Corcas. Qui veut la tête de Khelli Henna ?
Étude. Les Marocains sexent mou
Ordre des médecins. Le coup de tonnerre du roi
Parcours. Le Rocky des banlieues
Code de la route. Ça va chauffer pour les chauffards
Mémoire. Le fabuleux destin du Père Jégo
France. Une fac islamique chez les Gaulois
Interview exclusive. "Priorité aux jeunes"
Izza Genini. Des racines et des ailes
Théâtre. Ferhati sur les traces de Shakespeare
N° 248
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Enterrement de Zakaria
Miloudi, décédé en prison.
(AFP)

Miloudi. La mort d’un fou de Dieu

Alors qu’il rêvait de mourir en martyr, Zakaria Miloudi a été terrassé par une crise d’asthme aiguë mardi dernier à la prison centrale de Kénitra. Pour une fois, c’est la Direction de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion, relevant du ministère de la Justice, qui s’est empressée de rendre publique l’information. “Ils sont pressés de se justifier parce qu’ils ont froidement laissé mourir Miloudi”, s’indigne un de ses compagnons de cellule, selon les propos rapportés par la famille de ce détenu. Selon la version officielle, “Zakaria Miloudi a été victime, mardi aux environs de 01h45, d'une crise aiguë d'asthme
et a du être transféré au service des urgences de l'hôpital Idrissi de Kénitra où il est mort vers 02 h 05 mn”. Ce qui n’a pas empêché le procureur du roi près la Cour d'appel de Kénitra de charger trois médecins d'effectuer une autopsie, et la police judiciaire de Kénitra de diligenter une enquête pour déterminer les circonstances du décès. Personnage emblématique de la mouvance salafiste, Zakaria Miloudi avait été condamné par la Cour d'appel de Casablanca à la prison à perpétuité pour association de malfaiteurs (Assirat Al Moustakim et Salafiya Jihadiya) et atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat, au lendemain des attentats du 16 mai. Mais ce qui distingue le chef d’Assirat Al Moustakim, c’est qu’il avait ordonné la lapidation publique, le 24 février 2002, d’un homme à Douar Skouila à Sidi Moumen, à Casablanca.
Miloudi était un disciple des Mohamed Fizazi, Omar Haddouchi et autres Abdelkrim Chadili.


Police. Laânigri dans le collimateur

Une commission composée de plusieurs responsables financiers, administratifs, en plus d’une équipe des renseignements généraux, planche sur un rapport qui devra être présenté au roi avant la fin de l’année en cours. Il s’agit d’une évaluation précise du fonctionnement de la DGSN sous le commandement du général Hamidou Laânigri. Alors que l’on parle d’un audit qui ne concernerait pas uniquement le volet financier, du côté de l’actuelle direction de la Sûreté nationale on minimise une initiative considérée comme banale, et qui marque l’arrivée de tout nouveau responsable à la tête d’une administration. Vraiment ?


Fatwas. La riposte des oulémas

Le Conseil des oulémas n’a toujours pas digéré la fatwa d’Al Qaradaoui, autorisant les Marocains à contracter des crédits bancaires avec intérêts pour acquérir un logement. Du coup, notre congrégation de théologiens prépare la riposte, qui prendra la forme… d’une fatwa similaire ! Mieux encore, nos oulémas, ulcérés par l’ingérence d’un âalem étranger dans leur affaires, s’armeront des compétences de spécialistes tout aussi étrangers, dont un savant ghanéen résidant en Malaisie. Le match des fatwas, opposant Al Qaradaoui à notre Conseil des oulémas, aura donc lieu avant la fin de l’année, date à laquelle ce dernier émettra la sienne. Et que le meilleur gagne !


AMDH. Les droits de l’homme à l’école

L’AMDH s’attaque à l’apprentissage des droits de l’homme dans les lycées. Du 12 au 15 novembre, ses cadres ont rassemblé 106 élèves à Casablanca, pour les initier aux principes universels. Cette action, initiée en collaboration avec l’Académie de Casablanca, fait partie du programme Prométhée (dieu du savoir), déjà entamé à Rabat l’été dernier. Les élèves, garçons et filles en proportions égales, provenant d’une dizaine de villes (Mohammedia, Settat, Khouribga, Oued Zem…), ont auparavant passé plusieurs entretiens préliminaires. Une première étape, avant de généraliser. Prométhée à tous les lycées du royaume. Croisons les doigts.


