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Un dossier de la rédaction
Édition spéciale.
Les 50 qui feront le Maroc de demain
Ils ont moins de 35 ans, ont déjà réalisé des prouesses, tous domaines confondus, et partent à la conquête du royaume.
Incha Allah, devrait-on peut-être ajouter. Dresser la liste de ceux qui feront le Maroc de demain est évidemment un pari. Mais il y a tout de même peu de risques. Ces 50-là ont été soigneusement sélectionnés par la rédaction de TelQuel, au terme de plusieurs rounds et autant de discussions très animées. Leur point commun : àmoins de 35 ans, ils ont déjà réalisé des choses remarquables qui les distinguent de leurs compatriotes, chacun dans son domaine. Tous ont également en commun une vision originale de l'avenir, de l'ambition, et la volonté de servir leur pays. Même ceux qui vivent à l'étranger.
Première surprise : alors que nous pensions n'en trouver aucun en politique, nous en avons finalement dégotté six, répartis sur la plupart des grands partis du royaume. La relève est là, et elle est prête à se battre pour arracher la place qu'elle mérite. Le monde associatif, sans surprise, est représenté par 6 jeunes hyper actifs, confirmant ce que TelQuel a toujours écrit : le salut du Maroc viendra de sa société civile. Grosse surprise, en revanche : la fonction publique attire encore les jeunes surdoués ! On ny croyait plus, et c'est, mine de rien, un signe |
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d'espoir pour la gouvernance future de notre pays. En affaires, comme en sciences et technologies, on trouve aussi quelques profils remarquables, comme on pouvait s'y attendre. Les jeunes sont forcément plus à l'aise que les vieux, quand il s'agit de créer et d'innover. Ce sont aussi des domaines où on ne juge pas sur l'âge, mais sur les réalisations. Il y en a, et des spectaculaires ! Enfin, on ne sera pas surpris de constater que la culture au sens large (entre musique, radio et télé, littérature et cinéma) regroupe 18 profils, plus enthousiasmants les uns que les autres. Forcément : la culture, c'est la créativité et le renouveau et donc, définitivement, le royaume des jeunes.
Reste à souligner que nous avons volontairement choisi de ne pas faire figurer dans cette liste les figures prometteuses de la presse écrite (histoire de ne pas être juges et partie) et que, sans l'avoir cherché, nous sommes arrivés à un quota féminin de
44% ! Comme quoi, l'égalité, ça ne se revendique pas, ça se conquiert. Et en matière de conquête, nos 50 jeunes n'ont définitivement aucune leçon à recevoir des moins jeunes. Ils pourraient même leur en donner !
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POLITIQUE
Fatima-Zahra Chafiaï. 34 ans.
Mademoiselle la chef de parti ?
Vous n'allez pas le croire : il y a, dans le Maroc d'aujourd'hui, une jeune femme secrétaire générale adjointe d'un parti politique. Elle s'appelle Fatima-Zahra Chafiaï et elle a été choisie, aux côtés de deux autres (son aînée Aïcha Khamlich et l'incontournable Mohamed Sassi), pour suppléer Mohamed Moujahid, secrétaire général du Parti socialiste unifié. Diplômée en sciences politiques, élevée dans une famille ittihadie pure et dure, elle rejoint très tôt la Jeunesse de l'USFP, avec la ferme intention de mener la guerre aux caciques du parti. De guerre lasse, elle finit par quitter le navire dans le sillage du courant Fidélité à la démocratie. Discrète mais très influente à la direction du PSU, elle assume des positions avant-gardistes (notamment sur les droits des femmes et la réforme de la Constitution) tout en assurant, tranquillement, un job d'administrateur central
au ministère des Habous ! Sur le papier, elle fait partie de la short list de militants qui pourraient, le cas échéant, succéder à Moujahid à la tête du PSU. Pourquoi pas dès le prochain congrès, en janvier prochain ? |
Hassan Tarik. 32 ans.
Le nouveau socialiste
Cest à l'âge de 17 ans que Hassan Tarik intègre la section jeunesse de l'USFP, qu'il finira par présider. Mais c'est quelques années plus tôt qu'il commence véritablement à se faire remarquer quand, à 28 ans, il est élu au Conseil national du parti. Cet ambitieux docteur en sciences politiques (il enseigne actuellement à la Faculté de Settat) se positionne aujourd'hui comme le porte-flambeau des jeunes socialistes qui cherchent à redorer le blason d'un parti gangrené par la bureaucratie et malade du vieillissement de ses dirigeants. Les nouveaux socialistes, son mouvement, fait de plus en plus d'émules à mesure que les législatives 2007 approchent. Le grand dessein de Tarik : contrer la vague islamiste qui menace en rassemblant toute la gauche au sein d'un seul et grand parti. Un parti
dont il serait le premier secrétaire ? Hassan Tarik commence par rire longuement de la question, avant de lâcher dans les conditions actuelles, j'ai quatre générations de retard. Mais les conditions actuelles, il compte s'acharner jusqu'à les changer... |
Mostapha Khalfi. 33 ans.
