Raja - WAC. Derby à haut risque
Années de plomb. Tortionnaires en blouse blanche
Trafic de singes. Le magot des magots
Berghwata. Nos ancêtres les païens
Irak. La pendaison pour Saddam
SMS surtaxés. Souriez, on vous arnaque !
Saïd Naciri. Star sans système
Télévision. Agadir fait son show
N° 247
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine Culture

Rachid Taha

Album. Le retour du Diwan

“Écoute-moi ô Camarade / Laisse tomber cette fille…” Les mots de l’Algérien Mohamed Mazouni sont aussi les premiers de Diwan 2, le second disque, huit ans après, que Rachid Taha consacre aux classiques de la chanson arabe qui ont bercé son enfance, du côté d’Oran. Une dizaine de morceaux revus et corrigés à la sauce Taha, dont deux signés Dahmane El Harrachi, compositeur du fétiche “Ya Rayeh”. Avec la participation de l’Ensemble à cordes du Caire et des musiciens habituels du chanteur, Diwan 2, c’est d’abord un tube en ouverture (“Ecoute-moi camarade”), et surtout une orchestration de haut vol,
avec aux manettes le producteur Steve Hillage. Ney, qanoun, oud et même quelques notes de kora ou de gasbar oranais s’en donnent à cœur joie, fusionnant dans un tourbillon oriental qui ne conserve de ce rock arabisé, qui a fait l’empreinte de Rachid, que la rythmique et quelques (trop ?) rares incursions de guitare saturée. On sourit, aussi, au clin d’œil à la paternité douteuse du fils d’“Agatha”, morceau du musicien camerounais Francis Bebey, disparu en 2001… “Parce qu’un enfant / qu’il vienne du ciel ou de l’enfer / qu’il soit noir ou blanc ou jaune ou même rouge / C’est toujours un enfant”. Toujours en verve, Rachid Taha nous livre avec Diwan 2, prochainement distribué au Maroc par Platinium, une nouvelle preuve, s’il en fallait une, que ce n’est pas parce qu’on fait du rock qu’on a laissé tomber ses racines. À découvrir également, sur son site, un documentaire de 45 minutes sur son retour en Algérie, trente ans après.


Sortie. La fleur du mal

En voyaLe Dahlia Noir est l’adaptation du livre homonyme de James Ellroy qui, publié en 1987, propulsait illico presto l’auteur américain au panthéon du polar. Depuis des années, Ellroy attendait désespérément un réalisateur capable de traduire en images l’univers d’Elisabeth Short, alias le Dahlia Noir, cette starlette d’Hollywood retrouvée découpée en deux sur un terrain vague de Los Angeles, et devenue l’un des plus célèbres faits divers américains. Après le désistement de David Fincher (Seven), c’est Brian de Palma qui s’est attaqué au chef d’œuvre d’Ellroy.
Résultat ? Le réalisateur américain est presque le frère jumeau de James Ellroy. Il lui ressemble même un peu trop. Tout comme l’écrivain, qui distille par écrit ses obsessions intimes, le réalisateur revisite les siennes sans cesse, et Le Dahlia Noir n’a pas échappé à la moulinette cinéphilique, ni au fétichisme hollywoodien du cinéaste qui s’exprimait déjà dans Body Double. Ceux qui ont lu le livre seront bien évidemment déçus comme à chaque adaptation. Les amoureux de De Palma seront aux anges. De Palma y fait du De Palma.

Au Mégarama.



Cinéma. Wonderful news

Le monde est beau ! WWW-What a wonderful world, très attendu long-métrage de Faouzi Bensaïdi, sortira au Maroc (Casa, Rabat et Marrakech confirmés) le 13 décembre, en marge du Festival de Marrakech (1er au 9 décembre) où il concourra en compétition officielle. “C’est important lors de tels évènements médiatiques que l’on donne la possibilité aux gens de juger le film par eux-mêmes”. Le réalisateur de La Falaise et de Mille Mois, actuellement entre Tanger et Casa jusqu’au festival après lequel il repartira sur Paris pour la sortie française de WWW le 10 janvier, planche “en douceur” sur son prochain projet. Mais c’est encore un secret...


Presse. Gimme 5... Styles !