Internet. La censure continue

La censure de sites Internet jugés hostiles aux intérêts du Maroc se banalise. Après les sites de soutien au Polisario, c’est autour de certains serveurs gratuits d’être bloqués partiellement ou totalement. Dernier en date : le nom de domaine “blogspot.com”, qui héberge plusieurs blogs marocains … et un blog sahraoui particulièrement virulent à l’encontre du royaume. La censure continue également de frapper le logiciel de repérage géographique Google Earth. Ce que risque le Maroc ? Absolument rien, si ce n’est de perdre des points (précieux) sur le classement des pays respectant la liberté d’expression.


Cheikh Yassine. Un voisin bien encombrant

Le Cheikh Yassine a changé de résidence. Le chef d’Al Adl Wal Ihsane a troqué sa vieille villa de Hay Salam à Salé contre une belle propriété située dans le quartier résidentiel du Souissi à Rabat, à proximité de la mosquée Al Outeiba où tout le gotha politico militaire accomplit la prière du vendredi. Ce changement d’adresse a profondément irrité les agents spéciaux qui s’occupaient de surveiller ses allées et venues et qui sont désemparés de voir le gourou des adlistes, s’installer à proximité des ambassades… et des bâtiments de la DGED (renseignements extérieurs). Yassine, qui aura désormais les généraux et autres ministres comme voisins immédiats, aurait-il l’intention de ramener sur le droit chemin les brebis égarées de l’élite financière et politique ?



Billet. Truand et croyant

Driss Ksikes
d.ksikes@telquel.info

En lisant le très entreprenant quotidien Al Massae, j’ai été particulièrement marqué par le ton, la manière et l’esprit avec lesquels l’enquête sur Bin Louidane a été menée. Vous y trouvez pêle-mêle la photo de son père les larmes aux yeux, les propos de sa mère effondrée, le récit de ses voisins qui témoignent de sa bonne foi, puis les ex-bénéficiaires de ses largesses intercédant auprès des saints de la ville pour que Dieu sauve le “cherif des barons”. Et puis, cerise sur le gâteau, vous lirez des témoignages assurant le lecteur que Bin Louidane n’est pas ce qu’on pense, qu’il prie Dieu et qu’il n’a rien du Satan qu’on pourrait croire.
Je caricature à peine. Mais ce scoop journalistique, méritoire par ailleurs, me pose des problèmes éthiques. Le premier, d’ordre général, concerne le présupposé latent du texte, à savoir que le fait d’être un croyant, pratiquant qui plus est, pourrait absoudre le baron de ses péchés. Comme si un croyant ne pouvait pas être aussi un truand. Et si Bin Louidane était les deux à la fois ? Il ne ferait que confirmer le caractère insaisissable des Marocains. Justement, qu’est-ce qui prouve formellement que Bin Louidane est le truand qu’on pense ? Rien de concret (ou du moins de public) pour le moment. Cela plaide en faveur du travail effectué par Al Massae, à savoir enquêter sur qui est ce bonhomme que tout le monde accable sans preuves tangibles. Mais c’est l’orientation de l’enquête qui m’interpelle. Pourquoi chercher davantage ce qui le disculpe ? Pourquoi ne pas remonter (aussi) la filière pour démasquer ses liens non avoués ? Pour ne pas faire le travail de la justice ? La raison est recevable. Mais le fait de brouiller la perception du public, quant à l’identité d’un “présumé innocent ou coupable”, n’est pas acceptable. Dur, dur d’informer sur un homme diabolisé. Mais pas besoin de chercher à le blanchir ou à l’anoblir. Parce qu’il ne faut pas l’oublier, être croyant n’excuse rien.



