Piratage. L'impossible combat ?
Reportage. Secouristes de fortune
Presse régionale. Tanger et les 40 canards
Nostalgie. Les années radio
Réaction. À propos de Mehdi Ben Barka
États-Unis. L'Irak au centre des élections
11 septembre. Faut-il croire au complot ?
Cotation. Le bug boursier d'IB Maroc
Imghrane. La famille du blues amazigh
Underground. Le Stoune du Halazoune
Audiovisuel. S.O.S techniciens
N° 246
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Organisé par le FVJ et l’AMDH,
le sit-in du 29 octobre demandait
la vérité sur les disparus.
(AFP)

Ben Barka. La vérité approche

La journée du disparu a été célébrée, le 29 octobre, dans un étrange mélange d’euphorie et de frustration. La télévision marocaine (2M) a diffusé, dans un flash d’information à grande écoute, des images du rassemblement devant la brasserie Lipp, à Paris, là où Mehdi Ben Barka a été enlevé il y a 41 ans. “C’est inhabituel et très positif, mais les phrases les plus critiques à l’égard du régime marocain (de l’époque) ont été supprimées du télé-reportage”, note cet observateur marocain présent à l’événement. La frustration a été encore plus forte à Rabat, où le Forum vérité et justice (FVJ) et l’AMDH organisaient un
sit-in, le même jour, devant le Parlement pour demander la vérité sur Ben Barka, Manouzi, et d’autres célèbres disparus. “2M n’a pas montré les images de notre sit-in, comme si toute l’actualité de l’affaire Ben Barka se passait en France”, proteste ainsi Mohamed Sebbar, président du FVJ. “Je dis alors ce que la télévision marocaine refuse de diffuser sur antenne : la vérité sur Ben Barka ce trouve au Maroc et pas ailleurs”, poursuit Sebbar. Si 2M a ignoré le rassemblement de Rabat, la MAP, elle, a surpris tout son monde en diffusant peu avant le sit-in une dépêche, pour signaler que “deux ONG marocaines (FVJ et AMDH) réclament la vérité sur Ben Barka”. Une première de la part de l’agence de presse officielle. Toujours en rapport avec l’affaire Ben Barka, signalons que le fils du disparu, Bachir, a participé cette semaine à un forum sur le site Internet du Nouvel Observateur. “Tous les éléments en notre possession sont formels : ils indiquent que la décision première d'éliminer mon père a été prise au plus haut niveau de l'état marocain”, a notamment affirmé Bachir Ben Barka sur nouvelobs.com


Lalla Salma enceinte. Circulez, y a rien à voir

“Mohammed VI et Lalla Salma, son épouse, attendent un deuxième enfant pour l’hiver. Une heureuse nouvelle pour Moulay El Hassan, 3 ans et demi”. 24 mots au total. Voilà ce que Paris Match a consacré à cet authentique scoop, dûment confirmé, on l’imagine, à un journaliste parisien par ses amis du Palais royal. Quant à nous autres locaux, cela fait 3 mois que nous nous torturons l’esprit pour savoir s’il faut publier ce secret de polichinelle, passible d’un procès de droit divin. Ce bambin, à qui nous souhaitons bonne gestation et longue vie, sera pourtant placé, dès sa naissance, sur une liste de succession au poste de roi du Maroc. Apparemment, ça ne regarde pas les Marocains.


Code électoral. À l’attaque !

Les partis politiques lésés par les dispositions du futur code électoral ont constitué une coalition nationale pour demander la réforme de cette loi qui vient d’atterrir au Parlement. La coalition regroupe le PSU, le PPS, le PADS, Annahj, le Parti travailliste, Al Badil Al Hadari et Al Haraka Min Ajl Al Oumma, ainsi que des ONG comme l’AMDH, le Forum vérité et justice et l’Instance de défense des biens publics. Un sit-in national est prévu le 17 novembre à Rabat. La coalition demande la suppression des quotas exigés pour l’accès au Parlement. Nouveauté : Elle exige l’attribution du tiers des sièges aux femmes. Une fleur au mouvement féministe qui fait de cette revendication son cheval de bataille.