Le petit Othmani
Au lendemain du 16 mai, c'est ce jeune politicien, bardé de diplômes mais inconnu du grand public, que le PJD place à la tête du journal Attajdid. Le choix n'est pas anodin. Après la polémique sur la responsabilité morale d'Attajdid dans les attentats, le PJD avait besoin de rassurer en mettant un jeune, modéré et intelligent, au devant de la scène, explique un fin connaisseur du parti islamiste. Mais l'expérience ne dure pas. Six mois plus tard, ce licencié en physiques et en sciences politiques s'envole pour Washington, où il intègre le cabinet d'un grand congresman américain pendant neuf mois, dans le cadre d'un programme de formation spéciale. De retour au pays, Khalfi planche sur sa thèse de doctorat et peaufine le programme électoral du parti en matière de politiques publiques. A 33 ans, il est aujourd'hui membre des conseils nationaux du PJD et de sa matrice spirituelle, le Mouvement unicité et réforme (MUR). Nombreux sont ceux qui le prédisent futur secrétaire général du parti. Au point que dans les coulisses, on le surnomme déjà le petit Othmani... |
Abdelkader El Kihal. 34 ans.
Le self-made man de l'Istiqlal
Non, l'Istiqlal n'est pas forcément ce qu'on dit (une citadelle imprenable sauf pour les bien-nés et les technocrates ministrables). La preuve par Abdelkader El Kihal. Le numéro 2 de la Chabiba, né pauvre à Salé, est venu à l'Istiqlal
par le scoutisme. En 1990, alors qu'il préparait son bac, il est expulsé pour avoir participé à un mouvement de protestation dans son lycée. Il part alors
en Algérie, ensuite en Libye pour pouvoir mener à bien des études supérieures. Assoiffé de savoir, revanchard, il rentre au Maroc où il décroche son bac en 1995 (à 23 ans) mais rattrape très vite son retard. Aujourd'hui, il est titulaire de trois licences (droit, chariaâ, lettres), d'un DES en sciences de l'éducation, et il prépare son doctorat en droit pénal. Et il trouve le temps (Je suis obligé !) d'enseigner à la faculté de Rabat, et à celle de Fès. Accessoirement, il est élu local depuis 1997, vice-président de la région de Rabat-Salé, et membre du comité central de l'Istiqlal. A surveiller de très près. |
Charafat Afilal. 34 ans.
La porte-étendard du PPS
Séduire les jeunes, les femmes : quand le PPS lance ce slogan, il sait qu'avec Charafat Afilal, il compte en son sein une figure de proue qui l'incarne parfaitement. Membre du bureau politique dès l'âge de 28 ans (un record), cette mère de deux enfants, ingénieur à l'ONEP, fait de la politique naturellement, et gravit les échelons tout aussi naturellement. Modeste et travailleuse, c'est sur elle que je parie, lance par exemple ce dirigeant chevronné de l'ex-parti communiste. Charafat a grandi dans le Nord, à Tétouan, au sein d'une famille militante. Elle a fait beaucoup de terrain, intégrant la section Jeunesse du parti dès son adolescence. Son élection au bureau politique, pour le 2ème mandat consécutif, n'a surpris qu'une personne : Charafat elle-même. Je ne sais pas pourquoi ils m'ont choisie. Sans doute parce que, avec elle au moins, l'élan du PPS en direction des jeunes a quelques chances d'être pris au sérieux... |
Abdelaziz Rebbah. 36 ans.
Le fer de lance du PJD
Il a (un peu) plus de 35 ans, et c'est la seule exception de cette liste. Mais à raison : en tant que secrétaire général de la Jeunesse du PJD, il incarne la force essentielle du parti islamiste, plus de 80% de l'ensemble de ses adhérents selon des sources internes. C'est plus que dans n'importe quelle autre formation politique marocaine. Rebbah en a d'ailleurs tiré une posture avantageuse : tous les partis du royaume, dit-il, doivent impérativement participer au débat sur le rôle des jeunes dans la vie publique. Egalement membre du secrétariat général du parti, Rebbah compte parmi ces modérés que le PJD aime à mettre en avant - même si ses relations sans tache avec les salafistes brouillent un peu cette image idyllique. D'un pragmatique aigu, cet ingénieur informaticien, qui a gagné ses galons sur le terrain du militantisme local, à Kénitra, est aussi chargé de mission au ministère des Affaires économique et générales. C'est le seul membre influent du PJD à connaître le gouvernement de l'intérieur. Déjà... |
IDÉES
Rachid Benzine. 35 ans.
Le décrypteur du sacré
Il est controversé, et on comprend pourquoi. Ancien champion de Thaï Boxing originaire de Kénitra, Rachid Benzine, devenu chercheur à Paris, a entrepris de disséquer le Coran en utilisant toutes les sciences sociales de notre temps. Certes, il n'est ni le premier, ni le plus illustre à s'être essayé à cet exercice. Mais jamais les réformistes musulmans n'avaient eu les honneurs des médias autant que depuis la parution de son livre Les nouveaux penseurs de l'islam (Albin Michel/Tarik Editions). Depuis, lui-même multiplie les conférences (dont une, mémorable, à Casablanca face au chef du PJD, Saâdeddine Othmani). Sa grande phrase : Le Coran n'est pas un supermarché où on acquiert des versets sur mesure. Autrement dit, les islamistes font dire au Coran ce qu'il ne dit pas, preuves scientifiques à l'appui. Attention, Rachid Benzine est très prudent, et se garde bien de heurter. Sa démarche, il la veut consensuelle. Mais ses nouvelles recherches sur certains passages du Coran vont bientôt être rendues publiques. Attendons-nous à du sport... |
Youssef Belal. 28 ans.
