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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Hassan Nasrallah
(AFP)

Liban. Nasrallah pose ses conditions

Hassan Nasrallah sort de son silence. Neutralisé au Liban sud, le Hezbollah fait monter les enchères politiques en exigeant, sous la menace d’un recours à la rue, un cabinet d’union nationale ; une proposition rejetée par la majorité qui y voit la main de Damas. Dans un entretien de trois heures, mardi, à la chaîne Al-Manar, le chef du puissant parti chiite, Hassan Nasrallah, a menacé de recourir à des manifestations – certes pacifiques -si le dialogue prévu dès lundi sur la formation d’un gouvernement d’union nationale échouait. La réponse des dirigeants de la majorité anti-syrienne ne s’est pas fait attendre.
“Il n’est pas question de voir le retour de la Syrie au sein du gouvernement”, à travers le Hezbollah et ses alliés, a déclaré mercredi le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé. Même son de cloche chez le chef druze Walid Joumblatt. Selon lui, un cabinet d’union nationale renforcerait le Hezbollah et le courant du général chrétien, Michel Aoun, et conduirait à “la paralysie de la vie politique”.

Dans ce combat entre pro et anti-syriens, le Hezbollah veut sa part du gâteau : “Nous ne voulons pas faire de la figuration, nous faisons partie du gouvernement mais nous ne pesons pas dans les décisions”, a ajouté Nasrallah. Le chef du Hezbollah a dénoncé le pouvoir sous “tutelle israélo-américaine” qui cherche “à transformer la Finul en force d’occupation”, à l’instar de l’Irak ou de l’Afghanistan. Nasrallah a aussi souligné que les négociations sur un échange de prisonniers avec Israël étaient sur la bonne voie. Un émissaire onusien, dont l’identité est tenue secrète, sert d’intermédiaire.

Par ailleurs, la Maison Blanche a affirmé disposer de preuves de plus en plus nombreuses selon lesquelles la Syrie, l’Iran, le Hezbollah et leurs alliés libanais “préparent des plans” pour renverser le premier ministre, Fouad Siniora. “L’un des objectifs syriens est d’empêcher le gouvernement libanais actuel d’approuver le statut d’un tribunal international qui jugerait ceux qui sont impliqués dans l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri”, a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow. Wait and see.


Afrique du Sud. Botha n’est plus

Une page de l’histoire sud-africaine se tourne. L’ancien président, Pieter Willem Botha, qui a dirigé le pays pendant les années noires de répression du régime ségrégationniste de l’apartheid, est décédé mardi à l’âge de 90 ans dans sa résidence (Western Cape).
Botha a dirigé l’Afrique du Sud de 1978 à 1989, sur fond d’isolement international. Comme ministre de la Défense, puis premier ministre (1978-1984) et enfin comme président (1984-89), Botha a incarné la mainmise de l’appareil militaro-sécuritaire sur le régime sud-africain. Il représentait la force du régime raciste blanc, institutionnalisé à partir de 1948.
En 1989, des problèmes cardiaques l’ont obligé à passer le flambeau à Frédérik De Klerk qui a ouvert une ère de transition qui a abouti, en 1994, à la tenue des premières élections multiraciales de l’histoire du pays. Botha n’a jamais témoigné à la Commission vérité et réconciliation (TRC) au sujet des exactions commises sous l’apartheid.


Rapport. Un milliard d’affamés

C’était il y a dix ans déjà. Les chefs d’Etat de 180 pays, réunis au sommet mondial de l’alimentation à Dakar, se fixaient l’horizon 2015 pour réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées. Aujourd’hui, le constat est implacable : ce nombre demeure “obstinément élevé”, d’après un rapport accablant de la FAO. Vœu pieux ? En 2001-2003, on comptait encore 854 millions de personnes souffrant de la faim, dont 820 millions dans les pays développés, soit le même chiffre qu’en 1990. “Pourtant, le monde est plus riche qu’il ne l’était il y a dix ans, la nourriture est plus abondante”, et seule manque “la volonté politique de mobiliser ces ressources au profit des affamés”. Géographiquement, l’Asie de l’Est devrait atteindre cet objectif d’ici 2015. Et en Afrique, le Ghana et l’Ethiopie sont bien partis.