Du style, Rachid Santaki n’en manque pas : devenu successful entrepreneur made in “9-3” en fondant 5Styles, mensuel gratuit de culture urbaine distribué depuis 2003 à 50 000 exemplaires dans les FNAC de l’Hexagone, Rachid couve un spécial Maroc à distribuer dans les agences de voyage et lieux fréquentés par les MRE. L’idée ? Décliner le rubricage du mag à la sauce marocaine, avec, genre, Jamel Debbouze posant en couv’ avec un anonyme, et des pages où se croiseraient la chanteuse R’n’B Wallen et l’attaquant Chamakh, le cinéphile Noureddine Saïl, le master DJ Abdel et l’auréolé Hicham El Guerrouj, et why not un zoom sur la vague hip hop dial Maghrib. Certaines interviews sont en boîte, “et le montage financier devrait être facile”, en attendant moins de surbooking. Ce fils métis de Marrakech espère dégager quelque 20 000 DH pour aider une association du bled. Et après, un 5Styles au Maroc ? “Tout à fait envisageable”, laisse planer le Prix Espoirs de l’Economie. Alors on le croit !


Concerts. Lamielalala

Vous avez pu la découvrir accompagnant son oncle pianiste dans un hôtel de Marrakech. Ecouté sa voix haute et pêchue à l’Amstrong. Apprécié son métissage de force et de finesse à Jazzablanca. À 32 ans, Lamiela, ex-future informaticienne rbatia, qui rêvait de Fred Astaire et de cinéma, nous revient de Belgique pour chanter en trio de jazz à La Place rouge de Marrakech, chaque soir du 1er au 9 décembre pendant le Festival international du film. Celle qui avait tenté sans succès de sortir au Maroc un album R’n’B oriental avant l’heure se trouve à merveille dans la mémoire de la magnifique Joséphine Baker, qui aurait eu 100 ans cette année, via son opus Vous faites partie de moi et dont le titre “Terre sèche” porte la voix de la lutte antiracisme. En attendant, du 8 au 15 novembre, la belle jazzwoman glane au Maroc les rendez-vous nécessaires à son spectacle d’avril, “Hommage à Joséphine Baker”. Tout pour la grande dame !


Album. Primordial Primal Tapes

L’irrésistible ascension continue pour Lazywall. Cinq mois après leur venue au Boulevard, ce trio post-grunge, fusion métisse entre deux frères tangérois et un jeune British, sort son premier album en bonne et due forme. Trois titres seulement, mais trois titres qui valent le détour : Primal Tapes, c’est onze mois de concentration, l’hiver dans le froid de Chicago pour enregistrer chez le maître Steve Albini (après Nirvana, PJ Harvey…) et le printemps au chaud dans les studios Abbey Road de Londres pour mixer “Back to the cradle”, “Come undone”, “I erase you” et le très beau “CYBL”, saisissante reprise du grand Bob qu’il faudra attendre encore un peu. Trois ans après sa naissance, la coqueluche du rock alternatif UK vous invite à télécharger Primal Tapes sur leur website ainsi que sur CD Baby, ITunes et Napster. Foncez dans le mur !


Tournage. Voir Marrakech et mourir

Dans la ville ocre se poursuit le tournage du thriller US Dark Room, de l’inconnu Mark Heller. Un peu moins anonymes, ses acteurs blonds Stephen Dorff (Blade le film, World Trade Center) et Neil Jackson (Blade la série, Alexandre), rompus aux productions action-frisson, se fightent contre le poivre sel Khalid Benchegra (Le Regard, Les Yeux secs) qui devra faire de gros efforts pour dévoiler un charisme à la hauteur de Hollywood. Il y campe Hossef, ulcéré par l’amour que porte Luke, jeune touriste américain, à sa sœur Zahra, au point de tenter de l’éliminer ainsi que son ami Adam venu à la rescousse. “C’est un projet qui me tient à cœur, explique Neil Jackson sur son blog, parce que je l’ai moi-même écrit après avoir passé dix semaines au Maroc pour tourner Alexandre”. Prochaine étape, vallée de l’Ourika...


Art. Enchères et en or

Un petit caprice pour un
artiste ? Ils seront 54 à livrer leurs œuvres aux enchères, dimanche à la galerie Memoarts de Casa. Reliures anciennes, tentures travaillées, bijoux torturés, argenterie lourde, numismatique énigmatique, abstractions compliquées, portraits de vestales orientales et paysages sages seront à s’arracher à la force du porte-monnaie et au rythme des coups de marteau du commissaire-priseur. Pour les prix d’appel, ça vole de 1000 DH pour le livre Souvenirs du Maroc d’Henri de la Martinière à 400 000 DH pour une sculpture de Jilali Gharbaoui. Exposition des lots samedi de 15h à 19h et dimanche de 10h à midi.

