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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Fouad Siniora doit gérer
une crise majeure au sein
de son gouvernement.
(AFP)

Liban. La crise politique s’aggrave

Le bras de fer entre la majorité anti-syrienne et l’opposition se poursuit au Liban. Six ministres, dont cinq chiites prosyriens, ont présenté leurs démissions cette semaine au premier ministre, Fouad Siniora, qui les a refusées. À l’origine de la crise politique : une résolution de l’ONU qui veut charger le Liban de mettre en place un tribunal international, destiné à juger les auteurs de l’assassinat de l’ancien premier ministre, Rafic Hariri, perpétré en février 2005, dans lequel les Syriens et leurs adjoints libanais sont pointés du doigt. Hostile à ce tribunal, le président pro-syrien, Emile Lahoud, reconduit en septembre 2004 sur
injonction de la Syrie, s’appuie sur la Constitution pour torpiller ce projet. Devant cette impasse politique, il déclare que le gouvernement a perdu sa légitimité…

Les ministres du tandem Hezbollah-Amal ont démissionné pour protester contre le refus de la majorité anti-syrienne d’élargir leur assise au sein du cabinet et d’accroître leur influence par le biais d’une minorité de blocage. Ils pensent aussi que l’enquête menée sous égide onusienne sur l’assassinat de Hariri et la création d’un tel tribunal international s’apparentent à une mise sous tutelle du pays par les États-Unis. Chose qu’ils rejettent.

La “coalition du 14 mars”, à laquelle appartient le premier ministre anti-syrien Fouad Siniora, récuse évidemment ces attaques. Rejetant toutes les démissions, Siniora a tenu mardi une réunion extraordinaire du Conseil des ministres. À l’issue de la réunion, le gouvernement, soutenu par l’Occident, a donné un feu-vert à Siniora pour créer ce tribunal. Mercredi, le président Lahoud a rétorqué en appelant à la formation rapide d’un gouvernement d’union nationale pour, dit-il, éviter les protestations. Lahoud a qualifié “d’anticonstitutionnelle” la réunion du gouvernement en l’absence des chiites. Il a aussi de nouveau accusé l’Occident (Etats-Unis et France) de fourrer son nez dans les affaires du pays. Saad Hariri estime, lui, que “le projet de la Syrie et de l’Iran d’empêcher la création d’un tribunal international apparaît au grand jour”. En attendant, le gouvernement est bloqué.


Visite. Sarkozy drague les Algériens

Bonne nouvelle pour les Algériens : ils auront désormais leur visa français beaucoup plus facilement. Le ministre de l’Intérieur français, Nicolas Sarkozy, qui effectuait une visite marathon de deux jours en Algérie, lundi et mardi, a annoncé en effet la suppression du feu vert préalable européen à l’octroi des visas pour les pays de l’espace Schengen.
Le ministre et candidat en campagne a multiplié les gestes d’apaisement : il a déposé une gerbe au monument des Chouhada, s’est rendu au cimetière de Saint-Eugène, a confirmé l’ouverture en 2007 d’un consulat à Oran… Il s’est aussi recueilli, “ému” et “bouleversé”, au monastère des sept moines assassinés de Tibérine. Mais il est resté très discret sur la “repentance” qu’exige Alger, pour signer le fameux traité d’amitié. La controverse entre Alger et Paris sur les effets de la colonisation française avait reporté sine die ce traité. “Le moment n’est pas favorable”, a déclaré Yazid Zerhouni, le patron de l’Intérieur algérien.


Irak. Un rapt mystérieux

“Cela ne me suffit pas que les otages soient libérés, je veux les ravisseurs.” C’est ce qu’a déclaré mercredi le premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, à l’issue d’un enlèvement collectif spectaculaire au ministère de l’Enseignement supérieur à Bagdad, par des hommes en uniforme. Si la majorité des otages est libre, les sources divergent quant à leur nombre exact. Le ministre de l’Enseignement supérieur parle de “70 personnes relâchées” sur 110, alors que Bagdad n’évoque que 39 otages, dont deux toujours retenus. D’après le premier ministre, cet incident est “le résultat d’un conflit entre milices”. En effet, la police irakienne est infiltrée depuis plusieurs mois par des milices chiites. La plus puissante, l’Armée du Mahdi, étant dirigée par Moqtada Sadr, l’un des principaux soutiens d’Al Maliki...


Palestine. Tant pis pour le gouvernement

Le Hamas persistait mardi dans son refus de voir le futur cabinet d’union nationale reconnaître Israël, une condition à la reprise de l’aide occidentale. “Il n’a pas été demandé au prochain gouvernement de reconnaître Israël et il ne le reconnaîtra pas”, a déclaré le numéro 2 du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouk. Ces déclarations surviennent alors que Mahmoud Abbas, chef du Fatah, et le Hamas semblent être sur le point de sceller un accord sur la composition du futur cabinet, après plusieurs mois d’impasse. Un précédent accord conclu en septembre avait été torpillé par des déclarations de chefs du Hamas. Dommage. Car mardi, Mohamed Chahir, ancien président de l’université islamique de Gaza, avait accepté le poste de Premier ministre du futur gouvernement...


Égypte. La chicha fait tousser l’OMS

Longtemps réservé aux longs bavardages entre hommes, le narguilé devient aujourd’hui une véritable mode. Et c’est bien ce qui inquiète l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Selon une étude, la fumée de la chicha serait plus nocive que celle de la cigarette car elle contiendrait davantage de nicotine, de monoxyde de carbone et autres toxines. Une heure de narguilé équivaudrait à 100 voire 200 cigarettes ! Le ministre de la Santé, Halem al-Gabali, prend d’ailleurs le phénomène très au sérieux et un projet de loi prévoit de taxer le tabac à hauteur de 10% dans le pays. Une loi qui pourrait rapporter 800 millions de livres égyptiennes au gouvernement.



Lu pour vous. [Al Jazeera]
Un pont entre Orient et Occident

André Allemand, La Tribune de Genève, le 15 novembre 2006

Il faut s’en réjouir. L’indomptable chaîne satellitaire Al Jazeera lance sa version anglaise. Pour conquérir, dans l’ordre, le marché occidental, les musulmans asiatiques (qui ne parlent pas arabe) et, enfin, sans doute, la deuxième génération d’immigrés en Europe et aux Etats-Unis.
Bien sûr, il s’agit en réalité d’une fausse jumelle. Cette télévision-là diffusera des programmes originaux et non pas une traduction des émissions arabes. Il n’empêche que ce sera tout de même un pont jeté entre Arabes et Occidentaux (…).
C’est d’autant plus réjouissant que la BBC s’apprête à lancer en 2007 sa propre version arabe. Ainsi, cette région si stratégique disposera enfin d’une vraie alternative à Al Jazeera. Bonjour l’émulation ! Car contrairement à l’idée qu’on se fait de la chaîne qatarie, elle n’est pas le canal officiel de Ben Laden. L’accusation lancée par la Maison-Blanche est un peu facile. Qu’aurait fait CNN si elle avait reçu des vidéos d’Al-Qaïda ?
On oublie qu’Al Jazeera, avec son ton impertinent, est constituée de journalistes formés dans les meilleurs médias occidentaux. Défendant farouchement son indépendance, la chaîne se veut à la fois objective et proche de la rue arabe. Raison pour laquelle elle se fait si souvent l’écho de la colère des populations contre Israël et les Etats-Unis (…). Reste à voir si la rivalité tirera les deux concurrentes vers le haut ou vers le bas.

 
 
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