Entre recherche et politique
Son père était une référence politique nationale : Aziz Belal, brillant et très aimé dirigeant du PPS, mystérieusement disparu en 1982. Je ne l'ai pas connu (NDLR : Youssef avait trois ans à la mort de son père), mais si j'ai suivi les traces de mon père, c'est uniquement sur le plan de l'éthique et de l'intérêt pour la recherche scientifique. Youssef Belal a d'abord eu un brillant parcours d'étudiant : diplômé de Sciences Po à 22 ans, il a été cabinard (au ministère de l'Agriculture) avant de soutenir sa thèse de doctorat ès sciences politiques à 27 ans. Sa thèse, qui fera bientôt l'objet d'un livre, porte sur un sujet brûlant d'actualité : l'islamisme au Maroc. Politologue et chercheur, Youssef a intégré, depuis quelques mois, le Fonds des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), où il conduit un projet pilote sur l'éducation dans le monde rural. A 28 ans, il est aussi l'un des plus jeunes (et des plus actifs) membres du comité central
du PPS, le parti de son père. |
RELIGION
Omar Kzabri. 32 ans.
Le rossignol des minbars
Limam Kzabri, c'est d'abord une voix. Une voix qui donne la chair de poule, et tranche radicalement avec celles, généralement nasillardes, des imams de la vieille école. Le rossignol, comme on le surnomme, en est conscient : La meilleure façon pour attendrir les curs est une lecture mélodieuse du Coran. Fils d'un imam marrakchi, Omar a dirigé la prière avec son père pour la première fois à 11 ans. Bac en poche, il part en Arabie Saoudite pour suivre une formation en fiqh (science islamique) et rentre 5 ans après
sans avoir décroché son diplôme. Tant pis, c'est le terrain qui va le révéler. C'est d'abord à la mosquée du quartier Oulfa, à Casablanca, qu'il se fait remarquer, bien avant qu'il n'accède au minbar de la mosquée Hassan II, qui fera de lui un phénomène de société. Alors que la grande mosquée, marquée par les méthodes douteuses de son financement, était désertée par les fidèles, sa présence en fait soudain la Mecque des prieurs casablancais. Son rêve : diriger la prière à la Mecque (la vraie) et aussi donner envie aux jeunes de lire le Coran. |
GESTION DU SPORT
Mhamed Zeghari. 34 ans.
Le fou de foot
Ce passionné de ballon rond, actuellement chargé de mission auprès de la direction générale de la LYDEC, pourrait bien devenir la locomotive du football marocain. Son parcours en béton dans la gestion sportive parle pour lui. Diplômé de l'ESSEC (une grande école de commerce de Paris), il travaille, pour le cabinet d'audit Arthur Andersen, à la réorganisation du Paris Saint Germain. De retour au Maroc en 1999, où il intègre le cabinet du premier ministre puis l'antenne locale de la Banque Mondiale, il continue de s'intéresser au foot. Un des piliers du team Maroc 2010, il prend la tête de la direction du WAC, à 32 ans à peine
mais sen va un an plus tard, en pestant contre ceux qui n'arrivent pas à voir à long terme. Tant pis, il se recycle dans la publication de livres et programmes télé consacrés au foot. Son grand projet : monter une académie nationale de football. Et pourquoi pas, demain, prendre la tête de la Fédération ? |
MONDE ASSOCIATIF
Abdelilah Belgacem, dit Paco. 32 ans.
Le guerrier anti-hrig
On le surnomme Paco. Le parcours atypique de l'attaché de presse et (depuis peu) responsable de la radio Internet de l'Association des familles des victimes de l'immigration clandestine (AFVIC), fait de lui une source d'inspiration pour la jeunesse d'une région habitée par le drame du hrig. Personne n'aurait imaginé que cet ancien marchand ambulant, sauvé in-extremis par la Guardia civil espagnole en 1991 alors qu'il était en train de se noyer quelque part dans le détroit de Gibraltar, deviendrait, quelques années plus tard, un des hommes-clés d'une des ONG les plus actives du pays. Fort de son expérience et de son sens aigu des relations publiques, Paco veut bousculer la société civile de sa région. Son dernier projet : constituer un réseau associatif dans la cité des phosphates. Ça va contribuer à responsabiliser ceux que le hrig pourrait attirer, et c'est pour ça que ça me tient vraiment à cur, confie-t-il. Bravo ! |
Lhoucin Alihsyni. 32 ans.
Le prince de Tafraout
Il veut que le mouvement amazigh soit une force de proposition et plus seulement une machine à contester. Ce jeune Soussi de Tafraout, membre de quatre associations amazighes en plus de ses différentes activités artistiques, prône un discours progressiste. Arrêtons les discours creux ! Il est temps de penser à améliorer le vécu de l'homme amazigh qui peine à gagner sa vie et ne connaît pas ses droits, dit ce jeune licencié en droit, par ailleurs vice-président d'une société d'aviculture. La politique, il n'y croit pas. Le social, si. Initiateur du festival Tifawin de Tafraout dont la première édition cette année a attiré plus de 12 000 visiteurs, Lhoucin veut faire de cette manifestation un Timitar II. Le but est de développer le tourisme et l'investissement. Lhoucin a aussi piloté une association pour l'enfance abandonnée dans la région (arabophone) de Safi. Nous sommes tous Marocains, commente-t-il. Afouss ! (Applaudissements en tamazight). |
Abdelmounaim Taha. 35 ans.
L'avocat des femmes
sil fait plus que son âge, c'est qu'il a eu une vie bien remplie. Avocat depuis dix ans à Agadir, cet enfant de Guelmim s'est d'abord fait connaître en fondant, avec d'autres robes noires, le Forum des jeunes avocats, dont il a longtemps présidé la section sud. En 2004, quand éclate le scandale des photos pornographiques qui secoue Agadir, il est l'un des premiers à voler au secours des victimes du pornographe belge Philippe Servaty, assurant leur défense sans contrepartie. Il est aussi membre fondateur de l'association Anaruz, qui uvre pour réhabiliter ces mêmes victimes. Aujourd'hui il préside Oum Al Banine, une ONG qui a pris le relais local de Terre des hommes et qui s'occupe elle aussi, prioritairement, des femmes célibataires (et des enfants). Je n'ai pas besoin d'un parti politique pour militer. Ça se comprend : Abdelmounaïm est quasiment un parti à lui tout seul ! |
Zahra Idali. 35 ans.
