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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine Économie

Siège du groupe Addoha.
(AIC PRESS)

Immobilier. Jackpot pour Addoha

Et un autre coup d’éclat pour le groupe Addoha. L’entreprise d’Anas Sefrioui vient de s’adjuger un projet touristique à Rabat-Salé de 11 milliards de dirhams. Et c’est le souverain, en personne, qui a présidé la cérémonie de signature du mémorandum d’investissement. “Les projets touristiques ne doivent pas être réservés qu’aux seuls capitaux étrangers. Nos avons l’expertise nécessaire, puisque même si Addoha est réputée pour le logement social, Anas Sefrioui a déjà réalisé des projets de résidences touristiques comme Marina Blanca”, argumente Noureddine El Ayoubi, administrateur directeur général de la société. Et
à l’instar des groupes internationaux, Addoha a aussi profité des largesses de l’Etat. Les 450 hectares de la plage des Nations ont été vendus à 50 DH le mètre carré. “C’est le prix le plus élevé payé par les investisseurs qui ont décroché les sites balnéaires du plan Azur”, justifie l’administrateur d’Addoha. Le groupe a acquis dans la foulée 50 hectares sur le site de l’ancien zoo, pour 420 millions de dirhams. Un montant qui ne sera pas décaissé mais plutôt affecté à l’aménagement d’un nouveau parc zoologique par le groupe.

Cette opération astronomique a mis le marché boursier dans tous ses états. Déjà, la veille de la signature de la convention, le cours a flambé pour dépasser les 2000 DH l’action, pour un volume de plus d’un milliard de dirhams. L’entreprise sera même contrainte par l’autorité du marché, le CDVM, à publier un communiqué où elle se prononce sur la nature des tractations qu’elle mènerait avec les émiratis d’Emaar. La société nie toute éventualité de prise de participation directe d’un quelconque partenaire étranger ou national. “Anas Sefrioui n’a pas l’intention de vendre une seule action. En revanche, Addoha étudie diverses propositions avec différents partenaires pour réaliser des projets en commun, autour de nouvelles structures où chacun apporterait une contribution”, explique El Ayoubi. Voilà qui a le mérite d’être clair.


Informel. Enfin du concret !

c’est quasiment le gouvernement au complet qui a fait le déplacement pour la grand-messe où étaient réunis quelque 3000 travailleurs indépendants, commerçants et artisans, venus des quatre coins du pays. Ces représentants d’une population estimée à 3 millions de personnes, qui a toujours évolué dans l’informel, ont eu finalement droit à des mesures concrètes. Trois produits phares ont été proposés : l’accès au financement bancaire, la couverture médicale et le logement. Pour le financement bancaire, des solutions de micro-crédit et des crédits bancaires jusqu’à 200 000 DH sont proposés. Côté couverture médicale obligatoire, les formules proposées s’adaptent à toutes les bourses. Enfin, concernant le logement, l’expérience du Fogarim fonctionne plutôt bien. Plus de 11 000 appartements ont été vendus depuis le lancement du programme, qui profite surtout aux petits commerçants et aux artisans.


Eau. Lydec fait marche arrière

Les consommateurs ont fini par gagner la guerre de l’eau. Le concessionnaire Lydec a en effet accepté de consentir une baisse des tarifs pratiqués, notamment sur les tranches inférieures. Une baisse pour laquelle le Conseil de la ville a dû mettre toute sa pression, en critiquant le bilan des dix années de gestion déléguée de la filiale casablancaise de la Lyonnaise des Eaux. De plus, cette révision des prix ne serait qu’une des premières mesures qui devraient toucher l’ensemble du contrat passé avec la Lydec. Pour les clients toutefois, cela reste une grande nouvelle. Les Rbatis s’y mettent aussi : le mouvement pour contrecarrer l’augmentation des tarifs d’eau et d’électricité nouvellement appliqués par la REDAL a décidé de durcir son action d’un cran.


Résultats. Maroc Telecom cartonne

Un troisième trimestre à l’image des deux premiers pour Maroc Telecom. Les indicateurs financiers continuent leur envolée. Le résultat d’exploitation ressort à 7,6 milliards de dirhams, à fin septembre, soit 18% de mieux que l’année dernière. Le chiffre d’affaires dépasse, de son côté, les 17 milliards de dirhams. Derrière ces performances, une tenue exceptionnelle du pôle mobile, qui compense largement la stagnation de l’activité du fixe. Sur le marché boursier, le titre continue de séduire. Il traite actuellement aux alentours de 130 DH et les analystes s’attendent à le voir frôler les 160 dirhams. Pourtant, l’Etat, qui envisage de céder 4% du capital de l’opérateur historique, n’évalue le titre qu’aux alentours de 110 DH. Mais la bonne nouvelle est ailleurs : l’opérateur devrait bientôt mettre sur le marché une offre ADSL de deuxième génération.



Billet. Inauguration

Pour rattraper son train, Hicham exécute une parade digne de ces harraga mexicains qui s’agrippent aux trains en direction de la frontière américaine. En jeune cadre “navettiste”, il s’installe à la première place inoccupée, avant d’ouvrir son journal. Et là, stupeur ! Il découvre que l’inauguration officielle du siège de Maroclear, où il travaille depuis plusieurs mois, est annoncée pour cette semaine. “Chnou zaâma ? Je me tape chaque jour 50 mn de train et 37 mn de taxi, pour me rendre à un bureau clandestin ?”, s’interroge-t-il. Mais en accro de la RTM, Hicham se console à l’idée de voir sa patronne, Fathia Bennis, attirer les caméras avec un brillantissime coup de ciseaux dans le ruban rouge et vert. Néanmoins, quand on lui apprend l’ouverture, dans ce siège, d’un musée des valeurs mobilières, des questions fusent dans sa tête. “Un musée pour quelle collection ? Une cinquantaine de titres de capital ou d’obligations, jaunis suite à une longue hibernation au fond des tiroirs. Et puis, sont-ils vraiment vieux, ces titres ? Ils sont même plus récents que les pièces d’or Napoléon qui s’échangent toujours à Casablanca. Les pros du marché, dont Mme Bennis, qui était DG de la Bourse, ne savent-ils pas que notre Bourse n’a pas encore perdu ses dents de lait ? Pourquoi donc lui inventer une Histoire ? Pour le luxe d’une cérémonie, en présence du prince et des ministres ?”.
Le sifflement du train tire Hicham de ses pensées. Il sourit à la vue d’une horde de gamins s’amusant à faire des courbettes au passage du train. Une petite mise en bouche protocolaire...



Open Sky. Réciprocité ou sens unique ?

La signature de l’accord de l’Open Sky entre le Maroc et l’Union Européenne vient d’être reportée. Censée intervenir mi-novembre, elle a été repoussée à la fin du mois. Un décalage qui, selon certaines sources, serait dû au mécontentement des compagnies locales. L’Open Sky ne serait ainsi qu’à sens unique, bien que le Commissaire européen aux transports, Jacques Barrot, insiste sur une “ouverture réciproque des marchés” entre les deux partenaires, avant d’ajouter que “l’UE devra bientôt se prononcer sur la question de l’extension des réseaux transeuropéens de transport aux pays voisins”. Les compagnies marocaines redoutent les différents blocages pour accéder aux aéroports internationaux. Les déboires de Jet4You avec les autorités belges au sujet de son vol Charleroi-Liège-Casablanca, en sont un exemple récent. Le ministre des transports, Karim Ghellab, assure, de son côté, qu’une signature interviendra avant la fin du mois.

 
 
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