Corcas. Qui veut la tête de Khelli Henna ?
Étude. Les Marocains sexent mou
Ordre des médecins. Le coup de tonnerre du roi
Parcours. Le Rocky des banlieues
Code de la route. Ça va chauffer pour les chauffards
Mémoire. Le fabuleux destin du Père Jégo
France. Une fac islamique chez les Gaulois
Interview exclusive. "Priorité aux jeunes"
Izza Genini. Des racines et des ailes
Théâtre. Ferhati sur les traces de Shakespeare
N° 248
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine Culture

Ludivine Sagnier
(AFP)

Festival de Marrakech. ça va Sagnier !

Le rideau se lève sur la programmation du sixième FIFM, avec la projection de quelque 120 films en provenance d’une vingtaine de pays. Continuité, d’abord : c’est le dernier Scorsese, Les Infiltrés, qui ouvrira le bal, alors que le festival se terminera sur Mon meilleur ami, de Patrice Leconte. Confirmations, ensuite : Jamal Debbouze fait bien partie du jury, entouré, entre autres de Sandrine Bonnaire, Maria de Medeiros et Ludivine Sagnier, sous la présidence de Roman Polanski. Et le Maroc sera représenté, en compétition officielle, par Wake up Morocco de Narjiss Nejjar et What a wonderful world de Faouzi
Bensaïdi… Une compétition cosmopolite où l’on retrouve, entre autres, Emilio Estevez (pour Bobby, avec Martin Sheen) et des films venus du Canada, de Suisse, de Roumanie, d’Iran, de Malaisie, de Thaïlande et du Brésil.

Encore au programme, dix ans de Bollywood en 14 films, avec la thématique Taj Mahal et en guise d’ambassadeurs Kajol et Ajay Devgan, à qui l’on rendra hommage, comme à Susan Sarandon, à l’acteur casablancais Mohamed Majd, au réalisateur chinois Jia Zhang-ke et au réalisateur égyptien Tewfik Salah. Quant à la “Préférence italienne”, elle donnera à découvrir ou redécouvrir les classiques des Rosselini, Fellini, Pasolini, Antonioni, Visconti, Bertolucci et autres Sergio Leone ou Ettore Scola. La place Jamaâ El Fna accueillera quant à elle Indigènes et les trois Matrix, projetés bout-à-bout… T’as des invit’s ?


Sortie. Baston à Boston

Une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise, menée de main de maître par le parrain vieillissant Jack Costello. Chaque bord décide d’infiltrer l’ennemi en enfouissant une taupe, l’ambitieux Collin Sullivan chez les cops et Billy Castigan chez les mafiosi. S’en suit une cascade d’évènements, au cours desquels l’un comme l’autre risquera sa peau pour ne pas se faire démasquer. Jubilatoire ! Même avec ce casting en béton armé (DiCaprio en tête, Matt Damon et Jack Nicholson), le grand Scorsese aurait pu rater son tir. Que nenni ! Des acteurs ambigus à souhait, une intrigue ciselée dans le marbre, une bande-son entêtante, Les Infiltrés est digne de ses meilleurs (Aviator, Casino, Raging bull ou Taxi driver). Normal qu’il ait kidnappé la tête du box office américain dès son baptême en empochant 27 millions de dollars cash, best score pour Martin depuis ses débuts. Du grand art, pour grand public.

Au Mégarama, le 2 décembre.



Hip Hop. Uni’Sons monte le ton

Quelques mois après un article de TelQuel où Bigg exprimait sa déception après “l’arnaque” de la compil’ hip hop franco-marocaine Au-delà de J-Bralt-Art (impliquant Aminoffice, Masta Flow, Mafia C, Loubna, Fnaïre, Bigg et DJ Key), le label montpelliérain Uni’Sons conteste. “Nous avons tous les éléments comptables qui attestent de notre bonne foi”, clame son directeur Habib Dechraoui, rappelant que le projet a permis à de jeunes artistes marocains de se produire (gratuitement) à Timitar 2005 et en France pour certains. “Je parlais d’une arnaque implicite”, répond Bigg. “Il n’était pas question d’argent, mais des promesses n’ont pas été tenues. Une promo est sortie à la Fnac alors qu’on n’avait rien signé. Par contre, le vrai album n’a pas abouti. C’est une question de principe”. Problème de communication ?


Album. Khalal halal

Après les années VVF (ex-groupe hip hop de Sbata et révélation BJM 2003), Hamid, 24 ans, se prend la tête en solo avec Kayne Khalal, premier opus estampillé Moroccan Underground Federation “dédicacé à ceux qui veulent faire avancer le rap du bled du bon côté d’esprit”. En réponse à la banalisation de la provoc’ made in gangsta rap, Hamid avoue un petit penchant beldi au fil de ces 14 titres engagés soft “ce qui permettra sûrement d’introduire le hip hop dans des sphères jusque-là plutôt réticentes”, espère Hicham Abkari. Le flow est assez uniforme, les lyrics chouia brouillonnes et couvertes d’artifices électroworld passe-partout. Mais le tout est coloré, pêchu et bien enregistré aux bons soins du système D. À découvrir.