Expatriés. Jazouli reste en France

Anas Jazouli a fini par obtenir gain de cause, dans le combat qui l’opposait aux autorités françaises. Menacé d’expulsion, suite à une décision du tribunal administratif rendue le 11 septembre dernier, il risquait de faire partie des nombreuses victimes de la nouvelle loi Sarkozy. “Le jugement a été cassé le 24 octobre, on m’a donné un titre de séjour officiel, une carte de séjour de dix ans vie privée – vie familiale, c’est une victoire pour ma famille et moi” nous a notamment déclaré l’intéressé. Rappelons que, quelques semaines avant ce dénouement heureux, Jazouli avait observé une grève de la faim qui a duré 40 jours, pour faire valoir ses droits.


Ismaïl Alaoui. La faute à Al Bayane

Non, il n’y a aucun problème entre le PPS et l’USFP, les deux principaux partis marocains de gauche : normal, c’est Ismaïl Alaoui, secrétaire général du PPS, qui le dit. Ce qui est plus surprenant, c’est que le leader du PPS, qui s’est exprimé cette semaine dans les colonnes de notre confrère Bayane Al Yaoum, a fustigé “certaines manières journalistiques” (qui montaient en épingle la dualité PPS-USFP). Quelles pratiques et quel journal Ismaïl Alaoui ciblait-il ? Réponse : Al Bayane, le quotidien dont Ismaïl Alaoui est le directeur politique. Dans le genre autocritique, le numéro un de l’ex-parti communiste a fait fort !


Foot. Pas de stade à Casa

Les Casablancais ont raté le derby WAC-Raja, pourtant programmé le week-end dernier, faute… de terrain. Vous avez bien lu, (il paraît que) Casablanca, métropole de plus de 3 millions d’habitants, ne dispose pas d’un terrain de football digne de ce nom, du moins en ce moment. Le complexe Mohammed V est fermé depuis belle lurette pour “réfection” (la énième). Le stade du Père Jégo ne répond pas aux normes de sécurité et ne peut accueillir plus de 10 000 personnes. Après avoir envisagé et éliminé le plus logiquement du monde Mohammedia, Settat, Rabat et même Marrakech, les deux clubs casablancais ont convenu d’un report “jusqu’à ce que le complexe Mohammed V soit ouvert”, c’est-à-dire décembre. Mais voilà que le comité des programmes de la fédération leur impose la date du 12 novembre. Pour jouer où ? Ni les clubs, ni leur immense public ne le savent encore.



Billet. Que cherche M’daghri ?

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

Que penser du livre publié par Abdelkébir Alaoui M’daghri, à quelques mois d’élections annoncées a priori les plus favorables aux islamistes, sur justement “le gouvernement barbu” ? Il serait maladroit de faire à un ex-ministre, quoique habitué au pouvoir pendant 22 ans et réputé pro islamiste, le moindre procès d’intention. Par contre, une lecture des messages subtilement distillés entre les lignes de son ouvrage ne serait pas de trop.
Primo, l’ex-ministre des Affaires islamiques défend un Etat islamiste utopique, qui réunirait tous les musulmans, quelles que soient leurs différences, sous la bannière d’une constitution unique, le tout sous le credo de la charia pour tous. Si ce n’est pas une soviétisation du monde musulman, qu’est-ce donc ?
Secundo, M’daghri, qui se targue d’être un expert en matière de fractions islamistes, pour avoir dealé avec certaines et servi la soupe à d’autres, défend mordicus la nécessité de dialoguer avec elles, parce que l’avènement d’un gouvernement barbu, soft puis hard, est inévitable. Mais le but du dialogue proposé n’est pas l’échange libre des idées, c’est l’acceptation de ce qu’il perçoit comme un fait accompli : l’islamisation de la société et de l’Etat, face à laquelle la sécularisation part perdante.
Tertio, et pour ne pas se couper de Dar Makhzen, M’daghri, rappelle qu’en l’état, la commanderie des croyants et les oulémas demeurent les garants contre toute dérive possible. Mieux encore, il estime que le PJD est encore en deçà du gouvernement islamiste souhaité. Alors y a pas le feu. Cet avocat de carrière à la culture très orthodoxe veut in fine servir l’Etat fondamentaliste, dont il fut l’un des artisans, et l’Etat totalitaire, souhaité duquel il se veut l’idéologue. Il cherche à montrer que nous serons submergés par le religieux et qu’il vaut mieux prendre son mal en patience. Merci, on n’est pas preneurs.



