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11 septembre. Faut-il croire au complot ?
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N° 246
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine Culture

Le caftan marocain a défilé
au Carrousel du Louvre.

Haute couture. Autant en emporte Caftan

Dans son petit voile sage, la Joconde a dû pâlir d’envie : Caftan du Maroc s’est offert le Carrousel du Louvre samedi dernier à Paris, dans la foulée des grands défilés printemps-été. Même pas fait exprès : c’est pour fêter le lancement en France de DM (“Du Maroc”), nouvelle aventure déco, art de vivre et évasion de Caractères, que LE rendez-vous couture du royaume s’est fastueusement exporté dans le temple de la mode. Du haut de ses dix ans, l’enfant chéri de Femmes du Maroc a rassemblé une dizaine de créateurs au firmament pour une foison de 109 tenues rivalisant d’audace et de finition, sous les yeux de
quelque 500 invités d’autant plus comblés que la déco des tables se déclinait sur le thème du champagne. Trois temps forts à retenir : la jellaba fermée rouge brillant d’Albert Oiknine, que le mannequin, ouvrant ses bras, a métamorphosé en… drapeau marocain ! Sans oublier la présence hype de Dominique Sirop, “styliste de la très sélective Chambre syndicale de haute couture qui a fait ses armes chez Givenchy, souffle Aïcha Sakhri, directrice de FDM, encore sous l’effet de son caftan en lamé bronze et turquoise. Le tout, commenté par Marie-Christiane Marek, grande prêtresse du milieu, qui a d’ailleurs prêché pour que la couture marocaine trouve sa place dans la Semaine de la mode parisienne.

Caftan va-t-il devenir accro au voyage ? “Cette occasion s’y prêtait parfaitement, précise Aïcha Sakhri, mais notre vocation n’est pas de nous balader”. À part sur les podiums.


Sortie. La blonde qui en savait trop

En voyage à Londres, l’effervescente étudiante en journalisme, Sondra Pransky, se voit mystérieusement mandatée par le fantôme d’un grand enquêteur, fraîchement décédé, pour partir sur les traces du fameux “Tueur au Tarot”. Sur sa route, le fringant politicien aristo Peter Lyman, un Hugh Jackman aussi charmeur que suspect… Vampirisé par sa muse platine Scarlett Johansson, délicieuse en reporter écervelée et fleur bleue, en transe à l’idée de tenir le scoop du siècle, Woody Allen nous revient gonflé à bloc dans cette comédie policière un peu échevelée et désinvolte. Un an après le sulfureux Match Point, le réalisateur newyorkais se réexporte et filme l’ambition frivole avec un certain goût de la bouffonnerie, qui démythifie joyeusement ses acteurs so glamourous. Peut-être un peu moins traître et spirituel que le précédent, Scoop pétille et euphorise comme un léger champagne. Du pur plaisir post Aïd Sghir...

Au Mégarama.



People. Le prince du raï au tribunal

Cela arrive au mauvais moment pour le “môme” - Cheb Mami en darija oranaise. Quatre mois après son mariage et quatre jours avant la sortie de son nouvel album Layali, le 30 octobre, le Prince du raï a été interpellé et présenté au tribunal de Bobigny, en France, pour “violence volontaire et séquestration” sur une de ses anciennes compagnes, qui aurait été obligée d’avorter de leur enfant, au Maroc ou en Algérie (où il vit aujourd’hui). Mais cela n’a rien à voir avec le refus de sa maison de disques d’inclure sur ledit album un duo enregistré avec Elissa, jugé peu artistique à leur goût.


Tournage. Deux kadiate et un long

Noureddine Lakhmari récidive (dans la criminologie) et tourne les deux prochains épisodes de la saga policière Al Kadia. Téléfilm que la critique - rappelons-le - n’a pas accueilli à bras ouverts à sa projection en grande pompe en septembre dernier au Mégarama. Intrigue peu convaincante, scénario irréaliste, dialogues moyens… Bref, la première enquête de l’officier Zineb Hajjami n’était manifestement pas très bien ficelée. Il en faudrait cependant plus pour convaincre le réalisateur de modérer ses élans “profileresques”. Pour ses deux prochaines enquêtes, Lakhmari pousse la fiction policière encore plus loin. Et Zineb Hajjami s’attaque respectivement à une affaire de blanchiment d’argent et de meurtres en série. Les épisodes seront dans la boîte en janvier. Lakhmari, lui, rependra la route du plateau pour le tournage d’un long-métrage, cette fois-ci. Casa Negra, une histoire d’amitié urbaine entre deux ados chômeurs et désespérés, budgétisée à quelque 13 millions de dirhams.