Aminatou Haidar. Retour sans projecteurs

c’est en toute discrétion que Aminatou Haidar a fini par rentrer au Maroc après six mois passés à sillonner le monde. Des sympathisants s’activaient pour faire de ce retour un événement mobilisateur au même titre que sa libération en 2005. Au final, à son arrivée à l’aéroport de Laayoune, l’icône sahraouie de l’indépendantisme a été seulement accueillie par quelques membres de sa famille (après avoir été entendue par la police une vingtaine de minutes). Des sources avancent, sans que l’information ait été confirmée, que la tiédeur de l’accueil serait due au fait que “la compagnie aérienne qui a transporté Aminatou Haidar aurait refusé d’embarquer le bouclier humain qui souhaitait l’accompagner”. Comprenne qui pourra...


Carrières centrales. Énième incendie

Les mythiques Carrières centrales n’en finissent pas de brûler. Après les incendies de 1999, 2001, 2003, 2005… celui de 2006. Survenu lundi dernier au Karian Kabla, il a laissé sur le carreau 112 familles, qui ont vu leurs baraques partir en fumée. Le Karian Kabla, ultime poche du célèbre bidonville, doit laisser place à de futurs logements sociaux construits par le groupe Addoha. Ce qui n’a pas manqué d’exacerber les rumeurs d’incendie criminel qui accompagnent, soit dit en passant, tous les feux qui ont frappé les Carrières centrales depuis leur naissance. Les 112 familles, qui ont réclamer des briques et du ciment pour reconstruire en dur, se sont vues opposer une fin de non recevoir de la part des autorités. Du dur, une vingtaine des 112 familles sinistrées auraient dû en avoir depuis longtemps. En 1982, elles avaient payé 20 000 DH chacune un futur appartement dans le projet de logements sociaux Hassan II. Ils n’ont en jamais vu les murs. Les malversations qui ont jalonné tout le projet, impliquant deux anciens élus locaux, Abderrazak Afilal et Lahcen Hairouf, sont jugées à l’heure actuelle...


Grand prix de la presse. Y a pas photo

Les lauréats de la 4ème édition du Grand prix de la presse sont désormais connus. Selma Mhaoud remporte le prix de la télévision pour son excellent reportage sur la pédophilie au Maroc. Fayçal Faqihi (L’Economiste) remporte le Grand prix de la presse écrite pour un reportage-enquête dans la région de l’Oriental, tandis que les prix de la radio et de l’agence ont été décernés à des confrères de la Radio marocaine et de la MAP. Le jury a suspendu le prix de la meilleure photo cette année et a rendu hommage à deux grands noms de la presse nationale : Mohamed Brini directeur d’Al Ahdath Al Maghribia et le défunt Aboubakr Seddik Charif, correspondant soudanais de plusieurs titres au Maroc.


Collectif. Boycottez l’Oncle Sam !

Une pétition circule sur le Net pour appeler au boycott des activités officielles ou privées organisées par l’ambassade des Etats-Unis au Maroc et par tous les services qui lui sont rattachés. C’est un collectif de six ONG, dont l’UEM (Union des écrivains du Maroc), l’AMDH et le SNPM (Syndicat de la presse), qui est derrière cette initiative. Les pétitionnaires reprochent aux Américains leur politique internationale qualifiée d’“impérialiste”. “Nous appelons au boycott des invitations semi-officielles que les Américains adressent aux élites marocaines pour leur vendre, sur place, l’image des Etats-Unis”, nous explique ce membre du comité de coordination qui ajoute que “deux syndicalistes viennent de refuser de se rendre aux Etats-Unis pour ces mêmes raisons”.


Istiqlal. L’algèbre selon Abbas

Sauf surprise, l’Istiqlal ne tiendra pas son prochain congrès avant les élections 2007, ce qui devrait exaucer les vœux de Abbas El Fassi. Le secrétaire général du parti défend, en effet, depuis plusieurs mois, l’idée d’un report. Ses adversaires, nombreux à l’Istiqlal, ne sont pas dupes : “El Fassi veut jouer toutes ses cartes pour devenir premier ministre avant de lâcher, éventuellement, le secrétariat général du parti”, nous explique l’un d’eux. Les calculs de Abbas sont bons et, si le report du congrès se confirme, l’actuel ministre sans portefeuille sera au moins sûr de compter plus de partisans que d’adversaires dans son propre parti. C’est déjà ça.



