Le caftan marocain a défilé
au Carrousel du Louvre.
Haute couture. Autant en emporte Caftan
Dans son petit voile sage, la Joconde a dû pâlir denvie : Caftan du Maroc sest offert le Carrousel du Louvre samedi dernier à Paris, dans la foulée des grands défilés printemps-été. Même pas fait exprès : cest pour fêter le lancement en France de DM (Du Maroc), nouvelle aventure déco, art de vivre et évasion de Caractères, que LE rendez-vous couture du royaume sest fastueusement exporté dans le temple de la mode. Du haut de ses dix ans, lenfant chéri de Femmes du Maroc a rassemblé une dizaine de créateurs au firmament pour une foison de 109 tenues rivalisant daudace et de finition, sous les yeux de
quelque 500 invités dautant plus comblés que la déco des tables se déclinait sur le thème du champagne. Trois temps forts à retenir : la jellaba fermée rouge brillant dAlbert Oiknine, que le mannequin, ouvrant ses bras, a métamorphosé en drapeau marocain ! Sans oublier la présence hype de Dominique Sirop, styliste de la très sélective Chambre syndicale de haute couture qui a fait ses armes chez Givenchy, souffle Aïcha Sakhri, directrice de FDM, encore sous leffet de son caftan en lamé bronze et turquoise. Le tout, commenté par Marie-Christiane Marek, grande prêtresse du milieu, qui a dailleurs prêché pour que la couture marocaine trouve sa place dans la Semaine de la mode parisienne.
Caftan va-t-il devenir accro au voyage ? Cette occasion sy prêtait parfaitement, précise Aïcha Sakhri, mais notre vocation nest pas de nous balader. À part sur les podiums.
Sortie. La blonde qui en savait trop
En voyage à Londres, leffervescente étudiante en journalisme, Sondra Pransky, se voit mystérieusement mandatée par le fantôme dun grand enquêteur, fraîchement décédé, pour partir sur les traces du fameux Tueur au Tarot. Sur sa route, le fringant politicien aristo Peter Lyman, un Hugh Jackman aussi charmeur que suspect Vampirisé par sa muse platine Scarlett Johansson, délicieuse en reporter écervelée et fleur bleue, en transe à lidée de tenir le scoop du siècle, Woody Allen nous revient gonflé à bloc dans cette comédie policière un peu échevelée et désinvolte. Un an après le sulfureux Match Point, le réalisateur newyorkais se réexporte et filme lambition frivole avec un certain goût de la bouffonnerie, qui démythifie joyeusement ses acteurs so glamourous. Peut-être un peu moins traître et spirituel que le précédent, Scoop pétille et euphorise comme un léger champagne. Du pur plaisir post Aïd Sghir...
Au Mégarama.
People. Le prince du raï au tribunal
Cela arrive au mauvais moment pour le môme - Cheb Mami en darija oranaise. Quatre mois après son mariage et quatre jours avant la sortie de son nouvel album Layali, le 30 octobre, le Prince du raï a été interpellé et présenté au tribunal de Bobigny, en France, pour violence volontaire et séquestration sur une de ses anciennes compagnes, qui aurait été obligée davorter de leur enfant, au Maroc ou en Algérie (où il vit aujourdhui). Mais cela na rien à voir avec le refus de sa maison de disques dinclure sur ledit album un duo enregistré avec Elissa, jugé peu artistique à leur goût.
Les traditions vues par la non-fiction : le Mois du documentaire se penche sur lâme du Maroc. Pierre Guicheney filme la rencontre entre les gnawas et la campagne mayennaise dans Des Gnawas dans le blocage et explore les mystères de la lila derdeba dans Le Bal des génies (mercredi 8). Driss Chouika raconte le quotidien dune femme de lOurika, avec Zahra, la fille de la montagne et sublime la danse orientale dans Leïla Haddad, les voiles de lumière (jeudi 16). Et dans un cycle de six films, Izza Genini fait vibrer lappel de douleur et damour de Fatna Bent El Houcine dans Aïta, célèbre lunivers polyphonique de Aït Bouguemez avec Vibrations du Haut Atlas, raconte les rites de la fertilité des tribus Zayane et Ichker dans Nuptiales en Moyen Atlas (jeudi 23), puis témoigne de la mémoire juive marocaine à travers Cantiques brodés, Chants pour un Shabbat et La Route du Cédrat. Musique, maestro !
En novembre à 20h30, au Théâtre 121, IF Casa.
Arts plastiques. Voyage en images
Ibn Battouta, les enfants de Tanger le connaissent bien. Deux ans après linitiative de lassociation Al Boughaz et de la plasticienne tangéroise Christine Kéyeux, permettant à plus de deux cents gamins de la ville blanche dimaginer lunivers du grand voyageur sur la base de ses récits, pour célébrer le 700ème anniversaire de sa naissance (1304), le projet est revenu début novembre au Collège Ibn Battouta. Entre temps, il sétait exporté en Belgique auprès des enfants de Chaumont et de Bruxelles, en attendant un nouveau départ possible pour Amiens. En ces temps dextrémismes, les enfants apprennent la culture de découverte, de connaissance de lautre et de tolérance, explique Rachid Taferssiti, le président de Al Boughaz. À suivre, une exposition de ces fresques en avril, au musée de la Kasbah et à la galerie Volubilis à Tanger.
