Le ridicule tue deux fois
Dans son édito du n°245, M. Benchemsi a soulevé un sujet fort important. Nos responsables voulaient gérer laffaire des deux otages marocains en Irak comme lavait fait la France pour Florence Aubenas : avec un marketing politique fort et une implication populaire permettant une cohésion sociale autour de valeurs communes. Sauf quil y a un os : en France, la gestion de cette crise reposait aussi sur une diplomatie puissante, des services de renseignements performants et une puissance militaire et économique respectivement dissuasive et persuasive. Ce que, malheureusement, nos marketeurs semblent avoir oublié. Doù le ridicule et le tragique de la situation. Nos pauvres otages sont certainement morts à lheure actuelle. Mais ils ont été tués deux fois. La première par Zarqaoui et consorts, la seconde par la légèreté de nos responsables. Cest sur ces mêmes faiblesses, me semble-t-il, que M. Benchemsi a mis le doigt à plusieurs reprises. Cause toujours ?
Abdelkabir Kamal, Salé.
Concours de bêtise
Lintelligence a des limites, mais la bêtise n'en a pas, disait Claude Chabrol. Je reprends lexpression pour qualifier la remise d'un prix de 12 000 dollars à un représentant de la bêtise, dans ce qu'elle a de plus inquiétant et de plus vil. De plus, on laisse ce monsieur illustrer des livres pour enfants ! Que dire aussi d'un pays (lIran) qui se sert d'un concours pour prôner la barbarie et la récompenser ! On peut condamner les actions de certains Etats et c'est un devoir, mais nous sommes au 21ème siècle. De grâce, ce n'est pas en pratiquant la loi du talion qu'on apaisera les souffrances ou qu'on fera avancer les choses. En revanche, bravo au journaliste de TelQuel qui a écrit l'article.
Marie Roquemaurel, Tanger.
Petits règlements de comptes entre amis
Les officiers de Sa Majesté, le livre de lancien commandant Tobji, est un pétard mouillé. Au lieu de révélations chocs, on na eu droit quà des évidences truffées danecdotes. Je minterroge aussi sur les motivations de M. Tobji. Se refaire une virginité ? Il a beau jeu de se qualifier de soldat intègre. A-t-il oublié quil a été, lui aussi, lun de ces officiers de Sa Majesté qui ont bénéficié des largesses du système ? Voulait-il prendre ses distances avec ses anciens mentors ? Tobji devra en faire plus pour nous convaincre quil na accepté de servir Dlimi que sous la pression. Voulait-il, surtout, clouer Housni Benslimane au pilori ? Pourquoi pas, après tout Dailleurs, nest-ce pas ce dernier qui a brutalement mis un terme à son ascension au sein de larmée ? Mais en le présentant comme un comploteur machiavélique, manipulant le roi et son entourage, Tobji a franchi un pas quaucun analyste noserait franchir. Comment peut-on prendre au sérieux un homme qui affirme que le Polisario a été créé par le Maroc, avec laide de la Sécurité militaire algérienne ? M. Tobji aurait gagné en crédibilité sil avait commencé par faire son autocritique.