3 questions à Ahmed Boulane (Cinéaste)

Vous avez tourné un film (Les Anges de Satan) sur le procès des 14 musiciens en 2003. Cela ne risque-t-il pas de ramener le débat sur le “satanisme” qui sévit prétendument au Maroc ?
Pourquoi pas ? Tant mieux si le débat est réouvert. Le Maroc est un pays comme les autres, soumis à toutes les influences. Et il recycle les modes à sa manière, en détournant, en déformant. On a tout vécu, mais à la marocaine. Il y a bien eu débat sur les hippies au Maroc, alors pourquoi ne devrait-il pas y en avoir un sur le satanisme ?

Est-il vrai que vous avez remonté votre film pour mieux coller à la réalité des faits ?
C’est faux. J’ai juste organisé une preview, un visionnage entre amis, au bout duquel j’ai décidé de couper certaines longueurs. C’est quelque chose de normal. J’assume mon film et je rappelle que je l’ai fait en me basant sur les écrits qui avaient accompagné le procès des musiciens à l’époque.

Un début de polémique semble vous opposer à certaines des vraies victimes du procès. Qu’en est-il ?
Ces gens n’ont pas vu mon film pour le juger (ndlr : le film sera en salles début 2007). Et si une personne trouve déjà le moyen d’être mécontente, je peux la confronter à d’autres personnes qui ont été mêlées au procès et qui, elles, sont très contentes du film ! Chacun est libre de penser ce qu’il veut. Moi, je me contente de faire mon métier : filmer et de raconter des histoires.


Redal. Les manifestants dérapent

La police est intervenue en force pour disperser un sit-in contre la hausse des factures d’eau et d’électricité, dimanche à Rabat. Un manifestant, atteint d’un malaise cardiaque, a été transporté d’urgence à l’hôpital. Cette manifestation, qui a rassemblée près de 1200 personnes devant la délégation de la Rédal, a connu d’étonnants dérapages verbaux de la part des manifestants. La foule a ainsi scandé, d’après plusieurs témoignages, des slogans hostiles à la présence d’entreprises étrangères au Maroc. Exemple ahurissant : “Redal, quitte le Maroc, il ne t’appartient pas !”. Voilà qui cadre très mal avec une cause à l’origine légitime : protester contre la hausse des prix.


Maroc-Algérie. Electro-surveillance aux frontières

Un projet de surveillance électronique des frontières maroco-algériennes serait en cours d’élaboration si l’on en croit le quotidien algérien L’Expression. Le journal précise que “cette surveillance sera basée sur un ensemble de capteurs permettant la transmission des données en temps réel aux commandements mobiles devant intervenir pour traquer d’éventuels suspects”. Des sources policières marocaines à Oujda ont par ailleurs confirmé des déplacements fréquents de gradés militaires algériens sur la frontière entre les deux pays. Il pourrait s’agir d’opérations de reconnaissance du terrain pour cet objectif.


Laâyoune. Le petit “Lord of war”

La police a arrêté un caporal des forces auxiliaires à Lâayoune, ainsi qu’un Mauritanien, le 9 novembre, pour “trafic d’armes à feu”, à partir de la Mauritanie. Selon une source policière locale, c’est au poste de Bir Guendouz qu’avait été interpellé le ressortissant mauritanien qui avait acheminé deux fusils et 30 cartouches à Lâayoune. Achetés au marché dit “Capitaine” à Nouakchott, les armes à feu avaient été introduites au Maroc, dans une cachette aménagée dans le toit d’un fourgon immatriculé en Mauritanie. Une enquête a été ouverte à Laâyoune pour déterminer l’ampleur et les dessous de ce trafic.