Hicham Bouchti. Libre, mais…

Hicham Bouchti a quitté la prison de Oukacha après avoir purgé une peine de trois mois de prison. L’homme est en liberté provisoire depuis le 27 octobre. Cet ex-agent des forces auxiliaires avait donné plusieurs entretiens à la presse espagnole puis à deux organes de presse marocains dans lesquels il affirmait avoir été “manipulé par les services espagnols pour ternir l’image du Maroc”. Arrêté et auditionné par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), le 25 juillet 2006, Hicham Bouchti avait disparu de la circulation jusqu’à ce que des sources carcérales confirment sa présence à Oukacha. L’homme en question n’a pas voulu répondre à nos questions arguant qu’il “craignait pour (sa) vie et qu’(il) n’était pas autorisé à parler pour l’instant”...


Enseignement. Les fans de l’ancienneté

Les enseignants chercheurs docteurs en langue et littérature française observent une grève illimitée de la faim depuis le 1er novembre. Ils demandent l’annulation des conditions de promotion, telles que fixées par une loi du ministère de l’Enseignement supérieur, lesquelles imposent aux assistants de passer un concours pour devenir professeur d’enseignement supérieur. Ce qui semble réellement poser problème, c’est la rétroactivité de la loi. “Nous ne sommes pas obligés de passer ce concours parce que nous avons été embauchés bien avant la sortie de cette loi en 1997”, explique Mohamed Mahassin, du groupe des grévistes. Avant, chaque prof assistant était promu directement après 4 ans d’exercice. C’était la belle époque.


Jamaâ. Al Adl recrute en Espagne

L’activisme des adeptes de Cheikh Yassine en Espagne inquiète au plus haut point les autorités ibériques (en plus des marocaines, bien entendu). C’est ce que précisait dimanche le journal espagnol ABC qui rappelle qu’Al Adl Wal Ihsane recrute à tour de bras parmi les 50 000 musulmans résidant dans la région de Murcie, dans le sud-est de l’Espagne. D’après le journal, les autorités marocaines craignent que “ces citoyens marocains ne s’imprègnent de l’islam le plus radical et ne rentrent au Maroc pour former une opposition croissante à la monarchie”. ABC rappelle malgré tout que “ce mouvement également très actif à Valence, Alicante, Almeria, Madrid, Barcelone, n’envisage à court terme ni la déstabilisation de l’Espagne, ni l’usage du terrorisme pour parvenir à ses fins”.


Laâyoune. Les Ould Errachid se renforcent

Après Khelli Henna et son frère Hamdi, respectivement président et vice-président du conseil municipal de Laâyoune, un nouveau Ould Errachid vient de se faire élire à la tête du conseil de la région : Hamdi ould Brahim Ould Errachid, neveu de Khelli Henna, également président du Corcas. Cette élection a sérieusement fâché la tribu du président sortant, Hamma Beida. Les Izergyine ont ainsi appelé à la tenue en urgence d’une réunion tribale samedi pour discuter “des violations aux droits de l’homme enregistrées au Sahara et de l’efficacité du Corcas mené par Khelli Henna”. Et vlan !


Télévision. Bencherif, le retour

Abdessamad Bencherif revient bientôt avec une nouvelle émission sur 2M, Tayarat (courants). Une émission hebdomadaire qui reçoit un invité principal pour discuter de son actualité et un invité surprise, en dernier quart d’heure, pour réagir aux propos de l’invité principal, le contredire et finalement mettre du sel dans le débat. Bencherif promet également des portraits créatifs et originaux de ses invités et une diversité dans les thématiques traitées. Sauf changement de dernière minute, l’émission devra démarrer avant la fin de l’année. Elle sera diffusée en access prime time du jeudi soir (20 heures).


Attention. Député méchant !

La scène, rapportée par notre confrère Yawmiyat Annass, se passe sur une grande artère à Meknès. Un conseiller à la Deuxième chambre grille un feu rouge à bord de son imposant 4x4 et se fait arrêter par un agent de circulation. Plutôt banal… Mais lorsque le pauvre flic s’apprête à verbaliser le valeureux représentant de la nation, ce dernier l’attaque sauvagement, lui mord le bras, lui déchire son carnet de contraventions et lui décolle son épaulette. Conduit devant le procureur du roi, le conseiller s’est fait tout petit et a failli s’évanouir en répondant aux questions du parquet. Ce n’est plus un secret pour personne, nos députés ont désormais une peur bleue des magistrats.


