Zakaria Boualem est daccord avec le commissaire : on nest pas en Suède
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque
Zakaria Boualem est abattu. Il vient de perdre un à zéro contre le WAC, ce qui est déjà en soi une expérience pénible. Mais il y a pire : il a été privé de son derby biannuel. Le match sest déroulé à Rabat, ce qui la obligé à regarder la télé nationale environ 90 minutes. Encore une expérience pénible. Mais il y a pire : la délocalisation du derby casablancais à Rabat, une humiliation quil a du mal à avaler. Rappelons que nous avions la prétention dorganiser la Coupe du monde, et voilà quon nest pas foutu dorganiser un seul match à Casablanca. Bon, comment vous dire ?... Cest profondément déprimant, cest tout
Zakaria Boualem est convaincu quil ny a plus de solution, que ça ne sert à rien de geindre ou dironiser, on va continuer à faire nimporte quoi avec insistance, persévérance et créativité sans le moindre scrupule. Tout le monde sait déjà que le Maroc produit de labsurde en quantité industrielle. Oui, oui, un peu comme la Malaisie produit des puces ou la Chine des coupe-ongles
Il est donc grand temps de profiter de cette créativité au lieu de la combattre bêtement. Zakaria Boualem baisse les bras, renonce à toute forme de critique et décide de changer dattitude. Il faut donc penser à assumer notre savoir-faire, à le faire fructifier, voire à lexporter dans des pays comme la Suisse où lon sennuie à mourir. Cette histoire de match casablancais délocalisé à Rabat, par exemple, cest très intéressant. Il faut développer ce concept. Le métro de Casablanca ? Il est fait, monsieur
mais on a préféré le mettre à Paris. Le tunnel de Tanger ? Terminé, opérationnel
mais sous la Manche. La Coupe du |
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monde ? Oui, oui, oui, elle est prête pour lAfrique du Sud. Vous voyez comme ça passe mieux comme ça
Dans un deuxième temps, il faut penser à lexport ! Vous imaginez un peu ? Les Allemands sennuient à mourir, avec leur pays qui marche tout seul. Cest là quon arrive : Laissez-nous faire, on va vous désorganiser tout ça rapide, vous allez voir
. En probablement moins de dix ans, on devrait voir la fin de toute tentative de football allemand. Le Bayern de Munich sans stade, un championnat sans calendrier, des matches sans public, un public sans billets, des dirigeants sans parole, des paroles sans sens, des sens interdits, mais je mégare.
Le plus affreux dans cette histoire, cest que le football, pour Zakaria Boualem, doit être une priorité nationale. Quand on voit dans quel état le plonge une victoire de léquipe nationale, on se dit que nos dirigeants devraient concentrer leurs efforts sur cet unique objectif. Plutôt que de réparer les routes, résorber le chômage, attendre à la fois la pluie et les touristes, on bosse sur les Lions de lAtlas et tout le monde est content. Pour avoir la paix, ils devraient nous ramener des entraîneurs étrangers, des terrains ultramodernes avec des joueurs brésiliens partout et même une chaîne de télé européenne pour filmer le tout. Oui, cest compliqué, mais cest sûrement le moyen le plus simple darriver au bonheur collectif. Au lieu de cela, rien du tout. Chaque année apporte son lot dabsurdités pour rester poli et tout le monde trouve ça normal. On a déjà avalé les coupes du trône sans finale et les derbys délocalisés. Que peut-on imaginer pour 2007 ? On peut y aller sans complexe, il y a de grandes chances pour que nous soyons en-dessous de la réalité. Des matches sans arbitres ? Ou sans buts ? Cest un peu facile
Allons plus loin. Un championnat sans terrain, des terrains sans éclairage ? Déjà fait. Pfff
Vraiment, ils sont plus forts que nous. Sortons du foot
Des élections sans partis, des partis sans programme ? Déjà fait. Des journaux sans lecteurs ? Des auteurs sans droits dauteur ? Déjà fait, tout est déjà fait
Ah oui, jai trouvé : des subversifs au Matin du Sahara ! Quoi ?!! Déjà fait ?! Nooooooon
Yassine Zizi ? Ils sont plus forts que nous, je vous dis... |