Raja-WAC. Jesus superstar

Le derby Raja-WAC, joué le week-end dernier à Rabat, a connu un échange inédit entre les ultras des deux clubs. Au cœur des débats, le joueur vénézuélien Jesus Gomez, qui évolue au Raja. Parmi la multitude de slogans, deux formules imaginées par les supporteurs du WAC : “La blonde et les 10 clochards” et “Vous avez Jesus, nous avons Allah”. Si leurs équipes ne sont pas toujours inspirées, les supporters casablancais ne manquent pas d’imagination..


Rumeur. Deux Stati pour le prix d’un

“Stati a été kidnappé et violenté avant d’être libéré”. La rumeur qui circule largement depuis une dizaine de jours n’est pas tout à fait vraie. Ni tout à fait fausse non plus ! En fait, il ne s’agit pas de la star (aux six doigts) du chaâbi, Abdelaziz Stati, roi de la “kamanja”, mais d’un autre Stati, lui aussi chanteur de chaâbi. En attendant que l’enquête apporte des éclaircissements sur le mystérieux enlèvement du deuxième Stati, d’autres rumeurs ont pris le dessus dans nos rues : “C’est Abdelaziz (le vrai Stati) qui aurait commandité l’enlèvement pour se débarrasser de son rival (…) C’est le deuxième Stati qui a tout inventé pour faire sa pub”. Bref, une nouvelle raison d’interdire le clonage humain.


Mosquée Hassan II. Faut (encore) du fric !

La mosquée Hassan II cherche désespérément des financements pour venir à bout des contraintes liées à la gestion du monument. Ainsi, l’Agence urbaine de Casablanca, qui est en charge de ce dossier, s’apprête à lancer un appel d'offres pour la mise en concession de la gestion des bains turcs et autres hammams dépendant de la mosquée. Toutes ces dépendances ainsi que les bâtiments qui devaient servir de musée et de bibliothèque ne sont toujours pas exploités. Pourtant, selon les plans réalisés par l’architecte français Michel Pinseau, la bibliothèque comme le musée (qui comporte, outre les salles d’exposition, un auditorium, des salles de stockage, ainsi que plusieurs salles de réunion) devaient être fonctionnels avec l’ouverture de la mosquée. En 1994...


PJD vs RAM. Ramid plane grave

Les députés du PJD sont toujours en guerre contre la direction de la RAM. C’est notamment le cas de Mustapha Ramid dont les mots, mercredi dernier au Parlement, ressemblaient plus à ceux d’un prédicateur que d’un homme politique. Extraits : “Lui (Driss Benhima, le DG de la RAM) a été éduqué dans une école laïque alors que nous sommes dans un pays musulman (…) Si on ferme les lieux de culte, pourquoi ne pas fermer aussi les lieux de commodité ?”. Driss Benhima, dans une déclaration à la presse quotidienne, a répondu : “la RAM opère comme toutes les administrations où le travail ne s’arrête que pour la grande prière du vendredi (…). Je vois donc mal un agent de comptoir interrompre l’enregistrement d’un vol pour accomplir ses prières quotidiennes ou un mécanicien retarder un entretien pour les mêmes raisons”.


Omar Louzi. Cinoche & politique

Le festival international du film sur les droits de l’homme, annoncé cette semaine à Rabat, sera finalement reporté à mars 2007. L’initiateur du projet, Omar Louzi, met ce report sur le compte “des ministères (Justice, Culture) qui n’ont pas tenu leurs engagements de financer une partie du budget”. Louzi, qui compte présenter 40 films pour la manifestation, affirme “chercher des fonds étrangers, notamment d’associations européennes pour organiser le festival”. Pour l’anecdote, Louzi est aussi à la tête d’un parti politique (Izgawen, écolo en berbère) dont le premier congrès est prévu… pour avril 2007, soit un mois à peine après le festival. Etonnant.


