a déclaré qu’il refusait de se rendre à la convocation d’un juge d’instruction souhaitant l’interroger sur son appel, dans sa première interview, “à l’unification de toutes les formes de résistance”. D’après Tunis, “Al Jazeera a dépassé toutes les limites” en lui donnant la parole. “De telles prises de position incitent au désordre et à la sédition”. À ce point ?


Écologie. L’humanité vorace

L’humanité consommera en 2050 l’équivalent des ressources annuelles de deux planètes comme la terre ! L’information vient du très sérieux rapport biannuel du Fonds mondial pour la nature (WWF). La destruction de l’environnement a atteint un rythme jamais vu auparavant. Notre consommation a dépassé les ressources naturelles disponibles à partir des années 80 et a été multipiée par trois entre 1961 et 2003. Selon James Leape, directeur général du WWF, le moment est venu de faire “des choix vitaux”. Le WWF s’inquiète de la croissance rapide de la consommation de combustibles polluants (pétrole, gaz et charbon), qui a été multipliée par neuf entre 1961 et 2003. Les pays les plus voraces sont les Emirats Arabes Unis, les Etats-Unis, la Finlande, le Canada, le Koweït et l’Australie. Inquiétant.


Hongrie. L’Histoire se répète

Le cinquantième anniversaire du soulèvement hongrois de 1956 contre l’invasion soviétique devait théoriquement souder le pays, lundi dernier. Il n’en a rien été. Budapest a renoué avec les violences. Des échauffourées ont fait 167 blessés et donné lieu à 131 interpellations. La police est intervenue avec des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser des manifestants violents d’extrême droite réclamant la démission du premier ministre socialiste décrié, Ferenc Gsyurcsany, et le départ de son gouvernement. “Une minorité agressive cherche à nous terroriser. Nous avons le devoir de défendre le pays”, s’est défendu le premier ministre.



Lu pour vous. [France]
Culot et trahisons

Michel Soudais, Politis, 19 au 26 octobre 2006

Comment résumer Jacques Chirac ? Au fil de 40 ans de vie politique, l’enfant de Corrèze n’a pas seulement fait une brillante carrière. Elu président de la République en 1995, à sa troisième tentative, il est le seul à avoir été ministre ou premier ministre de ses quatre prédécesseurs. Cette exceptionnelle longévité, que retrace le documentaire de Patrick Rotman (diffusé sur France 2 lundi et mardi derniers), ne se synthétise pas aisément. Le récit de ses combats et trahisons pour se hisser au faîte du pouvoir est impressionnant. De 1974 à 1995, Jacques Chirac a éliminé tous ses concurrents (Chaban-Delmas, Giscard, Barre, Balladur) avec un culot et un cynisme non dissimulés (…)
Difficile de restituer dans ce parcours, bien raconté, un ressort idéologique qui en serait le fil conducteur (…). A chaque époque son Chirac, qui varie avec le fond de l’air. “Chirac girouette”, un de ses surnoms, a toujours été un homme sous influence. Un “chevalier de l’opportunisme”, selon le mot de Raymond Barre. Pas même gaulliste (…).
De la signature de l’appel de Stockholm, lancé par le PC dans les années 1950, aux discours nationaux gaullo-mondialistes de son deuxième mandat, en passant par l’appel de Cochin, la promotion du libéralisme ou la dénonciation de la fracture sociale, Jacques Chirac apparaît comme un personnage schizophrène, écartelé entre sa gauche et sa droite, qui aura été rarement lui-même. Un homme public assez secret.



Allemagne. Les mémoires de Schröder

Moins d’un an après s’être retiré de la vie politique allemande en vaincu, Gerhard Schröder publie ses mémoires. Dans Décisions, ma vie en politique, l’ex-chancelier social-démocrate décoche des flèches en direction de George W. Bush et rejette sur les syndicats allemands et l’aile gauche de son propre parti, le SPD, la responsabilité des élections anticipées qui ont abouti à son échec.
Schröder retrace ses sept ans passés à la chancellerie. Il refuse d’admettre qu’il a commis une erreur en convoquant des élections anticipées l’an dernier, encore moins en acceptant un poste honorifique dans Gazprom,le consortium russe. Sur le plan diplomatique, il raconte qu’après avoir soutenu l’invasion américaine en Irak, il a pris ses distances avec Washington, effrayé par la religiosité de Bush. En revanche, il apporte un vibrant éloge à Vladimir Poutine, le président russe. Schröder a promis qu’il ne reviendrait plus en politique.


VITE !

Jeffrey Skilling, le PDG d’Enron, a été condamné à 24 ans et 4 mois de prison, lundi à Houston, pour sa responsabilité dans la faillite en 2001 du géant du courtage en énergie. Skilling, 52 ans, a été reconnu coupable notamment de fraude et de complot.

 
 
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