2007. Le PJD en ordre de bataille
Sahara. Et maintenant, des armes !
Alphabétisation. Sur les bancs des mosquées-écoles
Parcours. Les 7 vies de Krimau
Reportage. Les damnés du Kariane central
Idées. Un Américain à Sefrou
Mauritanie. Après le putsch, les urnes
États-Unis. Après l'Irak, l'Iran ?
Bourse. Attention au krach !
Littérature. La génération du "Je"
Exposition. "Mon Maroc à moi"
N° 249
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Cerise Maréchaud

La semaine Culture

Hakim Noury (d.) et Saâd Chraïbi
sur le tournage de Islamour

Tournage. Azrou au fond du trou

Pour tourner heureux, tournons cachés ! Depuis deux semaines et jusqu’au 3 décembre, Saâd Chraïbi & Co sont retranchés au fin fond du Moyen Atlas pour le nouveau long-métrage du réalisateur de Femmes… et femmes. Après quelques jours à Azrou, l’équipe du film s’installe chaque matin dans le froid d’une bâtisse isolée de Ben Smim, à 7 km de là, pour mettre en boîte la majorité des plans de Islamour. Sombre chronique sur le déracinement dans l’ère post-11 septembre, l’histoire est celle de Abbas, ingénieur scientifique marocain issu de la mission et parfaitement intégré chez l’Oncle Sam, où il vit avec sa femme
américaine et ses deux enfants, jusqu’au jour où la méfiance généralisée stigmatisant les arabo-musulmans le pousse à rentrer dans son pays natal. Entouré de Hassan Skalli, Anna Macina, Souad Hamidou, Younès Lazrak, Hamid Najali ou encore la jeune première Imane Rerhaye et la fille de Fatéma Loukili, elle-même co-scénariste du film, le réalisateur Hakim Noury y campe ce rôle principal polyglotte et tiraillé, acculé à vouloir exorciser toute culture occidentale en lui et à sombrer dans un mysticisme destructeur pour sa famille. “C’est en visionnant le film de mes fils que Saâd, un ami de trente ans, a décidé de me proposer ce personnage”, explique Hakim Noury, barbu pour l’occasion, et qui avait effectivement fort convaincu en taulard introverti et “fraîchement” libéré dans Heaven’s Doors, de Swel et Imad Noury. Une carrière d’acteur qui commence ?


Sortie. L’insoutenable fragilité de l’être

Une lutte Au milieu du désert marocain, un coup de feu unit dans le sang, les larmes et la poussière une dizaine de destins que tout sépare. Fasciné par cette fraction de seconde – un arrêt respiratoire, un crash de voiture, une balle perdue - qui peut faire chavirer une vie vers le chaos ou la résurrection, Alejandro Gonzalez Inarritu, auteur des déchirants Amours Chiennes et 21 Grammes, clôt sa trilogie avec Babel, tourné entre les plaines désolées de Ouarzazate, les gratte-ciel déshumanisés de Tokyo et l’éphémère euphorie d’un village mexicain. Douleur et solitude sont universelles, répète Inarritu dont l’ambition cinématographique donne un film magnifique mais inégal. Intimistes ou contemplatifs, ses plans touchent au sublime sans le sacrifier à une justesse quasi documentaire, portée par des acteurs amateurs dirigés avec maestria, aux côtés de Brad Pitt et Cate Blanchett usés et vrais. Reste la frustration d’un rythme souffrant sur la fin, quand les trois histoires s’imbriquent bien moins subtilement que dans les deux premiers opus, virtuoses.

Au Mégarama.



Musique. Oh, label vague !

Mehdi Benslim ne tient pas en place ! Fraîchement promu à la direction artistique de Platinium en remplacement de Malek, il joue le jeu de la chaise musicale. Déjà DG de la boîte d’évènementiel Pure Prod’, il finalise actuellement la mise en place d’un nouveau label, Clic Records, tout dévoué à la “musique urbaine représentative de la nouvelle vague” et prépare notamment la signature du nouvel album de Bigg. Soucieux de ne pas paraître le jeune businessman carnassier squattant le nid de son voisin, Mehdi précise : “Ce label est partenaire de Platinium, par qui il est indispensable de passer pour s’implanter sur le marché de la musique au Maroc. Le but est d’être complémentaires et de produire le plus d’artistes possibles, car nous tenons à créer une émulation”. Lancement officiel d’ici quelques semaines.