Sahara. On prend les mêmes…

Les Nations Unies n’ont finalement fâché personne sur la question du Sahara. Sans surprise, le Conseil de sécurité a prolongé la mission de la Minurso jusqu’au 30 avril 2007 et appelé “toutes les parties à œuvrer pour parvenir à une solution politique … mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental”. La nouveauté vient du représentant américain qui a suggéré au Maroc “la tenue de pourparlers direct avec les représentants de l'ensemble de la population sahraouie dont le Front Poilsario”. Le détail a, paraît-il, son importance puisqu’il signifie que le Polisario n’est plus le représentant “unique et légitime” du peuple sahraoui. On s’accroche à ce qu’on peut...


DGSN. Justice pour les flics

Le nouveau patron de la DGSN, Charqi Draïss, revient sur toutes les mesures prises par son prédécesseur. Après la dissolution des Groupements Urbains de Sécurité (Croatia pour les intimes), cette semaine, des instructions ont été données pour réexaminer les sanctions prononcées par le conseil disciplinaire tenu quelques mois seulement avant l’éviction du général Hamidou Laânigri. Des sanctions qui vont du simple avertissement au renvoi pur et simple. Selon des sources proches du dossier, des dizaines d’agents parmi les 280 sanctionnés auraient été lésés par le verdict du conseil disciplinaire.


Presse. Les Marocains et le sexe

Sous le titre “Sexe et tabous dans le monde islamique”, Der Speigel a effectué, entre autres, un reportage sur la vie sexuelle des jeunes Marocains. Dans son édition du 30 octobre, l’hebdomadaire allemand nous apprend ainsi que “le sexe étant un tabou, les célibataires sont forcés de se trouver des oasis érotiques secrètes (…)”. Le journal cite le romancier Nedjma (un pseudo), auteur du roman à succès “L’amande”. Extraits : “Le pays est encore commandé par les traditions patriarcales dans lesquelles les hommes continuent à traiter des femmes comme des subalternes. C'est une société dans laquelle règnent le pruderie, l'ignorance et le désir (…)”.


Islam en France. Maroc – Algérie : 1-0

Les Marocains ont coiffé les Algériens au poteau. Alors que les deux pays faisaient la course par imams interposés pour ouvrir le premier institut supérieur musulman en France, les Marocains ont réussi à mettre sur place au coeur de Lille, dans des locaux loués à la mairie, l'institut Avicenne des sciences humaines et la faculté de formation des imams qui démarre fin novembre. C’est Mohamed Bechari, le président de la Fédération nationale des musulmans de France, qui en est le fondateur. Un enseignement universitaire (civilisation arabe, théologie, langues...) sanctionné à terme par une licence, un master, et un doctorat y sera aussi dispensé. Sur le modèle des instituts catholiques.


Escrocs algériens au Maroc. Le geste de Jettou

Driss Jettou a finalement signé les décrets d’extradition des trois Algériens, agents de la Banque nationale d’Algérie, impliqués dans le détournement de 20 milliards de dinars. Selon les termes de l’accord de coopération judiciaire signé entre l’Algérie et le Maroc (1963), les trois prévenus doivent être remis aux autorités requérantes dans un délai d’un mois après la signature du décret d’extradition. L’affaire remonte au mois de décembre 2005, date à laquelle la justice algérienne avait émis un mandat d’arrêt international contre les trois agents, et demandé aux autorités marocaines, quelques jours après leur arrestation à Casablanca, leur extradition vers l’Algérie.


Haidar. Un retour à risques

Aminatou Haidar devrait retourner au Maroc le 6 novembre, date de célébration de la Marche Verte, si l’on en croit certaines sources. Haidar restait sur un “exil” de plusieurs mois, qu’elle a mis à profit pour faire briller sa cause : l’indépendance du Sahara. A Laâyoune, et dans tout le Sud, ce retour promis, s’il se concrétise, a des allures de “provocation”, vu le timing choisi (coïncidence avec la commémoration de la Marche Verte). Aminatou Haidar, pour rappel, a déjà été arrêtée au Maroc où on lui reproche son activisme. Elle est abondamment citée dans tous les rapports défavorables au Maroc sur la question du Sahara.