Docu. Moroccan soul

Les traditions vues par la non-fiction : le Mois du documentaire se penche sur l’âme du Maroc. Pierre Guicheney filme la rencontre entre les gnawas et la campagne mayennaise dans Des Gnawas dans le blocage et explore les mystères de la lila derdeba dans Le Bal des génies (mercredi 8). Driss Chouika raconte le quotidien d’une femme de l’Ourika, avec Zahra, la fille de la montagne et sublime la danse orientale dans Leïla Haddad, les voiles de lumière (jeudi 16). Et dans un cycle de six films, Izza Genini fait vibrer l’appel de douleur et d’amour de Fatna Bent El Houcine dans Aïta, célèbre l’univers polyphonique de Aït Bouguemez avec Vibrations du Haut Atlas, raconte les rites de la fertilité des tribus Zayane et Ichker dans Nuptiales en Moyen Atlas (jeudi 23), puis témoigne de la mémoire juive marocaine à travers Cantiques brodés, Chants pour un Shabbat et La Route du Cédrat. Musique, maestro !

En novembre à 20h30, au Théâtre 121, IF Casa.



Arts plastiques. Voyage en images

Ibn Battouta, les enfants de Tanger le connaissent bien. Deux ans après l’initiative de l’association Al Boughaz et de la plasticienne tangéroise Christine Kéyeux, permettant à plus de deux cents gamins de la ville blanche d’imaginer l’univers du grand voyageur sur la base de ses récits, pour célébrer le 700ème anniversaire de sa naissance (1304), le projet est revenu début novembre au Collège Ibn Battouta. Entre temps, il s’était exporté en Belgique auprès des enfants de Chaumont et de Bruxelles, en attendant un nouveau départ possible pour Amiens. “En ces temps d’extrémismes, les enfants apprennent la culture de découverte, de connaissance de l’autre et de tolérance”, explique Rachid Taferssiti, le président de Al Boughaz. À suivre, une exposition de ces fresques en avril, au musée de la Kasbah et à la galerie Volubilis à Tanger.


Cinéma. Festival de festivals

A l’automne, les hommages tombent comme des pommes pour les cinéastes marocains. Le 11ème Festival du cinéma africain de Barcelone réserve une place spéciale au 7ème art marocain avec Kamal Kamal, Majid Rchich, Daoud Oulad Syad, Rachid Ouali ou encore Ismaïl Saïdi comme invités jusqu’au 8 novembre. Puis c’est le 26ème Festival du film d’Amiens, du 10 au 19 novembre, qui célébrera Jilali Ferhati via une belle rétrospective en plus de retenir le prometteur Mohamed Cherif Tribak pour son court Trente ans. Enfin les 20èmes Journées cinématographiques de Carthage, du 11 au 18, où Tarfaya concourt pour le Tanit d’Or, accueillera deux nouveautés : Les Arêtes du cœur de Hicham Ayouch (Film Industry) et Le Portable (court vidéo) de Noureddine Tilsaghani (masterclass Marrakech/ Tribeca). Bessaha à tous !


Concert. Rêver au Corneille

Attention les filles, la nouvelle voix du soul cosmopolite arrive chez nous. Non, non, non, pas pour voir Sofia Essaïdi qui n’est pas sa femme comme l’a fantasmé toute midinette staracadémisée. Mais pour son second concert casablancais, deux ans après un passage au Karting un peu moyen. Cette fois, le beau Canadien d’origine rwandaise, nominé aux NRJ Awards 2007 pour sa voix bluesy et chaloupée, est l’invité de deux jeunes pousses de l’évènementiel, Pure Prod et 212 Prod. “Il est très attendu au Maroc, les gens vont suivre”, avance Mehdi Benslim, le jeune boss de la première. Compter 500 DH la place. Cher ? C’est parce qu’il vient de loin et en first class...

Le 12 novembre à 20h30, au Mégarama Casablanca.



