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Par Hicham Smyej
2007. Le PJD en ordre de bataille
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Saad-Eddine El Othmani détaille
la stratégie du parti, sous
le regard du président du conseil
national, Abdelilah Benkirane.
(TNIOUNI / NICHANE)
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Durant son Conseil national, tenu du 17 au 19 novembre, le PJD s'est concrètement lancé dans les préparatifs des élections législatives de 2007. Avec l'application qu'on lui connaît. TelQuel y était.
En cette matinée du samedi 18 novembre, les abords de la plage de Bouznika sont bien paisibles. Le parking, bondé durant la saison estivale, est pratiquement désert. Hormis quelques voitures qui s'alignent face au portail du Complexe Moulay Rachid pour l'enfance et la jeunesse, sorte de club de vacances, avec piscine, salles de sports et |
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autres courts de tennis. Et c'est entre ces murs que se dessinait, le week-end dernier, un paramètre-clé de l'avenir proche de la scène politique marocaine, avec la tenue de la session 2006 du conseil national du PJD.
En guise de tour de chauffe, la séance inaugurale a vu la présence du Dr Abdelkrim El Khatib. Longtemps absent des activités publiques du parti, le doyen du PJD n'était visiblement là que pour la représentation et l'évocation de feu Abdellah Khalil, résistant auquel cette session du conseil rendait hommage. Abdelilah Benkirane, président du conseil national, y puisera l'opportunité d'un curieux parallèle, inscrivant l'action du PJD dans une logique de résistance. Et d'en profiter pour remettre les pendules à l'heure, concernant les liens entre le PJD et le MUR, mais aussi entre le parti et la religion. Le PJD reste attaché à son référentiel et à ses principes. Évidemment.
Un casting au millimètre
Les 240 participants au conseil national sont tout de suite passés au plat de résistance : les élections de 2007. Au menu d'abord, la mise en conformité des statuts du parti avec les dispositions de la loi sur les partis, mais surtout la réforme de la procédure de désignation des candidats. Les sections locales ont revendiqué la possibilité de désigner par scrutin leurs candidats dans les listes locales, sans que le secrétariat général du parti ne puisse s'immiscer dans leur composition ou dans l'ordre des candidats. La démarche a payé. Le secrétariat général a fini par lâcher du lest, réduisant son champ d'intervention au cinquième de la liste. Même avec cette dilution, l'influence du secrétariat général reste prépondérante dans le choix des candidats. C'est ce qu'on peut appeler une logique de démocratie contrôlée. Curieux pour un parti qui prétend respecter la démocratie interne, nuance toutefois le chercheur Mohamed Darif.
Reste cette question : qui a le droit de représenter le PJD aux prochaines échéances électorales ? En d'autres termes, quel sera le casting attendu pour 2007 ? Réponse du conseil national, écrite noir sur blanc : Composer une équipe d'élus avec un niveau minimum de compétences essentielles, la priorité étant donnée aux profils de formation juridique, économique et financière. De quoi faire rêver nombre de partis marocains, qui en sont encore à s'interroger sur la nécessité d'imposer l'alphabétisation à leurs candidats...
Notre objectif est de constituer un groupe parlementaire pointu, avec environ une trentaine de députés aux compétences avérées dans des domaines précis. C'est le meilleur moyen de garantir l'efficacité de notre travail sur le champ législatif, précise Lahcen Daoudi, membre du secrétariat général du PJD, qui ajoute : Ce ne sera pas si difficile : 80% de nos membres sont déjà d'un niveau universitaire.
Le casting du PJD prévoit également des places pour les candidats MRE, dans le cadre d'une liste nationale. En revanche, le parti ne s'impose aucun quota de jeunes, ni de candidats féminins. Nous avons déjà la première place en matière de représentation féminine au Parlement et nous n'avons aucune intention de la perdre. Mais nous n'irons pas jusqu'à instaurer une logique de ségrégation positive. À profil équivalent, nous encouragerons la candidature d'une femme, là où elle est opportune, argumente Lahcen Daoudi. Le parti entend par ailleurs consentir une aide financière, sans préciser son montant, aux circonscriptions comportant des candidatures féminines.
Une charte de l'honneur
Faisant de la moralisation de la vie politique leur cheval de bataille, les amis de Saâd-Eddine El Othmani ont également concocté une charte d'honneur pour les candidats du parti. Baptisé Pacte de l'élu, le document recense différentes obligations engageant ses signataires. La plus spectaculaire est celle de présenter une déclaration de patrimoine au début et à la fin du mandat législatif du parlementaire. C'est un engagement pour la forme, avec lequel le parti ne fait qu'envoyer des signaux. Car pour surfer sur la vague de scandales qui ont suivi les élections de la seconde chambre, il n'y a pas mieux, commentent déjà les détracteurs du PJD. Surtout que ladite déclaration n'a qu'une portée symbolique : faite sous l'honneur et uniquement au secrétariat général du parti, elle n'a aucune valeur informative, encore moins légale !
Le pacte s'avère, par contre, beaucoup plus précis sur les contributions pécuniaires dues au parti par les élus, dont le montant varie entre 7500 DH pour les élus des listes locales (dont 4000 DH iront dans les caisses de la division régionale) et 9000 DH pour les élus des listes nationales.
Mais dans cette équation des préparatifs du rendez-vous électoral, il reste une grande inconnue, oubliée lors de la grand-messe des PJDistes : le programme du parti. D'après Lahcen Daoudi, il serait pratiquement ficelé, au bout d'un travail marathonien. Ce sont pas moins de 36 commissions thématiques, mobilisant plus de 150 cadres, qui ont planché sur son élaboration. Pour le moment, nous ne connaissons même pas les dates exactes du scrutin. Nous attendons donc le moment opportun pour rendre notre programme public, explique-t-il. À moins que les islamistes n'aient peur, eux aussi, du piratage... |
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Élections. Le PJD se présentera partout
À l'occasion des législatives de 2002, le PJD avait restreint ses candidatures à environ 55% des circonscriptions. Une année plus tard, pour les communales, une entente avec le ministère de l'Intérieur avait débouché sur une présence encore plus réduite. Mais pour 2007, le parti entend défendre ses chances dans l'intégralité des circonscriptions. Une grande première. La décision a déjà été entérinée lors de la session du conseil national de 2004. Cette fois, c'est décidé, le PJD se présente partout, même si la décision fait des mécontents au sein du parti, confirme Lahcen Daoudi. Au premier rang des mécontents figure, ainsi, Mustapha Ramid. Le remuant député s'est à nouveau opposé à une participation à grande échelle du parti aux élections, épinglant les multiples contacts du secrétariat général du parti avec le secrétariat d'Etat à l'Intérieur et la propension d'El Othmani à céder trop souvent aux pressions de ce dernier. L'argument de Ramid ? Une large participation pourrait se solder par une victoire du PJD aux élections
et une entrée au gouvernement. Une éventualité qui ne plaît guère au clan Ramid. L'aile dure du PJD préfère rester dans l'opposition tant que le gouvernement a des prérogatives limitées par l'actuelle Constitution, explique ainsi le chercheur Mohamed Darif. Peine perdue, le PJD a tranché : oui à une participation totale, qui sous-entend une éventuelle entrée au gouvernement. |
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