Eau et électricité. Le retour des manifs

Les protestations contre la hausse des factures d’eau et d’électricité se poursuivent. La section de l’AMDH de Rabat a programmé pas moins de 4 sit-in pour les prochains jours à Témara, à Hay Nahda, Hay Salam de Salé et devant le siège de la Redal. A Casablanca, des protestations spontanées ont été signalées dans les quartiers populaires. La colère se propage comme une traînée de poudre. L’AMDH déclare avoir créé 53 bureaux de coordination au niveau national dont les deux derniers sont ceux de Ben Slimane et d’Azrou. Tous sont mobilisés pour la dénonciation de cette hausse. Les distributeurs d’eau et d’électricité ont de sérieux soucis à se faire.



3 questions à Houcine Beida (Président de la commission des droits de l’homme au CORCAS)

Vous avez émis un communiqué dans lequel vous dénoncez des atteintes aux droits de l’homme au Sahara. Pourquoi cette sortie ?
Les brutalités, arrestations arbitraires et disparitions se répètent dans l’indifférence. Et en ma qualité de président de la commission des droits de l’homme au CORCAS, il est de mon devoir de dénoncer cette situation. Les Marocains du sud doivent bénéficier des mêmes droits que ceux du nord.

Ce communiqué n’est-il pas une attaque contre le président du CORCAS, Khalli Hanna Ould Errachid, comme certains le pensent ?
Je n’ai aucun problème personnel avec Khalli Hanna, mais plutôt avec le président du CORCAS et sa manière de gérer. En plus de ses incessants voyages à l’étranger dont nous n’avons aucun écho, le président doit prendre le temps d’écouter également les doléances des Sahraouis, ce qu’il ne fait pas. Le Sahara n’appartient ni à lui ni à sa famille.

Votre sortie ne risque-t-elle pas de profiter au Polisario ?
Oui je sais bien qu’ils vont récupérer tout ça, mais sachez que ce n’est pas aux indépendantistes de défendre les droits des Sahraouis, c’est la prérogative de notre commission. Vu la gravité de la situation, il n’y avait pas d’autres recour, surtout que Khalli Hanna, appelé plusieurs fois à débattre de cette question, nous a ignorés. Ma sortie ne change rien à mon attachement à notre roi et au projet d’autonomie initié.


Caricature. La Shoah vue par un Marocain

Le Marocain Abdellah Derkaoui, illustrateur de livres pour enfants, a remporté le concours international de caricatures sur la Shoah, lancé en février par les Iraniens en représailles après les caricatures du prophète. Primé pour un dessin qui établit le parallèle entre le mur de séparation israélien et les camps de concentration de la Seconde guerre mondiale, le lauréat a reçu un prix de 12 000 $. Lors de la cérémonie qui s’est tenue mercredi 1er novembre, le ministère iranien de la Culture et de l’Orientation Islamique (sic) a déclaré : “Le tabou est désormais rompu. Les gens ne devraient pas penser que la remise en question de la Shoah est un crime”. Et la bêtise ?


Bilan. Où va Diwan Al Madalim ?

Il est finalement sorti de son silence, ce cher Diwan Al Madalim ! L’ombudsman marocain s’est manifesté il y a une semaine pour présenter son rapport d’activité au roi, le premier depuis sa création en décembre 2001. On s’attendait à des révélations. Rien de tout cela. Le résultat de 5 ans de travail est des plus décevants et suscite même des interrogations. L’établissement, dirigé par M’hamed Laraki, affirme avoir reçu 16 000 plaintes…dont la moitié ne relevait pas de ses compétences. Quant à l’autre moitié soi-disant valable, seulement 30% des plaintes ont été véritablement examinées… Franchement, ça vous surprend ?


Une habitude. Sarko au Maroc

Tapis rouge pour le ministre français de l’Intérieur qui a été reçu par le roi Mohammed VI mardi. Dans une déclaration à la presse à l’issue de l’audience que lui a accordée le monarque, au palais royal de Casablanca, Sarkozy s’est félicité “de la coopération fructueuse entre les services de sécurité des deux pays”. C’est tout de même la troisième visite de Sarkozy au Maroc en l’espace de quelques mois. Déjà en février 2006, il s’était longuement entretenu avec son homologue marocain sur l’immigration clandestine et le trafic de stupéfiants. Les deux ministres, accompagnés des deux directeurs généraux de police et de sûreté nationales, s’étaient félicités “des résultats concrets remarquables et des avancées significatives enregistrées dans la lutte contre la migration clandestine et le trafic de stupéfiants”. Amen.