Hip Hop. Le verbe et le sexe haut

Les hip hoppers sont des serial lovers. C’est ce que dit, non sans bomber le torse, le portail raptiviste.net. 37,5% des adeptes de hip hop ont eu plus d’un partenaire sexuel dans les cinq dernières années, glousse-t-il avec pour alibi une étude du Dr Adrian North, psy de l’Université de Leicester (GB), curieux de scruter les stéréotypes associés aux genres de musique écoutés. Interrogeant 2500 Britanniques, le Doc s’est assuré de
l’appétit sexuel des fans de rap, apparemment mieux portant que ceux de country. Et s’ils sont aussi plus nombreux à avoir enfreint la loi, l’étude se veut nuancée : 12,3% des amoureux d’opéra se sont déjà laissé tenté par des champis hallucinogènes… De quoi s’endormir moins bête !


Le livre.

Après Kiffe Kiffe demain, Faïza Guène revient dans les présentoirs littéraires avec Du rêve pour les oufs, un ouvrage où l’auteur raconte une tranche de vie “sociale” où Alhème, chef de famille à 24 ans, surnage entre son boulot à Leroy Merlin, magasin de bricolage où elle est en charge du comptage des clous, les files d’attente à la préfecture pour renouveler sa carte de séjour, ses histoires d’amour foireuses, la surveillance de son frère davantage tenté par une carrière de dealer que par les offres d’emploi de sulbaternes et “fiers de l’être”. Pour qui n’a jamais connu un après-midi d’été sur une dalle de béton en banlieue française, le livre risque de ne pas parler. Mais essayez toujours...

Faïza Guène, Du rêve pour les oufs, Ed. Hachette Littératures.




Humeur.
Fist dans un gant de velours

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Les voies du syndicalisme marocain sont plus impénétrables que celles d’une vieille fille scellée à double tour. Exemple frappant la semaine dernière : deux leaders du prolétariat marocain se sont plaint à Driss Jettou des grèves sauvages qui ponctuent ici et là la rentrée sociale marocaine. Tels deux gamins un peu fayots, abonnés aux premiers rangs : “M’sieu ! Ms’ieu ! On avait dit que c’est moi le capitaine !” semblait dire à Driss Jettou, Noubir Amaoui, secrétaire général de la CDT, avec sa tête de Koala dépité de plus jouer dans l’équipe de foot du collège. “C’est à moi le ballon. Tu leur causes M’sieu ou je me fâche” paraissait susurrer, au locataire de la primature, le secrétaire général de l’UMT, Miloudi Mokharek, avec son “je ne sais quoi” de Scarface des Doukkala. Driss Jettou n’a même pas eu peur. Quand on a été capable de vendre des pompes à des culs-de-jatte, on ne se laisse pas impressionner par les bouderies d’enfants qui n’ont pas la pointure. Et ne l’auront jamais, présume la base qui préfère les débrayages informels aux grèves normes ISO 9001 à l’efficacité douteuse. Alors Driss Jettou a raccompagné Koala et Scarface sur le pas de la porte, sans oublier de leur donner une petite tape amicale sur la joue pour avoir dénoncé leurs camarades de “classe”. De là à ce qu’il demande le rétablissement de l’esclavage aux prochaines négociations salariales, il n’y a qu’un pas.



Sacré rap
C’est quasiment bouclé. Les H-Kayne devraient se produire le 25 novembre prochain à la cathédrale du Sacré-Cœur à Casablanca si toutes les conditions techniques le permettent. Dans le cas contraire, les fans du groupe meknassi devront se rabattre sur la petite scène du Rialto.


Le Paris des Noury
La mafia colombienne peut se piquer : Los Comanches, projet de Swel et Imad Noury qui devait lui être consacré, est reporté pour le tournage d’un autre film noir charbon : “Une aventure confidentielle, reliant cinq histoires entre cinq villes différentes”, glisse l’aîné Swel depuis Paris. Gimme five !


Jazz’n Fès
Pour la seconde fois, la cité impériale fête la blue note avec la Fondation Esprit de Fès : du 16 au 18 novembre, les grands Carl Bobbish, Charles Williams, Ron Gutierrez ou encore Abdu Salim Quartet jazzeront entre riads (100 DH), Palais El Mokri (200 DH) et Club de Minuit Majestic. 600 DH le Pass.

 
 
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