Cinéma. Festival de festivals
A lautomne, les hommages tombent comme des pommes pour les cinéastes marocains. Le 11ème Festival du cinéma africain de Barcelone réserve une place spéciale au 7ème art marocain avec Kamal Kamal, Majid Rchich, Daoud Oulad Syad, Rachid Ouali ou encore Ismaïl Saïdi comme invités jusquau 8 novembre. Puis cest le 26ème Festival du film dAmiens, du 10 au 19 novembre, qui célébrera Jilali Ferhati via une belle rétrospective en plus de retenir le prometteur Mohamed Cherif Tribak pour son court Trente ans. Enfin les 20èmes Journées cinématographiques de Carthage, du 11 au 18, où Tarfaya concourt pour le Tanit dOr, accueillera deux nouveautés : Les Arêtes du cur de Hicham Ayouch (Film Industry) et Le Portable (court vidéo) de Noureddine Tilsaghani (masterclass Marrakech/ Tribeca). Bessaha à tous !
Concert. Rêver au Corneille
Attention les filles, la nouvelle voix du soul cosmopolite arrive chez nous. Non, non, non, pas pour voir Sofia Essaïdi qui nest pas sa femme comme la fantasmé toute midinette staracadémisée. Mais pour son second concert casablancais, deux ans après un passage au Karting un peu moyen. Cette fois, le beau Canadien dorigine rwandaise, nominé aux NRJ Awards 2007 pour sa voix bluesy et chaloupée, est linvité de deux jeunes pousses de lévènementiel, Pure Prod et 212 Prod. Il est très attendu au Maroc, les gens vont suivre, avance Mehdi Benslim, le jeune boss de la première. Compter 500 DH la place. Cher ? Cest parce quil vient de loin et en first class...
Le 12 novembre à 20h30, au Mégarama Casablanca.
Hip Hop. Le verbe et le sexe haut
Les hip hoppers sont des serial lovers. Cest ce que dit, non sans bomber le torse, le portail raptiviste.net. 37,5% des adeptes de hip hop ont eu plus dun partenaire sexuel dans les cinq dernières années, glousse-t-il avec pour alibi une étude du Dr Adrian North, psy de lUniversité de Leicester (GB), curieux de scruter les stéréotypes associés aux genres de musique écoutés. Interrogeant 2500 Britanniques, le Doc sest assuré de
lappétit sexuel des fans de rap, apparemment mieux portant que ceux de country. Et sils sont aussi plus nombreux à avoir enfreint la loi, létude se veut nuancée : 12,3% des amoureux dopéra se sont déjà laissé tenté par des champis hallucinogènes De quoi sendormir moins bête !
Le livre.
Après Kiffe Kiffe demain, Faïza Guène revient dans les présentoirs littéraires avec Du rêve pour les oufs, un ouvrage où lauteur raconte une tranche de vie sociale où Alhème, chef de famille à 24 ans, surnage entre son boulot à Leroy Merlin, magasin de bricolage où elle est en charge du comptage des clous, les files dattente à la préfecture pour renouveler sa carte de séjour, ses histoires damour foireuses, la surveillance de son frère davantage tenté par une carrière de dealer que par les offres demploi de sulbaternes et fiers de lêtre. Pour qui na jamais connu un après-midi dété sur une dalle de béton en banlieue française, le livre risque de ne pas parler. Mais essayez toujours...
Faïza Guène, Du rêve pour les oufs, Ed. Hachette Littératures.
Les voies du syndicalisme marocain sont plus impénétrables que celles dune vieille fille scellée à double tour. Exemple frappant la semaine dernière : deux leaders du prolétariat marocain se sont plaint à Driss Jettou des grèves sauvages qui ponctuent ici et là la rentrée sociale marocaine. Tels deux gamins un peu fayots, abonnés aux premiers rangs : Msieu ! Msieu ! On avait dit que cest moi le capitaine ! semblait dire à Driss Jettou, Noubir Amaoui, secrétaire général de la CDT, avec sa tête de Koala dépité de plus jouer dans léquipe de foot du collège. Cest à moi le ballon. Tu leur causes Msieu ou je me fâche paraissait susurrer, au locataire de la primature, le secrétaire général de lUMT, Miloudi Mokharek, avec son je ne sais quoi de Scarface des Doukkala. Driss Jettou na même pas eu peur. Quand on a été capable de vendre des pompes à des culs-de-jatte, on ne se laisse pas impressionner par les bouderies denfants qui nont pas la pointure. Et ne lauront jamais, présume la base qui préfère les débrayages informels aux grèves normes ISO 9001 à lefficacité douteuse. Alors Driss Jettou a raccompagné Koala et Scarface sur le pas de la porte, sans oublier de leur donner une petite tape amicale sur la joue pour avoir dénoncé leurs camarades de classe. De là à ce quil demande le rétablissement de lesclavage aux prochaines négociations salariales, il ny a quun pas.
Sacré rap Cest quasiment bouclé. Les H-Kayne devraient se produire le 25 novembre prochain à la cathédrale du Sacré-Cur à Casablanca si toutes les conditions techniques le permettent. Dans le cas contraire, les fans du groupe meknassi devront se rabattre sur la petite scène du Rialto.
Jazzn Fès Pour la seconde fois, la cité impériale fête la blue note avec la Fondation Esprit de Fès : du 16 au 18 novembre, les grands Carl Bobbish, Charles Williams, Ron Gutierrez ou encore Abdu Salim Quartet jazzeront entre riads (100 DH), Palais El Mokri (200 DH) et Club de Minuit Majestic. 600 DH le Pass.