Cinéma. Aux portes de l’Europe

L’automne vous gâte : Tanger (du 21 au 30 novembre au Roxy), Rabat (du 23 novembre au 2 décembre au théâtre Med V), Casa (du 25 novembre au 4 décembre au Lynx), Safi (du 27 novembre au 6 décembre à l’Atlantide), Agadir (du 29 novembre au 8 décembre au Sahara), toutes vous réservent un cru de films au goût sûr précédés de courts sud méditerranéens. À 20h, courez voir Volver de Almodovar, Les Lumières du faubourg de Kaurismäki, Nuovomondo de Crialese, La Raison du plus faible de Belvaux, Un été à Berlin de Dresen, Le Fataliste de Botelho, Something like happiness de Slama, Le Vent se lève du palmé Loach, Sarajevo, mon amour de Zbanic et enfin Dans Paris de Honoré.

50 DH le pass, 10 DH la place.



Le livre.

Au départ, une “association d’écrivains mécontents”, rappelle Jean-Pierre Koffel qui réunit, en cette troisième année de découverte, de nouvelles plumes libres comme l’air “et pas le pur produit de la mission française”, au sein de cette collection réalisée avec l’APEC et le soutien de l’Ambassade de France. Voyage au cœur de la mémoire judéo-marocaine des années 30, résurrection de l’Education nationale pré-Indépendance, pornographie cabotine, chroniques urbaines “donnant la parole à ceux qui ne l’ont pas”… Que tout le monde laisse s’exprimer l’auteur qui est en lui, plaide Koffel, qui compte bien compter de jeunes pousses dans le sixième tome, attendu pour début 2007...

Côté Maroc, recueil de nouvelles, tome V ; Éditions Marsam.




Humeur.
Sexual healing

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

La pollution sonore arrive aux oreilles du couple depuis un bon quart d’heure. L’homme n’a pas eu besoin de se retourner pour savoir qui étaient les cinq clients du restaurant attablés derrière lui et sa copine. La teneur de leur conversation “choumichesque” lui avait suffi : “Le couscous se sert avec du thé en Tunisie… Oh, j’en ai mangé un excellent dans un riad de Marrakech…”. Il s’agit de touristes du 3ème âge, cinq hommes dans la dernière ligne droite avant le clap final qui, par la grâce d’un taux de change très favorable, de smicards en France, se retrouvent pourvus d’un revenu de cadre sup’ au Maroc. Cinq spécimens parmi les milliers de seniors qui viennent mourir sous le soleil d’Agadir. Victimes d’exotisme chronique, à l’instar des orientalistes du siècle dernier, ils s’enthousiasment tous pour les petits riens de notre quotidien. Sauf que les vieux ne peignent rien, eux. Ils font pire. Ils commentent la gastronomie marocaine, la qualité des parkings où ils garent leurs camping-cars. Et la beauté de nos “gazelles” comme ils aiment à définir les Maghrébines : “Toi, tu prends ton plaisir et tu les vires… Tu sais, certaines ont même de la conversation…”. “Le vieux en face me drague avec les yeux”, se plaint la “gazelle” attablée avec l’homme. Ce dernier se retourne et tombe nez à nez avec un sosie de Johnny Hallyday. Tout y est, la crinière blonde d’un lion de zoo, le cuir pas de son âge, le visage rafistolé comme une voiture volée. Conciliant, l’homme ne dit rien et accorde au mourant ce dernier plaisir des yeux. Puis, il se retourne en fredonnant “Time is on my side”...



Le clap de Klapisch
Casting de rêve pour Cédric Klapisch (L’Auberge espagnole) qui était en repérage vers Agadir, Tiznit et Mirleft. Il y tournera en décembre des scènes de Paris (de nouveau ensablé comme dans Peut-être ?) avec Juliette Binoche, Albert Dupontel, Fabrice Lucchini et sa gueule fétiche Romain Duris…


Hunger fighter
Aucun enfant ne devra souffrir de la faim en 2015. La division Fight Hunger du Programme alimentaire mondial lance un concours vidéo de jeunes réalisateurs pour faire passer le message via sa campagne Walk the World. Inscriptions sur www.fighthunger.org/contest jusqu’au 15 décembre. On compte sur vous !


Le caftan se couvre d’un fil
Zhor Raiss, grande styliste made in Morocco accueille le gratin artistico-médiatico-fashion du 24 au 26 novembre au Palais Mokri et au musée Batha de Fès. Objectif ? Découvrir “de fil en aiguille” l’impériale tenue côté labeur et coulisses, où se croisent et se recroisent les mâalems du tissu.

 
 
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