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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

La place casablancaise va
de record en record.
(AFP)

Bourse. L’année de tous les records

Et de sept pour la Bourse de Casablanca. Avec l’arrivée dans quelques jours de Fenié Brossette (les souscriptions sont ouvertes à partir du 16 novembre), la place de Casablanca améliore son record du nombre d’introductions réalisées en une seule année. Mais ce n’est pas le seul record battu cette année. Colorado a aussi réalisé un taux de sur-souscription exceptionnel. L’entreprise de Mao Berrada a reçu une demande de plus de 5 milliards de dirhams, soit 37 fois plus que l’offre qui, elle, ne dépassait pas les 300 millions de dirhams. L’indice général n’est pas en reste non plus. Sa performance depuis le début de l’année
a déjà dépassé les 54 %. C’est tout simplement du jamais vu sur la place casablancaise. Le record absolu reste néanmoins détenu par Addoha. La valeur introduite en juillet dernier a quasiment quadruplé sa valeur. Une envolée qui donne même des sueurs froides à certains brokers. “Les analystes les plus optimistes valorisent Addoha à 1200 DH, alors que son cours flirte avec les 2000 DH, à coups de rumeurs contradictoires”, explique un analyste. Le marché redoute d’ailleurs une chute brutale du titre, qui entraînerait dans son sillage l’ensemble des valeurs. L’indicateur qui ne trompe pas n’est autre que Maroc Telecom : la société cotée à Casa et Paris n’est valorisé qu’à raison de 16 fois ses résultats, alors que le multiple des bénéfices pour Addoha s’élève à 42. Faut-il craindre un record à la baisse ?


Aménagement. Emaar et les Américains sur la corniche

Il n’y a pas que le projet Bouregreg qui avance à grands pas à Rabat. Celui de l’aménagement de la corniche (dont les premiers coups de pioche ont été donnés en avril dernier) vient de franchir une nouvelle phase. Le groupe émirat Emaar a finalement choisi son partenaire pour l’appuyer dans ce projet nécessitant une enveloppe d’investissement de 27 milliards de dirhams. Il s’agit de l’Américain Turner Construction. Les deux géants de l’immobilier se connaissent bien : ils sont déjà associés dans le mégaprojet de Burj Dubaï, qui sera la tour la plus haute du monde. À Rabat aussi, le projet de développement est d’envergure. Baptisé Saphira, il s’étale sur 330 hectares et devrait regrouper neuf quartiers résidentiels de haut standing, des hôtels de luxe et des lieux de loisirs inédits, tels un opéra et une salle de concert. Les premières propriétaires sont annoncées pour 2008.


Privatisation. Dernière ligne droite pour la Comanav

La commission d’évaluation de la direction des privatisations devrait bientôt rendre son verdict au sujet du prix minimum de la Comanav, dont la privatisation tarde à venir. Un prix qui devrait être supérieur à 1,7 milliard de dirhams, comme fixé lors de la dernière évaluation de la compagnie maritime réalisée l’année dernière. Depuis un moment, la Comanav revient souvent dans les listes des sociétés privatisables sans que le processus n’aille jusqu’au bout. Petite bizarrerie : alors que la compagnie maritime risque d’être vendue en 2007, la Loi de Finances ne prévoit même pas la recette de sa cession. En effet, l’appel à manifestation d’intérêt lancé aux éventuels acquéreurs devrait être lancé dès le mois prochain.


Télécoms. Serrano sort de son silence

Le plutôt discret DG de Méditel, Inigo Serrano, confirme qu’il continue sur la lancée de ses prédécesseurs. En dressant le bilan de sa première année au Maroc, l’ex-directeur de développement de Telefoncica en Asie a dressé une lecture assez réaliste du marché marocain. Le quasi-monopole de l’opérateur historique sur le trafic international semble agacer au plus haut point le 2ème opérateur. Serrano annonce déjà qu’il va saisir l’ANRT pour ce (énième) litige avec Maroc Telecom. Le patron de Méditel dénonce aussi les redevances incohérentes imposées par l’Etat, qui prélève plus de 4 % du chiffre d’affaires (service universel, fonds de formation, etc). Le 3ème opérateur en prend aussi pour son grade. Pour Serrano, le nouveau concurrent aura des difficultés à s’installer, même si le prix de la licence a été nettement moins élevé que celui payé par Méditel. Il ne croit pas si bien dire : Maroc Connect n’a toujours pas avancé de date officielle pour sa sortie sur le marché.



Billet. Walaw Taret Maâza

Sa cartouche de Marlboro “Duty free” sous le bras, Mohamed prend place dans son siège 14 B et recompte ses euros. Pour cette ultime vérification avant le décollage, il sort même les deux billets dissimulés sous sa semelle. Mohamed n’a jamais douté de l’efficacité de ses chaussures qui, à coup sûr, éloigneraient le plus vénal des bergers allemands entraînés à renifler le fric. Mais Mohamed a toujours eu une peur bleue des douaniers qui, à chaque voyage, lui assènent : “Aândek devise ? Combien ?”. Ces deux questions l’ont toujours déstabilisé au point de lui faire oublier sa claustrophobie et son mal de l’air. Pourtant, il n’a rien d’un passeur. Il claque juste un peu plus que les 15 000 DH autorisés comme dotation touristique annuelle. Un plafond tellement bas qu’il permet, par on ne sait quel miracle monétaire, à quelques riches marocains de se payer un pied-à-terre à Paris ou d’ouvrir un compte bancaire à Genève. Mohammed n’en rêve même pas. Il souhaite seulement arriver à bon (aéro)port pour claquer ses deux sous. Surtout que cette fois-ci, il a réalisé des économies incroyables sur le prix du billet : Casa-Paris à 480 DH seulement. “C’est moins cher que Casa-Dakhla”, s’était-il écrié quand il a vu l’annonce. Il a été encore plus stupéfait quand il a constaté que même la respectueuse Royal Air Maroc propose des billets à 450 DH. “Yak ! Des années à nous imposer une taxe de sortie du territoire à travers des billets à 5000 DH et, aujourd’hui, elle propose 30 dirhams de moins que la concurrence !”, avait-il pensé. Mohamed, qui tient enfin sa revanche, reste donc résolu : il ne prendra pas un vol de la RAM. Walaw Taret Maâza.



OFF !

Le président de l’Ona semble bouder les conseils d’administration de la CGEM. N’ayant pas assisté au premier, tenu à Casablanca, Saâd Bendidi n’a pas fait non plus le déplacement à Meknès, pour assister à la messe de la confédération patronale qui, pour la première fois, se réunit dans la capitale ismaïlienne. C’est Moulay Hafid Elalamy qui a choisi la destination. Le patron des patrons aurait été séduit par le dynamisme du patronat meknassi, chez lequel il avait fait escale durant sa campagne.

 
 
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