La pasionaria du Haouz
Elle n'a pas attendu l'INDH pour révolutionner le Haouz, qu'elle sillonne sans relâche, quasiment jour et nuit, depuis le milieu des années 90. C'est à cette époque qu'elle crée Afoulki (littéralement, bien-être, en tamazight), une association de développement qui se consacre, dans un premier temps, à la lutte contre l'analphabétisme. Petit à petit, Afoulki élargit son champ d'activité et décroche des financements de grands bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Aujourd'hui, l'association gère plus de 50 projets de développement par an. A son actif : plus de 5000 femmes alphabétisées, une centaine de mirco-entreprises qui tournent à plein régime, une auberge et une entreprise de produits bio. Son dernier projet : un foyer de jeunes filles universitaires. La fille rurale a aussi le droit d'aller à l'université, s'enflamme-t-elle. Aujourd'hui, notre centre pilote de Marrakech a inspiré d'autres régions. Dans moins de trois ans, une centaine de diplômées universitaires rejoindront leurs villages et lanceront leurs propres initiatives de développement. |
Hasna Boufkiri. 21 ans.
La tornade
Elle est vraiment phénoménale, Hasna. A son âge, elle a tout fait ...ou presque. Très dynamique, elle vient de créer avec d'autres jeunes l'association Bladkoum (votre pays) qui encourage la jeunesse habitant dans les régions enclavées à se prendre en charge et ce, sans recourir aux réseaux d'influence ou aux personnalités. Son asso, c'est 100% Oulad Chaâb (enfants du peuple). Bladkoum prépare un concert de rap à Témara, où les jeunes des quartiers défavorisés se produiront avec des groupes connus. Lhayha!, crie celle qui a failli faire médecine militaire avant de virer vers l'institut de journalisme. Membre du réseau international des humanistes, Hasna a été au Japon et en Hongrie dans le cadre du dialogue des civilisations. Tout cela à son âge ? Je ne suis pas une fille de riches. J'ai grandi dans le quartier Attakadoum et je prends le bus, se moque-t-elle. Directe et spontanée, elle est tout simplement leader dans l'âme. Dernière chose: elle est rédacteur en chef adjoint à la RTM. |
Hourria Kamal. 28 ans.
Le social, encore et toujours
Elle tient au deuxième r de son prénom. Hourria (liberté) : tout un symbole
Ingénieur statisticienne, cette jeune militante associative a baigné dans le social dès son jeune âge. Normal, quand on a pour père Kamal Lahbib, altermondialiste et homme des réseaux associatifs par excellence. Après un bref passage dans un bureau d'études, Hourria rejoint la Fondation Zakoura, où elle est chargée d'études depuis un an. Fondatrice de l'Action jeunesse du Forum social marocain, elle préside en même temps la caravane des jeunes de 2007 Daba. Je suis particulièrement attristée par la fuite des cerveaux. Toutes ces personnes qui veulent partir, quel gâchis !, se désole celle dont le rêve est de constituer un grand mouvement de jeunes qui militerait pour le Maroc de demain. Ambition et persévérance, tels sont les atouts dont la créditent tous ceux avec qui elle travaille. Je ne peux pas me détacher du social, soupire-t-elle. Ça ne l'empêche pas de rêver de créer son propre cabinet d'études, qui serait spécialisé dans
les enquêtes socio-économiques ! Chassez le naturel... |
FONCTION PUBLIQUE
Younes Sekkouri. 25 ans.
La météorite
Nimporte quel garçon de 25 ans qui dirait : Mon objectif, c'est de diriger une grande entreprise publique et, pourquoi pas, un ministère s'attirerait, au mieux, des sourires indulgents. Pas Younes Sekkouri, et surtout pas quand on connaît son incroyable parcours. Ce diplômé de l'INPT (télécoms) a déjà été (tenez-vous bien) conseiller du premier ministre Driss Jettou - et à ce titre, cheville ouvrière du programme Moukawalati -, détaché par le même Jettou pour accompagner la restructuration de l'ANAPEC, fondateur et PDG d'une société d'électronique - et à ce titre, fournisseur en technologie Wi-max de Méditel et des Forces Royales Air (!!) -, concepteur d'un modèle d'investissement pour le compte du géant français Thales, porte-parole (élu) de l'Afrique au congrès mondial des jeunes, président du parlement de l'enfant, reçu par de multiples hommes d'Etat dans le monde (dont Romano Prodi, à l'époque président de la Commission européenne), on en passe et des meilleures. Younes, dont le premier boulot a été
directeur général adjoint d'une grosse boîte d'informatique casablancaise (!!) vient d'être recruté par le ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa. Dans combien d'années prendra-t-il sa place ? |
Salim Cheikh. 33 ans.