Dimanche 11 novembre à 16h à la Galerie Memoarts,
51 rue Abdelkrim Diouri, Casa. Tél. 022 45 07 85 / 79
www.memoarts.com



Compil’. Rappeur deviendra grand

Derrière H-Kayne et Bigg, la relève pousse. Casa Crew et raptiviste.net ont uni leurs forces pour sortir de l’ombre des rappeurs peu médiatisés grâce à une compil’ de 15 titres, Chrou3a d’Rap (les gangsters du rap), enregistrée dans le studio de Casa Crew et téléchargeable sur le site de rap. Pas chauvin pour un sou, les Casa Crew ont invité des MC’s d’autres villes marocaines comme Bizz tourisque, le vétéran Coman, X-side, Massinissa… “Masta Flow de Casa Crew a produit et mixé la majorité des morceaux” souligne Youssef de raptiviste.net. Tous les participants à la compil’ seront en concert les 18 et 19 novembre au complexe Zaf Zaf à partir de 15h. Joyeux hold-up aux gangsters du rap.


Le livre.

Errer sur neuf cents pages et sans romantisme indécent dans les limbes spirituelles d’un officier nazi entre 1941 et 1944 : c’est le pari qu’a relevé l’écrivain new-yorkais Jonathan Littell, en remportant avec cette première œuvre un Goncourt 2006 que n’a pas attendu le succès public. Les Bienveillantes trace le destin terriblement réaliste de Max Aue, homosexuel, frère incestueux, dont le souci d’efficacité le muera en exterminateur de juifs aux bons soins de la machinerie hitlérienne. Entre puissance narrative et souci éthique, Littell réactualise la banalité du mal et universalise la question du bourreau, après le Vietnam, la décolonisation, l’Irak, et les corps d’Africains déchirés sur les barbelés frontaliers.

Jonathan Littell, Les Bienveillantes, Éd. Gallimard




Humeur.
Apocalypse now

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

On se croit toujours tolérant, ouvert à la culture des autres, à leur écoute même. On se surestime souvent dans les grandes largeurs. Heureusement, TF1 a ouvert les yeux aux mélomanes en fêtant, à Agadir, l’amour de son prochain. Elle a prouvé en grande pompe que la tolérance a un seuil qu’il ne faut pas franchir : l’oreille. En entrée, le Gandhi de la pampa, Florent Pagny, a tenu un discours super “engagé et rebelle” sur l’importance de respecter l’autre sur ce petit astre qu’est la Terre. Il peut, oui. En Patagonie où il vit, son plus proche voisin est à 2000 km. Le plat de résistance était du même tonneau : du Pascal Obispo et son coulis de Martin Luther King. Le chauve de ces dames est effectivement très ouvert au dialogue, mais plutôt avec les journalistes maison de TF1. Et cerise sur le gâteau, Faudel a débarqué sur scène avec son sourire pacifique. Le roitelet du raï aurait dû s’en tenir à ce qu’il fait de mieux : des risettes au public. Hélas, il discoura aussi. Ses amis penseurs (et chanteurs à l’occasion) avaient déjà épuisé tous les synonymes du mot “paix”, jusqu’à l’overdose. Alors, les rétifs à la variété française ont pété les plombs. Ils se sont mis subitement à détester les fleurs, les oiseaux, l’amour et la guimauve. Et se sont pris à rêver de ballets d’hélicoptères à l’aube sur du Wagner, de généraux fous fanas de surf, d’odeur de napalm dans la jungle. Du sang, de la sueur, des larmes, que de vilaines choses, mais sur une bande son digne de ce nom. Comme quoi, la musique n’adoucit pas toujours les mœurs...



Cinéma social club
à l’Attac ! Le cinéclub de l’asso à Rabat donne la parole aux femmes palestiniennes dans le documentaire Ana Kifah. En juin 2002, Souad Guennoun a suivi la mission de sept femmes marocaines parties soutenir leurs sœurs dans les camps de Beyrouth et d’Amman. Samedi 11 novembre à 17h au Goethe Institut Rabat.


Un click, cinq Spirit
Hoba Hobaaaa ! Le quintet le plus déjanté de Casa a retapé son site pour une navigation plus dynamique sur les vagues de la Hayha Music Division. Tout y est : actus du groupe, photos, vidéos, téléchargements fabor, paroles des chansons et tchatche spirituelle sur le Hobalog ! www.hobahobaspirit.com


Rap amazigh
Après des mois de préparation dans une chambre transformée en studio d’enregistrement, le premier album de Styl Souss, figure de proue du rap made in Agadir, est enfin prêt. Tiré à 1000 exemplaires, il est distribué dans la ville du sud, à Meknès et à Tanger grâce aux acolytes de Zanka Flow.

 
 
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