Piratage. La justice à l’abordage

La première sanction est tombée dans l’affaire des 500 000 CD pirates saisis à Rabat le mois dernier. L’un des prévenus a été condamné à trois mois de prison ferme, une amende de 5000 DH et 20 000 DH de dommages et intérêts au profit de la partie civile : le Centre cinématographique marocain (CCM), le Bureau marocain des droits d’auteur (BMDA) et la Chambre des distributeurs et éditeurs de films vidéo. “Il est trop tôt pour juger du laxisme ou de la sévérité de cette première condamnation”, a déclaré Sarim Fassi Fihri, président de la Chambre des distributeurs de films, partie civile via le CCM. Les plaignants attendaient le jugement des autres prévenus qui avait lieu à l’heure où nous mettions sous presse. à suivre...



Humeur. Casa ma ville

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Le football est la première machine politico-culturelle de ce pays. Après les discours royaux, je le concède. Mais bien avant les grands rendez-vous politiques et les grandes tables rondes qui rythment l’année. La preuve par le derby Raja-WAC. Le match s’est joué à Rabat. Des supporters des deux clubs casablancais ont saccagé les voitures de paisibles citoyens de la capitale, créé un certain désordre dans le train navette Rabat-Casa, sur l’autoroute, etc. Et vous savez quelle a été la réaction des gens de ma rue, à Casablanca ? “Bien fait pour les Rbatis !”. En déplaçant le derby casablancais à Rabat, nos génies de la programmation ont réactivé une formidable bataille politico-culturelle qui oppose les deux principales villes du royaume. Depuis dimanche dernier, les Casablancais sont encore plus des “sauvages” aux yeux des Rbatis, et les Rbatis des “poules mouillées” aux yeux des Casablancais. Ces étiquettes ne collent pas seulement au dos des supporters de football, elles grimpent jusqu’aux élites du pays. Les “sauvages” et les “poules mouillées” sont de belles formules que nos intellectuels, nos hommes politiques, nos patrons d’entreprises s’envoient à la tête. Sans oublier, bien entendu, les innombrables analystes qui peuplent les terrasses de café. J’ai surpris, par exemple, ce bout de conversation animée par un supporter wydadi, au café du coin : “Je suis heureux d’avoir vaincu les Rajaouis et brisé les Rbatis, c’est le plus beau jour de ma vie !”. Et cette brève réplique d’un rajaoui : “La défaite a été moins amère, du moment que j’ai pris ma revanche en insultant un Rbati !”. Un ami a trouvé même le moyen de m’appeler, de Rabat, pour me sermonner, moi qui ne supporte ni le Wydad ni le Raja : “Vous êtes contents d’avoir saccagé Rabat ?”. Je ne suis même pas sûr qu’il plaisantait !



VITES !

Le président d’Al Jazeera et son directeur général ont été en déplacement au Maroc le week-end dernier pour le lancement du premier journal télévisé 100% maghrébin de la chaîne qatarie. Un JT qui couvre l’actualité quotidienne du Maghreb et du Maroc, préparé et diffusé à partir de nos contrées. Nos deux chaînes nationales n’ont qu’à bien se tenir.


Le Marocain Mounir El Motassadek a été inculpé jeudi par la justice allemande pour complicité de meurtre dans les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Une accusation dont il avait été auparavant blanchi, en août 2005, par cette même justice allemande. Il risque désormais une peine de 15 ans de prison.


Le juge d’instruction de l’affaire Ben Barka a lancé une convocation à l’ancien agent du CAB1, Ahmed Boukhari. Ce dernier, qui sera entendu en tant que témoin, devra se rendre en France le 21 novembre. D’autres personnalités liées à l’affaire Ben Barka devraient aussi être convoquées dans les prochaines semaines.


Une grève synchronisée de deux heures a touché, en milieu de semaine, 14 universités du pays, rassemblant des milliers d’étudiants. L’objet de cette démonstration de force, dont les initiateurs sont des étudiants d’Al Adl Wal Ihsane ? L’augmentation de la bourse, toujours bloquée à 650 dirhams par trimestre.


Le gouvernement a réactivé une mesure longtemps suspendue : le retrait du permis de conduire en cas d’infraction, dans le but de garantir le paiement, devenu aléatoire, des contraventions. Une circulaire dans ce sens a été récemment diffusée. Un bon point pour le département dirigé par Karim Ghellab.
 
 
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