L'homme par qui la transparence arrive
Occuper, à 33 ans, un poste aussi stratégique que celui de directeur général du Service autonome de publicité (en gros, toutes les recettes de l'audiovisuel public, sauf - pour l'instant - 2M, transitent par lui), c'est déjà peu commun. Mais quitter un poste plus que confortable à Paris, de directeur marketing à La vache Qui Rit (2 milliards de dirhams de CA en Afrique du Nord), pour rentrer à Rabat s'occuper de ce mastodonte crypto-hassanien qu'est le SAP, voilà qui relève de la profession de foi. Ce n'est pas la première fois que Salim Cheikh se lance des défis insensés. Ce diplômé de l'ISCAE et ancien d'Unilever a en effet été la cheville ouvrière du projet Marocmétrie (mesures d'audiences télé, opérationnel en 2007), et a aussi été pour beaucoup dans la mise en place de l'OJD Maroc, grâce auquel on connaît (enfin) la vérité sur les ventes de la presse marocaine. Son objectif aujourd'hui : transformer le SAP en société anonyme et le rendre plus compétent que son marché. Y a du boulot ! |
Badr El Ouazzani. 35 ans.
Haut fonctionnaire en devenir
Les dossiers qui transitent par son bureau sont parmi les plus importants dossiers d'investissements extérieurs au Maroc. Dans le domaine des services, c'est lui, par exemple, qui est derrière les plus importantes conventions signées par le gouvernement sur l'installation de centres d'appels internationaux - aujourd'hui une des activités les plus florissantes au Maroc. Après des études d'ingénieur en Belgique et un MBA à l'université George Washington, Badr El Ouazzani revient au pays en 1996 pour intégrer une administration tout fraîchement créée, la Direction des investissements extérieurs. Vite nommé responsable de la promotion du Maroc dans la zone Europe, il prend la tête de la Division tourisme et services en 2001. A ce titre, c'est aussi dans son bureau que défilent tous les investisseurs étrangers postulant à l'aménagement de l'un ou l'autre des sites touristiques prévus dans le plan Azur. Son ambition ? Mener d'autres missions de service public, dit-il avec simplicité. Un jour ou l'autre, il le fera par dahir... |
URBANISME
Hicham Lahlou. 33 ans.
Créateur d'espaces
À 33 ans, Hicham Lahlou s'impose déjà comme LA figure du design marocain. Après avoir gagné la reconnaissance de ses pairs, qui l'ont porté à la tête de leur association après lui avoir décerné le trophée Maroc design 2005, ce natif de Rabat, diplômé de l'Académie Charpentier à Paris, a réussi à sortir le design marocain du ghetto artistique dans lequel il se morfondait. Pentalfa, agence pluridisciplinaire de design et marketing qu'il a fondée avec quatre amis, vient de s'adjuger deux projets d'un genre nouveau au Maroc : les identités visuelles globales de deux villes, Agadir et M'diq/Fnideq. Et ce n'est qu'un début, assure Hicham, qui rêve de voir le design conquérir tous les espaces publics marocains. Son avenir, il le voit tout pluridisciplinaire et ouvert sur d'autres domaines. En clair, attendons-nous à le voir là où on ne l'attend pas... |
Yasser Bensouda. 31 ans.
L'homme qui redessine Rabat
Cest un pur produit du système éducatif marocain. Lauréat de l'Ecole nationale d'architecture de Rabat, il intègre très tôt le ministère de l'Intérieur, en tant que chargé de mission aux collectivités locales, et sillonne les quatre coins du royaume pour chapeauter différents projets d'infrastructures. En 2001, alors que l'aménagement du Bouregreg est en phase de conception, il est repéré par la commission royale chargée de ce projet. Depuis, il est sur tous les fronts. Avec des investisseurs emiratis, il assure notamment la coordination architecturale de la première tranche du projet, dite Amwaj. Aujourd'hui Directeur de l'urbanisme - autant dire cheville ouvrière - de l'agence spécialement créée pour le projet du Bouregreg, il chapeaute la production du plan d'aménagement des 6 000 hectares sur lesquels s'étalera le chantier le plus ambitieux du Maroc, qui devrait drainer des dizaines de milliards de dirhams d'investissement. A 31 ans, c'est plus que remarquable. Et prometteur... |
SCIENCES ET TECHNOLOGIES
Fayçal Chraïbi. 30 ans.
Cartographier le futur
Titulaire d'un Bachelor en ingénierie électrique et informatique de l'université de Houston (Texas), ancien de Compaq (USA) et de Dell Maroc, Fayçal Chraïbi a fini par créer sa propre entreprise, Global Navigation, spécialisée dans l'information géographique. Il vient par exemple de localiser, pour le compte d'une multinationale
toutes les épiceries du Maroc ! C'est qu'il a trouvé le bon créneau : le manque dramatique, au Maroc, de données géographiques - un type de renseignement de plus en plus demandé, pourtant, dans les études de marché. Là où il y a des carences, il y a des opportunités. Si nous ne prenons pas de risques, les Français et les Américains viendront nous vendre nos propres cartes, dit Fayçal, qui rêve d'un Maroc numérisé où toutes les voitures seraient munies de GPRS et où chaque pharmacie, chaque station service pourrait être localisée. Son ambition : monter un groupe mondial de l'envergure de Dell. Et s'il vous surprend à sourire, il ajoute aussitôt : Pourquoi pas ? Ils ont bien commencé à zéro, eux aussi... |
Saber Cherif Kanouni. 34 ans.
L'éco-inventeur
Il fait partie de ces Marocains qui sont rentrés - alors que tout les retenait ailleurs - pour servir leur pays. C'est en 1999 que Saber Cherif Kanouni quitte le Canada pour s'installer à Casablanca. Dans ses valises : un brevet d'invention d'économiseur d'eau et une expertise de niveau international (il a été fournisseur du gouvernement canadien). Doté d'un sens aigu du contact, il constitue rapidement un réseau d'inventeurs travaillant en Europe, aux Etats-Unis et même en Chine. Aujourd'hui, la gamme de produits développée par Acoram, sa société, va de simples plaques pour réduire la consommation des chasses d'eau aux produits les plus sophistiqués conçus pour les grands hôtels, les sites industriels et mêmes les casernes militaires. Sa dernière trouvaille, dont il compte implanter au Maroc la future unité de production : le polyter, un produit de rétention d'eau appelé à faire des miracles dans le domaine agricole. Et - ce qui ne gâche rien - à faire exploser son chiffre d'affaires. |
Tarik Essaadi. 35 ans.