Méga concert. Jarre se jette à l’eau

Après les pyramides du Caire, les docks de Londres, l’Arche de la Défense de Paris et la Cité interdite de Pékin, le spécialiste français ès méga concerts sons&lumières et records d’affluence (3 millions sur la Place rouge à Moscou) investira les dunes de Merzouga le 16 décembre prochain pour “tirer la sonnette d’alarme” sur la menace qui pèse à l’échelle planétaire sur cette source de vie qu’est l’eau. Un rendez-vous au sommet pour lequel Jean-Michel Jarre, ambassadeur quasi sexagénaire de l’Unesco (depuis 1993) ayant remporté le pari de démocratiser la musique électronique expérimentale, sera rejoint par l’Orchestre philharmonique du Maroc et l’Orchestre arabe moderne de Casablanca. C’est beau, un artiste éco-l’eau !


Prix. Honneur aux dames

Deux prix, sinon rien ! Latefa Ahrare vient de rafler le Prix spécial du jury de la 5ème édition du Festival international de Monodrame à Kiel (Allemagne) pour sa pièce Last night, tandis que sa consoeur, Touria Alaoui, s’est vu accorder, aux 21ème Journées cinéma de Carthage, le titre de meilleure actrice dans Tarfaya de Daoud Aoulad Syad. La première est une habituée de la scène : à son actif, des rôles dans des pièces comme Une alliance nommée désert et sur grand écran dans Mona Saber. Touria Alaoui n’est pas en reste : entre sitcom (Ana ou khouya ou m'ratou), téléfilm (Douar ach-chouk) et fiction (Femme... et femmes), elle a su étoffer ses galons de grande actrice. Mbrouk !


Le livre.

Raconter la vie et
le parcours, entre Tunisie et Algérie, de la célèbre Isabelle Eberhardt, cette femme née en Suisse de parents russes qui décida de se travestir en homme et d’embrasser l’islam pour mieux cerner les sociétés arabes et coucher sur papier leurs réalités, tel était le pari de l’écrivain et journaliste Catherine Stoll-Simon. Le verdict est incontestablement positif : l’auteur transmet des morceaux de vie de cette originale grâce aux belles descriptions des expériences vécues, à un style narratif sûr et aux pensées intimes de l’aventurière, nourries de ses nombreux écrits. Un bel ouvrage (avec photos) pour un fabuleux destin.

Catherine Stoll-Simon, Si Mahmoud ou la renaissance de Isabelle Eberhardt, Tarik Éditions




Humeur.
Beckhamania

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Les trois Casablancais regardent le match de Ligue des champions Real de Madrid-Lyon. “Et Beckham, il joue pas ?”, demande l’un d’eux. “Non, il est pris par les répétitions du défilé Printemps-Eté de Versace”, l’informe son voisin. Les rires moqueurs qui s’en suivent ne trompent pas. Il est très difficile d’aimer encore le Real depuis qu’il fait dans le casting de mannequins. Pourvu d’une belle gueule, Beckham la commercialise un peu partout, bien aidé par les dirigeants du Real qui, en transformant en pompe à fric leur diva des podiums, ont très vite oublié avoir acheté le joueur anglais avant tout pour ses pieds. Si bien qu’aujourd’hui, le club madrilène ressemble davantage à une annexe espagnole de l’agence de top models Elite qu’a une équipe de foot. Il y a sans doute beaucoup d’amour pour Barcelone dans ce désamour pour le Real. Les fous des merengues vous rétorqueront donc que Barcelone en aurait fait autant si Ronaldinho n’était pas insortable en boîte. Certes, Ronaldinho serait probablement refoulé par les videurs de la Bodega, là où Beckham ferait à coup sûr un carton plein parmi les clientes. Mais qu’importe la sale gueule du Brésilien. Lui au moins, on est sûr de ne pas le retrouver en footballeur sur le déclin, crachant ses poumons sur un terrain de football verdoyant au milieu du désert. Beckham, par contre, on ne serait pas surpris de le voir un jour finir dans un club saoudien. Du Real au rial, il n’y a plus qu’une passe.



La marche du danseur
La compagnie casaouia Anania relance, du 22 au 27 janvier, les Rencontres chorégraphiques de Marrakech avec leur création “…On marche…”. Spectacles vivants, performances et projections vidéos (“Danse f’l’appart”) vous attendent au Palais Badii et aux jardins My Abdeslam. Va, cours, vole, et nous danse !


X-Side, le retour
Depuis quelques jours, on peut trouver en circulation à Casablanca, le nouvel album des rappeurs bidaouas d’X-Side. Dénommé Come Back, cet opus de 7 titres est le premier album “officiel” de l’ex-groupe de Bigg. Tiré à peine à 400 exemplaires, il sera bientôt téléchargeable sur le site raptivist.net


Heaven with Beethoven
Dina Bensaïd, jeune pianiste rbatia prodige et formée dans la Ville des Lumières, déclinera les gammes de son talent en ressuscitant les maîtres Bach, Beethoven et Chopin pour le plaisir des oreilles mélomanes. Illico presto ! Le 30 novembre à 20h, salle Gérard Philippe, Rabat. Tél. 037 68 96 66

 
 
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