Srebrenica. “Les internationaux savaient”

L’interview de Carla Del Ponte parue dans Paris Match va faire du bruit. La procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) assure que “les internationaux savaient” que se préparaient les massacres de Srebrenica. Elle affirme qu’ “’ils en ont parlé et n’ont rien fait pour les empêcher (…) J’ai les noms de ceux qui ont participé à cette réunion”. Elle cite l’ex-vice-président américain Al Gore qui “était d’accord pour témoigner, mais n’y a pas été autorisé”. Le massacre en juillet 1995 de 8000 musulmans à Srebrenica a été qualifié de génocide par le TPIY. La procureure soupçonne par ailleurs le premier ministre serbe Kostunica et le médiateur américain, Richard Holbrooke, de connivence avec Mladic et Karadzic.


Italie. Berlusconi dans ses oeuvres

L’ancien chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, est renvoyé, avec son ex-avocat, le Britannique David Mills, devant la justice. Un magistrat milanais, Fabio Paparella, a retenu la charge de “corruption en matière d’actes judiciaires”.
Berlusconi est accusé d’avoir versé à Mills en 1997, via la Fininvest, 600 000 dollars, en échange de faux témoignages en sa faveur. Forza Italia, le parti de Berlusconi, a dénoncé un “coup bas politique” porté au moment où l’ancien chef du gouvernement a lancé une offensive contre Romano Prodi, en difficulté sur le budget 2007. Mills, 61 ans, a reconnu, lui, avoir perçu cet argent “à titre de reconnaissance” pour son travail...



Lu pour vous. [France]
Le prix de l’inaction

Pascal Aubert, La Tribune, le 31 octobre 2006

Combattre le réchauffement climatique coûtera cher, mais le prix de l’inaction sera encore plus élevé. Pour la première fois, un économiste s’est essayé à chiffrer le coût du réchauffement de la planète. Faute de mobilisation planétaire pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre dans les prochaines années, l’économie mondiale doit se préparer à encaisser un choc de l’ampleur de la crise des années 30 ou des deux guerres mondiales ! Parce que le chiffre avancé - 7000 milliards de dollars - fait frémir. On peut, comme certains Etats réfractaires à tout effort programmé de réduction des pollutions atmosphériques, considérer que le problème se résorbera tout seul. Mais autant croire aux miracles. Seul l’homme est en mesure d’inverser la mécanique autodestructrice qui résulte du développement anarchique et égoïste de ses activités. Et sans une bonne dose de volontarisme, la dégradation de l’atmosphère terrestre atteindra sous peu un caractère irréversible. Il en va de la responsabilité des dirigeants politiques et économiques, mais aussi des individus consommateurs que nous sommes tous, de laisser derrière nous une planète aussi viable que celle qu’on nous a léguée en héritage. Certains s’y emploient déjà ; d’autres pensent qu’ils ont le temps devant eux. Le mérite du travail de l’économiste qu’est Sir Nicholas Stern est d’essayer de leur faire comprendre que, plus ils attendront, plus le prix sera élevé.



Brésil. Lula rempile

Il aura fallu deux tours à Luiz Inacio Lula da Silva pour être réélu président du Brésil. Il l’a emporté au second tour avec 60,8 % des voix (le même score qu’en 2002) contre 39,2 % à son rival social-démocrate, Geraldo Alckmin. Au premier tour, il avait manqué de peu sa réélection, en totalisant 48,6 % des voix. On avait alors attribué ce ballottage inattendu aux affaires de corruption qui ont entaché le Parti des travailleurs (PT) de Lula. Lors de son premier mandat, le gouvernement Lula s’est attaché à stabiliser l’économie. Il a augmenté le SMIC de 25 % et distribué des bourses à 11 millions de familles, soit 44 millions de personnes.
Depuis, plusieurs ministres de Lula se sont relayés pour souligner que la création d’emplois par la relance de la croissance allait devenir la prochaine priorité du gouvernement. Il faudra aussi à l’ancien ouvrier métallurgiste renouer avec la classe moyenne, qui se croit délaissée.


VITE !

Le neveu du président égyptien assassiné Sadate, le député Talaat Sadate, a été condamné mardi à un an de prison par le tribunal militaire pour offense à l’armée ! Il est accusé d’avoir répandu de fausses rumeurs et insulté les forces armées.

 
 
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