Connecting people
Après avoir été un précurseur du Net marocain, Tarik Essaadi en est aujourd'hui un acteur majeur. En 1998, il crée une page consacrée aux NTI au sein d'Al Ahdath Al Maghribia, une première dans la presse marocaine - arabophone de surcroît. En 2000, il décide de voler de ses propres ailes en créant le portail emarrakech.info, devenu, depuis, un incontournable de la revue de presse quotidienne des internautes marocains. Le Sindibad virtuel, comme l'a surnommé la grande Fatema Mernissi, lance en 2005 la première plateforme de blogging 100% marocaine. Bloggeur impénitent lui-même, il reçoit en 2005 le prix RSF du meilleur blog africain pour aljinane.com, espace qu'(il) a dédié aux différences culturelles. C'est aussi l'idée sous-jacente du forum de discussions sur l'homosexualité qu'il a lancé sur emarrakech, et qui a connu un tel succès que des journalistes espagnols l'ont considéré, à tort, comme une icône du monde gay. 2007 verra le lancement de mareligion.com, un site dont Tarik Essaadi rêve de faire un lieu de rencontre entre toutes les religions. Il est tout à fait capable d'y arriver. |
AFFAIRES
Mohamed Achraf Abroun. 26 ans.
Le surdoué de Tétouan
Gold Vision est à l'image de son directeur : une marque à la fois connue et mystérieuse. Leader sur les récepteurs numériques avec 80 % de parts de marché, la marque familiale marocaine, gérée dune main de fer par le fils, donne du fil à retordre aux enseignes les plus prestigieuses de l'électroménager. La société brasse 750 millions de dirhams de chiffre d'affaires et compte s'élargir en se lançant dans les cellulaires et les ordinateurs portables. Le temps de la modeste PME tétouanaise familiale est bien révolu. Aujourd'hui, Achraf règne sur un groupe structuré, qui compte aussi des pôles immobilier et logistique. Il est aussi un acteur de poids dans sa ville natale, dont il préside le club de foot. Un club dont il ambitionne de faire la première entreprise sportive du pays. Et il en est tout à fait capable. |
Lamia Tadlaoui 35 ans.
La bonne fée des consommateurs
La gestion de compensation, c'est le créneau - original - qu'occupe Publiticket, la société dirigée par Lamia Tadlaoui. Le principe, en gros : transformer en bons de réduction les budgets de communication des grandes surfaces. Au final, tout le monde y gagne : les supermarchés qui fidélisent des clients, Publiticket qui dégage - bien entendu - une marge sur l'opération, et le consommateur, qui fait des économies sur ses courses. Un système win win win, en quelque sorte
Les clients de Marjane et Acima, principales chaînes partenaires, ont ainsi économisé 5 millions de dirhams en 2005. Pionnière au Maroc et en Afrique du Nord de cette forme de marketing direct, Lamia Tadlaoui, qui travaille actuellement sur deux projets centrés sur les nouvelles technologies (et entretient un savant mystère à leur sujet) n'a cure des diplômes des jeunes qu'elle embauche. L'essentiel, dit-elle, est d'avoir des idées originales et les mener jusqu'au bout. Les siennes la mèneront sûrement loin. |
AUDIOVISUEL
Younes Boumehdi. 35 ans.
Abandonner, lui ? Jamais !
Pugnace, c'est l'adjectif qui lui convient le mieux. Le patron de Hit Radio a traîné son projet pendant 13 ans, avant de décrocher sa licence cette année, à la première vague de libéralisation des ondes. Depuis 1993, Younes Boumehdi frappe tous les trois mois à la porte du ministère de l'Information, son dossier sous le bras, dans l'espoir qu'on veuille bien l'écouter. Pas étonnant que sur les 7 chaînes de radio agréées par la HACA, la sienne ait été la première à émettre. La radio, c'est l'ouverture, commente-t-il. Et c'est tout ce dont les jeunes ont besoin aujourd'hui pour développer leur curiosité, leur sens critique et leur esprit d'initiative. Lancer cette radio est ma manière de participer à la marche du pays. Sauf qu'à ce stade, Hit radio ne couvre pas encore tout le territoire. Mais Younes y travaille, tout en peaufinant sa grille. Et quand ce sera fait, il s'attaquera à plus gros gibier : une télé musicale. Même s'il doit frapper à toutes les portes pendant 13 nouvelles années. |
Charaf Eddine Zine El Abidine. 35 ans.
Good morning Laâyoune !
À Laâyoune, sa ville natale, c'est une vraie star. En moins d'un an, il a fait le tour de tous les métiers de la télévision et se retrouve, déjà, chef du département de production de la première chaîne régionale du royaume. Le journalisme, Charaf Eddine y est pourtant tombé assez tardivement, à l'approche de la trentaine. De retour du Caire où, boursier, il a suivi une formation d'une année, il est sur le point d'accepter l'offre d'une grande station émiratie quand Mohamed Laghdaf lui propose de rejoindre Laâyoune TV, encore en constitution. Il commence par y tourner des reportages explosifs (il sera le premier à enquêter sur la fameuse prison noire de Laâyoune, et sur les événements de Mai 2005) puis crée son propre programme de débat, ân kourb (vu de près). L'année dernière, son émission Jisr al Ihssane (le pont de la bienfaisance) a permis, grâce aux dons de bienfaiteurs, d'effectuer 12 opérations chirurgicales sur des nécessiteux. Son objectif aujourd'hui : inculquer à la société sahraouie, encore très tribale et traditionnelle, des valeurs d'ouverture et de modernité. |
Imad Kotbi. 28 ans.
