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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“J’ai tout perdu en 60 jours”

Antécédents
Imad Kotbi
Animateur radio

1978. Naissance à Casablanca.
1996. Formation en DJing à Paris.
1997. Intègre Studio Ecole de France, école de radio encadrée par Michel Drucker.
1998. Intègre Radio FM.
2000. Crée Cadence Prod, puis Cadence Mag en 2002.
2006. Animateur de Ze Kotbi Show et directeur artistique de Casa FM (103,1).

Smyet Bak ?

Abdelkader Kotbi.

Smeyt Mok ?
Fatema Ghassani.

Nimirou d’la carte ?
BE 69, ça commence très fort, puis c’est 66 53.

Qu’est-ce qu’il y a écrit comme profession ?
Directeur artistique.

C’est plus sérieux que DJ, ça !
Au Maroc, oui. Le pire c’est quand je dis que je fais de la radio et que les gens me demandent : et sinon, vous faites quoi à côté ?

Vous êtes depuis juillet 2006 l’animateur de Ze Kotbi Show sur Casa FM. C’est un programme fun pour ados boutonneux ou juste un talk show décontracté ?
Un talk-show décontracté à prendre au sérieux. Il y a beaucoup de déconnade, beaucoup de vannes mais aussi beaucoup de messages qu’on arrive à faire passer de manière décalée et amusante. Au départ, l’émission était destinée aux 15 – 30 ans mais on s’est vite rendu compte que le programme touchait des gens de 50 ans et plus. Je crois qu’on ose quand même traiter de thématiques assez sensibles, à notre manière, à faire passer des messages à travers nos sélections de chansons. Hier par exemple, on parlait gouvernement sur fond de Dalida chantant “Paroles, paroles”.

Vous avez une réputation de perfectionniste, limite emmerdeur. Pourquoi acceptez-vous de faire un programme amateur ?
Je ne suis pas d’accord pour amateur. Il y a quand même un certain professionnalisme derrière. Une préparation d’au moins cinq heures par jour pour chaque émission. Il ne faut pas oublier qu’on est assez limité lorsqu’on évolue dans l’audiovisuel. On avance sur un terrain pas encore défriché et on se félicite déjà de frôler les lignes rouges de temps en temps.

Quand vos parents vous ont envoyé faire vos études à Paris, ils n’auraient pas aimé que vous fassiez Polytechnique plutôt qu’une école de DJ ?
Au départ, je jouais au Wydad, à l’école du club. Ça ne marchait pas vraiment côté études et ma mère voulait que je fasse sport études en France. Je suis donc parti et plutôt que de rejoindre un centre d’entraînement, j’ai intégré une école de DJing. Ma mère l’a assez bien pris, sauf quand je suis revenu avec les cheveux décolorés.

À 22 ans, vous avez lancé votre boîte de production, deux émissions radio, un magazine et une école pour DJ. Si rien de tout ça n’a marché, c’est la faute à la bureaucratie ?
Quand on n’ose rien, on n’a rien. Ce qui a tout cassé en fait, c’était le magazine et avant, la censure de mon émission radio parce qu’on avait passé une chanson qui s’appelait Madame Pipi. En 60 jours, j’ai tout perdu : mes deux émissions radio, mon magazine, mon boulot de DJ et ma fiancée. D’un coup, je me suis retrouvé à la case départ parce que mon émission a été taxée d’atteinte à la pudeur publique.

Ça vous fait quoi de voir un Zizi sévir au Matin du Sahara aujourd’hui ?
Ça me fait plaisir. Je me dis qu’il y a une vraie ouverture.

Vous avez longtemps mixé dans des clubs et des boîtes de nuit. Qu’y a-t-il de plus dégueulasse, dans ce métier ?
La drogue, la prostitution, la cigarette et l’alcool. Le seul truc positif, c’est la musique. J’aimais mon métier et c’est pour ça que j’ai tenu longtemps. C’est un plaisir de mixer et de voir les gens danser. On a l’impression de les manipuler du bout des doigts.

Sinon, c’est facile de travailler pour Kamal Lahlou ?
C’est un plaisir. On se sent en famille. Avec lui au moins, tu as carte “blanc… cassé”.

Des rumeurs disent que vous comptez bientôt faire des heures sup à la télé. Vous n’êtes pas assez bien payé là où vous êtes ?
C’est pour franchir le pas de la télévision. Il n’y a pas d’équivalent de Ze Kotbi Show à la télé. Nos auditeurs nous disent souvent qu’ils aimeraient nous voir et je crois qu’on pourra faire quelque chose d’assez honorable.

Vous n’avez pas peur de vous casser la gueule en moins de 60 jours, cette fois ?
Au moins, on aura tout essayé.

 
 
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