Humeur. Samboïstes, unissez-vous !

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Il y a encore deux heures, je prenais le Sambo pour une danse tribale ou une voiture économique nippone. Il s’agit, en fait, d’un sport (de combat) et je suis personnellement heureux de l’apprendre. Deuxième information : ce sport est pratiqué au Maroc, comme d’autres disciplines non olympiques. Mais c’est la troisième information qui justifie que je vous parle d’un sport dont j’ignorais l’existence : le Maroc s’apprête à disputer deux compétitions internationales de Sambo… avec deux équipes nationales différentes. C’est extraordinaire. Nos amis les “samboïstes”, qui ne sont pas très nombreux à la base, ne sont pas d’accord entre eux. Une poignée s’est ralliée à la Fédération de lutte, et l’autre à celle de Tai Jitsu (de quoi ?!). Le désaccord est si profond que les deux factions ont développé chacune son “équipe nationale”. Aujourd’hui, le Maroc peut se targuer d’être le seul pays au monde à être représenté par deux fédérations, deux sélections de Sambo. Qui dit mieux ? Cet épisode incroyable, qui nous vaut d’être la risée du monde… du Sambo (heureusement que ce monde-là est petit), rappelle d’autres phénomènes récents. Il y a encore quelque mois, l’UGTM, une des principales centrales syndicales du pays, était représentée par deux secrétaires généraux, Abderrazak Afilal et Benjelloun Andaloussi. Il se disaient chacun légitime et, des mois durant, on a eu affaire à deux UGTM sans que personne n’y trouve à redire. A chacun son UGTM en quelque sorte… Nos amis les samboïstes et les syndicalistes ont du contaminer deux femmes qui militent contre la pédophilie : mesdames Adib et Anwar. Le problème, c’est que la pédophilie continue d’exploser au Maroc, alors que chacune des deux “militantes” a monté son association : l’une s’appelle Touche pas à mon enfant et l’autre Touche pas à mes enfants. Personnellement, il m’est impossible de ne pas les confondre !



VITES !

Mardi dernier, la chambre correctionnelle du Tribunal de 1ère instance de Rabat a reporté le procès de Nadia Yassine au 19 avril prochain. D’après la Cour, ce report a été décidé pour convoquer de nouveau Nadia Yassine et le journaliste Abdelaziz Koukas, tous les deux absents lors de cette audience.


Le JT en amazigh fera dans quelques semaines son entrée sur la grille de 2M. La rédaction en chef de l’édition a été confiée au journaliste Jamaâ Goulahsen et la chaîne de Aïn Sebaâ a déjà lancé le casting des futurs présentateurs. Comment dit-on marhba en tamazight ?


C’est la région de Tinghir, dans le sud-est, qui a souffert le plus des inondations qui ont frappé le pays la semaine dernière. Ces intempéries ont provoqué de grands dégâts notamment dans la commune de Toudgha Soufla avec un bilan provisoire d’un mort, plusieurs disparus et 160 maisons endommagées.


Les consulats français au Maroc devraient mettre en place un nouveau système de visa biométrique à partir du 14 novembre prochain. Une augmentation de 35 à 60 euros des frais de dossiers de demande de visa à partir de janvier prochain serait également à l’ordre du jour.


La wilaya de Rabat a déclaré la guerre à la chicha (narguilé) depuis le ramadan. Ainsi, durant la seule journée du lundi, elle a saisi 460 chichas dans les cafés de l’Agdal. “Le narguilé passant de bouche à bouche, il y a des risques de maladies par contamination réels” nous explique cette source à la wilaya. Soit !


Prévu pour le 28 octobre, le congrès extraordinaire de l’USFP se tiendra le 10 novembre à Rabat. “Une simple formalité pour s’adapter à la loi sur les partis”, diront les dirigeants. Un peu léger pour un parti qui bouillonne avec la montée de courants contestataires.


Un mystérieux communiqué (on peut lire, à la fin du texte, “signé par cent gendarmes”) qui se veut une “plainte” adressée au roi, a été diffusé à quelques organes de presse nationale. Les auteurs s’y plaignent de l’affairisme dont seraient victimes les GIGR (groupes d’intervention de la gendarmerie royale).
 
 
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