L'agitateur des ondes
Cest à lui que les auditeurs de Casa FM doivent l'émission la plus déjantée du moment : Ze kotbi Show (avec un z, oui), talk-show quotidien mêlant interviews, fausses pubs, canulars téléphoniques et parodies de bulletins d'info. Un cocktail jouissif, dont il a découvert les ingrédients il y a quelques années lors d'un stage de six mois à la station française Fun radio. Parce qu'à 28 ans, Imad Kotbi est tout sauf un débutant. Au cours de sa jeune carrière, ce DJ par vocation et touche-à-tout par conviction a mixé dans des clubs, sorti deux albums, édité un magazine pour jeunes, monté une école de DJs et animé des émissions de jeux radiophoniques. Avec son talk-show, il ambitionne de débarrasser la radio marocaine de son côté aseptisé et participer (modestement) à réconcilier les Marocains avec la bande FM. Prochaine case : la télé, pour laquelle une version du Kotbi Show serait en préparation. |
MUSIQUE
Tawfik Hazeb Bigg. 23 ans.
Le changement par le rap
Six groupes en neuf ans, c'est le pedigree de cet ex-môme de Roches Noires qui kiffait l'anglais sur MTV avant de chambouler l'univers rap marocain en avril 2006 avec son opus Mgharba 'tal mout. Dans ce premier album solo aux 24 titres fracassants, Bigg décortique la société avec une finesse tranchante : années de plomb, islamisme, hypocrisie, corruption
Par le rap ou le droit français à la fac, le citoyen Tawfik Hazeb veut passer bezzez à travers le système et le changer. Je ne suis ni décideur ni porte-parole, je veux juste montrer un peu le chemin. Que les Marocains ouvrent les yeux !, lance celui dont les nouveaux morceaux s'intitulent Sirou sawtou (Allez voter) ou Daret (la roue tourne). Dans la tête du rappeur, les projets fourmillent - BO d'un téléfilm de Farida Bourquia, clip avec Hicham Lasri, Bigg Production
- mais elle reste froide : Mes principes, c'est persévérer et rester clean, ne jamais se vendre. |
Yassir Rami. 24 ans.
Compagnon de luth
Cest l'histoire d'un garçon conçu sur mesure pour le ôud (luth). Yassir Rami est, à 24 ans, une figure montante de la musique classique arabe. Faire aimer la musique, c'est comme cela qu'il définit son métier. Ce professeur de musique a déjà derrière lui de nombreux prix et une passion qu'il a mûrie à l'ombre de grands maîtres comme Saïd Chraïbi, Mounir Bachir ou encore Nassir Chema. S'il s'enorgueillit des nombreux concerts à son actif, il rêve surtout, aujourd'hui, de rénover la musique orientale et d'en inventer une nouvelle, avec un cachet marocain. Déplorant qu'en matière de ôud, les Marocains soient exclusivement branchés sur l'école égyptienne, il a l'ambition de travailler sur un mélange subtil entre les écoles turque, irakienne, andalouse et le malhoun. Pour cela, le virtuose caresse, avec quelques complices, l'espoir de mettre sur pied un conservatoire de musique pour bouleverser les rapports de la jeunesse marocaine avec ce type de musique. |
El Mehdi Benslim. 26 ans.
Il connaît la musique
Veni, vidi, vici. Il en ferait bien son slogan, tant El Mehdi Benslim déborde de détermination et d'ambition. Et ce qu'il veut, c'est un vrai marché de la musique. Il y a trois ans, pour se préparer à la libéralisation des ondes, El Mehdi, son Bachelor en communication en poche, rejoint Radio FG, à Paris, en tant que stagiaire. Deux ans plus tard, en la quittant, il en était devenu le directeur de communication. Depuis son retour au Maroc en 2005, il a eu le temps de boucler le tour de table d'une radio. Mais Galileo ne fera pas partie des premières radios autorisées par la HACA. Alors, en attendant la deuxième vague de licences, il a créé une boîte d'événementiel. Pure prod, avec ses six mois d'âge, compte à son actif trois concerts, Nass El Ghiwane au Megarama, H-Kayne au Bataclan et à venir, Corneille au Mégarama. Et pour finir, cet ancien gratteur de guitare du Lycée Lyautey est depuis peu le directeur artistique de Platinium Music. Production, diffusion, animation
Désormais, en musique, il faudra compter avec lui. |
ÉVÉNEMENTIEL
Mohamed Momo Merhari. 34 ans. & Hicham Bahou 32 ans.
Le tandem dial l'Boulevard
Depuis sept ans, on ne les sépare plus. Sept ans pour que le Boulevard passe d'un trip entre amis au plus gros festival de musique urbaine d'Afrique. Sept ans pour que les deux Casablancais touche-à-tout (théâtre et régie son pour Momo, marketing et graphisme pour Hicham) deviennent des symboles du Maroc en mouvement. Et ça fourmille dans leurs esprits libres : le Boulevard s'exportera bientôt à Bruxelles, Genève et Dijon, toujours jumelé avec le festival Garorock. Transformer le Kounache (revue du Boulevard) en trimestriel, ouvrir une salle de musique actuelle, monter un studio d'enregistrement et une salle de répét'
Des projets pas toujours faciles à concrétiser, surtout quand leur association n'a toujours pas de locaux
bien que Momo soit couronné meilleur entrepreneur musical 2006 à Londres ! Ce qu'on souhaite à l'avenir : ne plus trimer ! Mais il faut s'accrocher et faire preuve d'abnégation. Si on n'était pas tous les deux, on n'y arriverait pas, répète Momo, qui ajoute : Les jeunes doivent être conscients de leur pouvoir et ne plus laisser les vieux parler pour eux. |
CINÉMA
Laïla Marrakchi. 34 ans.
La cinéaste qui ose
On lui donnerait le bon Dieu sans confession. Et ce serait une grave erreur, vu le talent avec lequel Laïla Marrakchi remet en cause les mythes fondateurs (religieux et autres) de la légendaire hypocrisie sociale marocaine. Tout a été dit sur son film Marock (150 000 entrées au Maroc, autant en France), qui, à lui seul, bousculait plus de tabous que la moitié de la cinématographie marocaine. Ce qu'on sait moins, c'est que cette Casablancaise, titulaire d'une maîtrise de cinéma à Paris, avait déjà 3 courts métrages à son actif, tous traitant du Maroc et récompensés par une flopée de prix internationaux (elle en oublie - et s'en excuse avec un rire charmant). Retenons en particulier 200 dirhams, un court primé au Festival de Cannes, rien de moins, et qui racontait l'histoire d'un petit garçon de la région rurale de Settat, rêvant de la vie de château après avoir trouvé, par terre, un billet de 4000 rials. Le cinéma est un miroir qu'il faut brandir à la face des Marocains, dit Laïla. On en a besoin pour avancer. Comptons sur elle pour accélérer le rythme. |
Narjiss Nejjar. 35 ans.
La femme de tous les défis
Avec Les yeux secs, elle a réussi une prouesse : un film de femme, filmant des femmes, sur une histoire
de prostitution, inspirée de la réalité marocaine. Et un beau film, avec ça. Narjiss Nejjar est une authentique battante, la tête dure mais les idées bien claires. Partie de Tanger, elle a transité par Rabat, puis atterri à Paris. Elle a vécu longtemps entre la France et le Maroc, les deux pays qui l'inspirent le plus. Ni le regard des autres (nombre de ses projets ont été refusés par les fonds d'aide, parfois pour des raisons strictement personnelles), ni la polémique (comme celle née après le tournage des Yeux secs) ne la rebutent. La preuve, son prochain film, déjà en boîte, est titré Wake up Morocco et il a été filmé en bonne partie
en Afrique du Sud. L'histoire ? Elle tient en une question : et si le Maroc avait obtenu l'organisation du Mondial 2010 ? Un défi énorme en termes de budget (notamment de figuration). On attend la sortie avec impatience... |
Mohamed Beyoud. 33 ans.
L'homme qui réalise les rêves des enfants
Rien ne prédestinait cet enfant de Béni Mellal, où il a effectué toute sa scolarité, à devenir l'artisan de l'un des rendez-vous culturels les plus courus du pays : le Festival du film d'animation de Meknès, devenu une référence au bout de six éditions très réussies. Depuis qu'il a intégré l'Institut français de Meknès, Beyoud a transformé la cité ismaïlienne en repaire d'artistes cosmopolites (Rachid Taha, Dionysos, Emilie Simon, et bien d'autres
) Concerts, ateliers et résidences d'artistes se font grâce à lui. Et le public répond à chaque fois présent - ce qui est exceptionnel, vu le contexte national de morosité culturelle. Ce féru de littérature française, caricaturiste et bédéiste de talent, a réussi une forme d'exploit : faire de l'IF de Meknès le plus marocain (et le plus chaleureux) des instituts français du royaume. Mes rêves, dit-il, je les partage avec les enfants que j'accueille chaque jour à l'Institut. |
Imad Noury. 24 ans. & Swel Noury. 28 ans.
Les (petits) frères Lumière
En février, ils étaient propulsés dans le faisceau lumineux du Festival de Berlin avec Heaven's Doors, un premier long-métrage moderne, sombre, créatif et osé. Swel et Imad Noury, enfants de la balle élevés sur les plateaux de tournage du père (le cinéaste Hakim Noury), imposent un style perso et un talent certain, boostés par une complicité fusionnelle et complémentaire entre l'intello et l'impulsif. Nourris de Sergio Leone et de péplums, mûris à Soderbergh et Takeshi Kitano, les deux frères ont cherché leur voie entre Paris et Madrid avant de se lancer avec trois courts-métrages remarqués. A venir, un gros projet confidentiel, souffle Swel, une histoire noire à tiroirs, tournée entre cinq villes. Le message : Arrêtons de donner une nationalité au cinéma. Une ambition : Vivre du métier qu'on aime, sans délaisser leurs autres amours : littérature et musique. Le tout est de se donner un objectif concret, foncer et ne jamais lâcher, conseillent-ils. Chance et charme aussi sont importants. A suivre de très près. |
Bouchra Ijourk. 30 ans.
Sois belle et ne te tais (surtout) pas
Sa beauté latine pourrait faire d'elle un mannequin très demandé. Mais elle a choisi d'être comédienne, et pratique ce métier depuis 1998, année où elle a obtenu son diplôme de l'Institut des arts dramatiques de Rabat (ISADAC). Alors elle a joué la comédie, passant allégrement des planches au petit, puis au grand écran. Elle a aussi beaucoup voyagé, multiplié les rencontres (elle faisait partie de la délégation de Marocains qui a rencontré Robert De Niro à New York l'année dernière). Depuis quelques années, elle s'essaie à la réalisation : son premier court-métrage, Karawa | |